<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?>
<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
  <channel>
    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
    <link>https://qelnixcor.cloud/fr/tags/basketry/</link>
    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
    <generator>Hugo 0.111.3</generator>
    <language>fr</language>
    <lastBuildDate>Wed, 03 Nov 2021 00:00:00 +0000</lastBuildDate><atom:link href="https://qelnixcor.cloud/fr/tags/basketry/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml" />
    <item>
      <title>Les Matelas-Fascines : la Vannerie se Déchaîne</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/</link>
      
      <enclosure url="https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/AfzinkenStevinsluizen_dithered.png" type="image/png" length="70711" ></enclosure>
      <pubDate>Wed, 03 Nov 2021 00:00:00 +0000</pubDate>
      
      <guid>https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/</guid>
      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/AfzinkenStevinsluizen_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un matelas-fascine en train d’être coulé pour le drainage des écluses à Den Oever. Source : Dienst Zuiderzeewerken, CC BY 3.0 NL. Date inconnue.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un matelas-fascine en train d’être coulé pour le drainage des écluses à Den Oever. Source : Dienst Zuiderzeewerken, CC BY 3.0 NL. Date inconnue. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;défenses-côtières-et-fluviales&#34;&gt;Défenses Côtières et Fluviales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le changement climatique est une menace imminente pour les communautés côtières et fluviales très peuplées du monde entier. Pendant des siècles, les gens ont construit des structures de défense pour prévenir les inondations et l’érosion : brise-lames, cloisons, épis, levée, fossés, digues et murs de retenue. De nos jours, nous construisons généralement ces structures au moins en partie à partir de matériaux à haute teneur en énergie et en carbone : béton armé (le plus souvent), géotextiles, acier, treillis métallique, asphalte. Cependant, nous pouvons construire—et certains l’ont fait—des défenses fluviales et côtières très adéquates sans contribuer encore plus à la destruction de l’environnement à long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’inspiration vient—sans surprise—des Pays-Bas. La mer y est une menace depuis bien avant le changement climatique. Les Hollandais ont construit leur pays en partie sur le fond de la mer, l’ont asséché à l’aide de moulins à vent et ont entouré de digues les nouvelles terres. La côte néerlandaise a un sol sablonneux à grain fin qui offre peu de résistance au frottement de l’eau. Les courants, les vagues et les hélices des navires érodent les fonds et peuvent facilement conduire à l’effondrement des digues, des berges, des quais, des écluses et des culées.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Dijkval_in_Zeeland_bij_Kats_op_Noord-Beveland_Bestanddeelnr_918-9476_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : effondrement de digue au Zeeland, près de Kats dans le North Beveland, 1966. Domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : effondrement de digue au Zeeland, près de Kats dans le North Beveland, 1966. Domaine public. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-matelas-fascine&#34;&gt;Le Matelas-Fascine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec de l’eau douce ou saumâtre qui stagne ou s’écoule lentement, la plantation de roseaux à la surface de l’eau peut protéger les berges. Cependant, cette approche ne fonctionne pas avec l’eau salée et n’empêche pas non plus les dégâts causés par de grosses vagues. Il y a au moins 400 ans, les Hollandais trouvèrent une solution : le matelas-fascine (ou matelas de fagots, ou couches de branches à rejets). Un matelas-fascine se compose de milliers de brindilles fines, principalement de saules. Celles-ci sont tissées ensemble en un tapis robuste coulé au fond d’un canal, d’un estuaire ou d’une rivière. Un matelas-fascine peut s’étendre en partie sur la rive ou la digue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les matelas-fascines étaient souvent rectangulaires et de grandes dimensions : généralement entre 20 et 30 mètres de large et jusqu’à 150 mètres de long (parfois plus). Les structures étaient fabriquées sur terre, remorquées jusqu’à leur emplacement, puis coulées au fond en les lestant avec des gravats. Tout se faisait à la main. Les plantations de taillis voisines fournissaient le bois pour tresser les matelas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Afsluiting_Haringvliet_Vervaardiging_van_zinkstukken_grootste_van_Nederland_in_Bestanddeelnr_908-1125_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : La fabrication d’un matelas-fascine, Haringvliet, 1956. Domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : La fabrication d’un matelas-fascine, Haringvliet, 1956. Domaine public. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;durée-de-vie--des-siècles&#34;&gt;Durée de vie : des siècles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas exactement quand les Néerlandais ont commencé à utiliser des matelas-fascines. L’image la plus ancienne est un tableau de 1676 de Matthias Withoos, qui illustre la réparation d’une digue. Cependant, il existe des références à des constructions en broussailles dans l’ingénierie hydraulique déjà au 16ème siècle. De nombreux matelas-fascines restent fonctionnels aujourd’hui, des siècles après leur construction. Le bois de saule devient dur comme de la roche sous l’eau et ne se détériore presque pas. Des recherches menées à la fin des années 1960 ont montré que la plupart des matelas-fascines submergés pendant plus de 100 ans—certains datant du début des années 1820—sont restés intacts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas combien de matelas-fascines sont encore opérationnels au fond des eaux néerlandaises, mais ils sont pratiquement partout. La plupart des données sont disponibles à partir de la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Néerlandais utilisèrent cette technologie à grande échelle. En 1953, des inondations catastrophiques frappèrent les Pays-Bas. Cela conduisit aux Delta Works, une série de travaux de construction ambitieux pour protéger la terre de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Kreekafsluitingen_zinkstukken_biesbosch_Bestanddeelnr_168-0757_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Matelas-fascines dans le Biesbosch, 1968. Domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Matelas-fascines dans le Biesbosch, 1968. Domaine public. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les matelas-fascines furent une partie essentielle de ce plan. Par exemple, entre 1960 et 1966, les Néerlandais ont ajouté 200 000 m² de matelas-fascines dans la région des Wadden (un groupe d’îles au nord). Entre 1954 et 1967, lors de travaux fluviaux à travers le pays, ils ont coulé 1 200 000 m² de matelas-fascines par le fond.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;tressage-dun-matelas-fascine&#34;&gt;Tressage d’un Matelas-Fascine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fabrication d’un matelas-fascine était un métier qui impliquait principalement nouage et tressage. Dans les zones soumises aux marées, les Hollandais tressaient des matelas-fascine dans des bancs de vases qui étaient secs à marée basse. Cela signifiait que le travail devait se faire rapidement. La marée haute revenue, la structure commençait à flotter—et elle devait être suffisamment robuste  pour ne pas partir en morceaux. La finition du matelas-fascine pouvait se produire lors de la prochaine marée basse ou même pendant que la structure flottait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les artisans commencèrent à tisser de petits branchages en fagots ou en bandes appelés fascines (« wiepen » en néerlandais). Les fascines pouvaient atteindre 50 m de long, pour un diamètre d’environ 30 à 50 cm, et étaient attachées ensemble avec de fines brindilles. Les fascines servaient à construire un cadre inférieur, qui constituait la base de toute la structure. Les fagots étaient superposés transversalement à environ un mètre les uns des autres et fixés avec une corde et un poteau aux intersections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dessus de ce cadre se présentait un « remplissage » de 30 à 40 cm de deux couches de branchages en croix l’une par rapport à l’autre. Entre celles-ci, il y avait une couche de roseaux, qui rendait le matelas-fascine résistant au sable. Ensuite, un cadre supérieur de fascines était construit, identique au cadre inférieur, au-dessus du « remplissage ». Les hommes attachaient le tout aux poteaux. Il fallait environ six hommes pour construire un matelas-fascine de 100 m².&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/fascine-mattress-texel_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un matelas-fascine. Par Jan Muijs, Rijkswaterstaat, 1974, CC BY 3.0 nl.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un matelas-fascine. Par Jan Muijs, Rijkswaterstaat, 1974, CC BY 3.0 nl. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/tekening-zinkstuk_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Dessin d’un matelas-fascine classique en bois de saule pour la protection du lit du cours d’eau. Source : Hollands&amp;amp;rsquo; Rijshout, Van Breen (1920).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Dessin d’un matelas-fascine classique en bois de saule pour la protection du lit du cours d’eau. Source : Hollands&#39; Rijshout, Van Breen (1920). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Rijshout_wordt_tot_zinkstukken_verwerkt_Bestanddeelnr_900-7402_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Fabrication de fascines, 1945. Photographe inconnu / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Fabrication de fascines, 1945. Photographe inconnu / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Dichten_gat_Faustus_Hoek_van_Holland_Vlechten_zinkstukken_Bestanddeelnr_905-4127_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Fabrication de fascines, 1952. Harry Pot / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Fabrication de fascines, 1952. Harry Pot / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/De_Schelphoek_op_Schouwen_Film_transport_zinkstukken_Bestanddeelnr_934-5510_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Transport de fascines, 1953. Joop van Bilsen / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Transport de fascines, 1953. Joop van Bilsen / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/fascine-mattress_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Tressage de matelas-fascines, 1956. Harry Pot / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Tressage de matelas-fascines, 1956. Harry Pot / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;clôtures&#34;&gt;Clôtures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les artisans tressaient des clôtures au-dessus des matelas-fascines en tissant plus de branchages autour des poteaux aux points où les fascines se croisaient et qui saillaient bien au-dessus du cadre supérieur. Ces clôtures renforçaient encore plus la structure et évitaient aux gravats de rouler hors du matelas. C’était un risque durant l’enfoncement des matelas-fascines au fond de l’eau. L’enclos remplissait également son rôle lorsque le matelas-fascine reposait sur une pente forte, comme dans le cas d’une digue. Les gravats les plus petits pouvaient aussi être emportés par le courant—les clôtures empêchaient cela. Finalement, les hommes équipaient le matelas-fascine avec des accessoires de traction (dispositifs de sept pieux offrant des attaches solides aux cordes) à des fins de remorquage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Aanleg_dijk_Zuidoostpolder_bij_Vossenveen_zinkstukken_Bestanddeelnr_904-1214_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Tressage de clôtures sur un matelas-fascine, 1950. Par van Oorschot / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Tressage de clôtures sur un matelas-fascine, 1950. Par van Oorschot / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/vlechttuinen_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Tressage de clôtures. Source : Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop, B. Hakkeling, 1970.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Tressage de clôtures. Source : [Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop](https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A1ed44c19-ee2a-450d-bc3c-6e377cae54ef), B. Hakkeling, 1970. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;couler-un-matelas-fascine&#34;&gt;Couler un Matelas-Fascine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois que les artisans avaient remorqué un matelas-fascine jusqu’à sa destination et l’avaient amarré, ils coulaient la structure par le fond. À cette fin, les ouvriers lestaient le matelas-fascine de pierres et de gravats. Ce travail éreintant se faisait manuellement. Des rangées d’artisans s’alignaient sur des passerelles, se passant des pierres de 10 à 30 kg une par une. Les travailleurs munis de brouettes transportaient les gravats depuis la terre ferme avec celles-ci ou les transbordaient directement d’un bateau sur le matelas-fascine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mer, un mètre carré de matelas-fascine nécessitait environ 200 kg de pierres pour couler. La plupart du poids était placé sur les bords pour empêcher le matelas-fascine de basculer pendant qu’il sombrait. Une fois que la structure atteignait le fond, 1 000 kg supplémentaires de pierres plus lourdes étaient ajoutés. En rivière, moins de poids était nécessaire : seulement 120 kg environ pour couler un matelas-fascine et environ 300 kg pour le maintenir en place. Trouver suffisamment de pierres était beaucoup plus problématique que de trouver des broussailles parce qu’elles devaient être transportées par bateau depuis des zones éloignées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les matelas-fascines ne pouvaient être coulés au fond que par mer calme et avec peu de courant, donc le timing était crucial. L’étale, cette période de quelques minutes entre jusant et flot, était exploité au maximum, même si cela impliquait du travail partiellement nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Afsluiting_Haringvliet_bouw_zinkstukken_in_haven_Hellevoetsluis_Bestanddeelnr_907-8999_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Des ouvriers installent des matelas-fascines pour la construction des écluses dans le Haringvliet près de Hellevoetsluis, 1956. Par Anefo, CC0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Des ouvriers installent des matelas-fascines pour la construction des écluses dans le Haringvliet près de Hellevoetsluis, 1956. Par Anefo, CC0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Kreekafsluitingen_zinkstukken_biesbosch_Bestanddeelnr_168-0781_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un matelas-fascine en train d’être couler, 1968. Par Nationaal Archief, CC0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un matelas-fascine en train d’être couler, 1968. Par Nationaal Archief, CC0.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Kreekafsluitingen_zinkstukken_biesbosch_Bestanddeelnr_168-0761_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un matelas-fascine en train d’être couler, 1968. Par Nationaal Archief, CC0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un matelas-fascine en train d’être couler, 1968. Par Nationaal Archief, CC0.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Verstevigen_van_de_Vlissingse_boulevard_Bestanddeelnr_909-5645_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Renforcement du boulevard Vlissingen, 1958. Par Anefo, CC0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Renforcement du boulevard Vlissingen, 1958. Par Anefo, CC0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Watersnood_1953_De_dijk_bij_Ouwerkerk_op_Duiveland_is_nog_lang_niet_geheel_klaar_Bestanddeelnr_059-1128_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Renforcement d’une digue près de Ouwerkerk sur le Duiveland, 1953. Par Joop van Bilsen / Anefo, CC0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Renforcement d’une digue près de Ouwerkerk sur le Duiveland, 1953. Par Joop van Bilsen / Anefo, CC0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/hetzinken_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un matelas-fascine en train d’être couler. Source : Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop, B. Hakkeling, 1970.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un matelas-fascine en train d’être couler. Source : [Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop](https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A1ed44c19-ee2a-450d-bc3c-6e377cae54ef), B. Hakkeling, 1970. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/zinkstuk-gereed_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Préparatifs pour couler un matelas-fascine. Source : Holland’s rijshout, L.G. van Breen, 1920.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Préparatifs pour couler un matelas-fascine. Source : [Holland’s rijshout](https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A72029c69-9567-4ad9-8883-ff428cf7d68b), L.G. van Breen, 1920.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/De_Schelphoek_op_Schouwen_Verankeren_zinkstuk_Bestanddeelnr_905-8255_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Mouillage d’un matelas-fascine. Notez les accessoires de remorquage au premier plan. Joop van Bilsen / Anefo, CC0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Mouillage d’un matelas-fascine. Notez les accessoires de remorquage au premier plan. Joop van Bilsen / Anefo, CC0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;chevauchements-de-matelas-fascines&#34;&gt;Chevauchements de Matelas-Fascines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Déposer un matelas-fascine au bon endroit était un défi. Il était difficile de les faire couler avec précision. Selon certaines sources, il y avait parfois 2 à 5 m d’espace prévu entre des matelas-fascines adjacents. Le chevauchement de structures était à éviter car le courant pouvait retourner la pièce supérieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, Gerrit Jan Schiereck, professeur retraité en ingénierie hydraulique et ancien employé du département des travaux publics néerlandais, n’est pas d’accord avec ce conseil : « contrairement à ce que certaines livres disent, il était nécessaire de faire se chevaucher partiellement les matelas-fascines ». &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les matelas-fascines ne sont pas des rectangles. En se connectant à des constructions existantes, dans les courbes des rivières et à cause de tout autre irrégularité, les structures pouvaient prendre la forme d’un trapèze ou d’un quadrilatère irrégulier. Néanmoins, les pièces avec des coins dentelés étaient évitées le plus possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/hakkeling-figuur-27_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Des matelas-fascines mal placés dans la courbe d’une rivière. Source : Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop, B. Hakkeling, 1970.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Des matelas-fascines mal placés dans la courbe d’une rivière. Source : [Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop](https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A1ed44c19-ee2a-450d-bc3c-6e377cae54ef), B. Hakkeling, 1970. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/zinkstuk-hollands-rijshout_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Une collection de matelas-fascines. Holland’s rijshout, L.G. van Breen, 1920.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Une collection de matelas-fascines. [Holland’s rijshout](https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A72029c69-9567-4ad9-8883-ff428cf7d68b), L.G. van Breen, 1920. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;plantations-de-taillis-en-zone-de-marée&#34;&gt;Plantations de Taillis en Zone de Marée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation de matelas-fascines était fortement liée à la production à large échelle de broussailles sur des plantations de taillis. Comme vu dans un précédent article, nos &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/&#34;&gt;ancêtres récoltait du bois sur des arbres taillés plutôt qu’abattus&lt;/a&gt;. Les plantations en taillis hollandaises – les « grienden » – sont remarquables en raison de leurs sols « humides » : de hauts niveaux d’eaux fluviales ou l’action des marées inondaient occasionnellement les terres. Au contraire de la majorité des autres espèces d’arbres, le saule tolère l’eau salée et (temporairement) d’avoir les pieds mouillés. Ainsi, les plantations de taillis pouvaient utiliser des terres autrement impropres à l’agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1915, environ 14 000 hectares (140 km²) de forêt aux Pays-Bas étaient des plantations de taillis en zone fluviale ou de marée, à comparer aux 85 000 hectares de plantations de taillis « classiques », ainsi que 155 000 hectares de futaie. La plupart se situait le long d’estuaires au-delà des digues et dans les zones fluviales de Hollande-du-Sud et de Brabant-du-Nord. Le plus grand complexe se situait dans le Biebosch. Plus de 200 différents types de saules poussaient dans les plantations de taillis de zones fluviales et de marée. Sur les sols pauvres, les Hollandais plantèrent des aulnes entre les saules. Les feuilles mortes des aulnes fertilisaient les sols et augmentaient la durée de vie et la production des saules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, un quai entourait les plantations de taillis en zone de marée. Cela gardait l’eau hors de la zone de plantation pendant les marées normales. La plantation était inondée uniquement par les ondes de tempête en hiver. Des valves assuraient un drainage de l’eau suffisamment lent afin de permettre aux boues de se déposer, fertilisant ainsi le sol. Des fossés traversaient les plantations et aidaient au drainage – l’eau stagnante étant nuisible aux arbres. Les ouvriers utilisaient aussi les étroits canaux pour transporter les brousailles hors des plantations par bateau. Les plantations de taillis fluviales se situaient à l’intérieur des zones protégées par les digues. Là, le niveau d’eau souterrain – influencé par les rivières alentours – déterminait l’environnement pour les arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Récolter le bois demandait tout autant de travail que le tressage des matelas-fascines. La maintenance était entièrement effectuée à la main et principalement lors des mois d’hiver. Les ouvriers des plantations taillaient les broussailles après que la chute des feuilles et ils groupaient les branches en fagots. Ils plaçaient aussi de nouvelles boutures dans le sol, draguaient les fossés et enlevaient le bois. La majorité des ouvriers travaillaient dans les plantations à la journée lorsque le travail manquait dans les champs. Ils dormaient le plus souvent dans de petits abris ou sur de petits bateaux sur les plantations. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/Carnisse_grienden_1_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Champ de saules à l’extérieur des digues sur le Oude Maas (Carnisse Grienden). Par Ceinturion, (CC BY-SA 3.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Champ de saules à l’extérieur des digues sur le Oude Maas (Carnisse Grienden). Par Ceinturion, (CC BY-SA 3.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/biesbosch-kaart-1908_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le Biesbosch en 1908. Source : Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013. Nationaal Park de Biesbosch, 2014.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Le Biesbosch en 1908. Source : [Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013](http://www.ecologischadviesbureaumaes.nl/429_I.pdf). Nationaal Park de Biesbosch, 2014. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/tidal-coppice-plantation_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Une plantation de taillis en zone de marée (Anna-Jacominaplaat) en 1950. Source : Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013. Nationaal Park de Biesbosch, 2014.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Une plantation de taillis en zone de marée (Anna-Jacominaplaat) en 1950. Source : [Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013](http://www.ecologischadviesbureaumaes.nl/429_I.pdf). Nationaal Park de Biesbosch, 2014. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/sloot-in-griend_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Fossé dans un plantation de taillis en zone de marée (1930-1950). Source : Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013. Nationaal Park de Biesbosch, 2014.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Fossé dans un plantation de taillis en zone de marée (1930-1950). Source : [Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013](http://www.ecologischadviesbureaumaes.nl/429_I.pdf). Nationaal Park de Biesbosch, 2014. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/griendkeetopterp_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Une cabane d’ouvrier sur une butte. Source : Regionaal Archief Dordrecht. (CC-BY-SA 4.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Une cabane d’ouvrier sur une butte. Source : Regionaal Archief Dordrecht. (CC-BY-SA 4.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/11/fascine-mattresses-basketry-gone-wild/images/dithers/griendboot_dithered.png&#34; alt=&#39;Péniche aménagée sur une plantation de taillis en zone de marée. Source : Regionaal Archief Dordrecht. (CC-BY-SA 4.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Péniche aménagée sur une plantation de taillis en zone de marée. Source : Regionaal Archief Dordrecht. (CC-BY-SA 4.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;évolution-dans-les-années-1960&#34;&gt;Évolution dans les années 1960&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la suite des inondations catastrophiques des années 1950, les Hollandais constituèrent un groupe de travail dans le but de trouver des méthodes moins laborieuses et plus productives. Le tissage des fascines, travail qui pesait pour environ le tiers de toutes les heures passées à concevoir un matelas-fascine, fut le premier processus à être mécanisé. Une « machine à fascine »—tournant grâce à un moteur diesel de 2 CV—apparu en 1956. Elle pouvait réaliser 10 000 fascines par semaine, fournissant assez de matière pour 2 300 m² de matelas-fascines. A partir des années 1950, les Hollandais utilisèrent également des grues et des transporteurs vibratoires pour déplacer les gravats, et ils construisirent des quais afin de tresser les matelas-fascines sur de larges pentes près de l’eau. Cela rendit la fabrication des matelas-fascines indépendante des marées et permit une meilleure organisation du travail. Les techniques pour couler les structures évoluèrent également.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l’invention des géotextiles comme de bons filtres à sable réduisirent le besoin pour le bois de taillis. Ceci fut déterminant, car les champs de production de saules existants dans le pays à cette époque ne pouvaient pas fournir les quantités nécessaires pour le Delta Project. Les plantations hollandaises de taillis en zones fluviales et de marée servirent d’autres buts et les matelas-fascines formèrent seulement un petit marché. Bien plus important furent le tressage de paniers et de caisses, et tout particulièrement la fabrication de cerceaux pour l’élaboration de tonneaux à harengs, un produit d’export important aux Pays-Bas à l’époque. En effet, les Hollandais utilisèrent les matériaux de rebus issus de la fabrication des cerceaux pour tresser des matelas-fascines. Toutefois, après la Première Guerre Mondiale, les sangles en acier et autres matériaux de conditionnement supplantèrent la fabrication des cerceaux du marché. Qui plus est, les combustibles fossiles rendirent l’assèchement des polders plus facile, ainsi de moins en moins de terres restaient disponible pour les plantations de taillis. Des 14 000 hectares de plantations de taillis de zones fluviales et de marée en 1915, seulement 2 000 hectares restaient en 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation de matelas-fascines traditionnels—sans géotextiles—a presque complètement disparue. Néanmoins, ils sont toujours utilisés dans les réserves naturelles et ont connu un regain d’intérêt dernièrement. La production d’acier, de ciment et de plastique entraîne des émissions de carbone et génère d’autres formes de pollution. D’autre part, les matelas-fascines traditionnels extraient du carbone de l’atmosphère et le stockent au fond de la mer pour plusieurs siècles—sans aucune pollution ni combustible fossile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remerciements à Gerrit Jan Schiereck, Bart Schultz et Alice Essam.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;références-&#34;&gt;Références :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De Bruin, Dick, and Bart Schultz. &amp;ldquo;&lt;a href=&#34;https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/ird.81&#34;&gt;A simple start with far‐reaching consequences&lt;/a&gt;.&amp;rdquo; &lt;em&gt;Irrigation and Drainage: The journal of the International Commission on Irrigation and Drainage 52.1&lt;/em&gt; (2003): 51-63.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A1ed44c19-ee2a-450d-bc3c-6e377cae54ef&#34;&gt;Zink- en aanverwante werken, benevens het hoe en de wijze waarop&lt;/a&gt;, B. Hakkeling, 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JW van Westen, &lt;a href=&#34;https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A012e43ce-4f9f-4d4c-b58e-be83a867b12c&#34;&gt;Ontwerp en uitvoering van zinkwerken&lt;/a&gt;, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A72029c69-9567-4ad9-8883-ff428cf7d68b&#34;&gt;Holland’s rijshout&lt;/a&gt;, L.G. van Breen, 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.A.M. Schepers, &lt;a href=&#34;https://edepot.wur.nl/266813&#34;&gt;Een landelijk overzicht van de grienden&lt;/a&gt;, 1988&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://edepot.wur.nl/268932&#34;&gt;Getijdenbossen&lt;/a&gt;, F.W. Rappard, 1971&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://repository.tudelft.nl/islandora/object/uuid%3A8c2a7606-90e5-4376-8ad6-c02075180e55&#34;&gt;Rijshout-, riet- en stroconstructies&lt;/a&gt;, J.C Visser 1954&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://puc.overheid.nl/PUC/Handlers/DownloadDocument.ashx?identifier=PUC_483_31&amp;amp;versienummer=1&#34;&gt;Stroomzinken 1967-1968&lt;/a&gt;, H.Y. Wenning&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;De teelt van griend- en teenhout in nederland en het naburige vlaanderen&lt;/em&gt;. DWP Wisboom van Giessendam, 1878.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.dbnl.org/tekst/lint011gesc03_01/lint011gesc03_01_0013.php&#34;&gt;Geschiedenis van de techniek in nederland. De wording van een moderne samenleving. 1800-1890, deel III&lt;/a&gt;. H.W. Lintsen, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;http://www.ecologischadviesbureaumaes.nl/429_I.pdf&#34;&gt;Wilgenkartering in de Brabantse, Sliedrechtse en Dordtse Biesbosch, 2012-2013&lt;/a&gt;. Nationaal Park de Biesbosch, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Discussion téléphonique le 2 novembre 2021.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;A ma connaissance, le grand matelas-fascine est quasiment exclusivement une technologie
hollandaise. Néanmoins, des ingénieurs hollandais comme Johannis de Rijke introduisirent également le matelas-fascine au Japon durant l’époque Meiji (1868-1912). Là, il était fait de bambou. Il y a quelques années, les Japonais utilisaient toujours cette technologie dans la région de Hokuriku. Des plantations de taillis fluviales existent également de nos jours en Belgique (autour de Bornem) et en
Pologne, mais ces plantations fournissent des matériaux uniquement pour la vannerie.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Comment rendre l’énergie de la biomasse à nouveau durable</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/</link>
      
      <enclosure url="https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/pollards-germany_dithered.png" type="image/png" length="121220" ></enclosure>
      <pubDate>Sun, 20 Sep 2020 00:00:00 +0000</pubDate>
      
      <guid>https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/</guid>
      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/pollards-germany_dithered.png&#34; alt=&#39;Arbres émondés en Allemagne. Image: René Schröder (CC BY-SA 4.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Arbres émondés en Allemagne. Image: René Schröder (CC BY-SA 4.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;en-quoi-la-coupe-darbres-est-elle-une-pratique-durable-&#34;&gt;En quoi la coupe d’arbres est-elle une pratique durable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prôner l’utilisation de la biomasse comme source d’énergie renouvelable, pouvant remplacer les énergies fossiles, est devenu un sujet polémique entre les écologistes. Les commentaires sur l’article précédent &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/05/thermoelectric-stoves-ditch-the-solar-panels/&#34;&gt;à propos des poêles thermoélectriques&lt;/a&gt;, le montrent bien :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;« Comme le mentionne le film récent Planet of the Humans, la biomasse, alias arbres morts, n’est en aucun cas une ressource renouvelable ; même si elle est classifiée en tant que telle par l’ Union Européenne (UE). »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« En quoi couper les arbres est-il durable ? »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« L’article oublie de mentionner qu’un poêle à bois produit plus de CO2 qu’une centrale à charbon par tonne de bois / charbon brûlée. »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« Ceci est une pure folie. Brûler des arbres pour réduire notre impact carbone est un oxymore. »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« L’impact carbone à lui seul est terrifiant. »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« Le plus gros problème quand on brûle quelque chose c’est que c’est parti pour toujours. »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;« La question idiote que je peux ajouter à l’idiotie de cet article c’est : d’où vient tout le bois ? »&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce que les commentaires suggèrent, l’article ne défend pas l’expansion de la biomasse comme source d’énergie. Il avance plutôt l’idée que l’incinération de biomasse déjà en usage – par environ 40% de la population mondiale – pourrait aussi générer de l’électricité en sous-produit via l’addition de modules thermoélectriques. Néanmoins, même après une relecture plus assidue de l’article, certains commentateurs restent sur leur position. L’un d’entre eux écrivant : « Notre but devrait être d’arrêter de brûler de la biomasse, et pas d’y apporter plus d’intérêt ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que la pensée « high-tech » ait envahi les esprits des écologistes (urbains) au point qu’ils perçoivent la biomasse comme une source d’énergie intrinsèquement problématique, au même titre que les carburants fossiles. Pour être clair, il est légitime de dénoncer les pratiques non durables dans la production de biomasse. Cependant, ces dernières sont la conséquence d’une approche industrielle et relativement récente de la gestion forestière. En creusant l’histoire plus ancienne de la foresterie, il devient clair que la biomasse est potentiellement l’une des ressources énergétiques les plus durables sur la planète.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-taillis--récolter-du-bois-sans-tuer-darbres&#34;&gt;Le Taillis : Récolter du Bois Sans Tuer d’Arbres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, la récolte du bois entraîne, le plus souvent, la mort de l’arbre. Cependant, avant la révolution industrielle, beaucoup de bois était prélevé sur des arbres vivants, qui étaient alors &lt;em&gt;recépés&lt;/em&gt;. Le principe du taillis est basé sur la capacité naturelle de beaucoup d’espèces de feuillus à repousser à partir de tiges ou de racines endommagées ; que le dommage soit causé par un incendie, du vent, de la neige, un animal, des pathogènes ou des éboulis. La création d’un taillis implique de couper un arbre au ras du sol, après quoi la souche développe de nouvelles tiges – appelées « brins de cépée » - résultant en un arbre à tiges multiples.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/coppice-stool_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Une cépée. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Une cépée. Crédit: Geert Van der Linden. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/coppiced-patch_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Un taillis de Chênes récemment recépés. Crédit: Henk vD. (CC BY-SA 3.0)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Un taillis de Chênes récemment recépés. Crédit: Henk vD. (CC BY-SA 3.0) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/surrey_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Cépées dans le comté de Surrey, Angleterre. Crédit: Martinvl (CC BY-SA 4.0)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Cépées dans le comté de Surrey, Angleterre. Crédit: Martinvl (CC BY-SA 4.0) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand on pense à une forêt ou une plantation d’arbres, on imagine un paysage d’arbres hauts. Cependant, jusqu’au début du 20ème siècle, au moins la moitié des forêts d’Europe étaient des taillis ressemblant plus à un ensemble de buissons. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le recépage apparaît dès l’Âge de pierre ; on construisait alors des cités lacustres et des chemins traversant les marais en utilisant des milliers de branches de tailles similaires – un accomplissement rendu possible par la technique du recépage. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/map-czech-republic_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/map-spain_dithered.png&#34; alt=&#39;Cartes : Répartition approximative de taillis en République tchèque (en-haut) et en Espagne (en-bas). Source : &amp;amp;quot;Coppice forests in Europe&amp;amp;quot;, voir [^1]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Cartes : Répartition approximative de taillis en République tchèque (en-haut) et en Espagne (en-bas). Source : \&#34;Coppice forests in Europe\&#34;, voir [^1] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, cette technique fût la méthode standard de production de bois ; non seulement en Europe mais de part le monde. Les taillis se développèrent considérablement au cours des 18ème et 19ème siècles, du fait de la pression grandissante sur les réserves de bois causée par l’augmentation de la population et du développement de l’activité industrielle (verre, fer, production de carrelage, de tuiles et de chaux).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;cycles-de-rotation-courts&#34;&gt;Cycles de rotation courts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du fait que les jeunes pousses d’un arbre recépé soient nourries par un système racinaire déjà bien développé, le taillis produit du bois plus rapidement qu’un arbre haut. Plus précisément : à rendement photosynthétique égal, un arbre haut génère plus de biomasse sous le sol (racines) alors qu’une cépée produit au dessus du sol (les nouvelles pousses) ; ce qui est bien plus pratique du point de vue de la récolte. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; C’est en partie pour cette raison que le recépage était basé sur des cycles de rotation courts de deux à quatre ans ; même si des cycles d’un à douze ans pouvaient être pratiqués.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/rijshoutaanplantingen_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Cépées en cycles de rotation différents. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Cépées en cycles de rotation différents. Crédit: Geert Van der Linden. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/hakhoutpercelen_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Cépées en cycles de rotation différents. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Cépées en cycles de rotation différents. Crédit: Geert Van der Linden.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du fait de ces cycles courts, le taillis fournissait du bois de chauffe de façon rapide, régulière et fiable. La parcelle était souvent divisée en sections égales, correspondant à la durée des cycles de rotation. Si, par exemple, les brins de cépées étaient récoltés tous les trois ans, la forêt était divisée en trois parcelles, une seule étant recépée chaque année. Cette courte rotation permettait aussi au carbone dégagé par la combustion du bois d’être compensé par celui absorbé par les nouvelles pousses, donnant au taillis un impact carbone neutre. Lors de cycles très courts, les nouvelles pousses pouvaient même être prêtes au moment où les anciennes étaient assez sèches pour servir de carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez certaines espèces, la capacité de la souche à produire diminue avec l’âge. Après quelques rotations ces arbres étaient soit récoltés entiers et remplacés par de nouveaux, ou convertis en un taillis à rotation plus longue. D’autres espèces montrent une meilleure capacité à repousser malgré leur âge, produisant des cépées durant des centaines d’années ; en particulier sur des sols riches et bien irrigués. Certaines cépées peuvent vivre plus de mille ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;biodiversité&#34;&gt;Biodiversité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ni forêt, ni plantation, le taillis est quelque part entre les deux. Bien que géré par les humains, il n’était pas au détriment de l’environnement, au contraire. Récolter du bois sur des arbres vivants au lieu de les tuer est bénéfique pour les formes de vie qui dépendent de ces deniers. Les taillis hébergent parfois une biodiversité plus riche que des forêts non gérées car on y trouve continuellement des zones à différent niveaux de lumière et de croissance. Rien de tout cela ne s’applique aux plantations industrielles qui n’offrent rien ou presque à la vie végétale et animale et dont les cycles de rotation sont plus longs (au moins vingt ans).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/coppice-netherlands_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Cépées aux Pays-Bas. Crédit: K. Vliet (CC BY-SA 4.0)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Cépées aux Pays-Bas. Crédit: K. Vliet (CC BY-SA 4.0) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/sweet-chestnut_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Cépées de châtaigners à Flexham Park, Sussex, Angleterre. Crédit: Charlesdrakew, public domain.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Cépées de châtaigners à Flexham Park, Sussex, Angleterre. Crédit: Charlesdrakew, public domain. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nos ancêtres coupaient aussi des arbres hauts, aux troncs conséquents, mais pas comme bois de chauffe. Les grands arbres n’étaient tués que lorsque la taille du bois d’œuvre le nécessitait (bateaux, bâtiments, ponts et moulins à vent. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les taillis pouvaient contenir des arbres hauts que l’on laissait pousser pendant des dizaines d’années alors que l’on taillait les arbres alentours. Cependant même ces grands arbres étaient parfois partiellement étêtés, pour récolter les branches secondaires tout en les laissant en vie (&lt;em&gt;émondage&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;arbres-aux-multiples-usages&#34;&gt;Arbres aux Multiples Usages&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’archétype industriel de la plantation d’arbres consiste en des lignes régulièrement espacées d’arbres du même âge où la monoculture règne, fournissant ici du bois de construction, là du bois destiné à la production de papier ou, ailleurs, du bois à brûler dans des centrales électriques. Ceci contraste avec le taillis de l’ère préindustrielle où les arbres étaient à usages multiples. Ils  donnaient à la fois du bois de chauffage, des matériaux de construction ou encore du fourrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’usage destiné du bois définissait les mensurations désirées, qui à leur tour déterminaient le rythme de rotation du taillis. Du fait des limitations de chaque espèce, les taillis étaient souvent multispécifiques, avec des pieds présentant des stades de croissance variés — des brins de cépée d’âges différents coexistant parfois sur une seule et unique souche (« taillis furetés »). Les rotations pouvaient évoluer au cours du temps selon les besoins différents et les priorités des activités économiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/geriefhoutbos_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Un petit bois peuplé d’arbres en taillis, certains émondés et d’autres inaltérés. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Un petit bois peuplé d’arbres en taillis, certains émondés et d’autres inaltérés. Crédit: Geert Van der Linden.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les brins de cépée étaient utilisés pour construire presque tout ce dont la communauté avait besoin.&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les jeunes branches de saule, solides et flexibles, étaient tissées pour former des paniers et des cagettes. Avec le châtaigner - qui ne gonfle pas et ne se contracte pas après avoir séché – on faisait toutes sortes de tonneaux. Le frêne et le saule des chèvres, qui donne un bois droit et solide formaient les manches des balais, haches, pelles, râteaux et autres outils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes pousses de noisetier étaient fendues sur toute la longueur, tissées dans la structure des bâtisses, puis couvertes d’un mélange de terre et de fumier selon la méthode du torchis. Les mêmes pousses liaient les toits de chaume. La capacité de l’aulne et du saule à résister à l’eau en faisait un matériau de choix pour les pilotis et le renfort des bords de rivière. Le bois de construction prélevé du taillis ne réduisait pas son apport son énergétique : les éléments, souvent fabriqués et utilisés localement, pouvaient être exploités comme bois de chauffage une fois en fin de vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/leaf-fodder_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Récolte de fourrage à Leikanger kommune, Norway. Crédit: Leif Hauge. Source: [^19]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Récolte de fourrage à Leikanger kommune, Norway. Crédit: Leif Hauge. Source: [^19] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le taillis était aussi une source de nourriture. D’une part, il prodiguait aux humains des fruits, des baies, des truffes, des noix, des champignons, des herbes, du miel et du gibier. D’autre part, il était une source importante de fourrage pour les animaux des fermes en hiver. Avant la révolution industrielle, on nourrissait beaucoup de moutons et de chèvres avec des feuilles, avec ou sans branchettes, d’arbres fourragers. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’orme et le frêne faisaient partie des espèces les plus nutritives mais on donnait aussi aux moutons du bouleau, du noisetier, du tilleul, du cerisier à grappes et même du chêne. Les chèvres quand a elles étaient aussi nourries d’Aulne. Dans les régions montagnardes, les chevaux, le bétail, les cochons, ainsi que les vers à soie partageaient parfois ce régime. La durée du cycle de rotation des arbres fourragers était de trois à six ans, lorsque les branches offraient le meilleur ratio entre bois et feuilles. Une fois les feuilles consommées par les animaux, le bois pouvait être brûlé.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;émondage-et-haies&#34;&gt;Émondage et Haies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les taillis sont vulnérables aux animaux brouteurs, en particulier les jeunes pousses. Il n’était donc pas rare que ces exploitations soient protégées par des fossés, des barrières ou des haies. L’émondage rendait par-contre possible la cohabitation des arbres et des animaux. Un arbre &lt;em&gt;émondé&lt;/em&gt; était taillé de la même façon qu’un taillis mais à une hauteur d’au moins deux mètres afin de garder les jeunes pousses hors de portée des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/coppice-forms_dithered.png&#34; alt=&#39;Illustration: Différentes méthodes de taille. Crédit: Helen J. Read, see [^1]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Illustration: Différentes méthodes de taille. Crédit: Helen J. Read, see [^1] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/pollards-segovia_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Arbres émondés à Ségovie, Espagne. Crédit: Ecologistas en Acción.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Arbres émondés à Ségovie, Espagne. Crédit: [Ecologistas en Acción](https://www.ecologistasenaccion.org/35724/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des pairies et pâturages boisés – mosaïques de pâturages et de forêts – associaient lieu de nourriture et production de fourrage, bois de chauffage et/ou de construction venant des arbres émondés. La « glandée » était une méthode consistant à lâcher des cochons dans des forêts de chênes émondés à l’automne où les cochons se nourrissaient des glands tombés à terre. Ce système formait la base de la production de porc en Europe pendant des siècles. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le « pré-verger » ou « verger en pâture » combinait la culture des fruits avec le broutage – les arbres fruitiers émondés donnaient de l’ombre aux animaux, ces derniers ne pouvaient se nourrir des fruits mais fertilisaient les arbres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/dehesa-with-bird_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Forêt ou pâturage ? Quelque-part entre les deux : une &amp;amp;quot;dehesa&amp;amp;quot; (ferme à cochons forestière) en Espagne. Crédit: Basotxerri (CC BY-SA 4.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Forêt ou pâturage ? Quelque-part entre les deux : une \&#34;dehesa\&#34; (ferme à cochons forestière) en Espagne. Crédit: Basotxerri (CC BY-SA 4.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/dehesa-huelva_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Bétail broutant parmi des arbres émondés à Huelva, Espagne (CC BY-SA 2.5)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Bétail broutant parmi des arbres émondés à Huelva, Espagne (CC BY-SA 2.5) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/meadow-orchard_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Un verger-prairie entouré d’une haie à Rijkhoven, Belgique. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Un verger-prairie entouré d’une haie à Rijkhoven, Belgique. Crédit: Geert Van der Linden. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l’agriculture et l’exploitation forestière sont aujourd’hui des activités bien distinctes, dans le passé la ferme était la forêt et vice versa. Il serait sensé de les regrouper à nouveau car l’agriculture et la production de bétail – et non pas la production de bois – sont les raisons principales de la déforestation. En utilisant les arbres comme source de fourrage, les productions de viande et de lait ne seraient pas synonymes de déforestation. Si la culture pouvait se faire dans des champs arborés, l’agriculture ne devrait pas être responsable de la déforestation non-plus. Les fermes-forêts amélioreraient aussi les conditions de vie des animaux, la fertilité du sol et aideraient à contrôler l’érosion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;plantations-linéaires&#34;&gt;Plantations linéaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certaines plantations conséquentes pouvaient être constituées de taillis ou d’arbres émondés et étaient souvent gérées comme un bien commun. Cependant, recépage et émondage n’étaient pas des techniques destinées à des exploitations à grande échelle. De petits bois, entre les champs ou proche des habitations, étaient entretenus par un foyer donné qui le coupait en taillis ou l’émondait. Une grande quantité de bois poussait aussi en ligne autour des fermes, champs et prairies, près des bâtiments et le long des chemins, routes et cours d’eau. C’est là qu’apparaissaient des arbres et arbustes taillés en &lt;em&gt;haies&lt;/em&gt; épaisses. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/hedge-landscape_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Paysage de haies en Normandie, France, autour de 1940. Crédit: W Wolny, public domain.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Paysage de haies en Normandie, France, autour de 1940. Crédit: W Wolny, public domain. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/ferrari-map_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Plantations linéaires en Flandres, Belgique. Detail de la carte Ferraris, 1771-78.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Plantations linéaires en Flandres, Belgique. Detail de la carte Ferraris, 1771-78.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les plantations linéaires étaient utilisées comme haies en Angleterre et particulièrement communes dans de vastes régions d’Europe. En 1804, l’historien Abée Mann exprimait sa surprise en relatant par écrit son voyage en Flandres (aujourd’hui une partie de la Belgique) : « Les champs sont tous entourés de haies, plantées d’une forte densité d’arbres, au point que si l’on se perche un petit peu, le pays entier semble être une forêt continue ». Les arbres émondés étaient typiques dans cette région. &lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De même que les taillis, les plantations linéaires étaient diverses et fournissaient les populations en bois de chauffage, de construction et fourrage. Cependant, à l’instar des taillis, elles remplissaient d’autres fonctions du fait de leur localisation. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’une d’elles était la séparation des parcelles : elles formaient un enclos pour les animaux des fermes tout en gardant les animaux sauvages et ceux en pâture sur les terres communes à l’extérieur. Diverses techniques rendaient ces haies impénétrables, y compris pour de petits animaux comme les lapins. Autour des prairies, des rangées d’arbres émondés et plantés les uns très près des autres faisaient barrière à des animaux d’une certaine taille comme les vaches. Si l’on y tressait de l’osier de Saule, ces rangées pouvaient même être infranchissable par de petits animaux. &lt;sup id=&#34;fnref2:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/yew-hedge_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Détail d’une haie d’Ifs. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Détail d’une haie d’Ifs. Crédit: Geert Van der Linden.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/hedgerow_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Une haie. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Une haie. Crédit: Geert Van der Linden.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/pollarded-tree-hedge_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Haie d’arbres émondés à Nieuwekerken, Belgique. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Haie d’arbres émondés à Nieuwekerken, Belgique. Crédit: Geert Van der Linden. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/coppice-stools-pasture_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Souches en taillis dans un pâturage. Crédit: Jan Bastiaens.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Souches en taillis dans un pâturage. Crédit: Jan Bastiaens. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arbres et plantations linéaires offraient aussi leur protection contre les aléas du temps. Ils protégeaient les champs, les vergers et jardins potagers contre le vent qui pouvait éroder le sol et endommager les récoltes. Dans des climats chauds, les arbres prodiguaient de l’ombre et fertilisaient le sol. Les limettiers émondés, au feuillage très dense, étaient souvent plantés proches de bâtisses en torchis pour les protéger du vent, de la pluie et du soleil. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tas de fumier étaient protégés par un ou plusieurs arbres prévenant l’évaporation par le soleil ou le vent de cette précieuse ressource. Sur le terrain d’un moulin à eau, un arbre abritait la roue afin d’éviter que le bois ne travaille – gonflement ou contraction – en temps de sécheresse ou d’inactivité. &lt;sup id=&#34;fnref3:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/pollarded-tree-protects-waterheel_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Un arbre émondé protège une roue à aube. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Un arbre émondé protège une roue à aube. Crédit: Geert Van der Linden.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/schermbeplanting_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Des limettiers émondés protègent un bâtiment de ferme à Nederbrakel, Belgique. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Des limettiers émondés protègent un bâtiment de ferme à Nederbrakel, Belgique. Crédit: Geert Van der Linden. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;de-limportance-du-lieu&#34;&gt;De l’importance du lieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le long des chemins, des routes et des cours d’eau, les plantations linéaires remplissaient les mêmes fonctions liées à leur position qu’autour des fermes. Bétail et cochons étaient menés le long de chemins dédiés et bordés de haies, taillis et/ou arbres émondés. À l’apparition du chemin de fer, les plantations linéaires évitaient les collisions avec les animaux. Elles protégeaient les voyageurs et soulignaient les chemins afin qu’ils ne soient pas perdus par temps enneigé. Elles évitaient l’érosion des sols en bord de rivières et routes creuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces fonctions pouvaient aussi être remplies par des barrières de bois mort pouvant être déplacé plus facilement que des haies, prenant moins de place, ne provoquant pas de compétition pour la lumière ou la nourriture avec les cultures et pouvant être dressées rapidement. Cependant, dans les lieux ou les moments où le bois était rare, la haie vivante était préférable et parfois même inévitable, du fait qu’elle est productrice plutôt que consommatrice de bois. Une barrière en bois mort économisait peut-être du temps et de la place mais elle impliquait que le bois nécessaire à sa construction et à sa maintenance soit produit ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/pollarded-line-planting-belgium_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Haie d’arbres émondés en Belgique. Crédit: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Haie d’arbres émondés en Belgique. Crédit: Geert Van der Linden. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On profitait aux mieux des ressources locales en bois. L’arbre planté près de la roue à aube n’était pas n’importe quel arbre. Il s’agissait souvent d’orme, le bois le plus approprié pour fabriquer la machinerie du moulin. Si des réparations s’avéraient nécessaires, le bois pouvait ainsi être récolté à proximité du moulin. De même, les haies d’arbres le long des sentiers de terre étaient utilisées pour la maintenance de ces derniers. Les branches étaient attachées ensemble et placées comme fondations ou pour boucher des trous. Comme les arbres étaient recépés ou émondés et non pas abattus, aucune
des fonctions n’est jamais remplie au détriment d’une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, quand on prône la plantation d’arbres, on définit des objectifs de superficie ou de nombre d’arbres, sans accorder beaucoup d’importance à leur localisation – qui pourrait tout aussi bien être de l’autre côté de la planète. Pourtant, comme le montrent ces exemples, planter local et à un endroit précis enrichit grandement le potentiel de chaque arbre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;formé-par-les-limitations&#34;&gt;Formé par les limitations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces techniques ont presque entièrement disparu des sociétés industrielles, même si l’on trouve encore quelques arbres émondés le long des routes ou dans les parcs. Leurs branches qui, dans le passé, soutenaient des communautés entières, sont devenus un simple déchet. Pourquoi avoir abandonné une pratique si efficace qui prodiguait énergie, matériaux et nourriture ? La réponse est simple : elle a été remplacée par les énergies fossiles. Nos ancêtres dépendaient des taillis parce qu’ils n’avaient pas d’accès aux énergies fossiles, nous n’en dépendons pas car nous avons cet accès.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nos ancêtres dépendaient des taillis parce qu’ils n’avaient pas d’accès aux énergies fossiles, nous n’en dépendons pas car nous avons cet accès.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est flagrant que les énergies fossiles ont remplacé le bois comme source d’énergie et comme matériau. Le charbon, le gaz et le pétrole ont remplacé le bois pour cuisiner, chauffer les espaces, l’eau, et tous les procédés industriels basés sur l’énergie thermique. Le métal, le béton et la brique – des matériaux qui, bien qu’ils étaient déjà disponibles dans le passé - sont devenus préférables au bois seulement depuis qu’ils sont fabriqués à l&amp;rsquo;aide des énergies fossiles, qui nous ont aussi apporté le plastique. Les engrais artificiels, produits des énergies fossiles – ont stimulé la production et le commerce mondial de fourrage animal, rendant obsolète l’utilisation d’arbres fourragers. La mécanisation de l’agriculture – nourrie par les énergies fossiles – a conduit à l’exploitation de parcelles plus grandes, éliminant arbres et haies au sein des fermes industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins évident, mais tout aussi important, les énergies fossiles ont transformé l’exploitation forestière en elle-même. De nos jours, la récolte, la transformation et le transport du bois sont assurés par l’utilisation de carburants fossiles. Il fut un temps, ces activités étaient basées exclusivement sur la main-d’œuvre humaine et animale, qui elles-mêmes tiraient leur nourriture de la biomasse. C’était les limitations de cette main-d’œuvre qui créaient et formaient les exploitations de taillis de par le monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/harvest-pollards_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Récolte de bois sur des arbres émondés en Belgique, 1947. Crédit : Zeylemaker, Co., Nationaal Archief (CCO)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Récolte de bois sur des arbres émondés en Belgique, 1947. Crédit : Zeylemaker, Co., Nationaal Archief (CCO) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/transporting-coppiced-wood_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Transport de bois de chauffage en Pays Basque. Source: Notes on pollards: best practices&amp;amp;rsquo; guide for pollarding. Gipuzkoaka Foru Aldundía-Diputación Foral de Giuzkoa, 2014.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Transport de bois de chauffage en Pays Basque. Source: Notes on pollards: best practices&#39; guide for pollarding. Gipuzkoaka Foru Aldundía-Diputación Foral de Giuzkoa, 2014. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le bois était récolté et transformé à la main, à l’aide d’outils simples tels que couteaux, machettes, serpes, haches, et (plus tard) scies. Puisque les exigences en main-d’œuvre grandissent avec le diamètre du bois, il était moins cher et plus pratique de récolter de grosses quantités de branches plus petites plutôt que d’abattre de gros arbres. De plus, il n’était pas nécessaire de fendre
les brins de cépées. Elles étaient coupées en longueurs d’environ un mètre, puis attachées en « fagots », d’une dimension plus facile à manipuler à la main.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;C’était les limitations de cette main-d’œuvre qui créait et formait les exploitations de taillis de part le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour transporter du bois de chauffage, nos ancêtres utilisaient des charrues tractées par des animaux sur des routes souvent très mauvaises. Cela signifiait qu’à moins de transporter le bois par voie d’eau, il devait être récolté dans un rayon de 15 à 30 km de l’endroit où il était utilisé. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au delà de cette distance, l’énergie nécessaire au déplacement était plus grande que le contenu énergétique du bois. Il aurait donc été plus sensé de le faire pousser sur le pâturage qui nourrissait l’animal de trait. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Toutefois, il y avait quelques exceptions à cette règle. Quelques activités industrielles comme la production de fer et de potasse pouvaient être déplacées au sein de plus grandes forêts. Le transport de ces produits était plus économique que celui du bois nécessaire à leur production. Il n’en reste pas moins que, la plupart du temps, les taillis (et bien sûr les haies) étaient situés dans le voisinage immédiat de l’endroit auquel ils étaient utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, l’apparition du taillis se fît dans un contexte de limites. Grâce à sa pousse rapide et la versatilité de ses usages il tirait le meilleur parti du capital bois d’une zone donnée. Du fait de l’utilisation de petites branches, il rendait la récolte manuelle et le transport aussi économique et pratique que possible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;pourrait-on-mécaniser-le-taillis&#34;&gt;Pourrait-on mécaniser le taillis ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 20ème siècle, la récolte du bois est effectuée par outils de coupe motorisés et, depuis les années 1980, on utilise des machines puissantes qui peuvent abattre des arbres entiers et les débiter in situ en l’espace de quelques minutes. Les énergies fossiles nous ont aussi apporté de meilleures infrastructures de transport, ouvrant accès à des réserves jusqu’alors inaccessibles. Du bois de chauffage peut maintenant pousser d’un côté de la planète pour être consommé de l’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’usage d’énergies fossiles ajoute un impact carbone à une activité qui en était alors dépourvue ; pire, il pousse la production de bois à une échelle plus grande et non durable. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le transport facilité par les énergies fossiles a complètement détruit la connexion entre l’offre et la demande qui gouvernait la foresterie locale. Si les réserves de bois sont limitées, une communauté n’a pas d’autre choix que de s’assurer que les rythmes de récolte et de repousse sont en équilibre. Y faire défaut créerait un risque d’arriver à court de bois de chauffage, de construction ou de fourrage et l’abandon du bassin de vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/mechanised-coppice_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Taillis de Saule récolté mécaniquement. Peu de temps après la récolte (droite), 3 ans après (gauche) Crédit: Lignovis GmbH (CC BY-SA 4.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Taillis de Saule récolté mécaniquement. Peu de temps après la récolte (droite), 3 ans après (gauche) Crédit: Lignovis GmbH (CC BY-SA 4.0).  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De même, la mécanisation de la récolte a boosté la gestion forestière d’une façon telle qu’elle n’est plus durable. Nos ancêtres ne coupaient pas de gros arbres pour en faire du bois de chauffage, car cela n’était pas économique. Aujourd’hui, l’industrie forestière fait exactement cela car la machinerie l’exige. Si l’on y compare l’industrie forestière où un seul travailleur peut récolter jusqu’à 60m³ de bois à l’heure, le taillis est extrêmement exigeant en matière d’effort. En conséquence, il ne peut faire concurrence dans un système économique qui entretient le remplacement du travail manuel par celui des machines.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le taillis ne peut faire concurrence dans un système économique qui entretient le remplacement du travail manuel par celui des machines.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quelques scientifiques et ingénieurs ont essayé de résoudre ce problème en expérimentant des techniques mécaniques de récolte de taillis. &lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;  Cependant, la mécanisation est une pente glissante. Les machines ne sont pratiques et économiques que sur de grandes parcelles (&amp;gt;1 ha), qui contiennent des arbres d’une même espèce et d’âges similaires et pour une production destinée à un usage donné (bois souvent utilisé pour générer de l’électricité). Comme nous l’avons vu, cela exclut bien d’autres formes de gestion du taillis tels que les arbres à usages polyvalents et les haies. Si l’on ajoute le transport motorisé, il en résulte un taillis industriel apportant bien peu d’avantages.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/coppice-brook_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Taillis le long d’un ruisseau à Gravenvoeren, Belgique. Crédits: Geert Van der Linden.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Taillis le long d’un ruisseau à Gravenvoeren, Belgique. Crédits: Geert Van der Linden.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une exploitation forestière durable est par essence locale et manuelle. Cela ne veut pas dire que nous devons copier le passé pour rendre la biomasse à nouveau durable. On pourrait par exemple agrandir le rayon de transport via l’utilisation de solutions à faible consommation énergétique tels que les vélo cargo et le transport par câble (ancêtre du téléphérique), qui sont des moyens plus efficaces que le transport de chariot tiré par des chevaux ou des bœufs sur de mauvaises routes et qui peuvent être mis en place sans utiliser d’énergies fossiles. Les outils manuels se sont aussi améliorés en matière de rendement et d’ergonomie. Nous pourrions même utiliser des tronçonneuses à bio-carburants – une utilisation bien plus réaliste que comme carburant automobile. &lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-passé-survit&#34;&gt;Le Passé Survit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cet article a comparé la production de biomasse industrielle avec les formes historiques de gestion forestière en Europe mais, en fait, il n’est nul besoin de regarder en arrière pour s’inspirer. 40 % de la population globale est constitué de personnes pauvres sur le plan financier qui utilisent toujours du bois pour cuisiner et se chauffer et qui ne sont pas de clients pour l’industrie forestière. Ces derniers obtiennent leur bois d’une façon analogue à nos ancêtres, même si les espèces et conditions environnementales peuvent différer. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un étude de 2017 a calculé que la consommation de bois par les sociétés « en développement » -  à savoir 55 % de la récolte mondiale de bois et 9 à 15 % de la consommation d’énergie – cause seulement 2 à 8 % de l’impact humain sur le climat. &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pourquoi si peu ? Parce que le bois que ces sociétés
récoltent l’est de façon durable, écrivent les scientifiques. Les gens récoltent surtout du bois mort, ils plantent beaucoup en dehors des forêts, sous formes de taillis et arbres émondés et préfèrent les arbres polyvalents, qui ont trop de valeur pour être abattus. Leurs motivations sont les mêmes que celles de nos ancêtres : les gens n’ont pas accès aux énergies fossiles et sont donc liés aux réserves de bois locales, qui doivent être récoltées et transportées manuellement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again/images/dithers/african-women-carrying-firewood_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Femme africaine transportant du bois de chauffage. (CC BY-SA 4.0)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Femme africaine transportant du bois de chauffage. (CC BY-SA 4.0) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres confirment que ce n’est pas l’énergie de biomasse qui n’est pas durable. Si toute l’humanité vivait comme les 40 % qui brûlent de la biomasse régulièrement, le changement climatique ne serait pas un problème. Ce qui n’est pas viable, c’est un mode de vie gourmand en énergie. Il est évident que l’on ne peut entretenir une société high-tech grâce aux haies et taillis. Mais la même chose est vraie pour tout autre source d’énergie, y compris l’uranium et les énergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version français relu par Pascal Mayol.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Références multiples : Unrau, Alicia, et al. Coppice forests in Europe. University of Freiburg, 2018. // Notes on pollards: best practices’ guide for pollarding. Gipuzkoako Foru Aldundia-Diputación Foral de Gipuzkoa, 2014. // A study of practical pollarding techniques in Northern Europe. Report of a three month study tour August to November 2003, Helen J. Read. // Aarden wallen in Europa, in “Tot hier en niet verder: historische wallen in het Nederlandse landschap”, Henk Baas, Bert Groenewoudt, Pim Jungerius and Hans Renes, Rijksdienst voor het Cultureel Erfgoed, 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Logan, William Bryant. Sprout lands: tending the endless gift of trees. WW Norton &amp;amp; Company, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Holišová, Petra, et al. &amp;ldquo;Comparison of assimilation parameters of coppiced and non-coppiced sessile oaks&amp;rdquo;. Forest-Biogeosciences and Forestry 9.4 (2016): 553.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Perlin, John. A forest journey: the story of wood and civilization. The Countryman Press, 2005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;La majorité de ces informations provient d’une publication belge (en néerlandais): Handleiding voor het inventariseren van houten beplantingen met erfgoedwaarde. Geert Van der Linden, Nele Vanmaele, Koen Smets en Annelies Schepens, Agentschap Onroerend Erfgoed, 2020. Pour une bonne (mais concise) référence en anglais, lire : Rotherham, Ian. Ancient Woodland: history, industry and crafts. Bloomsbury Publishing, 2013.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les abres fourragers, utilisés de part l’Europe, l’étaient particulièrement en région montagneuse : la Scandinavie, les Alpes et les Pyrénées. Par exemple, en 1850 en Suède, 1.3 millions de chèvres consommait un total de 910 millions de ballots par an, pour lesquelles au moins 1 millions d’hectares de forêts à feuilles caduques était exploité, souvent par émondage. La récolte des arbres fourragers précède l’utilisation de foin comme fourrage d’hiver. Les branches pouvaient être coupées à l’aide d’outils en pierre alors que la coupe de l’herbe requiert des outils en bronze ou en fer. Si la plupart du recépage et de l’émondage était effectué en hiver, la récolte des arbres fourragers commençait logiquement en été. On plaçait souvent des fagots d’arbres fourragers en haut d’arbres émondés pour sécher. Références:  Logan, William Bryant. Sprout lands: tending the endless gift of trees. WW Norton &amp;amp; Company, 2019. // A study of practical pollarding techniques in Northern Europe. Report of a three month study tour August to November 2003, Helen J. Read. // Slotte H., &amp;ldquo;Harvesting of leaf hay shaped the Swedish landscape&amp;rdquo;, Landscape Ecology 16.8 (2001): 691-702.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Wealleans, Alexandra L. &amp;ldquo;Such as pigs eat: the rise and fall of the pannage pig in the UK&amp;rdquo;. Journal of the Science of Food and Agriculture 93.9 (2013): 2076-2083.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cette information est basée sur plusieurs publications en Flamand :  Handleiding voor het inventariseren van houten beplantingen met erfgoedwaarde. Geert Van der Linden, Nele Vanmaele, Koen Smets en Annelies Schepens, Agentschap Onroerend Erfgoed, 2020. // Handleiding voor het beheer van hagen en houtkanten met erfgoedwaarde. Thomas Van Driessche, Agentschap Onroerend Erfgoed, 2019 // Knotbomen, knoestige knapen: een praktische gids. Geert Van der Linden, Jos Schenk, Bert Geeraerts, Provincie Vlaams-Brabant, 2017. // Handleiding: Het beheer van historische dreven en wegbeplantingen. Thomas Van Driessche, Paul Van den Bremt and Koen Smets. Agentschap Onroerend Erfgoed, 2017. // Dirkmaat, Jaap. Nederland weer mooi: op weg naar een natuurlijk en idyllisch landschap. ANWB Media-Boeken &amp;amp; Gidsen, 2006. // For a good source in English, see: Müller, Georg. Europe&amp;rsquo;s Field Boundaries: Hedged banks, hedgerows, field walls (stone walls, dry stone walls), dead brushwood hedges, bent hedges, woven hedges, wattle fences and traditional wooden fences. Neuer Kunstverlag, 2013. // Si les plantations linéaires étaient surtout utilisées pour la production de bois, on en répartissait les arbres de façon à laisser passer de la lumière, ayant pour effet d’en augmenter le rendement. Si leur but était surtout de limiter des parcelles on les plantait plus proche. Cela diminuait le rendement mais autorisait une pousse plus épaisse.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le taillis pouvait aussi être placé autour d’un groupe de bâtisses pour former un obstacle impénétrable à des attaquants, à pied ou à cheval. Contrairement aux murs, il résistait aux projectiles. Source: &lt;sup id=&#34;fnref1:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les limettiers étaient même utilisés dans la prévention d’incendies. On les plantait juste à côté des boulangeries pour protéger les tas de bois, de foin et toits de chaume de projections d’étincelles. Source: &lt;sup id=&#34;fnref2:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Même amené par voie d’eau sur de longues distances, le bois se voyait généralement récolté dans un rayon de 15 à 30km de la rivière ou de la côte.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sieferle, Rolf Pieter. The Subterranean Forest: energy systems and the industrial revolution. White Horse Press, 2001.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Pour d’autres échelles de production voir aussi :  Jalas, Mikko, and Jenny, Rinkinen. &amp;ldquo;Stacking wood and staying warm: time, temporality and housework around domestic heating systems&amp;rdquo;, Journal of Consumer Culture 16.1 (2016): 43-60. // Rinkinen, Jenny. &amp;ldquo;Demanding energy in everyday life: insights from wood heating into theories of social practice.&amp;rdquo; (2015).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Vanbeveren, S.P.P., et al. &amp;ldquo;Operational short rotation woody crop plantations: manual or mechanised harvesting?&amp;rdquo; Biomass and Bioenergy 72 (2015): 8-18.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les tronçonneuse sont nuisibles à certaines espèces d’arbres, amenuisant la pousse ou augmentant le risque de transfert de maladies.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Quelques sources traitant de la foresterie traditionnelle en Africque: Leach, Gerald, and Robin Mearns. Beyond the woodfuel crisis: people, land and trees in Africa. Earthscan, 1988. // Leach, Melissa, and Robin Mearns. &amp;ldquo;The lie of the land: challenging received wisdom on the African environment.&amp;rdquo; (1998) // Cline-Cole, Reginald A. &amp;ldquo;Political economy, fuelwood relations, and vegetation conservation: Kasar Kano, Northerm Nigeria, 1850-1915.&amp;rdquo; Forest &amp;amp; Conservation History 38.2 (1994): 67-78.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs références: Bailis, Rob, et al. &amp;ldquo;Getting the number right: revisiting woodfuel sustainability in the developing world.&amp;rdquo; Environmental Research Letters 12.11 (2017): 115002 // Masera, Omar R., et al. &amp;ldquo;Environmental burden of traditional bioenergy use.&amp;rdquo; Annual Review of Environment and Resources 40 (2015): 121-150. // Study downgrades climate impact of wood burning, John Upton, Climate Central, 2015.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>La vannerie, ou l&#39;art de produire des biens de consommation durables.</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/</link>
      
      <enclosure url="https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Big-burden-basket-Joe-Hogan_dithered.png" type="image/png" length="11776" ></enclosure>
      <pubDate>Fri, 24 Feb 2012 00:00:00 +0000</pubDate>
      
      <guid>https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/</guid>
      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Big-burden-basket-Joe-Hogan_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Grande hotte tressée, Joe Hogan Baskets.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Grande hotte tressée, [Joe Hogan Baskets](http://www.joehoganbaskets.com/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Remplacés par le plastique ou autres récipients fabriqués en usine, les paniers ne sont désormais qu&amp;rsquo;une décoration de Pâques un peu kitsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur fabrication est synonyme de perte de temps. D&amp;rsquo;ailleurs, aux États-Unis, on utilise l&amp;rsquo;expression basket-weaving (tressage de panier) pour parler de cours facile à suivre pour les étudiants en difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le tressage de panier pourrait être une technologie des plus importantes et des plus diverses inventée par les humains. On s&amp;rsquo;en servait pour construire des maisons, des bateaux, des pièges pour animaux, des armures, des outils, des cages, des chapeaux, des chariots, des barrages, des ruches, des abris, des meubles, mais aussi toutes sortes de récipients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tressage de panier s&amp;rsquo;effectue à l&amp;rsquo;aide de matériaux biodégradables et à croissance rapide comme des branches, des brindilles ou des pousses. Il s&amp;rsquo;agit de cultiver une forêt plutôt que de la raser.
De plus, c&amp;rsquo;est une activité accessible à n&amp;rsquo;importe qui. Il n&amp;rsquo;y a pas besoin d&amp;rsquo;argent ou d&amp;rsquo;outils pour créer une panoplie d&amp;rsquo;objets utiles et 100 % écoresponsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l&amp;rsquo;on pense à la technologie, on pense à la pierre et au métal, communément utilisés à l&amp;rsquo;Âge de pierre et à l&amp;rsquo;Âge du fer et pour la construction des pyramides, des statues, des épées vikings et des canons pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons à ce qui est exposé dans les musées et négligeons les inventions, pourtant importantes, autrefois utilisées par les gens dans leur vie quotidienne, mais dont les matériaux n&amp;rsquo;ont pas survécu aux dommages causés par le temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Blue-and-yellow-basket-joe-hogan_dithered.png&#34; alt=&#39;Joe Hogan Baskets.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 [Joe Hogan Baskets](http://www.joehoganbaskets.com/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;29000années-dhistoire&#34;&gt;29 000 années d&amp;rsquo;histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quasiment toutes les civilisations ont fabriqué des paniers, et ce depuis que nous co-habitons avec les paresseux et les tigres à dents de sabre. Remontons des dizaines de milliers d&amp;rsquo;années en arrière : le tressage aurait permis aux humains de construire des cabanes, de se protéger des prédateurs à l&amp;rsquo;aide de clôtures, de construire des bateaux et de pêcher des poissons à l&amp;rsquo;aide de filets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait également utilisé le tressage pour construire des porte-bébés et des cercueils.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt; Les premières formes d&amp;rsquo;agriculture ont probablement servi à la vannerie ; et non à se nourrir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La plus ancienne pièce de vannerie date de 13 000 ans, mais des impressions sur céramiques d&amp;rsquo;Europe centrale indiquent que les fibres tressées, le textile ou les paniers remontent à 29 000 ans. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; On peut prouver que cette technique est encore plus vieille que cela ; en théorie, les néandertaliens, ou d&amp;rsquo;autres hominidés primitifs, auraient pu tresser des paniers.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/joe-hogan-basket_dithered.png&#34; alt=&#39;Joe Hogan Baskets.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 [Joe Hogan Baskets](http://www.joehoganbaskets.com/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;« La vannerie était au centre de la vie quotidienne dans toutes les civilisations aborigènes, écrit l&amp;rsquo;écologiste Neil Sugihara, les paniers étaient des objets essentiels pour toutes les familles ». &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Selon l&amp;rsquo;anthropologue M. K. Anderson, les premiers humains récoltaient des plantes pour construire des paniers, comme on le ferait pour des plantes comestibles, et brulaient des forêts pour favoriser leur croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anderson envisage même que les premières formes d&amp;rsquo;agriculture auraient servi à la vannerie, et non à se nourrir. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;principaux-types-de-paniers&#34;&gt;Principaux types de paniers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux types de paniers. Les paniers en spirale sont apparus très tôt : on enroulait, en spirale, des fibres végétales du centre vers l&amp;rsquo;extérieur avant de les coudre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur forme en spirale a tout de même ses limites : ces paniers ne peuvent porter que des objets circulaires. Les cloches en paille, servant à porter les ruches, étaient construites de cette manière pendant des centaines d&amp;rsquo;années. Et on utilise encore aujourd&amp;rsquo;hui la vannerie spiralée pour fabriquer des chapeaux de paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers paniers américains étaient tressés. On enroulait la fibre autour d&amp;rsquo;une rangée d&amp;rsquo;éléments rigides, comme des bâtons, puis on l&amp;rsquo;entremêlait avant de l&amp;rsquo;enrouler à nouveau autour du bâton suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que cette méthode ne servait qu&amp;rsquo;à la création de surfaces plates, comme les nattes, mais en pliant les bâtons, il était possible de créer de nombreux récipients de toutes formes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-bed_dithered.png&#34; alt=&#39;Mezzanine en vannerie, Coopérative Vannerie de Villaines.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Mezzanine en vannerie, [Coopérative Vannerie de Villaines](&lt;http://www.vannerie.com/index.php?lng=fr_FR&gt;). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autres encore étaient tressés avec des matériaux souples entrecroisés, comme du fil dans un tissu.
En Irlande, on a aplati et tressé le jonc pour fabriquer des nattes et des rideaux pendant des centaines d&amp;rsquo;années.
À nouveau, on pourrait penser que le tressage se limite à des surfaces planes, mais les joncs doivent être tressés lorsqu&amp;rsquo;ils sont encore verts et assez souples pour qu&amp;rsquo;ils durcissent ensuite en séchant. Ils pouvaient donc être tressés autour d&amp;rsquo;un moule pour fabriquer des boîtes, des sacs et plein d&amp;rsquo;autres objets.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Woven-backpacks_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Hottes tressées à sept bandes, Hiroshima Kazuro.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Hottes tressées à sept bandes, [Hiroshima Kazuro](&lt;http://kaladarshan.arts.ohio-state.edu/Exhibitions/basketMakerExhibit.html#exhibit&gt;). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le tressage de l&amp;rsquo;osier reste la technique la plus polyvalente. L&amp;rsquo;osier est aussi souple que robuste, comme les pousses d&amp;rsquo;arbres, et peut être tressé autour de bâtons verticaux, servant à soutenir la structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;osier est, entre autres, utilisé pour la construction de clôtures, de murs, de meubles, de pièges pour animaux, etc. D&amp;rsquo;ailleurs, lorsque l&amp;rsquo;on pense à un panier, on l&amp;rsquo;imagine en osier. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;claies&#34;&gt;Claies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois l&amp;rsquo;osier maîtrisé, les premières civilisations ont décidé de l&amp;rsquo;utiliser pour autre chose que le transport d&amp;rsquo;objets ou de nourriture : la construction d&amp;rsquo;abris, probablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les claies consistaient en une rangée de poteaux à la verticale entre lesquels étaient tressées des tiges en bois, comme une sorte de mur natté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose plutôt inhabituelle, elles étaient construites à partir de pièces modulaires très légères, d&amp;rsquo;un ou deux mètres de haut et de large, comme des haies, puis déracinées et transportées pour être plantées au bon emplacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces poteaux, aussi appelés zales ou sails en Grande-Bretagne, avaient une extrémité arrondie et tenaient en place à l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;une structure en bois, aussi appelée « potence ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, des brins d&amp;rsquo;osier (de petites boutures de saule ou de noisetier) étaient enroulés autour des poteaux.
Au bout de la clôture, les brins d&amp;rsquo;osier étaient alors entortillés pour plus de flexibilité, puis enroulés autour du dernier poteau avant d&amp;rsquo;être tressés dans l&amp;rsquo;autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En général, on laissait un écart au milieu de la clôture, appelé twilly hole en anglais, permettant aux bergers ou aux fermiers d&amp;rsquo;en porter plusieurs en même temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Hurdle-fence_dithered.png&#34; alt=&#39;Claie, source : Windrush Willow.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Claie, source : [Windrush Willow](&lt;http://www.windrushwillow.com/index.html&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Selon l&amp;rsquo;auteure Una McGovern, les claies étaient essentielles à l&amp;rsquo;agriculture médiévale. En gardant les moutons enfermés sans avoir à construire des infrastructures permanentes, les claies permettaient aux fermiers de laisser leurs moutons brouter librement, et ainsi d&amp;rsquo;épandre l&amp;rsquo;engrais sur leurs terres et d&amp;rsquo;utiliser les fertilisants nécessaires aux cultures céréalières. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;bâtisses-en-vannerie&#34;&gt;Bâtisses en vannerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vannerie servait également à bâtir les murs d&amp;rsquo;une maison, une fois la charpente en bois ou en rondins construite et le clayonnage enduit de torchis pour une bonne isolation et un peu d&amp;rsquo;intimité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le torchis était souvent fabriqué à partir d&amp;rsquo;argile, de cheveux humains ou de poils d&amp;rsquo;animaux et de bouse de vache. Il durcissait ensuite autour du clayonnage comme du béton autour d&amp;rsquo;une barre d&amp;rsquo;armature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le résultat pouvait rester en place pendant des siècles. De nos jours, on retrouve encore du clayonnage dans les murs lorsque l&amp;rsquo;on détruit de vieux bâtiments.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Wattle-and-daub-wall-of-a-1905-house-in-Belgium_dithered.png&#34; alt=&#39;Mur de clayonnage enduit de torchis d&amp;amp;rsquo;une maison belge, 1905 (source).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Mur de clayonnage enduit de torchis d&#39;une maison belge, 1905 ([source](http://www.rootsweb.ancestry.com/~belghist/Flanders/Pages/tremelo.htm)). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autres civilisations, comme les Vikings, les Chinois ou les Mayas, utilisaient des techniques similaires.
Les matériaux abordables et accessibles nécessaires au clayonnage en ont fait une méthode de construction utile et populaire. Cependant, tous les ouvriers ne le voyaient pas de cette façon. Au premier siècle, l&amp;rsquo;architecte romain Vitruve se plaignait des dangers d&amp;rsquo;un matériau si bon marché dans Les dix livres d&amp;rsquo;architecture :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« En ce qui concerne le clayonnage enduit de torchis, j&amp;rsquo;aurais préféré que cela n&amp;rsquo;existe pas, écrit Vitruve.
Il présente autant de risques que d&amp;rsquo;avantages. Par exemple, même s&amp;rsquo;il fait gagner du temps et de l&amp;rsquo;espace, il peut prendre feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait plus judicieux de construire des murs avec des briques en terre cuite, certes plus chères, plutôt que de continuer à se servir du clayonnage et du torchis qui représentent un danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, cette technique cause des fissures à l&amp;rsquo;intérieur du revêtement en stuc à cause de la disposition des clous et des entremises de charpente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces matériaux gonflent avec l&amp;rsquo;humidité lorsqu&amp;rsquo;ils sont talochés et se rétractent en séchant, ce qui provoque une fissure dans le stuc solidifié.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mais puisque certains d&amp;rsquo;entre nous sont contraints de l&amp;rsquo;utiliser, soit pour gagner du temps ou de l&amp;rsquo;argent, soit pour construire des cloisons sur une portée autoporteuse, voici comment le faire correctement :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les fondations doivent être surélevées pour que le torchis ne touche jamais la pierre fissurée qui forme le sol. S&amp;rsquo;il se retrouve enfoncé dans la pierre, il pourrit avec le temps, puis se tasse et s&amp;rsquo;affaisse vers l&amp;rsquo;avant avant de transpercer la surface du revêtement en stuc. »&lt;/em&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;barques-tressées&#34;&gt;Barques tressées&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi étonnant que cela puisse paraître, la vannerie a longtemps servi à construire des bateaux. Nous ne savons pas de quand date la construction de ces bateaux, mais les premières traces de la présence humaine en Australie remontent à 40 000 ans, pourtant, le pays a été séparé de l&amp;rsquo;Asie pendant l&amp;rsquo;ère glaciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les humains auraient construit des bateaux en osier recouverts de peaux d&amp;rsquo;animaux et, même s&amp;rsquo;ils attachaient à peine les rondins entre eux, ils savaient probablement comment récolter de la fibre et &lt;a href=&#34;http://www.lowtechmagazine.com/knots/&#34;&gt;en faire des nœuds&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Irish-Coracles_dithered.png&#34; alt=&#39;Coracles irlandais Source : Guy Mallison Woodland Workshop.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Coracles irlandais Source : [Guy Mallison Woodland Workshop](&lt;http://guymallinson.blogspot.com/2010/07/coracles-in-herefordshire.html&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les Irlandais se sont servis des bateaux tressés, ou coracles, pendant des centaines, voire même des milliers d&amp;rsquo;années. On retrouve des traces de ces bateaux dans la littérature médiévale irlandaise et des passionnés continuent d&amp;rsquo;en fabriquer aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt; La petite taille et la légèreté du coracle permettaient aux pagayeurs, après avoir navigué sur les rivières, lacs ou marais, de le transporter à pied, à travers le pays, sans difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les bateaux étaient tressés en sauge ou en noisetier, couverts de peau &amp;mdash; en général de la peau de vache, mais aussi de la peau de cheval ou de phoque &amp;mdash; puis prétendument imperméabilisés avec du beurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces embarcations étaient si petites et instables qu&amp;rsquo;une seule personne pouvait s&amp;rsquo;y asseoir en tailleur et bien droit pour éviter de basculer, comme dans un kayak en forme de bol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite taille et la légèreté du coracle permettaient aux pagayeurs, après avoir navigué sur les rivières, lacs ou marais, de le transporter à travers le pays sans difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Building-a-coracle_dithered.png&#34; alt=&#39;La première étape pour construire un coracle. Source : Guy Mallison Woodland Workshop.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 La première étape pour construire un coracle. Source : [Guy Mallison Woodland Workshop](&lt;http://guymallinson.blogspot.com/2010/07/coracles-in-herefordshire.html&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour naviguer sur la mer, les Irlandais tressaient des currachs, plus grands, ovales et plus stables sur une mer agitée, mais toujours plus petits qu&amp;rsquo;une barque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une séquence d&amp;rsquo;un documentaire de 1937 montre des hommes construisant un currach Boyne en plantant d&amp;rsquo;abord les tiges de noisetier selon la forme désirée dans le sol, puis en tressant fermement une structure entre chaque tige pour construire le plat-bord, ou le bord, avant de la retourner sur elle-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les tiges de noisetier étaient enroulées les unes autour des autres pour former un dôme en osier, puis la structure était déracinée et posée à la verticale pour y attacher la peau avant de la huiler. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;nasses&#34;&gt;Nasses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;art du tressage était également utilisé pour fabriquer des nasses ou des pièges à anguille dans les rivières et des pièges à homard dans la mer. Ceux-ci étaient, eux aussi, en osier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces aliments représentaient une source de protéines non négligeable, surtout dans les pays catholiques où consommer de la viande était parfois interdit.
Les pièges étaient simples : un appât attirait les animaux à l&amp;rsquo;intérieur du piège. Si le piège était fabriqué correctement, la proie ne pouvait plus en sortir une fois à l&amp;rsquo;intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Traps-for-river-crabs_dithered.png&#34; alt=&#39;Pièges pour crabes d&amp;amp;rsquo;eau douce, Hiroshima Kazuro.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Pièges pour crabes d&#39;eau douce, [Hiroshima Kazuro](&lt;http://kaladarshan.arts.ohio-state.edu/Exhibitions/basketMakerExhibit.html#exhibit&gt;). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Fish-traps-in-the-Thames_dithered.png&#34; alt=&#39;« Lowering the Eel Bucks », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 (source)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 « Lowering the Eel Bucks », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 ([source](http://canalbookcollector.blogspot.com/2011/03/engraving-of-week_23.html))
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-centaines-de-variétés-de-plantes&#34;&gt;Des centaines de variétés de plantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les paniers pouvaient être tressés à partir de centaines de plantes différentes selon celles qui poussaient aux alentours.
Dans les régions tropicales, on utilisait le roseau ou le raphia, tandis que dans les régions tempérées, comme l&amp;rsquo;Europe, on disposait d&amp;rsquo;une grande variété de branches et de plantes : les branches de cornouiller, de troène, de mélèze, de prunellier et de châtaignier ; les brindilles de genêt, de jasmin et de pervenche ; les pousses d&amp;rsquo;orme et de tilleul ; le lierre, la clématite, le chèvrefeuille et la liane de rosier ; le jonc et d&amp;rsquo;autres roseaux, et la paille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-crops_dithered.png&#34; alt=&#39;Champs de saules bleus de Bretagne à Kildare, Irlande, en février. Photo de Brian Kaller.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Champs de saules bleus de Bretagne à Kildare, Irlande, en février. Photo de Brian Kaller. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les branches de saule, ou silver-sticks en Irlande, osiers en Grande-Bretagne et vikker en vieux norrois, étaient probablement les plus populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont très souples lorsqu&amp;rsquo;elles sont encore fraiches ou mouillées et légères et solides lorsqu&amp;rsquo;elles sont sèches. Elles poussent si vite que l&amp;rsquo;on peut récolter une nouvelle culture de branches de trois mètres de long tous les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;un des arbres les plus rapides à pousser après qu&amp;rsquo;un vieil arbre soit tombé et laisse passer la lumière dans la forêt, ou après qu&amp;rsquo;un incendie ait ravagé toute une zone. C&amp;rsquo;est peut-être l&amp;rsquo;arbre dont le comportement se rapproche le plus de celui d&amp;rsquo;une mauvaise herbe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-harvest_dithered.png&#34; alt=&#39;« Osier Cutting », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 (source)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 « Osier Cutting », tirée de « Life on the Upper Thames », H.R. Robinson, 1875 ([source](http://canalbookcollector.blogspot.com/2011/05/engraving-of-week.html))
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leurs racines se propagent rapidement sous le sol, faisant de cet arbre un atout pour freiner l&amp;rsquo;érosion.
Ils poussent très rapidement et constituent un excellent brise-vent, comme une &lt;a href=&#34;http://www.notechmagazine.com/2011/04/irish-hedgerows.html&#34;&gt;haie&lt;/a&gt;, ce qui les rend particulièrement utiles, surtout à notre époque, pour séquestrer le carbone et lutter contre le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on peut créer de l&amp;rsquo;acide salicylique, c&amp;rsquo;est-à-dire de l&amp;rsquo;aspirine, en faisant bouillir de l&amp;rsquo;écorce de saule blanc (Salix alba).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;nettoyer-la-terre&#34;&gt;Nettoyer la terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La variété répandue Salix viminalis, ou saule des vanniers, s&amp;rsquo;est révélée être une excellente accumulatrice de métaux lourds.
Beaucoup de plantes contribuent au « nettoyage » du sol en absorbant des niveaux disproportionnés de substances a priori toxiques, soit car c&amp;rsquo;est une particularité de leur métabolisme, soit pour se protéger des prédateurs en devenant toxiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses plantes n&amp;rsquo;absorbent qu&amp;rsquo;une seule toxine et d&amp;rsquo;autres n&amp;rsquo;en absorbent que quelques-unes. Le saule des vanniers peut en absorber une grande partie, y compris le plomb, le cadmium, le mercure, le chrome, le zinc, le combustible fossile d&amp;rsquo;hydrocarbure, l&amp;rsquo;uranium, le sélénium, le ferrocyanure de potassium et l&amp;rsquo;argent. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Willow-harvested-stools_dithered.png&#34; alt=&#39;Saule récolté et posé sur des tabourets au premier plan, culture à récolter à l&amp;amp;rsquo;arrière-plan, source : Joe Hogan Baskets&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Saule récolté et posé sur des tabourets au premier plan, culture à récolter à l&#39;arrière-plan, source : [Joe Hogan Baskets](&lt;http://www.joehoganbaskets.com/&gt;)
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De nombreux arbres feuillus peuvent être recépés, soit coupés à la base, ou écimés, c&amp;rsquo;est-à-dire coupés à hauteur humaine. Ils repoussent ensuite sur une période de 5 à 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les saules n&amp;rsquo;ont pas besoin d&amp;rsquo;arriver à maturité : ils continuent de s&amp;rsquo;épaissir à la base et de nouvelles cultures poussent tous les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tisserands de panier ci-dessus récoltent les branches de saule en hiver : c&amp;rsquo;est un rituel. Ils peuvent récupérer dix tonnes par demi-hectare dans des champs dont les souches ont cent ans et n&amp;rsquo;ont jamais grandi suffisamment. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parmi des centaines d&amp;rsquo;arts traditionnels, aucun n&amp;rsquo;est aussi utile au quotidien&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une fois les branches de saule coupées, elles peuvent être séchées avec ou sans l&amp;rsquo;écorce.
Retirer l&amp;rsquo;écorce pouvait être une tâche difficile qui, cependant, facilitait la préparation et l&amp;rsquo;usage des branches et réduisait le risque de décomposition, tout en donnant au bois sa sublime couleur blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retirer l&amp;rsquo;écorce, on coupait une grosse branche de saule jusqu&amp;rsquo;à la moitié dans le sens de la longueur, puis on attachait des bandes de métal dans l&amp;rsquo;entaille. Ensuite, le tisserand venait tenir la branche entre ses jambes et utilisait les bandes comme on se sert d&amp;rsquo;un outil de dénudage pour retirer un isolant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les coupes étaient trop épaisses pour être manipulées, un outil spécial, appelé cleve en anglais, servait à les couper en trois dans le sens de la longueur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-balustrade_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basketry-balustrade-2_dithered.png&#34; alt=&#39;Barreaux tressés, Coopérative Vannerie de Villaines.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Barreaux tressés, [Coopérative Vannerie de Villaines](&lt;http://www.vannerie.com/index.php?lng=fr_FR&gt;).
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les brins d&amp;rsquo;osier séchaient pendant plusieurs mois et pouvaient être conservés indéfiniment avant d&amp;rsquo;être mouillés à nouveau pour le tressage.
Les branches de saule peuvent être tressées directement après avoir été coupées, mais le bois se détend en séchant et le tissage se décale bruyamment, ce qui peut être gênant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un débutant, la préparation du matériel est aussi difficile que le tressage lui-même : les branches de saule doivent sécher, puis être mouillées à nouveau, et ce sans qu&amp;rsquo;elles ne pourrissent. Elles doivent aussi être utilisées avant qu&amp;rsquo;elles ne sèchent une seconde fois et se fragilisent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;usage-quotidien&#34;&gt;Usage quotidien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, un petit groupe dynamique de passionnés venant des quatre coins de la planète tente de redécouvrir et réutiliser les arts et les technologies traditionnels.
Nombreuses sont ces techniques qui méritent d&amp;rsquo;être remises à la mode, mais certaines requièrent une expérience considérable, du talent, de l&amp;rsquo;entraînement, une infrastructure ou l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;autres personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les solutions low-tech ne peuvent pas se frayer un chemin aussi facilement dans le quotidien des citadins modernes, attirés par un mode de vie plus traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2012/02/the-art-of-producing-sustainable-consumer-goods-basketry/images/dithers/Basket-weaver_dithered.png&#34; alt=&#39;Tisserand de panier. Source : Roule ta bosse !&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Tisserand de panier. Source : [Roule ta bosse !](http://rouletabosse.over-blog.fr/) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le tressage de panier ne demande pas plus d&amp;rsquo;argent qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en faut pour une formation et, potentiellement, des matériaux.
Il suffit de se servir de n&amp;rsquo;importe quelle culture dont disposent tous les biomes de la planète et de quelques outils, mais ce n&amp;rsquo;est pas obligatoire.
Les tisserands confirmés peuvent créer des œuvres d&amp;rsquo;art, mais n&amp;rsquo;importe qui peut tresser des objets simples et utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi des centaines d&amp;rsquo;arts traditionnels, aucun n&amp;rsquo;est aussi utile au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brian Kaller&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brian Kaller est un journaliste venu tout droit de la campagne irlandaise. Il s&amp;rsquo;entretient avec les personnes âgées d&amp;rsquo;Irlande à propos des modes de vie traditionnels et rédige une rubrique hebdomadaire sur le roman The Long Emergency pour son journal local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blog de Brian : &lt;a href=&#34;http://restoringmayberry.blogspot.com/&#34;&gt;Restoring Mayberry&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait incroyable : même si les paniers sont très prisés aux États-Unis, ce pays autrefois peu habité continuait d&amp;rsquo;importer du bois de saule en provenance de l&amp;rsquo;Ancien Monde, bien plus petit et surpeuplé.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Archeologické rozhledy, 2007, Baskets in Western America 8600 BP :
American Antiquity 60(2), 1995, p. 309-318.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Fire in California&amp;rsquo;s ecosystems, By Neil G. Sugihara, p. 421&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Anderson, M.K. &amp;ndash; The fire, pruning and coppice management of
temperate ecosystems for basketry material by Californian Indian tribes.
Human Ecology 27(I) 79-113. 1999.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Complete Book of Basketry Techniques, Sue Gabriel and Sally
Goyner, David and Charles 1999.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lost Crafts, Una McGovern, Chambers 2009&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ten Books on Architecture, Vetruvius, Chapter 8, Section 20. Circa 20 BCE&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hands, RTE documentary by Sally Shaw Smith, episode 29, &amp;ldquo;Curraghs.&amp;rdquo;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Phytoremediation. By McCutcheon &amp;amp; Schnoor. 2003, New Jersey, John Wiley &amp;amp; Sons, page 19.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Enhancing Phytoextraction: The Effect of Chemical Soil Manipulation
on Mobility, Plant Accumulation, and Leaching of Heavy Metals. By Ulrich
Schmidt. In J. Environ. Qual. 32 : 1939-1954 (2003).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;The potential for phytoremediation of iron cyanide complex by
Willows. By X.Z. Yu, P.H. Zhou and Y.M. Yang. In Ecotoxicology 2006.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bulletin of the Bussey Institution, Vol. II, Part VIII. p. 430. Published 1899.
Basket Willow Culture, écrit par C. D. Mell et publié en 1908, demande aux fermiers de faire pousser des saules le plus rapidement possible et de s&amp;rsquo;en servir comme culture marchande pour répondre à une demande continue de matériaux de tressage. Il affirme que « la demande de paniers en branches de saule est très grande, et chaque année, des milliers de branches sont importées de France, d&amp;rsquo;Allemagne et des Pays-Bas. »&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
  </channel>
</rss>
