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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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    <item>
      <title>Brûler les os de la Terre : les fours à chaux</title>
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      <pubDate>Mon, 30 Sep 2013 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/LIME-KILN-WALES_dithered.png&#34; alt=&#39;Four à chaux à Porthgain, Pays de Galles. Crédits: Aelwyn.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
  Four à chaux à Porthgain, Pays de Galles. Crédits: [Aelwyn](http://www.flickr.com/photos/kopetatxuri/6286612774/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En traversant des propriétés aujourd&amp;rsquo;hui à l&amp;rsquo;abandon dans la campagne irlandaise, on peut découvrir occasionnellement des cylindres de pierre, hauts et larges de plusieurs mètres, ouverts à leur sommet et pourvus d&amp;rsquo;une petite porte à leur base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ressemblent aux forteresses médiévales qui parsèment encore les paysages de cette île — mais personne n&amp;rsquo;a construit de forteresse aussi petite ou à moitié enterrée. En fait, ces constructions sont d&amp;rsquo;anciens fours à chaux (aussi appelés chaufours en français - NDT), vestiges d&amp;rsquo;une industrie aujourd&amp;rsquo;hui oubliée qui soutenait de nombreuses communautés paysannes avant que l&amp;rsquo;énergie ne devienne bon marché.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le calcaire est une roche essentiellement constituée de coraux et de coquilles d&amp;rsquo;espèces disparues il y a bien longtemps, pressés et agrégés pendant des millions d&amp;rsquo;années en une solide masse de carbonate de calcium.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La chaux, elle, est une poudre blanche tirée de ces roches calcaires. Depuis au moins 7000 ans, les humains ont produit de la chaux dans des fours comme ils ont cuit de la poterie ou fondu du minerai. Cette poudre servait à des dizaines d&amp;rsquo;usages différents pour lesquels on utilise aujourd&amp;rsquo;hui des produits dépendant d&amp;rsquo;énergies fossiles — principalement pour faire du mortier pour la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les paysans irlandais et britanniques l&amp;rsquo;utilisaient surtout pour neutraliser les sols acides et multiplier les rendements de leurs cultures  — jusqu&amp;rsquo;à 4 fois, selon des sources contemporaines. Durant des siècles et jusqu&amp;rsquo;au milieu du XXe, la chaux était au coeur d&amp;rsquo;un vaste réseau d&amp;rsquo;industries villageoises vitales à la paysannerie: des carrières pour l&amp;rsquo;extraction du calcaire aux spécialistes de la combustion en passant par le transport en charrette et en péniches. À la fin du XVIIIe siècle, un recensement dénombrait 23 000 chaufours pour le seul comté de Cork, ce qui correspond à un four pour 80 acres (environ 36 ha) en moyenne.&lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcaire est essentiellement constitué de coraux et de coquilles d&amp;rsquo;espèces disparues il y a bien longtemps, pressés et agrégés pendant des millions d&amp;rsquo;années en une solide masse de carbonate de calcium. Lorsque  celui-ci est porté à 900°C ou plus, le calcaire libère du dioxyde de carbone (CO2) et on en récupère un oxyde de calcium volatile (CaO) qu&amp;rsquo;on nomme &amp;ldquo;chaux vive&amp;rdquo;. Puis, lorsqu&amp;rsquo;on combine cet oxyde de calcium avec de l&amp;rsquo;eau, on obtient un hydroxyde de calcium (Ca(OH)2) appelé &amp;ldquo;chaux éteinte&amp;rdquo;. Le terme de chaux a été et est encore utilisé pour désigner ces deux produits, par souci de clarté nous distinguerons bien dans cet article la chaux vive de la chaux éteinte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-béton-romain&#34;&gt;Le béton romain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en Turquie qu&amp;rsquo;on a daté le plus ancien usage de la chaux, entre 7000 et 14000 ans avant nos jours. Plusieurs civilisations antiques l&amp;rsquo;utilisaient pour faire du mortier destiné à la maçonnerie. Cependant, les romains ont porté plus loin les capacités du mortier à la chaux en y ajoutant des ingrédients divers aboutissant à une version précoce du ciment. En fait, leur version s&amp;rsquo;est montrée supérieure à la nôtre à certains égards. Notre béton ne tient que quelques décennies — et seulement une dizaine d&amp;rsquo;années sous l&amp;rsquo;eau — alors que le béton des romains, en plus d&amp;rsquo;être produit directement dans l&amp;rsquo;eau, a su résister à l&amp;rsquo;épreuve des vagues durant 2000 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-ireland_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaufour hors d&amp;amp;rsquo;usage au dessus de la baie de Murlough, en Irlande. Crédits: Minipixel&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
  Chaufour hors d&#39;usage au dessus de la baie de Murlough, en Irlande. Crédits:  [Minipixel](http://www.flickr.com/photos/75052163@N00/2197082381/in/photolist-4m9C3H-R13x4-9uNKAR-d6MQp1-5PZvqp-9o2vrt-d6N7BN-cKszWs-fdHLy4-d6NbN1-egcr4v-axX7kt-5hSked-5hMXC4-5hSiGJ-5hMZ1B-8LyBWM-5o8zxy-7LjYmb-7Y67n6-7Y67Wa-96RzFV-2jjJW-2jjtQ-2jjiN-2jjgN-2jjA7-2jj89-2jjxz-2jjpE-2jj2b-2jjQz-2jjed-2jjEJ-2jjN3-2jjbu-2jjmG-2jiZR-2jjr6-2jj3B-ecNvyy-4ReWHX-6MZ8xJ-8FMVx8-8FR4c1-8FMUS8-8FR6g9-8FR5zY-8FMSN2-7LjZMQ-nUsZ4) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
.
&lt;p&gt;Le secret, d&amp;rsquo;après deux études publiées durant l&amp;rsquo;été 2013, résidait dans l&amp;rsquo;ajout de &lt;a href=&#34;http://www.notechmagazine.com/2011/08/building-with-pumice.html&#34;&gt;cendres volcaniques&lt;/a&gt; à la chaux vive utilisée pour obtenir le mortier. Les cendres volcaniques du Vésuve étaient abondamment ramassées à cet effet selon les écrits de Pline l&amp;rsquo;ancien — ironiquement, ce même volcan provoqua sa perte plus tard. Les romains plaçaient ensuite ce mélange dans des caissons de bois qui étaient plongés dans l&amp;rsquo;eau de mer, ce qui faisait alors réagir la chaux vive et permettait la formation d&amp;rsquo;un ciment résistant à l&amp;rsquo;eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs de ces publications disent que de telles techniques pourraient se montrer utiles aujourd&amp;rsquo;hui; car elles ne permettent pas seulement aux bétons de mieux résister au temps et aux éléments, elles sont aussi plus &amp;ldquo;vertes&amp;rdquo; — générant moins d&amp;rsquo;émissions de gaz à effet de serre — que les techniques employées aujourd&amp;rsquo;hui dans nos cimenteries. En effet, le concassage des roches pour obtenir du ciment de Portland requiert d&amp;rsquo;énormes quantités d&amp;rsquo;énergie et représente ainsi 7% de toutes les émissions de carbone industrielles de la planète.&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-bradford_dithered.png&#34; alt=&#39;Un des quarante chaufours construits entre Skipton et Bradford le long du canal de Liverpool, la demande de Bradford pour la chaux étant une des raisons principales ayant amené à la construction du canal. Crédits: Peter Hughes&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Un des quarante chaufours construits entre Skipton et Bradford le long du canal de Liverpool, la demande de Bradford pour la chaux étant une des raisons principales ayant amené à la construction du canal. Crédits: Peter Hughes 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A mesure qu&amp;rsquo;ils étendaient leur empire en Europe, les romains ont apporté de telles technologies avec eux. C&amp;rsquo;est ainsi que les fours à chaux sont apparus en Grande-Bretagne lors de leur conquête de l&amp;rsquo;île, avant de disparaître des centaines d&amp;rsquo;années plus tard. En Irlande, où les romains n&amp;rsquo;ont jamais mis les pieds, ce sont apparemment les Normands qui ont apporté cette technologie au XIIIe siècle pour y construire notamment les tours rondes que l&amp;rsquo;on trouve encore fréquemment aujourd&amp;rsquo;hui dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;badigeon-de-chaux-lumière-oxhydrique-et-autres-applications&#34;&gt;Badigeon de chaux, lumière oxhydrique et autres applications&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chaux (éteinte) constitue aussi la base du badigeon de chaux ou &amp;ldquo;lait de chaux&amp;rdquo; qui a été utilisé durant des siècles pour protéger et blanchir des structures, des clôtures, des véhicules et même des arbres, sans le cocktail alarmant de produits toxiques aux noms imprononçables que contiennent de nombreuses peintures modernes. Le badigeon de chaux est fondamentalement un mélange d&amp;rsquo;eau et de chaux (éteinte) même s&amp;rsquo;il pouvait aussi contenir du sel, du lait ou de l&amp;rsquo;huile de lin pour étancher et des poils ou des enveloppes de céréales pour le rendre plus résistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chaux éteinte bien sèche pouvait être manipulée et même léchée par les animaux sans danger, mais elle restait suffisamment basique (ou alcaline) pour désinfecter une grange ou les murs d&amp;rsquo;une laiterie. Sa blancheur éclatante était appréciée dans des endroits comme la Grande-Bretagne et l&amp;rsquo;Irlande où les hivers sont très sombres — ainsi, l&amp;rsquo;intérieur des cottages irlandais était traditionnellement blanchi à la chaux deux fois par an, au printemps et avant Noël (la suie abondante générée par une combustion et une évacuation des fumées imparfaites noircissant rapidement les murs - NDT). Sous des climats plus ensoleillés, des badigeons de chaux étaient utiliséspour maintenir les bâtiments au frais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-Lindisfarne_dithered.png&#34; alt=&#39;Lindisfarne avait une importante industrie de la chaux et ses chaufours, construits en 1860, sont parmis les plus complexes du Northumberland. Crédits: Tom Blackwell.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Lindisfarne avait une importante industrie de la chaux et ses chaufours, construits en 1860, sont parmis les plus complexes du Northumberland. Crédits:  [Tom Blackwell](http://www.flickr.com/photos/tjblackwell/5837142003/in/photolist-9TNSXn-5r1NwR-5r69t3-5r1P4g-5r69Db-5r1PhT-d6NwpL-MCwQ1-8N7uR2-8Naz6A-8N7v7R-8N7tEi-8N7uzn-8NayQA-96UCAf-JcErK-cGgs45-cKneXS-8414VR-4TZmsi-4TZmoa-dC43cy-s8eqa-s8eph-fRVu6m-fRV4S3-fRTCrS-8dK3Tx-6uSpuY-s8eqt-5fYzn-iDCak-52KNv8-4R5UY9-gFecK-7T1BeZ-7T4SBC-6Ui2x9-d6MQUN-6Ui2Tj-gFebM-6owFi-8fK9pL-JJDdK-JJDcc-bLjuxV-bxpNeh-bxpNn3-4Nny8H-8n3dd2-9UQguA/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La chaux éteinte avait de nombreux autres usages: les paysans frictionnaient les pieds du bétail avec (comme antiseptique), ou l&amp;rsquo;utilisaient pour peindre le tronc des arbres fruitiers afin d&amp;rsquo;éviter les maladies fongiques. Certains ajoutaient une pincée de chaux (éteinte) à de l&amp;rsquo;eau puisée pour l&amp;rsquo;aseptiser, ou pour conserver des oeufs durant des mois. Les tanneurs en utilisaient aussi pour débarrasser les peaux de leurs poils, les jardiniers pour repousser les limaces et les escargots et les papetiers pour blanchir le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même la chaux vive, cet oxyde de calcium provenant directement du four à chaux, avait de nombreux usages avant qu&amp;rsquo;on ne l&amp;rsquo;hydrate. Elle maintenait des garde-manger et des réserves au sec - le manuel de ménage de 1915 intitulé &amp;ldquo;The Best Way&amp;rdquo; (&amp;ldquo;La meilleure méthode&amp;rdquo;) recommandait ainsi l&amp;rsquo;usage d&amp;rsquo;un bol de chaux pour réduire l&amp;rsquo;humidité d&amp;rsquo;une pièce, la poudre blanche captant l&amp;rsquo;humidité de l&amp;rsquo;air. Cette chaux vive qui prenait feu facilement — parfois trop facilement — a été utilisée bien avant les ampoules électriques pour produire des lampes très lumineuses pour la scène - la lumière oxhydrique ou lumière Drummond.  &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-arme-de-terroriste&#34;&gt;Une arme de terroriste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chaux vive a aussi constitué une arme redoutable, puisqu&amp;rsquo;elle peut brûler la peau et rendre aveugle. Dans son &amp;ldquo;Histoire d&amp;rsquo;Angleterre&amp;rdquo;, David Hume raconte une bataille navale entre Français et Anglais vers 1216 au cours de laquelle le capitaine anglais Philippe d&amp;rsquo;Albiney fit usage de la chaux vive pour faire changer la donne. Il vit que le vent soufflait depuis ses bateaux vers la flotte française, et &amp;ldquo;étant remonté au vent des Français, il fondit sur eux avec violence et leur jeta une grande quantité de chaux vive à la figure, chaux qu&amp;rsquo;il avait transportée à dessein; ainsi il les aveugla et ils furent incapables de se défendre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-prague_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaufour à Prague. Crédits: Radim Stezka.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chaufour à Prague. Crédits: [Radim Stezka](http://www.flickr.com/photos/57470317@N03/5319303355/inphotolist-973PyP-8HRNtT-8qPnxD-6mvXTW-6nMrEd-7fQt7V-7bKgqi-dTdMxH-dTjqpL-ad7ncD-cjLb8o-baoj1r-8JbAxE-6GoUun-6PzNFQ-JZsfu-JZpuC-JYbg5-JYjw4-JYc6f-JYjrr-JY9fL-JYkdz-JYmze-JYkiP-JYiPR-JYbbY-dRV3hx-8HRNG4-9t2QTX-d4gLqo-7Jzy1t-4Pc1K3-8J8uNF-8JbAAw-6aHJ6t-c8rXnm-7Jzyei-7JDubh-5GgaYs-eWp1dR-aimgxU-aEnw3Z-azMg8u-7sL6j8-aEnxoH-6Zc6yT-9rQvPM-9rTygA-9rQwSH-7sQ769). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce composé était également une arme commode pour terroriste. Par exemple, lorsque le réformiste Charles Parnell prit la parole à l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;un rassemblement politique en 1891, quelqu&amp;rsquo;un dans la foule lui jeta de la chaux-vive à la figure et &amp;ldquo;s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait pas fermé ses yeux à temps il aurait certainement perdu la vue&amp;rdquo;, écrivit sa femme Katherine plus tard.    D&amp;rsquo;autre part, de la chaux vive était épandue dans les tombes pour accélérer la décomposition des corps comme l&amp;rsquo;a observé Oscar Wilde lorsqu&amp;rsquo;il était prisonnier de la Reading Goal en Angleterre:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;And all the while the burning lime
Eats flesh and bone away  &lt;br&gt;
It eats the brittle bone by night   &lt;br&gt;
And the soft flesh by the day  &lt;br&gt;
It eats the flesh and bone by turns  &lt;br&gt;
But eats the heart away.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-chaux-dans-lagriculture-adoucir-le-sol&#34;&gt;La chaux dans l&amp;rsquo;agriculture: adoucir le sol&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l&amp;rsquo;usage agricole de la chaux éclipsait tous les autres sur les îles britanniques, tant était précieuse sa capacité à transformer des tourbières acides en terres cultivables. Près de 40% des terres arables du monde sont trop acides pour qu&amp;rsquo;on puisse y cultiver de nombreuses plantes — plus le sol est acide, plus les plantes absorbent d&amp;rsquo;aluminium toxique. Aujourd&amp;rsquo;hui, les agriculteurs amendent souvent leurs sols avec du calcaire concassé ou d&amp;rsquo;autres produits couteux en énergie, et des scientifiques, comme Chris Gustafson de l&amp;rsquo;Université du Missouri, sont en train d&amp;rsquo;essayer de créer des plantes génétiquement modifiées résistantes à l&amp;rsquo;Aluminium. Il y a quelques siècles pourtant, les paysans ont découvert que la chaux &amp;ldquo;adoucissait&amp;rdquo; ou neutralisait temporairement le sol.&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chaux (éteinte) produite était si précieuse que de nombreuses communautés paysannes ont entretenu un réseau d&amp;rsquo;industries locales pour la produire et des carrières pour extraire le calcaire aux spécialistes de la combustion [les chaufourniers], en passant par les charrettes et les péniches pour transporter les roches par la route ou via des canaux. Au milieu du XVIIIe siècle, de nombreuses familles du comté de Cork, par exemple, payaient leur loyer grâce à une production supplémentaire de chaux, d&amp;rsquo;après une enquête publique de l&amp;rsquo;époque. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans amendaient le sol de façon assez simple: ils pelletaient la chaux vive directement au sortir du four dans une charrette tirée par un cheval, conduisaient cette charrette dans le champ à amender et faisaient faire des allers-retours au fur et à mesure du labour. Tous les quelques mètres, les paysans arrêtaient la charrette et épandaient plusieurs pelletées de chaux-vive en &amp;ldquo;chutes&amp;rdquo; sur le sol — six à huit tonneaux par acre (soit 15 à 20 par hectares).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epandre un composé hautement caustique pourrait sembler déconseillé, mais la première pluie suffisait à la fois à hydrater la chaux vive et à la faire pénétrer dans le sol. Cependant, le transport de la chaux vive étant un travail dangereux, puisqu&amp;rsquo;elle pouvait spontanément prendre feu et enflammer les charrettes ou les granges, ou simplement ronger les contenants de bois dans lesquels on la stockait si on ne l&amp;rsquo;épandait pas assez rapidement. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus adoucissait le sol que pour une durée limitée, d&amp;rsquo;après des sources contemporaines: trois ans dans certains champs, jusqu&amp;rsquo;à douze dans d&amp;rsquo;autres, suivant les conditions. Dans tous les cas, le chaulage devait être perpétuellement répété, sans quoi &amp;ldquo;la chaux enrichit le père mais ruine le fils&amp;rdquo;, comme le dit un adage. Les fours à chaux étaient donc continuellement maintenus fonctionnels. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;faire-fonctionner-les-fours&#34;&gt;Faire fonctionner les fours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les fours devaient être correctement situés: il fallait qu&amp;rsquo;ils soient aussi près que possible des carrières pour que les centaines de tonnes de roches soient transportées avec un effort minimal par voie terrestre ou dans des péniches. Par ailleurs, il fallait également que ces fours soient aussi proches que possible de la destination finale de la chaux — une forteresse ou une église construites avec du mortier, ou des champs à &amp;ldquo;adoucir&amp;rdquo; — pour que la chaux vive soit transportée sans incident. En outre, il ne pouvaient être situés à proximité des zones habitées ou même des campements, étant donnée que la combustion du calcaire générait des gaz toxiques et potentiellement létaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-england_dithered.png&#34; alt=&#39;Le quai du canal construit à la base des fours à chaux en 1842 à Dudley, en Angleterre. Crédits: Paul Englefield.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Le quai du canal construit à la base des fours à chaux en 1842 à Dudley, en Angleterre. Crédits: [Paul Englefield](http://www.flickr.com/photos/39027808@N00/8084295615/in/photolist-djo8ra-e8Vbp-9qxTAL-aFqngc-7fQt7V-8N7yni-pFdLe-dvQy44-cnz5zW-aeKN4c-oMsSK-fcFET-dKpfWo-aeJMiD-oMt4K-aAqSvL-d6NbKw-8nQfqk-fcEwu-c7iigS-7gi2S8-Jc3i-cQuW4w-6fsKST-5FBAFB-aeJHQt-2js1cr-6mvXTW-6mvXS7-6mvXSY-ci2nJ9-8WMHPK-bXAcbS-ckKJ8s-hktHq-7BA9jW-7BA9hL-7BA9j7-5hHgwc-5hGQXt-5hMsAy-5hMgQL-8LjMhL-5hMkb5-5hMy11-5hGKQH-5B9iQr-5MFWph-9JJJXd-8gP9pa-5rU8Jv). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure en briques ou en pierres du four était souvent construite à flanc de colline pour permettre aux gens de transporter aisément le charbon et le calcaire jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;ouverture supérieure du four(ou &amp;ldquo;bouche&amp;rdquo;), et faisait souvent plusieurs mètres de haut et de large. À l&amp;rsquo;intérieur, elle était généralement effilée vers le bas pour que la gravité suffise à l&amp;rsquo;écoulement du contenu du four, et au niveau du fond étroit du cône, un des murs avait une ouverture en arche appelée parfois &amp;ldquo;oeil&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le four devait être rempli soigneusement avec des quantités de matériaux précisément mesurées — car si le calcaire n&amp;rsquo;était pas porté à une température suffisante, la transformation de la roche en chaux vive ne se faisait pas et le travail avait été vain. Les chaufourniers remplissaient le fond du four avec le bois le plus sec dont ils disposaient — du bois d&amp;rsquo;ajoncs est souvent mentionné — et ajoutaient ensuite alternativement des couches de calcaire et de combustible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combustible le plus commun était peut être l&amp;rsquo;anthracite, bien que le charbon de bois et la &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/09/medieval-smokestacks-fossil-fuels-in-pre-industrial-times/&#34;&gt;tourbe&lt;/a&gt; extraite des marécages environnants étaient aussi utilisés. Quelque soit ce combustible, il devait constituer une couche épaisse, isolant les morceaux de calcaire entre eux ainsi que des parois du four, d&amp;rsquo;après les dires des chaufourniers interrogés il y a quelques décennies par la radio nationale irlandaise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;dormir-près-du-four&#34;&gt;Dormir près du four&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois le four rempli, on mettait feu au bois au fond du four par la petite porte et, à partir de là, le reste du combustible s&amp;rsquo;allumait. Une fois la fournée ainsi lancée, il n&amp;rsquo;y avait pas de retour en arrière possible; les chaufourniers devaient garder un oeil sur le four pendant les trois ou quatre jours suivants, dormant à côté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chaux était produite en hiver, lorsqu&amp;rsquo;il y avait moins de travaux agricoles à faire, on peut donc imaginer qu&amp;rsquo;il était tentant pour les hommes dormant dans le froid de se rapprocher de la chaleur produite par le four. Cependant, d&amp;rsquo;après Colin Richard, spécialiste de la chaux, dormir à proximité de ces fours était extrêmement dangereux, du fait des gaz toxiques émis et de la possibilité de tomber dans le four. On a ainsi rapporté, dit-il, les cas de voyageurs ayant dormi auprès de la &amp;ldquo;bouche&amp;rdquo; des chaufours pour profiter de la chaleur et ayant malheureusement été rôtis vivants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-spain_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaufour à Quijorna, en Espagne. Crédits: Álvaro Moreno Gómez.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chaufour à Quijorna, en Espagne. Crédits:  [Álvaro Moreno Gómez](http://www.flickr.com/photos/53474483@N03/8109410207/in/photolist-dmAR8n-6o5Cu4-6o5PG8-pA1ZE-eRNU9C-pA1YB-5HqBZN-7exJXT-7exJwa-7eBDeE-7exKpx-7eBCLL-7eBBYb-7exKTp-dmARze-dmAU6y-6AJWcA-6o5Cne-cH2S2J-akKWu4). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le travail des chaufourniers, durant plusieurs jours d&amp;rsquo;affilée, était certainement très fatiguant, à tel point qu&amp;rsquo;on parle de gens &amp;ldquo;assoiffés comme des chaufourniers&amp;rdquo; (en langue anglaise). Une seule fournée pouvait contenir des centaines de tonnes de matériaux qu&amp;rsquo;il fallait pelleter à la main, mesurer précisément et arranger correctement dans le four. On en récupérait moins à la sortie, bien sûr — le charbon ayant brûlé et le calcaire ayant perdu de sa masse — mais la chaux vive était bien plus difficile à manipuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Retirer la chaux du four était la partie la plus sale du boulot&amp;rdquo; dit un chaufournier anonyme ayant travaillé en Irlande dans les années 30 et 40 lorsqu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;interrogea en 1981 pour un documentaire radio. &amp;ldquo;C&amp;rsquo;était là que tu te prenais toute la poussière, et t&amp;rsquo;en prenais tellement que tu commençais à saigner des naseaux.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-magie-et-les-rituels&#34;&gt;La magie et les rituels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec leur chaleur de fourneau, leurs vapeurs empoisonnées, leurs transformations alchimiques, leur production dangereuse et vitale à la survie paysanne, il était peut être inévitable que les paysans associent les chaufours à toutes sortes de magie et rituels. D&amp;rsquo;après de vieux irlandais interrogés dans les années 30, les jeunes s&amp;rsquo;adonnaient souvent à des rituels d&amp;rsquo;Halloween autour de chaufours pour savoir qui ils épouseraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cas, on raconte que des fées tuèrent le bétail d&amp;rsquo;un éleveur parce qu&amp;rsquo;il avait construit un four à chaux sur leur chemin. D&amp;rsquo;autres personnes auraient convoqué des esprits maléfiques auprès de fours; un référent de Carnmoney, qui d&amp;rsquo;après une rumeur aurait vendu son âme au diable, aurait invité ce dernier courtoisement devant un chaufour pour qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;y sente chez lui. Les chaufourniers eux-mêmes avaient un rituel assez simple:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Vous preniez une bouteille avec vous ce matin là… une bouteille d&amp;rsquo;eau bénite, dit un chaufournier, et avant qu&amp;rsquo;on ne mette feu au four, vous en aspergiez les pierres du dessus et vous faisiez un signe de croix, parce que vous brûliez / c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;ils avaient l&amp;rsquo;habitude de dire / vous brûliez les os de la terre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrit par Brian Kaller, &lt;a href=&#34;http://restoringmayberry.blogspot.com/&#34;&gt;Restoring Mayberry&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Topographical Directory of County Down, by Samuel Lewis, 1837.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Microscopy of historic mortars — a review,” by J. Elsen, Cement and Concrete Research, July 2005&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Chemistry and Technology of Lime and Limestone,” J. Elsen, Cement and Concrete Research, December 2005&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Material and elastic properties of Al-tobermorite in ancient Roman seawater concrete,” by Marie D. Jackson, Juhyuk Moon, Emanuele Gotti, Rae Taylor, Abdul-Hamid Emwas, Cagla Meral, Peter Guttmann, Pierre Levitz, Hans-Rudolf Wenk, and Paulo J. M. Monteiro, Journal of the American Ceramic Society.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Unlocking the secrets of Al-tobermorite in Roman seawater concrete,” by Marie D. Jackson, Sejung Rosie Chae, Sean R. Mulcahy, Cagla Meral, Rae Taylor, Penghui Li, Abdul-Hamid Emwas, Juhyuk Moon, Seyoon Yoon, Gabriele Vola, Hans-Rudolf Wenk, and Paulo J. M. Monteiro, American Mineralogist.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Roman Seawater Concrete Holds the Secret to Cutting Carbon Emissions,” Berkeley, &lt;a href=&#34;http://newscenter.lbl.gov/news-releases/2013/06/04/roman-concrete/&#34;&gt;http://newscenter.lbl.gov/news-releases/2013/06/04/roman-concrete/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Best Way - A Book Of Household Hints &amp;amp; Recipes, 1915&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Famine Fighter,” Illumination magazine, Spring / Summer 2013&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Ancient and Present State of the County and City of Cork, by C. Smith, 1815 edition.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Burning the Bones of the Earth,” a documentary by Radio Telefis Eireann, 1981&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwardian Farm, BBC Television&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Essay on the Use of Lime as a Manure, by M. Puvis, 1836.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>La vannerie, ou l&#39;art de produire des biens de consommation durables.</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/</link>
      
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      <pubDate>Fri, 24 Feb 2012 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Big-burden-basket-Joe-Hogan_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Grande hotte tressée, Joe Hogan Baskets.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Grande hotte tressée, [Joe Hogan Baskets](http://www.joehoganbaskets.com/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Remplacés par le plastique ou autres récipients fabriqués en usine, les paniers ne sont désormais qu&amp;rsquo;une décoration de Pâques un peu kitsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur fabrication est synonyme de perte de temps. D&amp;rsquo;ailleurs, aux États-Unis, on utilise l&amp;rsquo;expression basket-weaving (tressage de panier) pour parler de cours facile à suivre pour les étudiants en difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le tressage de panier pourrait être une technologie des plus importantes et des plus diverses inventée par les humains. On s&amp;rsquo;en servait pour construire des maisons, des bateaux, des pièges pour animaux, des armures, des outils, des cages, des chapeaux, des chariots, des barrages, des ruches, des abris, des meubles, mais aussi toutes sortes de récipients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tressage de panier s&amp;rsquo;effectue à l&amp;rsquo;aide de matériaux biodégradables et à croissance rapide comme des branches, des brindilles ou des pousses. Il s&amp;rsquo;agit de cultiver une forêt plutôt que de la raser.
De plus, c&amp;rsquo;est une activité accessible à n&amp;rsquo;importe qui. Il n&amp;rsquo;y a pas besoin d&amp;rsquo;argent ou d&amp;rsquo;outils pour créer une panoplie d&amp;rsquo;objets utiles et 100 % écoresponsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l&amp;rsquo;on pense à la technologie, on pense à la pierre et au métal, communément utilisés à l&amp;rsquo;Âge de pierre et à l&amp;rsquo;Âge du fer et pour la construction des pyramides, des statues, des épées vikings et des canons pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons à ce qui est exposé dans les musées et négligeons les inventions, pourtant importantes, autrefois utilisées par les gens dans leur vie quotidienne, mais dont les matériaux n&amp;rsquo;ont pas survécu aux dommages causés par le temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Blue-and-yellow-basket-joe-hogan_dithered.png&#34; alt=&#39;Joe Hogan Baskets.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 [Joe Hogan Baskets](http://www.joehoganbaskets.com/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;29000années-dhistoire&#34;&gt;29 000 années d&amp;rsquo;histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quasiment toutes les civilisations ont fabriqué des paniers, et ce depuis que nous co-habitons avec les paresseux et les tigres à dents de sabre. Remontons des dizaines de milliers d&amp;rsquo;années en arrière : le tressage aurait permis aux humains de construire des cabanes, de se protéger des prédateurs à l&amp;rsquo;aide de clôtures, de construire des bateaux et de pêcher des poissons à l&amp;rsquo;aide de filets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait également utilisé le tressage pour construire des porte-bébés et des cercueils.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt; Les premières formes d&amp;rsquo;agriculture ont probablement servi à la vannerie ; et non à se nourrir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La plus ancienne pièce de vannerie date de 13 000 ans, mais des impressions sur céramiques d&amp;rsquo;Europe centrale indiquent que les fibres tressées, le textile ou les paniers remontent à 29 000 ans. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; On peut prouver que cette technique est encore plus vieille que cela ; en théorie, les néandertaliens, ou d&amp;rsquo;autres hominidés primitifs, auraient pu tresser des paniers.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/joe-hogan-basket_dithered.png&#34; alt=&#39;Joe Hogan Baskets.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 [Joe Hogan Baskets](http://www.joehoganbaskets.com/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;« La vannerie était au centre de la vie quotidienne dans toutes les civilisations aborigènes, écrit l&amp;rsquo;écologiste Neil Sugihara, les paniers étaient des objets essentiels pour toutes les familles ». &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Selon l&amp;rsquo;anthropologue M. K. Anderson, les premiers humains récoltaient des plantes pour construire des paniers, comme on le ferait pour des plantes comestibles, et brulaient des forêts pour favoriser leur croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anderson envisage même que les premières formes d&amp;rsquo;agriculture auraient servi à la vannerie, et non à se nourrir. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;principaux-types-de-paniers&#34;&gt;Principaux types de paniers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux types de paniers. Les paniers en spirale sont apparus très tôt : on enroulait, en spirale, des fibres végétales du centre vers l&amp;rsquo;extérieur avant de les coudre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur forme en spirale a tout de même ses limites : ces paniers ne peuvent porter que des objets circulaires. Les cloches en paille, servant à porter les ruches, étaient construites de cette manière pendant des centaines d&amp;rsquo;années. Et on utilise encore aujourd&amp;rsquo;hui la vannerie spiralée pour fabriquer des chapeaux de paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers paniers américains étaient tressés. On enroulait la fibre autour d&amp;rsquo;une rangée d&amp;rsquo;éléments rigides, comme des bâtons, puis on l&amp;rsquo;entremêlait avant de l&amp;rsquo;enrouler à nouveau autour du bâton suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que cette méthode ne servait qu&amp;rsquo;à la création de surfaces plates, comme les nattes, mais en pliant les bâtons, il était possible de créer de nombreux récipients de toutes formes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-bed_dithered.png&#34; alt=&#39;Mezzanine en vannerie, Coopérative Vannerie de Villaines.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Mezzanine en vannerie, [Coopérative Vannerie de Villaines](&lt;http://www.vannerie.com/index.php?lng=fr_FR&gt;). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autres encore étaient tressés avec des matériaux souples entrecroisés, comme du fil dans un tissu.
En Irlande, on a aplati et tressé le jonc pour fabriquer des nattes et des rideaux pendant des centaines d&amp;rsquo;années.
À nouveau, on pourrait penser que le tressage se limite à des surfaces planes, mais les joncs doivent être tressés lorsqu&amp;rsquo;ils sont encore verts et assez souples pour qu&amp;rsquo;ils durcissent ensuite en séchant. Ils pouvaient donc être tressés autour d&amp;rsquo;un moule pour fabriquer des boîtes, des sacs et plein d&amp;rsquo;autres objets.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Woven-backpacks_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Hottes tressées à sept bandes, Hiroshima Kazuro.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Hottes tressées à sept bandes, [Hiroshima Kazuro](&lt;http://kaladarshan.arts.ohio-state.edu/Exhibitions/basketMakerExhibit.html#exhibit&gt;). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le tressage de l&amp;rsquo;osier reste la technique la plus polyvalente. L&amp;rsquo;osier est aussi souple que robuste, comme les pousses d&amp;rsquo;arbres, et peut être tressé autour de bâtons verticaux, servant à soutenir la structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;osier est, entre autres, utilisé pour la construction de clôtures, de murs, de meubles, de pièges pour animaux, etc. D&amp;rsquo;ailleurs, lorsque l&amp;rsquo;on pense à un panier, on l&amp;rsquo;imagine en osier. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;claies&#34;&gt;Claies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois l&amp;rsquo;osier maîtrisé, les premières civilisations ont décidé de l&amp;rsquo;utiliser pour autre chose que le transport d&amp;rsquo;objets ou de nourriture : la construction d&amp;rsquo;abris, probablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les claies consistaient en une rangée de poteaux à la verticale entre lesquels étaient tressées des tiges en bois, comme une sorte de mur natté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose plutôt inhabituelle, elles étaient construites à partir de pièces modulaires très légères, d&amp;rsquo;un ou deux mètres de haut et de large, comme des haies, puis déracinées et transportées pour être plantées au bon emplacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces poteaux, aussi appelés zales ou sails en Grande-Bretagne, avaient une extrémité arrondie et tenaient en place à l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;une structure en bois, aussi appelée « potence ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, des brins d&amp;rsquo;osier (de petites boutures de saule ou de noisetier) étaient enroulés autour des poteaux.
Au bout de la clôture, les brins d&amp;rsquo;osier étaient alors entortillés pour plus de flexibilité, puis enroulés autour du dernier poteau avant d&amp;rsquo;être tressés dans l&amp;rsquo;autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En général, on laissait un écart au milieu de la clôture, appelé twilly hole en anglais, permettant aux bergers ou aux fermiers d&amp;rsquo;en porter plusieurs en même temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Hurdle-fence_dithered.png&#34; alt=&#39;Claie, source : Windrush Willow.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Claie, source : [Windrush Willow](&lt;http://www.windrushwillow.com/index.html&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Selon l&amp;rsquo;auteure Una McGovern, les claies étaient essentielles à l&amp;rsquo;agriculture médiévale. En gardant les moutons enfermés sans avoir à construire des infrastructures permanentes, les claies permettaient aux fermiers de laisser leurs moutons brouter librement, et ainsi d&amp;rsquo;épandre l&amp;rsquo;engrais sur leurs terres et d&amp;rsquo;utiliser les fertilisants nécessaires aux cultures céréalières. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;bâtisses-en-vannerie&#34;&gt;Bâtisses en vannerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vannerie servait également à bâtir les murs d&amp;rsquo;une maison, une fois la charpente en bois ou en rondins construite et le clayonnage enduit de torchis pour une bonne isolation et un peu d&amp;rsquo;intimité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le torchis était souvent fabriqué à partir d&amp;rsquo;argile, de cheveux humains ou de poils d&amp;rsquo;animaux et de bouse de vache. Il durcissait ensuite autour du clayonnage comme du béton autour d&amp;rsquo;une barre d&amp;rsquo;armature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le résultat pouvait rester en place pendant des siècles. De nos jours, on retrouve encore du clayonnage dans les murs lorsque l&amp;rsquo;on détruit de vieux bâtiments.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Wattle-and-daub-wall-of-a-1905-house-in-Belgium_dithered.png&#34; alt=&#39;Mur de clayonnage enduit de torchis d&amp;amp;rsquo;une maison belge, 1905 (source).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Mur de clayonnage enduit de torchis d&#39;une maison belge, 1905 ([source](http://www.rootsweb.ancestry.com/~belghist/Flanders/Pages/tremelo.htm)). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autres civilisations, comme les Vikings, les Chinois ou les Mayas, utilisaient des techniques similaires.
Les matériaux abordables et accessibles nécessaires au clayonnage en ont fait une méthode de construction utile et populaire. Cependant, tous les ouvriers ne le voyaient pas de cette façon. Au premier siècle, l&amp;rsquo;architecte romain Vitruve se plaignait des dangers d&amp;rsquo;un matériau si bon marché dans Les dix livres d&amp;rsquo;architecture :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« En ce qui concerne le clayonnage enduit de torchis, j&amp;rsquo;aurais préféré que cela n&amp;rsquo;existe pas, écrit Vitruve.
Il présente autant de risques que d&amp;rsquo;avantages. Par exemple, même s&amp;rsquo;il fait gagner du temps et de l&amp;rsquo;espace, il peut prendre feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait plus judicieux de construire des murs avec des briques en terre cuite, certes plus chères, plutôt que de continuer à se servir du clayonnage et du torchis qui représentent un danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, cette technique cause des fissures à l&amp;rsquo;intérieur du revêtement en stuc à cause de la disposition des clous et des entremises de charpente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces matériaux gonflent avec l&amp;rsquo;humidité lorsqu&amp;rsquo;ils sont talochés et se rétractent en séchant, ce qui provoque une fissure dans le stuc solidifié.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mais puisque certains d&amp;rsquo;entre nous sont contraints de l&amp;rsquo;utiliser, soit pour gagner du temps ou de l&amp;rsquo;argent, soit pour construire des cloisons sur une portée autoporteuse, voici comment le faire correctement :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les fondations doivent être surélevées pour que le torchis ne touche jamais la pierre fissurée qui forme le sol. S&amp;rsquo;il se retrouve enfoncé dans la pierre, il pourrit avec le temps, puis se tasse et s&amp;rsquo;affaisse vers l&amp;rsquo;avant avant de transpercer la surface du revêtement en stuc. »&lt;/em&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;barques-tressées&#34;&gt;Barques tressées&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi étonnant que cela puisse paraître, la vannerie a longtemps servi à construire des bateaux. Nous ne savons pas de quand date la construction de ces bateaux, mais les premières traces de la présence humaine en Australie remontent à 40 000 ans, pourtant, le pays a été séparé de l&amp;rsquo;Asie pendant l&amp;rsquo;ère glaciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les humains auraient construit des bateaux en osier recouverts de peaux d&amp;rsquo;animaux et, même s&amp;rsquo;ils attachaient à peine les rondins entre eux, ils savaient probablement comment récolter de la fibre et &lt;a href=&#34;http://www.lowtechmagazine.com/knots/&#34;&gt;en faire des nœuds&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Irish-Coracles_dithered.png&#34; alt=&#39;Coracles irlandais Source : Guy Mallison Woodland Workshop.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Coracles irlandais Source : [Guy Mallison Woodland Workshop](&lt;http://guymallinson.blogspot.com/2010/07/coracles-in-herefordshire.html&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les Irlandais se sont servis des bateaux tressés, ou coracles, pendant des centaines, voire même des milliers d&amp;rsquo;années. On retrouve des traces de ces bateaux dans la littérature médiévale irlandaise et des passionnés continuent d&amp;rsquo;en fabriquer aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt; La petite taille et la légèreté du coracle permettaient aux pagayeurs, après avoir navigué sur les rivières, lacs ou marais, de le transporter à pied, à travers le pays, sans difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les bateaux étaient tressés en sauge ou en noisetier, couverts de peau &amp;mdash; en général de la peau de vache, mais aussi de la peau de cheval ou de phoque &amp;mdash; puis prétendument imperméabilisés avec du beurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces embarcations étaient si petites et instables qu&amp;rsquo;une seule personne pouvait s&amp;rsquo;y asseoir en tailleur et bien droit pour éviter de basculer, comme dans un kayak en forme de bol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite taille et la légèreté du coracle permettaient aux pagayeurs, après avoir navigué sur les rivières, lacs ou marais, de le transporter à travers le pays sans difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Building-a-coracle_dithered.png&#34; alt=&#39;La première étape pour construire un coracle. Source : Guy Mallison Woodland Workshop.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 La première étape pour construire un coracle. Source : [Guy Mallison Woodland Workshop](&lt;http://guymallinson.blogspot.com/2010/07/coracles-in-herefordshire.html&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour naviguer sur la mer, les Irlandais tressaient des currachs, plus grands, ovales et plus stables sur une mer agitée, mais toujours plus petits qu&amp;rsquo;une barque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une séquence d&amp;rsquo;un documentaire de 1937 montre des hommes construisant un currach Boyne en plantant d&amp;rsquo;abord les tiges de noisetier selon la forme désirée dans le sol, puis en tressant fermement une structure entre chaque tige pour construire le plat-bord, ou le bord, avant de la retourner sur elle-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les tiges de noisetier étaient enroulées les unes autour des autres pour former un dôme en osier, puis la structure était déracinée et posée à la verticale pour y attacher la peau avant de la huiler. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;nasses&#34;&gt;Nasses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;art du tressage était également utilisé pour fabriquer des nasses ou des pièges à anguille dans les rivières et des pièges à homard dans la mer. Ceux-ci étaient, eux aussi, en osier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces aliments représentaient une source de protéines non négligeable, surtout dans les pays catholiques où consommer de la viande était parfois interdit.
Les pièges étaient simples : un appât attirait les animaux à l&amp;rsquo;intérieur du piège. Si le piège était fabriqué correctement, la proie ne pouvait plus en sortir une fois à l&amp;rsquo;intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Traps-for-river-crabs_dithered.png&#34; alt=&#39;Pièges pour crabes d&amp;amp;rsquo;eau douce, Hiroshima Kazuro.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Pièges pour crabes d&#39;eau douce, [Hiroshima Kazuro](&lt;http://kaladarshan.arts.ohio-state.edu/Exhibitions/basketMakerExhibit.html#exhibit&gt;). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Fish-traps-in-the-Thames_dithered.png&#34; alt=&#39;« Lowering the Eel Bucks », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 (source)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 « Lowering the Eel Bucks », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 ([source](http://canalbookcollector.blogspot.com/2011/03/engraving-of-week_23.html))
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-centaines-de-variétés-de-plantes&#34;&gt;Des centaines de variétés de plantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les paniers pouvaient être tressés à partir de centaines de plantes différentes selon celles qui poussaient aux alentours.
Dans les régions tropicales, on utilisait le roseau ou le raphia, tandis que dans les régions tempérées, comme l&amp;rsquo;Europe, on disposait d&amp;rsquo;une grande variété de branches et de plantes : les branches de cornouiller, de troène, de mélèze, de prunellier et de châtaignier ; les brindilles de genêt, de jasmin et de pervenche ; les pousses d&amp;rsquo;orme et de tilleul ; le lierre, la clématite, le chèvrefeuille et la liane de rosier ; le jonc et d&amp;rsquo;autres roseaux, et la paille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-crops_dithered.png&#34; alt=&#39;Champs de saules bleus de Bretagne à Kildare, Irlande, en février. Photo de Brian Kaller.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Champs de saules bleus de Bretagne à Kildare, Irlande, en février. Photo de Brian Kaller. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les branches de saule, ou silver-sticks en Irlande, osiers en Grande-Bretagne et vikker en vieux norrois, étaient probablement les plus populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont très souples lorsqu&amp;rsquo;elles sont encore fraiches ou mouillées et légères et solides lorsqu&amp;rsquo;elles sont sèches. Elles poussent si vite que l&amp;rsquo;on peut récolter une nouvelle culture de branches de trois mètres de long tous les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;un des arbres les plus rapides à pousser après qu&amp;rsquo;un vieil arbre soit tombé et laisse passer la lumière dans la forêt, ou après qu&amp;rsquo;un incendie ait ravagé toute une zone. C&amp;rsquo;est peut-être l&amp;rsquo;arbre dont le comportement se rapproche le plus de celui d&amp;rsquo;une mauvaise herbe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-harvest_dithered.png&#34; alt=&#39;« Osier Cutting », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 (source)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 « Osier Cutting », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 ([source](http://canalbookcollector.blogspot.com/2011/05/engraving-of-week.html))
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leurs racines se propagent rapidement sous le sol, faisant de cet arbre un atout pour freiner l&amp;rsquo;érosion.
Ils poussent très rapidement et constituent un excellent brise-vent, comme une &lt;a href=&#34;http://www.notechmagazine.com/2011/04/irish-hedgerows.html&#34;&gt;haie&lt;/a&gt;, ce qui les rend particulièrement utiles, surtout à notre époque, pour séquestrer le carbone et lutter contre le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on peut créer de l&amp;rsquo;acide salicylique, c&amp;rsquo;est-à-dire de l&amp;rsquo;aspirine, en faisant bouillir de l&amp;rsquo;écorce de saule blanc (Salix alba).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;nettoyer-la-terre&#34;&gt;Nettoyer la terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La variété répandue Salix viminalis, ou saule des vanniers, s&amp;rsquo;est révélée être une excellente accumulatrice de métaux lourds.
Beaucoup de plantes contribuent au « nettoyage » du sol en absorbant des niveaux disproportionnés de substances a priori toxiques, soit car c&amp;rsquo;est une particularité de leur métabolisme, soit pour se protéger des prédateurs en devenant toxiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses plantes n&amp;rsquo;absorbent qu&amp;rsquo;une seule toxine et d&amp;rsquo;autres n&amp;rsquo;en absorbent que quelques-unes. Le saule des vanniers peut en absorber une grande partie, y compris le plomb, le cadmium, le mercure, le chrome, le zinc, le combustible fossile d&amp;rsquo;hydrocarbure, l&amp;rsquo;uranium, le sélénium, le ferrocyanure de potassium et l&amp;rsquo;argent. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Willow-harvested-stools_dithered.png&#34; alt=&#39;Saule récolté et posé sur des tabourets au premier plan, culture à récolter à l&amp;amp;rsquo;arrière-plan, source : Joe Hogan Baskets&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Saule récolté et posé sur des tabourets au premier plan, culture à récolter à l&#39;arrière-plan, source : [Joe Hogan Baskets](&lt;http://www.joehoganbaskets.com/&gt;)
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De nombreux arbres feuillus peuvent être recépés, soit coupés à la base, ou écimés, c&amp;rsquo;est-à-dire coupés à hauteur humaine. Ils repoussent ensuite sur une période de 5 à 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les saules n&amp;rsquo;ont pas besoin d&amp;rsquo;arriver à maturité : ils continuent de s&amp;rsquo;épaissir à la base et de nouvelles cultures poussent tous les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tisserands de panier ci-dessus récoltent les branches de saule en hiver : c&amp;rsquo;est un rituel. Ils peuvent récupérer dix tonnes par demi-hectare dans des champs dont les souches ont cent ans et n&amp;rsquo;ont jamais grandi suffisamment. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parmi des centaines d&amp;rsquo;arts traditionnels, aucun n&amp;rsquo;est aussi utile au quotidien&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une fois les branches de saule coupées, elles peuvent être séchées avec ou sans l&amp;rsquo;écorce.
Retirer l&amp;rsquo;écorce pouvait être une tâche difficile qui, cependant, facilitait la préparation et l&amp;rsquo;usage des branches et réduisait le risque de décomposition, tout en donnant au bois sa sublime couleur blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retirer l&amp;rsquo;écorce, on coupait une grosse branche de saule jusqu&amp;rsquo;à la moitié dans le sens de la longueur, puis on attachait des bandes de métal dans l&amp;rsquo;entaille. Ensuite, le tisserand venait tenir la branche entre ses jambes et utilisait les bandes comme on se sert d&amp;rsquo;un outil de dénudage pour retirer un isolant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les coupes étaient trop épaisses pour être manipulées, un outil spécial, appelé cleve en anglais, servait à les couper en trois dans le sens de la longueur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-balustrade_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-balustrade-2_dithered.png&#34; alt=&#39;Barreaux tressés, Coopérative Vannerie de Villaines.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Barreaux tressés, [Coopérative Vannerie de Villaines](&lt;http://www.vannerie.com/index.php?lng=fr_FR&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les brins d&amp;rsquo;osier séchaient pendant plusieurs mois et pouvaient être conservés indéfiniment avant d&amp;rsquo;être mouillés à nouveau pour le tressage.
Les branches de saule peuvent être tressées directement après avoir été coupées, mais le bois se détend en séchant et le tissage se décale bruyamment, ce qui peut être gênant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un débutant, la préparation du matériel est aussi difficile que le tressage lui-même : les branches de saule doivent sécher, puis être mouillées à nouveau, et ce sans qu&amp;rsquo;elles ne pourrissent. Elles doivent aussi être utilisées avant qu&amp;rsquo;elles ne sèchent une seconde fois et se fragilisent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;usage-quotidien&#34;&gt;Usage quotidien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, un petit groupe dynamique de passionnés venant des quatre coins de la planète tente de redécouvrir et réutiliser les arts et les technologies traditionnels.
Nombreuses sont ces techniques qui méritent d&amp;rsquo;être remises à la mode, mais certaines requièrent une expérience considérable, du talent, de l&amp;rsquo;entraînement, une infrastructure ou l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;autres personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les solutions low-tech ne peuvent pas se frayer un chemin aussi facilement dans le quotidien des citadins modernes, attirés par un mode de vie plus traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basket-weaver_dithered.png&#34; alt=&#39;Tisserand de panier. Source : Roule ta bosse !&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Tisserand de panier. Source : [Roule ta bosse !](http://rouletabosse.over-blog.fr/) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le tressage de panier ne demande pas plus d&amp;rsquo;argent qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en faut pour une formation et, potentiellement, des matériaux.
Il suffit de se servir de n&amp;rsquo;importe quelle culture dont disposent tous les biomes de la planète et de quelques outils, mais ce n&amp;rsquo;est pas obligatoire.
Les tisserands confirmés peuvent créer des œuvres d&amp;rsquo;art, mais n&amp;rsquo;importe qui peut tresser des objets simples et utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi des centaines d&amp;rsquo;arts traditionnels, aucun n&amp;rsquo;est aussi utile au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brian Kaller&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brian Kaller est un journaliste venu tout droit de la campagne irlandaise. Il s&amp;rsquo;entretient avec les personnes âgées d&amp;rsquo;Irlande à propos des modes de vie traditionnels et rédige une rubrique hebdomadaire sur le roman The Long Emergency pour son journal local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blog de Brian : &lt;a href=&#34;http://restoringmayberry.blogspot.com/&#34;&gt;Restoring Mayberry&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait incroyable : même si les paniers sont très prisés aux États-Unis, ce pays autrefois peu habité continuait d&amp;rsquo;importer du bois de saule en provenance de l&amp;rsquo;Ancien Monde, bien plus petit et surpeuplé.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Archeologické rozhledy, 2007, Baskets in Western America 8600 BP :
American Antiquity 60(2), 1995, p. 309-318.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Fire in California&amp;rsquo;s ecosystems, By Neil G. Sugihara, p. 421&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Anderson, M.K. &amp;ndash; The fire, pruning and coppice management of
temperate ecosystems for basketry material by Californian Indian tribes.
Human Ecology 27(I) 79-113. 1999.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Complete Book of Basketry Techniques, Sue Gabriel and Sally
Goyner, David and Charles 1999.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lost Crafts, Una McGovern, Chambers 2009&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ten Books on Architecture, Vetruvius, Chapter 8, Section 20. Circa 20 BCE&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hands, RTE documentary by Sally Shaw Smith, episode 29, &amp;ldquo;Curraghs.&amp;rdquo;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Phytoremediation. By McCutcheon &amp;amp; Schnoor. 2003, New Jersey, John Wiley &amp;amp; Sons, page 19.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Enhancing Phytoextraction: The Effect of Chemical Soil Manipulation
on Mobility, Plant Accumulation, and Leaching of Heavy Metals. By Ulrich
Schmidt. In J. Environ. Qual. 32 : 1939-1954 (2003).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;The potential for phytoremediation of iron cyanide complex by
Willows. By X.Z. Yu, P.H. Zhou and Y.M. Yang. In Ecotoxicology 2006.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bulletin of the Bussey Institution, Vol. II, Part VIII. p. 430. Published 1899.
Basket Willow Culture, écrit par C. D. Mell et publié en 1908, demande aux fermiers de faire pousser des saules le plus rapidement possible et de s&amp;rsquo;en servir comme culture marchande pour répondre à une demande continue de matériaux de tressage. Il affirme que « la demande de paniers en branches de saule est très grande, et chaque année, des milliers de branches sont importées de France, d&amp;rsquo;Allemagne et des Pays-Bas. »&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
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