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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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    <item>
      <title>Comment et pourquoi j&#39;ai arrêté d&#39;acheter de nouveaux ordinateurs portables</title>
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      <pubDate>Sun, 20 Dec 2020 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/X60-on-its-side-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Le Low-tech Magazine est maintenant rédigé et publié sur un ThinkPad X60s 2006.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Le Low-tech Magazine est maintenant rédigé et publié sur un ThinkPad X60s 2006. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En tant que journaliste indépendant – ou employé de bureau si vous préférez – j&amp;rsquo;ai toujours pensé que j&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;un ordinateur décent et que la qualité se payait. Entre 2000 et 2017, j&amp;rsquo;ai eu trois ordinateurs portables que j&amp;rsquo;ai achetés neufs, et qui m&amp;rsquo;ont coûté environ 5 000 euros au total – soit environ 300 euros par an sur toute la période. La durée de vie utile de mes trois ordinateurs atteint 5,7 ans en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, alors que je mettais &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/09/how-to-build-a-low-tech-website/&#34;&gt;mon lieu de travail&lt;/a&gt; et mon site Web hors du réseau électrique, j&amp;rsquo;ai décidé de ne plus acheter de nouveaux ordinateurs portables. À la place, je me suis acheté en ligne une machine d&amp;rsquo;occasion de 2006 pour 50 euros, qui remplit toutes mes attentes et fait tout ce dont j’ai besoin. Avec une nouvelle batterie et une simple mise à niveau matérielle, mon investissement restait sous les 150 euros. Si cet ordinateur de 2006 dure aussi longtemps que mes autres machines – s&amp;rsquo;il tourne encore 1,7 an – il ne m&amp;rsquo;aura coûté que 26 euros par an. C&amp;rsquo;est plus de 10 fois moins que mes ordinateurs précédents. Dans cet article, j&amp;rsquo;explique mes motivations pour ne pas acheter de nouveaux ordinateurs portables et comment vous pourriez faire de même.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;consommation-énergétique-et-matérielle-dun-ordinateur-portable&#34;&gt;Consommation énergétique et matérielle d&amp;rsquo;un ordinateur portable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne pas acheter de nouveaux ordinateurs portables permet de sauver beaucoup d&amp;rsquo;argent mais aussi beaucoup de ressources et d’éviter des destructions environnementales. Selon l&amp;rsquo;analyse du cycle de vie la plus récente, il faut 3 010 à 4 340 mégajoules d&amp;rsquo;énergie primaire pour fabriquer un ordinateur portable, comprenant l&amp;rsquo;extraction des matériaux, la fabrication de la machine et sa mise sur le marché. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque année, nous achetons entre 160 et 200 millions d&amp;rsquo;ordinateurs portables. En utilisant les données ci-dessus, cela signifie que la production d&amp;rsquo;ordinateurs portables nécessite une consommation d&amp;rsquo;énergie annuelle de 480 à 868 pétajoules, ce qui représente entre un quart et la moitié de toute l&amp;rsquo;énergie solaire photovoltaïque produite dans le monde en 2018 (2 023 pétajoules). &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La fabrication d&amp;rsquo;un ordinateur portable implique également une forte consommation de matière, qui comprend une grande variété de minéraux pouvant être considérés comme rares à cause de différentes contraintes : économiques, sociales, géochimiques et géopolitiques. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/06/the-monster-footprint-of-digital-technology/&#34;&gt;production de puces électroniques consomme énormément d&amp;rsquo;énergie et de matériaux&lt;/a&gt;, mais ce n&amp;rsquo;est pas le seul problème. La forte consommation de ressources des ordinateurs portables est également due au fait que leur durée de vie est très courte. Parmi les 160 à 200 millions d&amp;rsquo;ordinateurs portables vendus chaque année, la plupart sont des achats de remplacement. L&amp;rsquo;ordinateur portable moyen est remplacé tous les 3 ans en entreprise, et tous les 5 ans ailleurs. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ma moyenne de 5,7 ans par ordinateur portable n&amp;rsquo;est donc pas exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-ordinateurs-portables-ne-changent-pas&#34;&gt;Les ordinateurs portables ne changent pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;étude citée date de 2011 et fait référence à une machine fabriquée en 2001 : un Dell Inspiron 2500. Vous pouvez tout-à-fait considérer cette « état de l’art du cycle de vie d&amp;rsquo;un ordinateur portable » comme obsolète, mais il n’en est rien. Un document de recherche de 2015 a découvert que l&amp;rsquo;énergie grise des ordinateurs portables est en fait statique au fil du temps. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques ont démonté 11 ordinateurs portables de tailles similaires, fabriqués entre 1999 et 2008, puis ils ont pesé les différents composants. En outre, ils ont mesuré les dimensions de la puce en silicium de toutes les cartes mère, et de 30 cartes DRAM produites à peu près sur la même période (jusqu&amp;rsquo;en 2011). Ils ont alors constaté que la masse et la composition matérielle de tous les composants clés - batterie, carte mère, disque dur, mémoire - n&amp;rsquo;avaient pas changé de manière significative, même si les processus de fabrication sont devenus plus efficaces en termes d&amp;rsquo;utilisation d’énergie et de matériaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci s’explique simplement : des fonctionnalités accrues compensent les gains d’efficacité du processus de fabrication. La masse de la batterie, la mémoire et la masse du disque dur ont diminué par unité de fonctionnalité, mais leur total est resté à peu près constant chaque année. La même dynamique explique pourquoi la consommation d’énergie en fonctionnement des ordinateurs portables les plus récents n’a pas diminuée. Les nouveaux ordinateurs portables sont peut-être moins énergivores par puissance de calcul unitaire, mais ces gains sont compensés par une puissance de calcul totale plus élevée. C’est en informatique que &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/01/bedazzled-by-energy-efficiency/&#34;&gt;le paradoxe de Jevons&lt;/a&gt; est le plus évident.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-défi&#34;&gt;Le défi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela signifie qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a aucun avantage environnemental ou financier à remplacer un vieil ordinateur portable par un nouveau. À l’inverse, la seule chose qu&amp;rsquo;un consommateur puisse faire pour améliorer la durabilité écologique et économique de son ordinateur portable est de l&amp;rsquo;utiliser le plus longtemps possible. La maturité technologique et la puissance de calcul plus que suffisante que possèdent désormais les ordinateurs portables facilitent cette perspective. Un problème demeure, cependant. Les consommateurs qui essaient de continuer à travailler sur leurs anciennes machines s’exposent à de la frustration. J&amp;rsquo;explique brièvement mes frustrations ci-dessous et je suis plutôt sûr qu’elles sont assez répandues.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/3-laptops-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Les trois nouveaux ordinateurs portables que j&amp;amp;rsquo;ai utilisés de 2000 à 2017.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Les trois nouveaux ordinateurs portables que j&#39;ai utilisés de 2000 à 2017. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-premier-ordinateur-portable--apple-ibook-2000-2005&#34;&gt;Mon premier ordinateur portable : Apple iBook (2000-2005)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2000, alors que je travaillais en Belgique comme journaliste scientifique et technique en indépendant, j&amp;rsquo;ai acheté mon premier ordinateur portable, un Apple iBook. Un peu plus de deux ou trois ans plus tard, le chargeur a commencé à dysfonctionner. Le prix d&amp;rsquo;un chargeur neuf m’a tellement dégoûté des pratiques de vente d&amp;rsquo;Apple - les chargeurs sont très bon marché à produire, mais Apple les vend très cher - que j&amp;rsquo;ai refusé de l&amp;rsquo;acheter. Au lieu de cela, j&amp;rsquo;ai réussi à faire fonctionner mon chargeur encore quelques années, d&amp;rsquo;abord en le mettant sous le poids de livres et de meubles, et quand cela ne fonctionnait plus, en le serrant fermement avec une pince.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-deuxième-ordinateur-portable--ibm-thinkpad-r52-2005-2013&#34;&gt;Mon deuxième ordinateur portable : IBM ThinkPad R52 (2005-2013)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le chargeur a bel et bien décédé en 2005, j&amp;rsquo;ai décidé de me renseigner sur l’achat d’un nouvel ordinateur portable. Je n&amp;rsquo;avais qu&amp;rsquo;une demande : il devait avoir un chargeur qui dure, ou qui soit au moins remplacable pour pas cher. J&amp;rsquo;ai trouvé mieux que ce que j’espérais. J&amp;rsquo;ai acheté un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:R52&#34;&gt;IBM Thinkpad R52&lt;/a&gt; et ça a été le coup de foudre dès la première utilisation. Mon ordinateur portable IBM était l’inverse du MacBook d&amp;rsquo;Apple et pas seulement en matière de design (une boîte rectangulaire dispo dans toutes les couleurs tant que c’est du noir). Plus important encore, l’appareil entier a été conçu pour durer, pour être fiable et pour être réparable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/06/how-to-make-wind-power-sustainable-again/&#34;&gt;Les produits modulables et à cycle de vie circulaire sont à la mode ces jours-ci&lt;/a&gt;, mais mon IBM Thinkpad était précisément cela. Chaque composant de l’ordinateur portable pouvait être dévissé et remplacé, le boîtier robuste (avec des charnières en acier) était suffisamment grand pour permettre de sérieuses mises à niveau et possédait tous les connecteurs imaginables. Ma machine de 2005 fonctionne encore aujourd’hui et je suis convaincu qu’elle pourrait continuer encore 500 ans en étant bien entretenue. Comme une éolienne pré-industrielle, sa durée de vie pourrait être prolongée à l’infini en réparant et remplaçant progressivement chaque pièce qui la compose. La question n’est pas de savoir comment nous pouvons évoluer vers une économie circulaire, mais plutôt pourquoi nous continuons à nous en éloigner.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question n&amp;rsquo;est pas de savoir comment nous pouvons évoluer vers une économie circulaire, mais plutôt pourquoi nous continuons à nous en éloigner.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J’ai payé mon Thinkpad plus cher que mon iBook, mais au moins j&amp;rsquo;ai dépensé tout cet argent pour un ordinateur décent et pas juste un beau design. Le chargeur ne m&amp;rsquo;a pas posé de problème et lorsque j’ai dû en acheter un nouveau après l’avoir perdu en voyage, j&amp;rsquo;ai pu le faire à un prix raisonnable. Je ne me doutais pas que mon heureux achat allait devenir une expérience unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/Thinkpad-r52-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : IBM ThinkPad R52 de 2005.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : IBM ThinkPad R52 de 2005. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-troisième-ordinateur-portable--lenovo-thinkpad-t430-2013-2017&#34;&gt;Mon troisième ordinateur portable : Lenovo Thinkpad T430 (2013-2017)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avance rapide jusqu’en 2013. Je vis maintenant en Espagne et je dirige Lowtech Magazine. Je travaille toujours sur mon IBM Thinkpad R52, mais il y a quelques problèmes à l’horizon. Tout d’abord, Microsoft va bientôt m’obliger à mettre à jour mon système d’exploitation (OS : operating system), car le support de Windows XP doit prendre fin en 2014. Je n’ai pas envie de dépenser plusieurs centaines d’euros pour un nouveau système d’exploitation qui serait de toute façon trop exigeant pour mon vieil ordinateur. De plus, l’ordinateur portable était devenu un peu lent, même après l’avoir été restauré à ses paramètres d’usine. Bref, je suis tombé dans le piège des industries matérielles et logicielles : j’ai considéré à tort avoir besoin d’un nouvel ordinateur portable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant tant aimé mon Thinkpad, il était logique d&amp;rsquo;en acheter un nouveau. Voici le problème : en 2005, peu de temps après avoir acheté mon premier Thinkpad, Lenovo, un fabricant d&amp;rsquo;ordinateurs chinois aujourd&amp;rsquo;hui le plus grand au monde, a racheté l&amp;rsquo;activité PC d&amp;rsquo;IBM. Les entreprises chinoises n&amp;rsquo;avaient pas la réputation de fabriquer des produits de qualité, surtout à l&amp;rsquo;époque. Cependant, comme Lenovo vendait toujours des Thinkpad qui semblaient presque identiques à ceux construits par IBM, j&amp;rsquo;ai décidé de tenter ma chance pour un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:T430&#34;&gt;Lenovo Thinkpad T430&lt;/a&gt; en Avril 2013. Je l’ai pris au prix fort, en supposant que la qualité se payait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai assez vite constaté mon erreur. J&amp;rsquo;ai dû renvoyer deux fois l’appareil pour cause de boîtier déformé. Quand j&amp;rsquo;en ai eu un qui soit enfin à peu près correct, je me suis rapidement heurté à un autre problème : les touches du clavier ont commencé à se casser. Je me souviens encore de mon incrédulité la première fois. L&amp;rsquo;IBM Thinkpad était connu pour son clavier robuste. Pour le casser, il faut un marteau. Lenovo n&amp;rsquo;a évidemment pas trouvé cela si important et l’a discrètement remplacé par une version moins chère. Remarquez, il se peut que mon style de frappe soit agressif, mais je n&amp;rsquo;avais jamais cassé aucun clavier auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai commandé machinalement une touche de remplacement pour 15 euros. Dans les mois qui ont suivi, le remplacement des touches est devenu une dépense récurrente. Après avoir dépensé plus de 100 euros pour des touches en plastique, qui allaient bientôt casser de nouveau, j’ai calculé que mon clavier avait 90 touches et que les remplacer toutes une fois me coûterait 1 350 euros. J’ai complètement arrêté d’utiliser le clavier, prenant un clavier externe comme solution temporaire. Ce n’était cependant pas pratique, en particulier pour travailler hors de chez soi – et pourquoi utiliser un ordinateur
portable dans ce cas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème était insoluble : j&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;un nouvel ordinateur portable. Encore. Mais lequel ? Bien sûr, ce ne serait pas un produit fabriqué par Lenovo ou Apple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/broken-keyboard-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Remplacer toutes les touches de mon Lenovo T430 m&amp;amp;rsquo;aurait coûté 1 350 euros.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Remplacer toutes les touches de mon Lenovo T430 m&#39;aurait coûté 1 350 euros. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-quatrième-ordinateur-portable--ibm-thinkpad-x60s-2017-maintenant&#34;&gt;Mon quatrième ordinateur portable : IBM Thinkpad X60s (2017-maintenant)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne trouvant pas ce que je cherchais, j&amp;rsquo;ai décidé de remonter dans le temps. Je me suis rendu compte que, jusqu’à maintenant, les nouveaux ordinateurs portables sont de qualité inférieure par rapport aux anciens, même à un prix beaucoup plus haut. J&amp;rsquo;ai découvert que Lenovo avait changé de clavier vers 2011 et j&amp;rsquo;ai commencé à rechercher sur des sites d&amp;rsquo;enchères des Thinkpad construits avant cette date. J&amp;rsquo;aurais pu revenir à mon ThinkPad R52 de 2005, mais je m&amp;rsquo;étais habitué à un clavier espagnol et le R52 avait un clavier belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2017, j&amp;rsquo;ai opté pour un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:X60s&#34;&gt;Thinkpad X60s&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;occasion de 2006. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En décembre 2020, la machine fonctionnait depuis près de 4 ans et fêtait ses 14 ans – trois à cinq fois plus vieux que l&amp;rsquo;ordinateur portable moyen. Même si j&amp;rsquo;ai aimé mon Thinkpad R52 de 2005, j&amp;rsquo;ai littéralement adoré mon Thinkpad X60s de 2006. Il est tout aussi robuste – il a déjà survécu à une chute sur du béton depuis une table – tout en étant beaucoup plus petit et léger : 1,43 kg contre 3,2 kg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Thinkpad X60s 2006 fait tout ce que je veux qu&amp;rsquo;il fasse. Je l&amp;rsquo;utilise pour écrire des articles, faire des recherches et maintenir les sites Web. Je l&amp;rsquo;ai également utilisé sur scène pour donner des conférences, projetant des images sur un grand écran. Il ne manque qu&amp;rsquo;une chose sur cet appareil, surtout de nos jours : une webcam. Je contourne ce problème en allumant mon ordinateur maudit de 2013 avec ses touches cassées chaque fois que j&amp;rsquo;en ai besoin, heureux de le rentabiliser pour un usage n&amp;rsquo;impliquant pas son clavier. Je pourrai aussi passer au &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:X200&#34;&gt;Thinkpad X200&lt;/a&gt; de 2008, une version plus récente du même modèle qui dispose d&amp;rsquo;une webcam.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/thinkpad-x60s-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Mon ThinkPad X60s.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Mon ThinkPad X60s. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-faire-remettre-à-neuf-votre-vieil-ordinateur&#34;&gt;Comment faire remettre à neuf votre vieil ordinateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne plus acheter d’ordinateur neuf n&amp;rsquo;est pas aussi simple que d&amp;rsquo;acheter un ordinateur d&amp;rsquo;occasion. Il est conseillé de mettre à niveau le matériel et il est essentiel de rétrograder le système d’exploitation (O.S.). Il faut donc faire deux choses :&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;1-utilisez-un-os-à-faible-consommation-dénergie&#34;&gt;1. Utilisez un O.S. à faible consommation d&amp;rsquo;énergie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon ordinateur portable fonctionne sur &lt;a href=&#34;https://www.linuxliteos.com&#34;&gt;Linux Lite&lt;/a&gt;, l&amp;rsquo;un des nombreux systèmes d&amp;rsquo;exploitation open source &lt;a href=&#34;https://lotoftech.com/10-best-lightweight-operating-system-for-old-computers/&#34;&gt;spécialement conçus pour fonctionner sur de vieux ordinateurs&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;un O.S. Linux n&amp;rsquo;est pas vraiment facultative. Il n&amp;rsquo;y a aucun moyen de faire revivre un vieil ordinateur portable sous Microsoft Windows ou Apple OS : la machine se figerait instantanément. Linux Lite n&amp;rsquo;a pas les visuels flashy des dernières interfaces Apple et Windows, mais son interface graphique est ergonomique et a l&amp;rsquo;air tout sauf obsolète. Il prend très peu de place sur le disque dur et demande encore moins de puissance de calcul. En fin de compte, un vieil ordinateur portable fonctionne sans problème, malgré ses spécifications limitées. J&amp;rsquo;utilise également des navigateurs légers : &lt;a href=&#34;https://vivaldi.com&#34;&gt;Vivaldi&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#34;https://astian.org/en/midori-browser/&#34;&gt;Midori&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant utilisé Microsoft Windows pendant longtemps, je trouve que les systèmes d&amp;rsquo;exploitation Linux sont remarquablement meilleurs, d&amp;rsquo;autant plus qu&amp;rsquo;ils sont gratuits à télécharger et à installer. De plus, les O.S. Linux ne volent pas vos données personnelles et n&amp;rsquo;essaient pas de vous enfermer dans leur écosystème, contrairement aux O.S. les plus récents d&amp;rsquo;Apple et Microsoft. Cela dit, même avec Linux, l&amp;rsquo;obsolescence n&amp;rsquo;est pas à exclure. Par exemple, Linux Lite arrêtera sa prise en charge des ordinateurs 32 bits en 2021, ce qui signifie que je devrai bientôt chercher un système d&amp;rsquo;exploitation alternatif, ou acheter un ordinateur portable 64 bits légèrement plus récent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;2-remplacez-le-disque-dur-par-un-disque-ssd&#34;&gt;2. Remplacez le disque dur par un disque SSD&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces dernières années, les disques à semi-conducteurs (SSD) sont devenus faciles à trouver et abordables, et ils sont beaucoup plus rapides que les disques durs classiques (HDD). Bien qu’il soit possible de faire revivre un vieil ordinateur en passant simplement à un système d&amp;rsquo;exploitation plus léger, remplacer en plus le disque dur par un SSD rendra la machine aussi rapide qu&amp;rsquo;une version récente. Dépendamment de la capacité de stockage visée, un SSD vous coûtera entre 20 euros (120 Go) et 100 euros (960 Go).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’installation est assez simple et plutôt bien documentée en ligne. Les disques SSD sont silencieux et sont plus résistants aux chocs physiques, mais ils ont une espérance de vie plus courte que les disques durs classiques. Le mien fonctionne maintenant depuis presque 4 ans. Il semble que d’un point de vue environnemental et financier, un vieil ordinateur portable avec SSD soit un bien meilleur choix que l‘achat d’un nouveau, quand bien même le SSD devrait être remplacé de temps à autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;ordinateurs-portables-de-rechange&#34;&gt;Ordinateurs portables de rechange&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, ma stratégie a évolué. J&amp;rsquo;ai acheté deux modèles identiques à un prix similaire, en 2018 et début 2020, pour les utiliser comme ordinateurs portables de rechange. J&amp;rsquo;ai maintenant l&amp;rsquo;intention de continuer à travailler sur ces machines aussi longtemps que possible, disposant de plus qu’assez
de pièces de rechange. Mon ordinateur, depuis que je l&amp;rsquo;ai acheté, a eu deux problèmes techniques. Après environ un an d&amp;rsquo;utilisation, le ventilateur ne marchait plus. Je l&amp;rsquo;ai fait réparer la nuit même dans un petit magasin chinois d’informatique assez bordélique, à Anvers en Belgique. Il m’a dit que mon ventilateur bricolé fonctionnerait encore six mois, mais il fonctionne toujours plus de deux ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, l&amp;rsquo;année dernière, la batterie de mon X60s a soudainement refusée de se charger, un problème que j’avais aussi rencontré avec mon ordinateur maudit de 2013. Cela semble être un problème courant avec les Thinkpad, mais que je n&amp;rsquo;ai pas encore pu résoudre. Je n’étais pas non plus obligé de la changer car j&amp;rsquo;avais un ordinateur de rechange disponible que j’ai commencé à utiliser dès que nécessaire ou quand je voulais travailler à l’extérieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/spare-laptops-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Trois ordinateurs portables de 2006 identiques, tous en état de marche, pour moins de 200 euros.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Trois ordinateurs portables de 2006 identiques, tous en état de marche, pour moins de 200 euros. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/thinkpad-inside_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: À l&amp;amp;rsquo;intérieur des Thinkpad X60s. Source : Manuel de maintenance du matériel.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: À l&#39;intérieur des Thinkpad X60s. Source : [Manuel de maintenance du matériel](https://download.lenovo.com/ibmdl/pub/pc/pccbbs/mobiles_pdf/42x3550_04.pdf). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;ma-miraculeuse-carte-sd&#34;&gt;Ma miraculeuse carte SD&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant temps que je vous présente ma miraculeuse carte SD, qui est une autre mise à niveau matérielle facilitant l&amp;rsquo;utilisation de vieux (mais aussi de nouveaux) ordinateurs portables. De nombreuses personnes stockent leurs documents personnels sur le disque dur de leur ordinateur, puis effectuent si tout va bien des sauvegardes sur des supports de stockage externes. Je fais l’inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai toutes mes données sur une carte SD de 128 Go, que je peux brancher sur n&amp;rsquo;importe lequel des Thinkpad que je possède. Je fais ensuite des sauvegardes mensuelles de la carte SD, que je stocke sur un support externe, ainsi que des sauvegardes régulières des documents sur lesquels je travaille, que je stocke temporairement sur le disque de l&amp;rsquo;ordinateur en question. Cela s&amp;rsquo;est avéré très fiable, du moins pour moi : je ne perdais plus de documents suite à des problèmes informatiques ou de sauvegardes insuffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autre avantage est que je peux travailler sur n&amp;rsquo;importe quel ordinateur et que je ne suis pas dépendant d&amp;rsquo;une machine en particulier pour accéder à mon travail. Vous avez les mêmes avantages lorsque vous stockez toutes vos données sur le cloud, mais la carte SD est &lt;a href=&#34;&#34;&gt;l&amp;rsquo;option la plus durable&lt;/a&gt; et fonctionne sans accès à Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En théorie, je pourrais avoir jusqu&amp;rsquo;à deux pannes de disque dur en une journée et continuer à travailler comme si de rien n&amp;rsquo;était. Étant donné que j&amp;rsquo;utilise maintenant les deux ordinateurs portables en alternance - l&amp;rsquo;un avec batterie, l&amp;rsquo;autre sans - je peux également les laisser à deux endroits différents et me déplacer en vélo entre ces deux endroits, en transportant seulement la carte SD dans mon portefeuille. Je vous met au défi de faire pareil avec votre nouvel ordinateur portable dernier cri. Je peux également utiliser mes deux ordinateurs portables ensemble si j&amp;rsquo;ai besoin d&amp;rsquo;un écran supplémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En combinaison avec un disque dur, la carte SD augmente également les performances d&amp;rsquo;un vieil ordinateur portable et peut être une alternative à l&amp;rsquo;installation d&amp;rsquo;un disque SSD. Mon ordinateur de rechange n&amp;rsquo;en a pas et fonctionne au ralenti si je navigue sur des sites internet trop lourds. Cependant, grâce à la carte SD, ouvrir un plan ou un document se fait presque instantanément, tout comme le faire défiler ou l’enregistrer. La carte SD permet également au disque dur système de fonctionner correctement, car il est presque vide. Je ne sais pas à quel point il est facile d’utiliser une carte SD sur d&amp;rsquo;autres ordinateurs portables, en tout cas tous mes Thinkpad ont un lecteur SD.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-coûts&#34;&gt;Les coûts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Faisons un calcul complet des coûts, incluant les ordinateurs portables de rechange et la carte SD au prix d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, ceux-ci étant devenus beaucoup moins chers depuis que je les ai achetés :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;ThinkPad X60s : 50 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Ordinateur portable de rechange ThinkPad X60s : 60 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Ordinateur portable de rechange ThinkPad X60 : 75 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Deux piles de remplacement : 50 euro&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Disque SSD 240 Go : 30 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Carte SD 128 Go : 20 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Total : 285 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Même si vous achetez tout cela, ça ne vous coutera que 285 euros. Pour ce prix, vous pourrez peut-être acheter le nouvel ordinateur portable le plus bas de gamme du marché, mais il n’inclura pas deux machines de rechange. Si vous réussissez à travailler avec pendant dix ans, le coût total sera de
28,5 euros par an. Vous devrez peut-être remplacer quelques disques SSD et cartes SD, mais cela ne fera pas beaucoup de différence. Vous éviterez de plus les impacts écologiques dus au renouvellement d’un ordinateur portable tous les 5 à 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/spare-laptops-2-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: J’ai assez d’ordinateurs portables pour les quelques prochaines années.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: J’ai assez d’ordinateurs portables pour les quelques prochaines années. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;ne-poussez-pas-la-logique-trop-loin&#34;&gt;Ne poussez pas la logique trop loin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que j&amp;rsquo;aie utilisé mon Thinkpad X60s comme exemple, la même stratégie fonctionne avec d&amp;rsquo;autres modèles Thinkpad - [voici un aperçu de tous les modèles historiques] (&lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/ThinkPad_History&#34;&gt;http://www.thinkwiki.org/wiki/ThinkPad_History&lt;/a&gt;) - et les ordinateurs portables d&amp;rsquo;autres marques (que je ne connais pas). Si vous préférez ne pas acheter sur des sites d&amp;rsquo;enchères, vous pouvez vous rendre au magasin d’occasions le plus proche pour acheter un ordinateur portable de seconde main avec garantie. Il y a de fortes chances que vous n&amp;rsquo;ayez même pas besoin d&amp;rsquo;acheter quoi que ce soit, car beaucoup de gens ont de vieux ordinateurs portables qui traînent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n&amp;rsquo;est pas nécessaire de revenir à une machine de 2006. J&amp;rsquo;espère qu&amp;rsquo;il est clair que ce que je présente ici est une expérimentation, où j’ai essayé d’aller le plus loin que possible tout en gardant un minimum de praticité. Mon premier essai était un ThinkPad X30 d&amp;rsquo;occasion de 2002, mais c&amp;rsquo;était un poil trop extrême. Il utilise un type de chargeur différent, n&amp;rsquo;a pas de lecteur SD et je n&amp;rsquo;ai pas pu me connecter au Wi-Fi. Pour de nombreuses personnes, il peut être souhaitable de choisir un ordinateur portable un peu plus récent. Vous aurez alors une webcam et une architecture 64 bits, ce qui facilite les choses. Bien sûr, vous pouvez aussi essayer de me battre et retourner dans les années 1990, mais vous devrez alors vous passer d&amp;rsquo;USB et de Wi-Fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre choix d&amp;rsquo;ordinateur portable dépend aussi de ce que vous voulez en faire. Si vous l&amp;rsquo;utilisez principalement pour écrire, surfer sur le Web, communiquer et vous divertir, vous pouvez le faire pour aussi peu cher que moi. Si vous faites des travaux graphiques ou audiovisuels, c&amp;rsquo;est plus compliqué, car dans ce cas, vous utilisez probablement Apple. La même stratégie pourrait être appliquée sur un ordinateur portable un peu plus récent et plus cher, mais cela impliquerait de passer d&amp;rsquo;un O.S. Mac à un Linux. En ce qui concerne les applications bureautiques, Linux est clairement meilleur que ses alternatives commerciales. Par manque d&amp;rsquo;expérience, je ne sais pas si c’est aussi vrai pour d&amp;rsquo;autres logiciels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;ceci-est-un-hack-pas-un-nouveau-modèle-économique&#34;&gt;Ceci est un hack, pas un nouveau modèle économique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que le capitalisme puisse nous alimenter en ordinateurs usagés pour les décennies à venir, la stratégie décrite ici doit être vue comme un astuce et non comme un modèle économique. C&amp;rsquo;est une façon de limiter - ou de sortir – d’un système économique qui essaie de nous forcer, vous et moi, à consommer le plus possible. C&amp;rsquo;est une tentative pour casser ce système, sans être une solution en soi pour autant. Il nous faut changer de modèle économique pour pouvoir fabriquer tous les ordinateurs portables à l’image des Thinkpad pré-2011. Les ventes d&amp;rsquo;ordinateurs portables diminueraient en conséquence, mais c&amp;rsquo;est précisément ce qu’il nous faut. De plus, avec l’efficacité de calcul dont on dispose maintenant, la consommation d&amp;rsquo;énergie grise et de fonctionnement d&amp;rsquo;un ordinateur portable pourraient être considérablement réduites si on arrêtait la course vers toujours plus de fonctionnalités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mises à niveau matérielles et logicielles entraînent, de manière très significative, une obsolescence rapide des ordinateurs, la partie logicielle étant désormais prépondérante. Un ordinateur vieux de 15 ans possède tout le matériel dont vous pourriez avoir besoin, mais il n&amp;rsquo;est pas compatible avec les logiciels (commerciaux) les plus récents. C’est vrai pour les systèmes d&amp;rsquo;exploitation et les logiciels en tout genre, des jeux jusqu’aux applications bureautiques, en passant par les sites Web. Ainsi, dans l’optique de rendre plus durable l&amp;rsquo;utilisation d’ordinateurs, les fabriquants de logiciel devraient commencer par rendre leurs nouvelles versions plus légères et non pas plus lourdes. Plus le logiciel sera léger, plus nos ordinateurs portables dureront longtemps et moins on aura besoin d&amp;rsquo;énergie pour les fabriquer et les utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images: Jordi Manrique Corominas, Adriana Parra, Roel Roscam Abbing&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Deng, Liqiu, Callie W. Babbitt, and Eric D. Williams. &amp;ldquo;Economic-balance hybrid LCA extended with uncertainty analysis: case study of a laptop computer.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 19.11 (2011): 1198-1206. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652611000801&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652611000801&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;International Renewable Energy Agency (IRENA). &lt;a href=&#34;https://www.irena.org/solar&#34;&gt;https://www.irena.org/solar&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;André, Hampus, Maria Ljunggren Söderman, and Anders Nordelöf. &amp;ldquo;Resource and environmental impacts of using second-hand laptop computers: A case study of commercial reuse.&amp;rdquo; Waste Management 88 (2019): 268-279. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0956053X19301825&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0956053X19301825&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bihouix, Philippe. The Age of Low Tech: Towards a Technologically Sustainable Civilization. Policy Press, 2020. &lt;a href=&#34;https://bristoluniversitypress.co.uk/the-age-of-low-tech&#34;&gt;https://bristoluniversitypress.co.uk/the-age-of-low-tech&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kasulaitis, Barbara V., et al. &amp;ldquo;Evolving materials, attributes, and functionality in consumer electronics: Case study of laptop computers.&amp;rdquo; Resources, conservation and recycling 100 (2015): 1-10. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344915000683&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344915000683&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lenovo a repris l&amp;rsquo;activité PC d&amp;rsquo;IBM en 2005 et, à proprement parler, j&amp;rsquo;ai acheté un Lenovo Thinkpad X60s. Cependant, le matériel n&amp;rsquo;avait pas encore changé et l&amp;rsquo;ordinateur porte juste la nouvelle marque et le logo IBM. Mon ordinateur portable de rechange, un modèle presque identique de la même année (X60 au lieu de X60s), n&amp;rsquo;a aucune référence à Lenovo.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Pourquoi la révolution des machines à écrire est-elle nécessaire dans les bureaux?</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/</link>
      
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      <pubDate>Tue, 22 Nov 2016 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/olivetti-mechanical-typewriter_dithered.png&#34; alt=&#39;La machine à écrire mécanique Olivetti par Sottsass, 1969. Source : eBay.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 La machine à écrire mécanique Olivetti par Sottsass, 1969. Source : [eBay](http://www.ebay.es/itm/Machine-a-ecrire-design-OLYMPIA-style-valentine-Olivetti-Sottsass-Typewriter-/172160392996?hash=item28158f1f24:g:02oAAOSwZ8ZXBtNh).  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le matériel numérique est l’un des principaux moteurs derrière la &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/the-curse-of-the-modern-office/&#34;&gt;croissance rapide de la consommation d’énergie du travail de bureau&lt;/a&gt;. Pouvons-nous entièrement repenser le matériel de bureau en combinant les meilleurs outils mécaniques et numériques?&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-bureau-artisanal-antiquitéannées1870&#34;&gt;Le bureau artisanal (Antiquité — années 1870)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le travail de bureau fait partie intégrante de l’humanité depuis la naissance des organismes sociaux, économiques et politiques, de structures administratives de l’État et de l’échange économique opérationnel. Les premiers bureaux furent fondés à l’Antiquité en Égypte, à Rome, à Byzance ou encore en Chine. La période comprise entre ces premières civilisations et le début de la révolution industrielle a été marquée par la stabilité des formes institutionnelles et des moyens du travail de bureau. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tâches principales dans le travail de bureau comprennent la rédaction : recopier des lettres et documents, ajouter des colonnes de chiffres, calculer et envoyer des factures, et tenir à jour les dossiers de transactions financières. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les seuls outils étaient des stylos et des feuilles, ou plutôt des plumes (le stylo fut inventé dans les années 1850), et avant les années 1100, le monde occidental utilisait des pierres, de l’argile, du papyrus ou du parchemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conséquent, toute la rédaction et les duplications étaient faites à la main. Une personne devait recopier un document si elle avait besoin d’un autre exemplaire. Des fois, les lettres étaient recopiées deux fois : un exemplaire pour le dossier et un autre en cas de perte du premier. L’invention de l’imprimerie à la fin du Moyen Âge a permis aux scribes de ne plus recopier les livres, mais elle n’était pas adaptée à tous les types de documents. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/1906-accounting-department_dithered.png&#34; alt=&#39;Source: Early Office Museum&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Source: [Early Office Museum](http://www.officemuseum.com/photo_gallery_1900s_ii.htm) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La communication était principalement humaine. Les hommes préféraient utiliser leurs pieds que leurs mains : ils courraient pour apporter les nouvelles à leurs collègues, qu’elles soient écrites ou orales et peu importe l’endroit, que ce soit à l’intérieur du bâtiment, dans un autre pays ou sur un autre continent. Et enfin, tous les calculs se faisaient de tête, à l’aide de graphiques et tableaux mathématiques ou de simples outils comme le boulier (qui n’est pas une calculatrice, mais un moyen mnémotechnique similaire à poser un calcul).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-bureau-mécanisé-années1870années1950&#34;&gt;Le bureau mécanisé (années 1870 — années 1950)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant la révolution industrielle, les affaires s’opéraient principalement sur les marchés locaux et régionaux. Leurs opérations internes étaient contrôlées et coordonnées par communication informelle au moyen de bouche-à-oreille, sauf en cas de longues distances où des lettres étaient nécessaires. À partir des années 1840, à une époque où les améliorations dans la technologie de fabrication créaient de potentielles économies d’échelles, le développement des réseaux ferroviaires et télégraphiques en Amérique du Nord encouragea la croissance du monde des affaires auprès de marchés plus larges. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de communication informel et principalement oral s’est effondré pour faire place à un système de communication formel complexe et vaste. Il dépend fortement de documents écrits de différentes manières, non seulement dans les affaires, mais aussi au sein du gouvernement. &lt;sup id=&#34;fnref1:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Entre les années 1870 et 1920, la rédaction, la duplication et d’autres activités de bureau ont été mécanisées pour traiter ce flux d’informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance du matériel de bureau et de gestion systématique a été accompagnée de trois autres tendances. La première fut l’impressionnante hausse du nombre d’employés de bureau, principalement des femmes, qui exploitaient ces machines. La seconde fut l’augmentation du nombre de bâtiments appropriés, destinés à accueillir rapidement la hausse du nombre d’employés et de machines. La dernière fut une division du marché, reflétant l’évolution dans les usines. Au lieu d’effectuer plusieurs activités, les commis devinrent responsables de sous-activités bien précises comme la saisie, le classement ou la gestion du courrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article se concentre uniquement sur les machines de travail de bureau, et plus précisément, l’évolution de la consommation d’énergie. Tandis qu’il est impossible d’écrire une histoire complète sur le bureau sans prendre en compte le contexte économique et social, cette attention sur les machines révèle les problèmes importants qui n’ont pas été traités dans les récits historiques du travail de bureau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-machines-à-écrire&#34;&gt;Les machines à écrire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La machine à écrire est l’invention majeure de la révolution informatique du 19e siècle. Elle est apparue pour la première fois en 1874 et s’est répandue avant l’année 1900. (Ces dates correspondent aux États-Unis d’où est originaire le travail de bureau). La rédaction manuscrite est devenue obsolète après la création de la machine à écrire. La saisie uniformise l’apparence du texte et est environ cinq fois plus rapide que la rédaction. Cependant, l’influence de la machine à écrire est beaucoup plus importante que le simple fait d’écrire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/underwood-portable-typewriter_dithered.png&#34; alt=&#39;Machine à écrire portable Underwood, années 1930. Source: Typewriter Heaven&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Machine à écrire portable Underwood, années 1930. Source: [Typewriter Heaven](http://typewriterheaven.blogspot.com.es/p/underwood.html) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation combinée de la machine à écrire et du papier carbone, une invention du 19e siècle, est un autre gain de temps pour la duplication de textes. Ce papier fin recouvert d’une couche d’encre était placé entre des feuilles normales. Contrairement à une plume ou un stylo, la machine à écrire fournissait une pression suffisante pour taper un texte une seule fois et en produire jusqu’à 10 exemplaires. Elle est aussi compatible avec le duplicateur à stencil qui est apparu pour la première fois autour de la même époque et pouvait produire un grand nombre d’exemplaires. Si l’on considère l’importance de la rédaction et de la duplication, la machine à écrire fut révolutionnaire. &lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps que les commis consacraient à la rédaction et à la duplication resta le même, tandis que la production de documents papier augmenta considérablement. Au début du 20e siècle, il devint évident que les anciennes méthodes de stockage de documents (empilés dans des tiroirs ou accrochés sur des clous) était inadaptées face aux piles grandissantes de papiers. Le classeur vertical fut donc inventé et le stockage d’informations dans un espace donné a pu être beaucoup plus conséquent. &lt;sup id=&#34;fnref2:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-calculatrices-mécaniques&#34;&gt;Les calculatrices mécaniques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La machine à écrire a rapidement évoluée vers une gamme de machines à usage général et spécial, comme l’ont fait les ordinateurs cent ans après. Il y eut des sténotypes (augmentant encore plus la vitesse d’écriture), des machines à écrire sur livres (pour taper sur des livres reliés ouverts), des machines à écrire automatiques (pour taper des lettres contrôlées par une bande de papier perforée), &lt;a href=&#34;http://www.notechmagazine.com/2016/11/the-office-on-the-move-portable-pocket-typewriters.html&#34;&gt;des machines à écrire ultraportables et de poche&lt;/a&gt; (pour écrire des lettres courtes et des notes en dehors du bureau), des machines comptables (pour compter et écrire), et des téléimprimeurs (pouvant activer une autre machine à écrire à distance par le biais du réseau télégraphique). &lt;sup id=&#34;fnref3:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ces deux dernières seront plus détaillées par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;a href=&#34;&#34;&gt;machines à calculer&lt;/a&gt; mécaniques étaient aussi un outil essentiel dans le nouveau bureau mécanisé. « Pour les commis, les machines de mathématiques sont ce que la foreuse est à l’ouvrier de métro », cite un manuel de gestion de bureau de 1919. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les calculatrices mécaniques pouvaient additionner, soustraire et diviser par le mouvement de leurs pièces. Beaucoup de ces machines étaient composées d’un clavier du même style que celui de la machine à écrire, avec une colonne pour chaque chiffre (clavier complet). Les nombres étaient donc tapés plus rapidement qu’avec un outil plus compact de dix touches, très répandu dans les années 1950. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/calculating-machine_dithered.png&#34; alt=&#39;Calculatrice mécanique Monroe, modèle K-20, 1921. La Smithsonian Institution.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 [Calculatrice mécanique Monroe, modèle K-20](http://americanhistory.si.edu/collections/search/object/nmah_690557), 1921. La Smithsonian Institution.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les outils conçus spécialement pour les additions (et parfois les soustractions) étaient appelés des « machines à additionner ». Additionner de longues listes de nombres était fréquent pour beaucoup d’applications d’entreprise. En matière de mathématiques, peu de bureaux fonctionnaient de manière plus sophistiquée. Le comptometer fut la première machine à additionner utilisée quotidiennement pour le travail de bureau, il fut présenté pour la première fois en 1886. &lt;sup id=&#34;fnref4:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au début des années 1900, la machine à écrire et la machine à additionner ont été combinées en une seule machine, appelée parfois machine comptable, qui est devenue la machine de base dans le traitement des données financières.&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-téléimprimeurs&#34;&gt;Les téléimprimeurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’invention du télégraphe (années 1840) et du téléphone (années 1870) ont aussi eu un très grand impact sur le travail de bureau. La machine à écrire, en plus de son utilité dans le monde du travail et les bureaux du gouvernement, devint aussi un outil essentiel dans les bureaux de télégraphe. Au départ, le télégraphiste réceptionnait les messages entendus en code Morse transmis par le sondeur et les retranscrivait directement à la machine à écrire. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au début des années 1900, une machine à écrire spéciale, appelée « téléimprimeur » ou « télétype », fut conçue pour transmettre et recevoir des messages télégraphiques sans avoir besoin d’un opérateur entraîné au code Morse. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu’un télégraphiste tapait un message, le téléimprimeur envoyait des impulsions électriques au téléimprimeur au bout de la ligne, qui tapait automatiquement le même message. À partir des années 1920, les téléimprimeurs devinrent des outils communs dans les bureaux d’entreprises, organisations gouvernementales, banques et agences de presse. Ils étaient utilisés pour échanger des données sur des réseaux privés entre les différents départements d’une organisation et ainsi remplacer les messagers. &lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/telegraph-key_dithered.png&#34; alt=&#39;Nouveau manipulateur Morse pour les amateurs de radio. Source: Milestone Technologies.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Nouveau manipulateur Morse pour les amateurs de radio. Source: [Milestone Technologies](https://mtechnologies.com/ghd/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les commutateurs centraux, nés dans les années 1930, furent conçus pour qu’un abonné puisse communiquer par téléimprimeur avec n’importe quel autre abonné du service. Ce fonctionnement est similaire à celui du réseau téléphonique, à la différence d’envoyer des messages écrits. Ces commutateurs ont donné naissance au réseau mondial Télex, aujourd’hui disparu. Le Télex permettait d’envoyer des messages écrits de manière instantanée ou synchronisée, comme les chats ou e-mails d’aujourd’hui, ou encore comme les échanges de SMS sur le réseau téléphonique (les téléimprimeurs utilisaient parfois le réseau télégraphique sans fil). Le Télex était aussi utilisé pour diffuser l’actualité ainsi que d’autres informations reçues sur des téléimprimeurs. &lt;sup id=&#34;fnref2:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lempreinte-énergétique-du-bureau-mécanisé&#34;&gt;L’empreinte énergétique du bureau mécanisé&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le matériel de bureau apparu à la fin du 19e siècle fut utilisé jusqu’à la fin des années 1970 avant d’être remplacé par les ordinateurs. De nos jours, il est considéré comme obsolète, mais, en y regardant de plus près, la supériorité des outils informatiques d’aujourd’hui n’est pas si flagrante qu’on pourrait le penser. En effet, si l’on compare la consommation d’énergie de ces deux types d’outils, cette supériorité est remise en doute. Bien qu’elle propose des améliorations impressionnantes par rapport aux premières méthodes et les mêmes fonctions que la technologie numérique actuelle, la majorité des outils de bureau décrit ci-dessus ont fonctionné manuellement pendant des décennies. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première machine à écrire électromécanique à succès, la IBM Electromatic, fut présentée en 1935, mais la grande révélation fut seulement en 1961, grâce au succès des machines à boule IBM Selectric. Contrairement à la machine à écrire traditionnelle, cette machine fonctionne avec un élément de saisie interchangeable, surnommé la « balle de golf » qui se déplace le long de la feuille, sur les lettres que vous tapez. &lt;sup id=&#34;fnref1:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/international-switchboard_dithered.png&#34; alt=&#39;Un standard téléphonique international système Bell en 1943.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Un standard téléphonique international système Bell en 1943. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Même si des moteurs électriques étaient déjà utilisés sur des calculatrices mécaniques en 1901, les calculatrices électriques se sont fait connaître entre les années 1930 et 1950, selon les modèles. Les calculatrices Odhner restèrent manuelles jusqu’à leur disparition dans les années 1970. &lt;sup id=&#34;fnref2:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux machines à écrire et machines à calculer, l’électricité était la source du fonctionnement du téléphone et du télégraphe. Cependant, comparée à nos réseaux de communication actuels, la consommation d’énergie était très faible : jusqu’à la fin des années 1950, quasiment tous les routages et commutations des services téléphoniques et télégraphiques étaient effectués par des opérateurs humains qui branchaient des câbles dans des panneaux. &lt;sup id=&#34;fnref3:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-bureau-numérique-années1950aujourdhui&#34;&gt;Le bureau numérique (années 1950 — aujourd’hui)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec l’arrivée de l’ordinateur, toutes les activités de bureau devinrent électriques. L’ordinateur apparut dans les années 1950, mais ne fut pas utilisé régulièrement dans les bureaux avant le milieu des années 1980. La lecture, l’écriture, la duplication, le traitement des données, la communication et le stockage d’information sont devenus totalement dépendants de l’électricité.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-écrans-imprimantes-et-scanneurs&#34;&gt;Les écrans, imprimantes et scanneurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’ordinateur remplace les autres machines dans les bureaux comme les machines à calculer, les machines comptables, les téléimprimeurs et les classeurs verticaux. On pourrait presque dire que l’ordinateur &lt;em&gt;représente&lt;/em&gt; le bureau. Après tout, son interface est inspirée du travail de bureau : il a un « bureau », des « fichiers », des « dossiers » et une « corbeille ». &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, on peut y envoyer et recevoir des « courriers », passer des appels et organiser des réunions (virtuelles) en face à face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en y regardant de plus près, il est évident que l’arrivée des ordinateurs a influencé l’apparition du nouveau matériel de bureau qui, à l’instar de l’ordinateur, est essentiel au travail de bureau. Les outils les plus importants sont les imprimantes, scanneurs, écrans et nouveaux « ordinateurs » comme les serveurs de données, smartphones ou tablettes. L’électricité est nécessaire au fonctionnement de ces machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les écrans et serveurs de données ont été créés, car l’ordinateur présente une alternative à la dépense de papier : le format électronique. Contrairement à toutes les attentes, ce support n’a pas remplacé le format papier, entraînant ainsi la naissance des imprimantes et des scanneurs. Bien que les documents peuvent être lus, écrits, transmis, stockés et extraits au format numérique, ces deux formats peuvent être utilisés l’un avec l’autre selon les tâches demandées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dépit de l’ordinateur, et plus tard d’Internet, le papier demeure un outil phare de la vie de bureau. Une enquête de 2012 conclut que « la plupart des bureaux que nous avons visités étaient plus ou moins remplis de papiers ». &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’utilisation des ressources continue donc d’augmenter : en plus de la consommation d’électricité pour les outils numériques, nous devons aussi ajouter les ressources nécessaires à la création du papier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/paperless-office-not_dithered.png&#34; alt=&#39;L’ingénieur informatique, Bob Braden, à son bureau en 1996. Photo : Carl Malamud.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 L’ingénieur informatique, Bob Braden, à son bureau en 1996. Photo : Carl Malamud. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans leur livre &lt;em&gt;The Myth of the Paperless Office&lt;/em&gt;, publié en 2002, Abigail Sellen et Richard Harper enquêtent sur les motivations des employés de bureau, en particulier les groupes d’employés intellectuels, qui continuent d’utiliser du papier malgré les facilités d’accès aux nouvelles technologies. &lt;sup id=&#34;fnref1:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils commentent le fait que leur réticence à changer n’est pas uniquement une question de résistance irrationnelle : « Ces individus utilisent du papier à certaines étapes de leur travail, car la technologie qui leur est proposée ne répond pas à tous leurs besoins. » Évidemment, les documents numériques sont plus avantageux que les documents papier. Cependant, les documents papier ont aussi des avantages uniques qui sont trop souvent ignorés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, il a été démontré que les employés de bureau accumulent toutes sortes d’agencements papiers sur, ou près de, leurs bureaux, leur rappelant les différents problèmes ou les préparant aux différentes tâches. Les ordinateurs ne reproduisent pas cette accumulation physique. L’échange d’informations, par exemple dans les réunions, est une autre pratique commune dans les bureaux où le papier est utilisé.   Les actions nécessitant du papier sont, à un large niveau, visibles par les collègues, facilitant ainsi l’interaction sociale. En comparaison, lorsqu’on utilise un ordinateur portable, il est impossible de savoir ce que regardent les personnes présentes dans une réunion. &lt;sup id=&#34;fnref2:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;bienvenue-dans-le-monde-des-bureaux-sans-papier&#34;&gt;Bienvenue dans le monde des bureaux « sans papier »&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il ne faut pas oublier que le papier est le support préféré pour la lecture de documents. Les activités les plus importantes du travail intellectuel moderne telles que naviguer rapidement et facilement dans et entre les documents, étudier plusieurs documents simultanément et pouvoir les annoter s’avère plus aisé avec des documents papier. &lt;sup id=&#34;fnref3:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les documents électroniques proposent des moyens d’annotations, ce n’est jamais aussi simple qu’avec un papier et un crayon. De même, naviguer sur des documents numériques peut-être lent et frustrant. Il faut se détacher d’une activité en cours, car cette navigation repose sur un affichage limité et une saisie à une main. Lors de la création d’un document, l’ouverture de plusieurs fenêtres sur un ordinateur ne fonctionne pas pour faire des renvois à d’autres documents, à cause de la lenteur de navigation entre les documents et de l’espace restreint sur l’écran. &lt;sup id=&#34;fnref4:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/paperless-office_dithered.png&#34; alt=&#39;Les Bureaux « Sans Papier ». www.Multi-Monitors.com.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Les Bureaux « Sans Papier ». www.Multi-Monitors.com. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation de plusieurs écrans d’ordinateur (et l’utilisation simultanée de plusieurs ordinateurs) est un moyen de faire face aux limites intrinsèques des supports numériques et de créer une ressemblance avec du papier. Avec plusieurs écrans, il est possible de naviguer entre plusieurs documents pour lire ou écrire. Des recherches ont démontré que travailler avec plusieurs écrans améliore la productivité chez les employés de bureau. Ce résultat reflète les arguments de Sellen et Harpers sur l’importance du papier. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation de plusieurs écrans est de plus en plus fréquente dans les espaces de travail et l’augmentation de l’espace d’affichage n’est pas limitée à deux écrans par employé de bureau. &lt;sup id=&#34;fnref1:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Des gammes intégrales de douze écrans individuels sont vendues au prix de 2 767 €. &lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une des dernières nouveautés est l’écran portable USB. Ces écrans sont prévus pour les employés qui voyagent, mais sont tout aussi pratiques dans les bureaux. Ils ont leur propre gamme de matériel dédié, il n’est donc pas nécessaire de mettre tout le travail d’un autre écran dans l’ordinateur, et il est possible de connecter jusqu’à cinq écrans portables sur un ordinateur. &lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Des claviers tactiles multipoints, déjà disponibles à la vente, pourraient résoudre le problème des annotations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lempreinte-énergétique-du-bureau-numérique&#34;&gt;L’empreinte énergétique du bureau numérique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le problème des écrans multiples est qu’ils augmentent énormément la consommation d’énergie. Ajouter un second écran à un ordinateur double la consommation d’électricité, en ajouter cinq la triple. Utiliser une gamme de 12 écrans sur un ordinateur adapté consomme plus de 1 000 watts. Si la consommation de papier peut être réduite avec l’utilisation des écrans d’ordinateur, les ressources de papier consommées seront compensées par une utilisation plus importante des outils numériques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation similaire est arrivée avec le stockage d’informations et la communication. Le stockage numérique réduit l’utilisation de papier, l’espace de stockage et le transfert. Pour rendre ces informations numériques facilement accessibles, les serveurs de données (les classeurs verticaux de l’ère numérique) doivent consommer de l’énergie 24h/24. L’ordinateur augmente la production de documents de la même façon que la machine à écrire fonctionne avec le papier carbone. Depuis l’arrivée d’Internet, les gens ont accès plus facilement aux informations, ce qui augmente les documents numériques et papier. Tous les outils numériques, imprimantes et photocopieurs abordables, rapides et de bonne qualité, encouragent la reproduction de documents papier. &lt;sup id=&#34;fnref5:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/more-screens_dithered.png&#34; alt=&#39;Beaucoup d’écrans. Live Wall Media&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Beaucoup d’écrans. [Live Wall Media](www.livewallmedia.com/products/video-walls/) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’ordinateur augmente la consommation d’énergie de différentes façons. Tout d’abord, la technologie numérique entraîne un surplus d’énergie pour la climatisation, première énergie consommée dans les bureaux. Une enquête de 2011 rapporte le calcul de la consommation d’énergie dans deux scénarios potentiels et conclut que si l’utilisation de technologies numériques au bureau continue d’augmenter, il serait impossible de concevoir un bureau pouvant rester frais sans climatisation. &lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans le scénario d’une explosion technologique, tous les employés de bureau auraient deux écrans d’ordinateurs de 24’’, un clavier tactile de 27’’ et une tablette. Dans le scénario extrême, un mur médiatisé pour 20 employés serait installé dans la salle de pause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la consommation d’énergie dédiée au fonctionnement et à le climatisation, la consommation d’énergie relative à la phase de fabrication est également plus élevée. L’énergie utilisée pour la fabrication d’une machine à écrire était répartie sur plusieurs décennies d’utilisation. D’un autre côté &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/06/the-monster-footprint-of-digital-technology/&#34;&gt;l’énergie nécessaire à la fabrication d’un ordinateur&lt;/a&gt; est un coût régulier, car ils doivent être remplacés environ tous les trois ans. Internet, qui a submergé les infrastructures téléphoniques et télégraphiques, est &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/&#34;&gt;devenu un autre secteur exigeant une forte demande d’énergie&lt;/a&gt;. Le réseau, qui s’occupe du fonctionnement et des échanges d’informations numériques, consomme presque autant d’énergie que les ordinateurs à utilisation finale connectés à Internet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-bureau-du-futur-à-basse-énergie&#34;&gt;Le bureau du futur à basse énergie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La machine à écrire était aussi révolutionnaire dans les années 1900 que l’ordinateur aujourd’hui. Ces deux outils ont transformé l’environnement de travail. Cependant, si l’on considère la consommation d’énergie, la différence évidente est que la seconde révolution de l’information a engendrée des coûts beaucoup plus élevés en matière d’énergie. Peut-être que nous devrions regarder de plus près le matériel pré-numérique de bureau et ainsi voir ce qu’on peut en tirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des dix dernières années, la machine à écrire eut une incroyable renaissance grâce aux artistes et écrivains, une tendance qui fut récemment reportée dans &lt;em&gt;The Typewriter Revolution: A typist Companion for the 21st Century&lt;/em&gt; (2015). &lt;sup id=&#34;fnref1:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Tout comme le papier, la machine à écrire possède des avantages uniques. Évidemment, une machine à écrire manuelle n’a pas besoin d’électricité pour fonctionner. Si elle a été fabriquée avant les années 1960, elle a été fabriquée pour durer plus longtemps que la vie d’un être humain. Une machine à écrire ne possède pas de système d’exploitation et ne sera donc jamais obsolète, de plus, elle peut être réparée facilement avec des outils basiques. Si on compare les entrées d’énergie avec de simples mesures adéquates, elle obtient un meilleur score que l’ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi des avantages pratiques :  une machine à écrire est toujours prête à être utilisée,  elle n’a pas besoin d’antivirus ou de mise à jour de logiciels,  elle ne peut pas être piratée ou espionnée  et c’est une machine avec un seul objectif qui force son utilisateur à se concentrer sur ce qu’il écrit (ce qui explique son succès chez les écrivains et les poètes). Il n’y a pas d’e-mails, alertes, messages, moteurs de recherche et publicités internet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/typewriter-manifesto_dithered.png&#34; alt=&#39;The Typewriter Manifesto. Source : The Typewriter Revolution [^14]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 The Typewriter Manifesto. Source : The Typewriter Revolution [^14] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les employés de bureau et les employés intellectuels en particulier, une machine à écrire peut être aussi utile qu’elle l’est pour un poète. Les ordinateurs ont amélioré la productivité, mais aujourd’hui ils sont « connectés à l’invention la plus distrayante jamais créée » : Internet. &lt;sup id=&#34;fnref2:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Des études démontrent que les activités du web font partie des distractions causant un retard dans la productivité des employés de bureau. &lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De nombreuses applications en ligne sont spécialement conçues pour créer une dépendance. &lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une machine à écrire force les gens à écrire différemment, en combattant les distractions dans la rédaction elle-même. Il n’y a pas de touche permettant d’effacer ni de fonction pour copier-coller. Avec l’ordinateur, l’édition est « devenue une partie de la rédaction dès le début, rendant l’écrivain anxieux de toutes ses décisions ». &lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De l’autre côté, la machine à écrire force l’écrivain à penser ses phrases avant de les écrire et de continuer au lieu de revenir en arrière et de les réécrire. &lt;sup id=&#34;fnref3:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-bureau-à-retour-dans-le-temps-durable&#34;&gt;Le bureau à « retour dans le temps » durable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment ramener la machine à écrire, et autre matériel pré-numérique, dans le bureau moderne ? Il existe trois stratégies. La plus radicale est de remplacer tous les outils numériques par des outils mécaniques et remplacer tous les serveurs de données par des feuilles stockées dans des classeurs verticaux. En d’autres mots : remonter le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation d’énergie serait réduite et cette option est sûrement la plus prometteuse. Malgré tous leurs avantages, sans électricité, les ordinateurs n’ont aucune utilité. Néanmoins, cette stratégie n’est pas optimale, car nous perdrions tous les avantages qu’un ordinateur peut offrir. « L’ennemi n’est pas l’ordinateur en soi, c’est toute la mentalité informatique qui l’entoure », écrit Richard Polt dans &lt;em&gt;The Typewriter Revolution.&lt;/em&gt; &lt;sup id=&#34;fnref4:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/royal-typewriter_dithered.png&#34; alt=&#39;Royal Quiet DeLuxe, 1953. Machines of Loving Grace&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Royal Quiet DeLuxe, 1953. [Machines of Loving Grace](http://machinesoflovinggrace.com/royals.htm) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre stratégie est d’utiliser les outils mécaniques de bureau en parallèle des outils numériques. L’utilisation des deux types de technologie réduirait la consommation d’énergie. La machine à écrire peut être utilisée pour écrire et l’écran d’ordinateur pour lire, ce qui économise un écran et une imprimante. Une machine à écrire peut aussi être utilisée avec une tablette à basse consommation au lieu d’un ordinateur portable ou d’un PC, car, dans cette optique, le clavier n’est pas nécessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois terminé, ou prêt pour la dernière édition au format numérique, un texte écrit à la machine à écrire peut être numérisé dans un ordinateur. Il peut être scanné et enregistré en tant qu’image ou converti au format numérique par un logiciel de reconnaissance optique de caractères (OCR). Ce processus implique l’utilisation d’un scanneur ou d’un appareil photo numérique. Cependant, ces outils consomment moins d’énergie qu’une imprimante, un second écran ou un ordinateur portable. En relançant la machine à écrire dans le bureau numérique, l’utilisation de l’ordinateur pourrait être réduite au fur et à mesure et la « nécessité » d’un deuxième écran disparaîtrait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-bureau-durable-low-tech&#34;&gt;Le bureau durable low-tech&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La troisième stratégie est de repenser le matériel de bureau en combinant les meilleurs outils mécaniques et numériques. Cette stratégie serait la plus intelligente, car elle offre une longue durabilité et une haute résistance tout en gardant au maximum les réussites du numérique. Un tel bureau low-tech demande une révision du matériel de bureau et peut être combiné avec un &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/how-to-build-a-low-tech-internet/&#34;&gt;internet low-tech&lt;/a&gt; et une &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/05/how-to-get-your-apartment-off-the-grid/&#34;&gt;infrastructure électrique&lt;/a&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-machines-à-écrire-électroniques&#34;&gt;Les machines à écrire électroniques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la rédaction low-tech, quelques outils sont disponibles. Un bon exemple est la Freewrite, une machine qui est apparue sur le marché plus tôt cette année après une campagne de crowdfunding réussie. &lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Comme la machine à écrire, cette machine est sans distraction, car elle est seulement utilisée pour écrire et est toujours prête à l’emploi. Cependant, contrairement à la machine à écrire, elle a un écran électronique de 5’’, peut stocker un million de pages et offre une connexion Wifi pour effectuer des sauvegardes sur le cloud. Les fichiers sont sauvegardés dans un format de texte brut pour assurer une fiabilité maximale, un fichier de taille minimale et un soutien de plus longue durée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La touche Retour Arrière est le seul moyen de naviguer dans le texte à travers le petit écran qui n’affiche que dix lignes. Les étapes de rédaction et d’édition ont été séparé pour inciter l’écrivain à continuer. Pour l’édition et l’impression, le texte est transféré dans un ordinateur grâce à la connexion Wifi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/freewrite_dithered.png&#34; alt=&#39;La Freewrite.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 La Freewrite. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’outil est conçu pour avoir « plus de 4 semaines d’autonomie avec un usage normal », ce qui est défini comme une utilisation d’une demi-heure par jour avec le Wifi désactivé. C’est un moyen étrange pour indiquer que l’outil a une autonomie de 14 h par charge. Lorsque j’ai demandé aux fabricants quelle énergie était nécessaire, ils m’ont répondu qu’ils ne « communiquent pas ce genre d’information ». Cependant, une autonomie de 14 h est déjà triple par rapport à l’autonomie moyenne d’un ordinateur portable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;loutil-de-traitement-de-texte&#34;&gt;L’outil de traitement de texte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un autre type de machine à écrire numérique est l’outil de traitement de texte. Avant que le traitement de texte devienne un logiciel sur un ordinateur dans les années 1980, c’était un outil autonome. Tout comme une machine à écrire, l’outil de traitement de texte est utilisé pour rédiger, mais aussi pour éditer un texte avant de l’imprimer. Bien que les outils de traitement de texte fonctionnent comme les ordinateurs, ils ne sont pas programmables et n’ont qu’une seule utilité. &lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus gros avantage d’un outil de traitement de texte est que la rédaction et l’édition peuvent se faire sur la même machine. Une machine à écrire ou une machine comme Freewrite demande une autre machine pour l’édition (sauf si vous écrivez plusieurs versions du même texte). L’outil de traitement de texte a disparu virtuellement quand l’ordinateur est apparu. Une exception est &lt;em&gt;AlphaSmart&lt;/em&gt;, qui fut produit de 1992 à 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette machine portable persiste et est toujours très commercialisée sur Internet. Elle a développé un mouvement, en particulier chez les écrivains. L’AlphaSmart a été conçu comme un ordinateur abordable pour les écoles, mais son prix bas ne fut pas son seul charme. Cette machine correspondait à un outil dont pourrait avoir besoin les enfants pour se concentrer sur la rédaction et non l’édition ou le formatage de texte. Bien qu’elle possède toutes les capacités d’édition, son petit écran (affichant 6 lignes dans le dernier modèle) incite à écrire plutôt qu’éditer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/alphasmart_dithered.png&#34; alt=&#39;L’Alphasmart.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 L’Alphasmart. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’AlphaSmart est notamment connue pour son efficacité énergétique, car elle consomme aussi peu d’électricité qu’une calculatrice électronique. Le dernier modèle a une autonomie de 700 heures avec juste trois piles AA, ce qui équivaut à une consommation de 0,01 watt. Cette machine a un clavier complet, mais un écran de la taille de celui d’une calculatrice, qui requiert peu d’électricité. Elle a une mémoire limitée et se met en veille entre les frappes. L’AlphaSmart peut être connectée directement à une imprimante par câble USB, surpassant ainsi un ordinateur si l’objectif est de produire un document papier. Le transfert de texte à l’ordinateur pour un envoi numérique, stockage ou un complément d’édition se fait aussi par câble. &lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une version high-tech plus récente de la machine est sortie en 2002: l’AlphaSmart Dana. Elle fut équipée du Wifi afin de pouvoir transmettre des documents, a 40 fois plus de mémoire que ces prédécesseurs et a un écran tactile. Le résultat fut que l’autonomie de la batterie chuta à 25 heures, montrant ainsi la vitesse à laquelle la consommation d’énergie des technologies numériques peut monter en flèche, même si cette machine ne consomme que 0,14 watt d’énergie, soit 100 fois moins qu’un ordinateur normal. &lt;sup id=&#34;fnref1:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Évidemment, le bureau low-tech ne bannit pas l’ordinateur, cet outil capable de tout faire. Une petite tablette et un clavier sans fil peuvent fonctionner pour seulement 3W d’électricité et la plupart des capacités d’un ordinateur portable (y compris les distractions). L’ordinateur Raspberry Pi est une alternative à l’utilisation de la tablette, combinée avec un écran portable USB. Selon les modèles, le Raspberry Pi consomme de 0,5 à 2,5 watts, avec un supplément de 6 ou 7 watts pour l’écran. Un Pi peut être utilisé comme un ordinateur avec accès à Internet, mais il est aussi très adapté au traitement de texte sans distraction et sans accès à Internet. De telles machines peuvent être alimentées par des systèmes solaires de petite taille pour s’adapter au coin d’un coin de bureau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-imprimantes-matricielles&#34;&gt;Les imprimantes matricielles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;À moins de relancer les machines à écrire, les bureaux ont aussi besoin d’un moyen d’impression durable. Depuis les années 1980, la plupart des impressions dans les bureaux se faisaient par imprimante laser. Ces machines consommaient énormément d’énergie. Même en prenant en compte leur rapidité d’impression, une imprimante laser consomme 10 à 20 fois plus d’électricité qu’une imprimante à jet d’encre. &lt;sup id=&#34;fnref:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Malheureusement, les imprimantes à jet d’encre sont beaucoup plus coûteuses, car les fabricants tirent profit de la vente de cartouches d’encre hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’à l’arrivée des imprimantes laser, toutes les impressions dans les bureaux se faisaient par imprimantes matricielles. Leurs consommations d’énergie et rapidité d’impression sont comparables à celles des imprimantes à jet d’encre, mais elles sont beaucoup plus abordables. Il s’agit en fait de la technologie d’impression la moins chère. Tout comme la machine à écrire, l’imprimante matricielle utilise un ruban encreur. Ces rubans sont vendus comme des produits de base et ne coûtent quasiment rien. Contrairement à la machine à écrire, les caractères individuels d’une imprimante matricielle sont composés de petits points.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/why-the-office-needs-a-typewriter-revolution/images/dithers/dot-matrix-printer_dithered.png&#34; alt=&#39;Une imprimante matricielle.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Une imprimante matricielle. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les imprimantes matricielles sont toujours en vente sur le marché pour les applications qui nécessitent des coûts d’impression importants. Bien qu’elles ne soient pas adaptées pour les impressions en couleurs ou les impressions d’images, elles sont parfaites pour les textes. Elles sont parfois placées sous des capots d’insonorisation, car elles font beaucoup de bruit. Il n’existe pas d’alternative low-tech pratique pour le photocopieur qui est apparu dans les années 1950. Cependant, puisqu’un photocopieur est un mix entre un scanneur et une imprimante laser, la duplication de documents papier pouvait être effectuée en combinant un ordinateur avec un scanneur et une imprimante matricielle ou à jet d’encre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La société de l’information promet de dématérialiser la société et de la rendre plus durable, mais le bureau moderne et le travail intellectuel sont aujourd’hui des activités qui &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/11/the-curse-of-the-modern-office/&#34;&gt;consomment énormément d’énergie et autres ressources&lt;/a&gt;à un rythme de plus en plus rapide. Choisir du matériel de bureau low-tech serait un bon début pour résoudre ce problème. Une telle stratégie est particulièrement significative dans la mesure où l’énergie consommée est beaucoup plus importante que la consommation habituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kris De Decker&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Merci à Elizabeth Shove, qui m’a donné les références dont j’avais besoin, à Karolien Buurman et Thomas Op de Beeck qui m’ont fait redécouvrir l’imprimante matricielle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Evolution of the office building in the course of the 20th century: Towards an intelligent building, Elzbieta Niezabitowska &amp;amp; Dorota Winnicka-Jaskowska, in Intelligent Buildings International, 3:4, 238-249, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Economy and Society, Max Weber, 1922.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Woman&amp;rsquo;s place is at the typewriter, Margery W. Davies, 1982. Quoted by the Early Office Museum&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Machines in the Office, Rodney Dale and Rebecca Weaver, 1993.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Control through Communication: The Rise of System in American Management (Studies in Industry and Society), JoAnne Yates, 1989&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Early Office Museum, website.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Myth of the Paperless Office (MIT Press), Abigail Sellen and Richard Harper, 2003.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Office Management, Geoffrey S. Childs, Edwin J. Clapp, Bernard Lichtenberg, 1919.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Calculating Machines, Adding Machines. Smithsonian National Museum of American History&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Innovation Junctions: Office Technologies in the Netherlands, 1880-1980, Onno de Wit, Jan van den Ende, Johan Schot and Ellen van Oost, in Technology and Culture, Vol. 43, No. 1 (Jan., 2002), pp. 50-72&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Myth of the Paperless Office (MIT Press), Anton A. Huurdeman, 2003.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Teleprinter, Encyclopedia Britannica.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Personne ne semble avoir étudié la consommation d’énergie du matériel du bureau prénumérique donc la source de cette information est une recherche en ligne dans les bases de données d’eBay, de la Smithsonian Institution et du Early Office Museum, ainsi que quelques informations de sources secondaires. Par exemple, une enquête de 1949 sur le matériel utilisé dans les cours sur les machines de bureau dans les lycées dans l’État du Massachussetts démontre que la majorité des machines à écrire, calculatrices, machines à additionner, duplicateurs et machines à adresser fonctionnaient manuellement, bien que la plupart de ces machines dataient de moins de 10 ans.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Typewriter Revolution: A Typist&amp;rsquo;s Companion for the 21st Century, Richard Polt, 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gift of Fire, A Social, Legal, and Ethical Issues in Computing, Sara Baase, 1997&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;How the computer changed the office forever, BBC News, August 2013.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Mundane Materials at Work: Paper in Practice, Sari Yli-Kauhaluoma, Mika Pantzar and Sammy Toyoki, Third International Symposium on Process Organization Studies, Corfu, Greece, 16-18 June, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Productivity and multi-screen computer displays (PDF), Janet Colvin, Nancy Tobler, James A. Anderson, Rocky Mountain Communication Review, Volume 2:1, Summer 2004, Pages 31-53.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;Evaluating user expectations for widescreen content layout, Joseph H. Goldberg and Jonathan Helfman, Oracle, 2007&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Are two monitors better than one?, J.W: Owens, J. Teves, B. Nguyen, A. Smith, M.C. Phelps, Software Usability Research Laboratory, August 2012&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Are two better than one? A comparison between single and dual monitor work stations in productivity and user&amp;rsquo;s windows management style. Chen Ling, Alex Stegman, Chintan Barhbaya, Randa Shehab, International Journal of Human-Computer Interaction, September 2016&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;http://www.multi-monitors.com/Twelve_Monitor_Display_Arrays_s/53748.htm&#34;&gt;http://www.multi-monitors.com/Twelve_Monitor_Display_Arrays_s/53748.htm&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;The best USB-powered portable monitors, Nerd Techy, 2016&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Trends in office internal gains and the impact on space heating and cooling, James Johnston et. al, CIBSE Technical Symposium, September 2011&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Employees waste 759 hours each year due to workplace distractions, The Telegraph, June 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;Internet Addiction: A New Clinical Phenomenon and Its Consequences, Kimberly S. Young, American Behavioral Scientist, Vol. 48 No.4, December 2004.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Binge Breaker, The Atlantic, November 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;The future of writing looks like the past, Ian Bogost, The Atlantic, May 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Freewrite, website.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Word Processing (History of), Encyclopedia of Library and Information Science, Vol. 49, pp. 268-78, 1992.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;A brief history of word processing (through 1986), Brian Kunde.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;AlphaSmart: a history of one of Ed-Tech&amp;rsquo;s Favorite (Drop-Kickable) Writing tools, Audrey Watters, Hackeducation, July 2015.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:33&#34;&gt;
&lt;p&gt;AlphaSmart: Providing a Smart Solution for one Classroom-Computing &amp;ldquo;Job&amp;rdquo;, James Sloan, Inno Sight Institute, April 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:34&#34;&gt;
&lt;p&gt;Zeven instap zwart-wit laserprinters vergelijktest, Hardware.info, December 2014. Les données ont été corrigées pour la rapidité d’impression de l’imprimante laser.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Pourquoi nous devons limiter la vitesse d’Internet</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/</link>
      
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      <pubDate>Mon, 19 Oct 2015 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/speed-limit-internet_dithered.png&#34; alt=&#39;Always online. Image: Matthew G. CC.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Always online. Image: [Matthew G](https://www.flickr.com/photos/streetmatt/15851429459/in/photolist-q9JHHV-bbhfj6-rdPrYE-6WpyLA-o1mSAi-cpUaqS-qMF7Tg-9ZQbb7-a39Vsb-6YkxLV-fo9Ypi-oTnmy1-rLqXQN-qR4WTF-brYcsr-bqwSte-bovvp6-nQb1F3-sgeU47-q8kWtT-o2KH4K-egpyFd-nxnfi7-jEGTiA-oUqbHS-o3nsh1-7ucC4b-ocdn19-bjVuP8-aZWVDe-aEnBFo-ag9bN2-abXLNk-xxQdLQ-o7cdiK-ykyzCN-xFa6v3-yBdNK5-ykzQsy-ykyzAd-ykzQjN-xFinza-yBdNp5-yCbzgx-yBdNiU-ykzQ85-ykyzh7-yBdNas-cGWeGY-n3vF2V). CC. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En termes d’économie d’énergie, les progrès réalisés au niveau des infrastructures et des appareils utilisés pour naviguer sur Internet offrent une image de durabilité à beaucoup d’activités en ligne comparées à leur contrepartie hors ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est d’Internet en lui-même, cependant, une meilleure efficacité énergétique a l’effet inverse : plus le réseau optimise sa consommation d’énergie, plus l’énergie totale utilisée augmente. La seule façon de freiner cette augmentation serait de limiter notre consommation du numérique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limiter la demande est une stratégie que nous utilisons déjà. Encourager les populations à manger moins de viande ou à baisser le thermostat de leur chauffage en sont des exemples. Dans le domaine de l’internet néanmoins, cette stratégie reste controversée, en partie en raison du fait que peu de gens comprennent le lien entre données et énergie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;quelle-est-la-quantité-dénergie-consommée-par-internet-&#34;&gt;Quelle est la quantité d’énergie consommée par Internet ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la quantité d’énergie consommée par Internet ? En raison de la complexité du réseau et de sa constante évolution, personne ne le sait vraiment. Les estimations de la quantité totale d’électricité consommée par Internet varient d’un ordre de grandeur selon les sources. Cette différence peut s’expliquer dans un premier temps par le fait que beaucoup de chercheurs ne s’intéressent qu’à une seule partie de l’infrastructure qui constitue Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, au cours de ces dernières années, ceux-ci se sont principalement penchés sur la consommation d’énergie des data centers, lieu abritant les ordinateurs (serveurs) chargés de stocker toute l’information disponible en ligne. Cependant, en comparaison, les appareils des utilisateurs (ordinateurs et smartphones), les infrastructures du réseau (qui transmettent l’information entre les serveurs et les utilisateurs) et la &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/06/the-monster-footprint-of-digital-technology/&#34;&gt;fabrication des serveurs, appareils utilisateurs et réseau consomment, pris ensemble, plus d’énergie&lt;/a&gt;.&lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre explication à cette différence est le temps. Internet évolue si vite que les résultats concernant sa consommation d’énergie ne sont valables que pour l’année à l’étude. Enfin, comme c’est le cas pour toute étude scientifique, les modèles, méthodes et hypothèses utilisés pour les calculs varient d’un chercheur à l’autre et sont parfois biaisés par des croyances ou des conflits d’intérêts. Par exemple, il ne serait pas surprenant qu’une étude sur la consommation d’énergie d’Internet réalisée par le American Coalition for Clean Coal Electricity (groupe d’influence pour l’utilisation du charbon comme source d’énergie) trouve un chiffre beaucoup plus important qu’une entité appartenant au domaine de l’information et des communications. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;huit-milliards-de-pédaleurs-pour-alimenter-internet&#34;&gt;Huit milliards de pédaleurs pour alimenter Internet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En gardant ces informations à l’esprit, nous avons sélectionné le rapport qui semble être le plus à jour, complet et honnête concernant l’impact environnemental d’Internet. Celui-ci conclut que le réseau de communication global a consommé 1 815 TWh d’électricité en 2012, &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ce qui représente 8 % de la production totale d’énergie pour cette même année (22 740 TWh). &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous essayions de fournir cette même quantité d’énergie avec des &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/03/how-to-build-a-practical-household-bike-generator/&#34;&gt;générateurs à pédales&lt;/a&gt;, chacun produisant 70 watt, il faudrait que 8,2 milliards de personnes, réparties en trois équipes, pédalent huit heures par jour chaque jour de l’année. (L’électricité consommée par les appareils utilisateurs est incluse dans ces calculs. Les pédaleurs pourraient donc utiliser leurs smartphones et ordinateurs portables pendant qu’ils pédalent). L’énergie solaire et éolienne n’est pas vraiment une option non plus. Il faudrait en effet multiplier par trois la quantité d’énergie fournie par tous les panneaux solaires et les éoliennes du monde pour produire les 1 815 TWh consommés en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/can-internet-run-on-renewable-energy_dithered.png&#34; alt=&#39;L’Internet d’aujourd’hui ne peut pas être alimenté par les énergies renouvelables. Image : Wikipedia Commons.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 L’Internet d’aujourd’hui ne peut pas être alimenté par les énergies renouvelables. Image : [Wikipedia Commons](https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Wind_turbines_in_Germany#/media/File:20090109_xl_wiki_m_podszun-D50-0280.JPG). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs de ce rapport estiment que d’ici 2017, la consommation d’énergie d’Internet aura atteint entre 2 547 TWh (chiffres attendus) et 3 422 TWh (pire scénario envisagé). Si le pire scénario devient réalité, alors cette consommation aura presque doublé en l’espace de 5 ans. Il est à noter que l’amélioration future de l’efficacité énergétique est déjà prise en compte dans ces résultats. Dans le cas où celle-ci ne se produirait pas, la consommation d’énergie doublerait tous les deux ans, tout comme le trafic Internet.&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;augmentation-de-la-consommation-dénergie-par-utilisateur&#34;&gt;Augmentation de la consommation d’énergie par utilisateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’augmentation de la consommation énergétique du numérique n’est pas tellement due au nombre croissant d’utilisateurs, mais plutôt à la consommation d’énergie par utilisateur qui ne cesse de croître. En effet, l’activité sur le réseau grimpe beaucoup plus vite que le nombre d’utilisateurs (45 % contre 6-7 % chaque année).&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Il y a deux raisons à cela : une évolution vers des systèmes portables avec accès Internet sans fil et une augmentation de la vitesse de transfert des données, principalement causée par le développement de la télé via Internet et du streaming de vidéos.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’augmentation de la consommation énergétique du numérique n’est pas tellement due au nombre croissant d’utilisateurs, mais plutôt à la consommation par utilisateur qui ne cesse de croître.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces dernières années, l’ordinateur fixe a laissé place à l’ordinateur portable, la tablette et au smartphone , ce dernier a déjà conquis 84 % de la population des pays riches et semble en bonne voix pour conquérir le reste très prochainement. &lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ces appareils portables consomment moins d’électricité qu’un ordinateur fixe, tant pendant l’utilisation que la fabrication et jouissent donc d’une bonne image, respectueuse de l’environnement. Cependant, ils présentent des inconvénients qui contrebalancent largement cet avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, les smartphones transfèrent une grande partie de leur centre de calculs (très gourmand en énergie) de l’appareil vers les data centers. En effet, l’utilisation des smartphones s’est accompagnée d’un essor rapide des services de cloud pour que les utilisateurs puissent pallier aux limitations en mémoire et en puissance des téléphones. &lt;sup id=&#34;fnref2:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ainsi, pour chaque requête, les données doivent d’abord être envoyées de l’appareil de l’utilisateur au data center pour être traitées et renvoyées vers l’appareil pour afficher le résultat. En conséquence, l’énergie utilisée par le réseau augmente également.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;internet-sans-fil-haut-débit&#34;&gt;Internet sans fil haut débit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le transfert des opérations de l’appareil de l’utilisateur au data center peut s’avérer efficace pour réduire la consommation totale d’énergie, car les serveurs de ces data centers sont mieux optimisés que les appareils des utilisateurs. Néanmoins, cet avantage n’est plus valable pour les smartphones qui se connectent à Internet via la 3G ou la 4G. La consommation d’énergie du réseau dépend en effet, en grande partie, de la technologie utilisée pour le dernier maillon de la chaîne, c’est-à-dire la connexion de l’utilisateur au réseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une connexion câblée (ADSL, câble coaxial, fibre) reste la méthode la plus optimale pour l’économie d’énergie. Le Wi-Fi en consomme un peu plus, mais cette augmentation reste négligeable. L’utilisation des réseaux mobiles, par contre, fait exploser la facture énergétique. La 3G par exemple utilise 15 fois plus d’énergie que le Wi-Fi et la 4G, 23 fois plus. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Alors que les ordinateurs fixes utilisaient une connexion câblée, les ordinateurs portables, tablettes et smartphones utilisent systématiquement une connexion sans fil, via le Wi-Fi ou un réseau mobile.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/cell-tower_dithered.png&#34; alt=&#39;La 3G consomme 15 fois plus d’énergie que le Wi-Fi et la 4G en consomme 23 fois plus. Image : jerry0984. CC.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 La 3G consomme 15 fois plus d’énergie que le Wi-Fi et la 4G en consomme 23 fois plus. Image : [jerry0984](https://www.flickr.com/photos/jerry0984/17037780397/in/photolist-rXz5wr-bK1ZH-q9b8hG-4a1m7o-bmLht9-beKeK6-aAQAMj-kWGfhg-7qCeXo-n1NG1g-pLd7WV-8S5wot-q9C9YP-qXHvAf-qRoTqh-8S5nrp-qzHwsC-qYVC5m-agsbX6-7NwPMX-6u1P3v-e3iFBK-goWtF5-cJKtaN-e3s7TC-7Shmsg-k2quYu-9R6a93-7zfToi-njpDbE-ak7nkz-oyGD-8CBHzu-dMpFMo-5wd8xw-8u2MTD-8aP6nN-k2qv1J-2ZeCgo-nybnwL-kapoM-9HKqYL-oQyrYT-6eG5eq-tqD6Rp-ge9RN8-4btraU-4K5amk-7UWR1g-k2oJGe). CC. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Wi-Fi semble modérer l’utilisation des données mobiles. Plus chère et moins performante, les utilisateurs restreignent leur accès à la 3G. &lt;sup id=&#34;fnref4:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À la place, ils préfèrent se connecter aux points d’accès Wi-Fi, dont le nombre a considérablement augmenté. Néanmoins, avec les progrès de la 4G, qui devient au moins aussi rapide que le Wi-Fi, l’avantage de ce dernier disparaît. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De nombreux opérateurs de réseau déploient dès lors leurs équipements 4G à grande échelle. Le nombre global de connexions à la 4G a déjà plus que doublé en un an, passant de 200 millions à la fin 2013 à 490 millions à la fin 2014. D’après les estimations, il pourrait même atteindre 875 millions à la fin de l’année 2015. &lt;sup id=&#34;fnref1:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;encore-plus-de-temps-en-ligne&#34;&gt;Encore plus de temps en ligne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’essor des appareils portables et d’Internet sans fil a une autre conséquence : nous passons plus de temps en ligne. &lt;sup id=&#34;fnref2:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Et contrairement ce qu’on pourrait croire, cette tendance n’est pas apparue avec le smartphone. L’ordinateur portable avait déjà favorisé ce phénomène. Alors que ce dernier était censé réduire la consommation d’énergie d’Internet, c’est l’inverse qui s’est produit. Sa portabilité et son côté pratique ont en effet incité les utilisateurs à se connecter beaucoup plus souvent. « Le premier ordinateur à entrer dans le salon a été un ordinateur portable. » &lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’évolution logique de cette tendance est le smartphone. Il permet de se connecter depuis n’importe quel endroit et s’utilise simultanément avec d’autres appareils plus conventionnels. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, les études ont démontré que le smartphone est très souvent utilisé pour remplir les temps morts, court laps de temps qui n’est dédié à aucune activité spécifique ou qui est perçu comme une perte de temps : attente, trajets, ennui, pause café ou encore « activité sociale pas assez stimulante ». De plus, le smartphone est devenu un incontournable du rituel du matin et du soir. C’est souvent la première chose que l’on consulte en se réveillant et la dernière avant de se coucher. &lt;sup id=&#34;fnref1:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;À mesure que nos appareils deviennent moins gourmands en énergie, nous allongeons notre temps d’utilisation pour envoyer toujours plus de données via Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela étant dit, il convient de rappeler que tous les smartphones ne sont pas des substituts aux ordinateurs fixes et portables. Tous ces appareils ont un usage complémentaire et ils sont même souvent utilisés simultanément. Grâce aux smartphones et à Internet sans fil, nous pouvons donc maintenant nous connecter partout à n’importe quel moment et à mesure que nos appareils deviennent moins gourmands en énergie, nous allongeons notre temps d’utilisation pour envoyer toujours plus de données via Internet. &lt;sup id=&#34;fnref2:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, nous consommons donc plus d’énergie, en raison de nos appareils, mais surtout des data centers et du réseau. Rappelons pour terminer &lt;em&gt;qu’appeler&lt;/em&gt; quelqu’un avait un smartphone nécessite plus d’énergie qu’avec un téléphone traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-débits-toujours-plus-élevés--vidéo-et-musique&#34;&gt;Des débits toujours plus élevés : vidéo et musique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un deuxième facteur à prendre en compte pour expliquer la hausse d’énergie consommée par utilisateur est l’augmentation du débit binaire. Au début, Internet servait à envoyer du texte, mais aujourd’hui, les images, la musique et les vidéos sont devenues tout aussi importantes. Le téléchargement d’un texte requiert très peu d’énergie. Pour donner un ordre d’idée, la totalité du texte de ce blog, environ 100 articles, ne pèse pas plus de 9 mégaoctets (Mo). À titre comparatif, une seule image haute résolution atteint facilement les 3 Mo, et le poids d’une vidéo Youtube de 8 minutes en qualité standard grimpe à 30 Mo, soit trois fois le poids de tous les mots de ce blog.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque bit de données demande de l’énergie. Notre comportement en ligne n’est donc pas à négliger. Il se trouve justement que nos activités sur Internet requièrent un débit binaire toujours plus élevé.C’est typiquement le cas des vidéos. En 2012, le téléchargement de vidéos représentait 57 % du trafic Internet global (sans compter les vidéos échangées par peer-to-peer). Ce pourcentage pourrait atteindre 69 % en 2017. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/smartphones-on-train_dithered.png&#34; alt=&#39;Les trains consomment peu. On ne peut pas en dire autant des téléphones. Image : Nicolas Nova.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Les trains consomment peu. On ne peut pas en dire autant des téléphones. Image : [Nicolas Nova](https://www.flickr.com/photos/nnova/15143063700/in/photolist-p59agb-dwF3pv-2GGGE-poW7dg-oJC1hX-pp28nG-bDsVHf-9mj8t1-a8wg5A-pFuTHh-rS3yE3-fEhJrB-abN4Q4-pFqB2x-gWt4A5-9U9Jnb-oJC3q4-s9zN1B-rS3xK7-eBtcSf-rS4VFG-poyfHB-uUeoFj-fvT5P7-fcEmHq-9piapU-oSrEyH-9bnK7g-idmyD4-byfGwH-efwgCH-dehe2h-eoxTxF-poW9ii-rG5gcX-qKaKcC-aeuiYT-pekyub-oWTfdz-fRVSdK-wzEoqy-7WHVGZ-dzjVLJ-kDk4xo-oTn4h7-egeb1W-drPu59-ktjEnW-jRwutZ-a9LP1n). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le sans-fil et la vidéo sont les principales causes de l’augmentation de la consommation d’énergie d’Internet, alors il n’est pas étonnant que le streaming vidéo sans fil constitue la pire combinaison possible. Malheureusement, c’est précisément ce comportement qui se développe le plus vite. D’après le dernier « Cisco Visual Networking Index », la part du trafic mobile destiné à la vidéo comptera pour 72 % du trafic de données mobiles en 2019: &lt;sup id=&#34;fnref3:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Lorsque les capacités des appareils sont combinées avec un haut débit, l’adoption à grande échelle des applications vidéos s’en trouve facilitée, ce qui contribue alors à augmenter le trafic de données sur le réseau. Ainsi, augmenter la vitesse de connexion des réseaux mobiles revient à augmenter la quantité de données disponible par unité de temps. La haute définition deviendra de plus en plus commune et la proportion du streaming, par opposition aux supports traditionnels, va probablement augmenter. L’évolution vers la vidéo à la demande affectera les réseaux mobiles tout autant que les réseaux fixes. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation d’énergie n’est pas seulement influencée par le débit de données, mais également par le type de service utilisé. Par exemple, pour vérifier ses e-mails, naviguer sur le web ou télécharger audios et vidéos, un certain délai est acceptable. Pour les services en temps réel tels que la vidéoconférence ou le streaming audio et vidéo, en revanche, aucun délai n’est permis. Et pour cela, il faut un réseau très performant, et donc plus d’énergie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;internet-économise-t-il-de-lénergie-&#34;&gt;Internet économise-t-il de l’énergie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si Internet consomme de plus en plus d’énergie, un contre-argument affirme qu’il en économise plus qu’il n’en consomme. Cette affirmation naît de l’idée que les services en ligne remplacent certaines activités très gourmandes en énergie. &lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La vidéoconférence, par exemple, limiterait les voyages en avion ou en voiture tandis que le téléchargement et le streaming remplaceraient DVD, CD, livres, magasines et journaux, qui n’auraient donc plus besoin d’être fabriqués et exportés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques exemples sur le sujet. Une étude datant de 2011 affirme que « en remplaçant un trajet par avion sur quatre par de la vidéoconférence, nous pourrions économiser autant d’énergie que ce que consomme tout l’Internet ». Une autre étude de 2014 affirme quant à elle que « la vidéoconférence consomme tout au plus 7 % de l’énergie totale nécessaire à une réunion en présentiel. ». &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En ce qui concerne le contenu numérique, une troisième étude, datant de 2014, estime que si l’on basculait tout le contenu des DVD des E.U. sur une plateforme de streaming, on économiserait la même quantité d’énergie primaire nécessaire aux besoins annuels en électricité de 200 000 foyers étasuniens. &lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Enfin, une étude de 2010 affirme que le streaming consomme 30 à 78 % de l’énergie utilisée pour la location de DVD (le DVD doit être envoyé par courrier au client qui doit ensuite le retourner après visionnage). &lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Puisque les chiffres concernant l’énergie consommée par Internet varient de quatre ordres de grandeur, il est facile de les tourner à son avantage.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces différentes affirmations posent cependant quelques problèmes fondamentaux. Tout d’abord, les résultats sont grandement influencés par la méthode de calcul utilisée. Par exemple, si nous examinons la consommation d’énergie par bit de données transportées (« l’intensité énergétique » d’Internet), les résultats varient de 0,00064 à 136 kilowatts par heure par gigaoctet (kWh/Go), soit une différence de quatre ordres de grandeur. &lt;sup id=&#34;fnref2:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les chercheurs à l’origine de cette observation concluent que « les questions de savoir s’il est préférable de télécharger un film plutôt que d’en acheter le DVD ou plus raisonnable d’organiser une réunion en distanciel plutôt qu’en présentiel ne peuvent être résolues avec des estimations aussi divergentes qui impactent considérablement les résultats. » &lt;sup id=&#34;fnref3:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de cela, les chercheurs doivent également faire de nombreuses suppositions qui peuvent toutes influencer grandement les résultats. Si l’on compare la vidéoconférence à un voyage en avion par exemple, quelle est la distance parcourue ? L’avion est-il rempli ? De quelle année date cet avion ? De la même façon, combien de temps dure la vidéoconférence ? La connexion utilisée pour cette celle-ci est-elle câblée ou sans fil ? Utilise-t-on un ordinateur portable ou un système de vidéoconférence dernier cri ? Lorsque l’on écoute de la musique en streaming, écoute-t-on la chanson une fois ou vingt fois ? Si l’on achète un DVD, comment se rend-on au magasin, en voiture ou à vélo ? Le magasin est-il loin ? Achète-t-on seulement le DVD ou en profite-t-on pour faire d’autres achats ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;durée-et-distance&#34;&gt;Durée et distance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons manier les réponses à ces questions de sorte à obtenir précisément le résultat que nous souhaitons. C’est pourquoi il est plus intéressant de se concentrer sur les mécanismes qui participent à l’efficacité énergétique des services en ligne ou hors ligne.C’est ce que les scientifiques appellent « l’analyse de sensibilité ». Il est vrai que la plupart des chercheurs effectuent cette analyse, mais les résultats qui en découlent ne sont généralement pas présentés dans l’introduction de l’article et encore moins dans le communiqué de presse qui l’accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une différence importante à prendre en compte lorsque l’on compare les activités en ligne ou non est la durée. En ligne, l’énergie consommée augmente avec la durée de l’activité. Si nous lisons deux articles au lieu d’un sur le site d’un journal numérique, nous consommons plus d’énergie. À l’inverse, si nous achetons un journal, la quantité d’énergie utilisée est indépendante du nombre d’articles lus. Ce journal pourrait aussi être lu par deux personnes, divisant ainsi le coût énergétique par deux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/high-end-telepresence-system_dithered.png&#34; alt=&#39;Système de vidéoconférence dernier cri. Image : Wikipedia Commons. Courtesy of Tandberg Cooperation.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Système de vidéoconférence dernier cri. Image : [Wikipedia Commons](https://en.wikipedia.org/wiki/Videoconferencing#/media/File:Tandberg_Image_Gallery_-_telepresence-t3-side-view-hires.jpg). Courtesy of Tandberg Cooperation. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Après la durée, l’autre facteur important est la distance. Pour les activités « hors ligne », l’énergie consommée augmente non plus avec la durée, mais avec la distance, le transport des personnes et des produits représentant la plus grande dépense d’énergie. La distance n’a que très peu d’influence sur l’énergie consommée par les activités en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de sensibilité génère des résultats très différents de ceux qui sont généralement présentés. En voici quelques exemples : écouter un album en streaming 27 fois peut consommer plus d’énergie que produire et transporter le CD du même album &lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ; lire un journal en ligne sur un PC fixe consomme plus d’énergie que lire un journal papier à partir du moment où le temps de lecture dépasse une heure et quart, et qu’il n’est lu que par une seule personne &lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ; se rendre à une réunion en personne lorsque la distance à parcourir se situe entre 5 000 et 333 km consomme moins d’énergie qu’une vidéoconférence utilisant un système de téléconférence dernier cri. De la même manière, si la conférence ne dure pas 5 heures mais 75 heures, alors parcourir 5 000 km permet d’économiser de l’énergie. &lt;sup id=&#34;fnref1:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;leffet-rebond&#34;&gt;L’effet rebond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’avantage de la vidéoconférence en matière d’économie d’énergie semble plutôt convaincant, car les réunions de 75 heures restent rares. Cependant, les études qui défendent l’efficacité énergétique des services en ligne oublient souvent de prendre en compte un problème important : l’effet rebond. L’effet rebond, c’est lorsque les progrès de la technologie en termes d’efficacité énergétique sont contrebalancés par des facteurs systématiques ou par le comportement des utilisateurs. Par exemple, il est rare que les nouvelles technologies remplacent purement et simplement les technologies préexistantes. Elles s’utilisent plutôt simultanément, ce qui annule les économies d’énergie attendues. &lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vidéoconférence n’est pas toujours un substitut à un déplacement physique. Parfois, elle remplace un appel téléphonique ou un e-mail et dans ces cas-là, l’énergie consommée ne diminue pas : elle augmente. &lt;sup id=&#34;fnref2:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De la même manière, le streaming vidéo ou audio ne remplace pas toujours le DVD ou le CD. Le côté pratique du streaming et des appareils portables connectés encouragent la consommation de vidéo et de musique, &lt;sup id=&#34;fnref1:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; au détriment d’autres activités telles que lire, explorer son environnement ou converser.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parfois, la vidéoconférence remplace un appel téléphonique ou un e-mail et dans ces cas-là, l’énergie consommée ne diminue pas : elle augmente.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Puisque le réseau Internet devient chaque année plus efficace dans son utilisation de l’énergie - l’énergie consommée par bit de données transportées diminue constamment, on lit souvent que les activités en ligne vont elles aussi suivre la même évolution avec le temps, comparées aux activités « hors ligne ». &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, comme nous l’avons vu, le débit binaire augmente lui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n’est pas seulement dû à la popularité croissante des applications vidéos, mais aussi au débit binaire plus élevé des vidéos. Ainsi, les futures améliorations du réseau nous apporteront vidéos et vidéoconférences de meilleure qualité, mais pas d’économie d’énergie. D’après plusieurs études, le débit binaire augmente plus vite que les progrès en matière d’économie d’énergie : les économies des activités en ligne tendent donc à diminuer. &lt;sup id=&#34;fnref3:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lefficacité-entraîne-la-consommation-dénergie&#34;&gt;L’efficacité entraîne la consommation d’énergie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’existence de l’effet rebond est vivement discutée. Dans le monde de l’informatique et d’Internet cependant, cet effet est bien démontré. Le fait que l’intensité énergétique d’Internet (énergie consommée par unité d’information envoyée) diminue tandis que la consommation totale augmente en est une preuve irréfutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut également observer cet effet dans l’évolution des microprocesseurs. Grâce à l’amélioration des procédés de fabrication, la quantité d’électricité nécessaire à la fabrication d’un microprocesseur est passée de 0,028 kWh en 1995 à 0,001 kWh par MHz en 2006. &lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, cela ne s’est pas traduit par une réduction similaire en termes de consommation d’énergie par les microprocesseurs. Ils sont devenus plus rapides et plus performants, ce qui a annulé les gains par MHz. Cet effet rebond a même pris le nom de « loi de Moore », loi qui conduit le progrès en informatique. &lt;sup id=&#34;fnref1:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/more-and-more-electronic-devices_dithered.png&#34; alt=&#39;Alors que l’efficacité énergétique est perçue comme solution universelle à l’augmentation de la consommation d’énergie d’Internet, elle en est en réalité la cause. Image : miniyo73.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Alors que l’efficacité énergétique est perçue comme solution universelle à l’augmentation de la consommation d’énergie d’Internet, elle en est en réalité la *cause*. Image : [miniyo73](https://www.flickr.com/photos/miniyo73/8371683905/in/photolist-dKM4XF-aGSRsr-pwsJsG-aGSRaM-5seCHN-wCVXFc-z3FzK6-pSRMiv-qBeo56-pMcwE9-8pJWJV-dMrBxA-BLL8N-8kLCKi-r2tiqT-ycFU7S-9mg3Zz-g4ZN6D-rgjf2s-fw3WLc-cEpcUY-aoCJ5H-oEG1vb-2U2bT-penr48-dgagZ1-dMm3VD-9sVnJf-7XHVjx-goVRFZ-v58Cqf-v58BZq-v58Fyh-vmH4Up-vmH4pg-vn3Xrv-upSDuR-vmH3kT-v58yTW-vn3VJn-vn3Vna-vn42C6-v58Esb-v5gd3v-v58DrJ-rcd1ps-pFbREV-t55HMh-bJSXb4-8S4Xsi). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d’autres termes, alors que l’efficacité énergétique est perçue comme la solution universelle à l’augmentation de la consommation d’énergie d’Internet, elle en est en réalité la &lt;em&gt;cause&lt;/em&gt;. Quand les ordinateurs utilisaient encore des tubes à vide, avant les transistors dans une puce, l’énergie utilisée par la machine pouvait atteindre 140 kilowatts. Les ordinateurs modernes sont au moins mille fois plus économes en énergie, mais c’est précisément pour cette raison qu’on les retrouve aujourd’hui sur tous les bureaux et dans toutes les poches. En attendant, l’énergie totale consommée par ces appareils plus économes dépasse de plusieurs ordres de grandeur celle consommée par tous les ordinateurs à tubes à vide.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;suffisance&#34;&gt;Suffisance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, nous voyons qu’Internet affecte la consommation d’énergie à trois niveaux. Au premier niveau, ce sont les impacts directs de la fabrication, du fonctionnement et du déploiement de tous les appareils qui permettent à Internet de fonctionner : les appareils des utilisateurs, les data centers, le réseau et les manufactures. Au second niveau, on trouve les effets indirects induits par Internet et sa capacité à changer la façon de faire une activité, tels que la consommation de média ou les déplacements physiques, qui augmentent ou diminuent la consommation d’énergie. Enfin au troisième niveau, Internet transforme les comportements de consommation, apporte des changements technologiques et sociétaux et contribue à la croissance économique. &lt;sup id=&#34;fnref2:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ces deux derniers niveaux jouent un rôle beaucoup plus important que les effets directs, bien qu’ils reçoivent très peu d’attention: &lt;sup id=&#34;fnref3:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Internet entraîne une mondialisation progressive de l’économie, intensifiant ainsi la circulation des biens et marchandises&amp;hellip; Cette mondialisation des marchés et des formes de production décentralisées, que l’on doit au développement des réseaux de communication, nous éloigne clairement de la durabilité&amp;hellip; Enfin, plus l’information afflue dans nos sociétés, plus les innovations apparaissent vite, entraînant alors un remplacement accéléré de l’ancien par le nouveau : matériel informatique, logiciels, produits techniques, savoir-faire ou connaissance. » &lt;sup id=&#34;fnref3:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut nier le fait que, dans certains cas, Internet permet d’économiser de l’énergie. Cependant, dans l’immense majorité des cas, ce que l’on observe est une hausse de la consommation. Cette tendance ne faiblira pas, sauf si nous agissons. Il n’y a pour l’heure aucune restriction du débit binaire. Le Blu-ray propose une expérience visuelle inégalable, avec des films pesant entre 25 Go et 50 Go, c’est-à-dire cinq à dix fois plus qu’une vidéo HD. Maintenant que les gens regardent des films 3D à la maison, nous pouvons imaginer que les films du futur pèseront environ 150 Go. Ce chiffre pourrait même tendre vers 1 000 Go pour les films holographiques. &lt;sup id=&#34;fnref2:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’existe pas non plus de restriction du débit des connexions Internet sans fil. Les ingénieurs s’attellent déjà au lancement de la 5G, plus rapide que la 4G, mais aussi plus gourmande en énergie. Il n’y a même pas de restriction pour le nombre de connexions Internet. Le concept de « l’Internet des objets » prévoit que dans le futur, tous les objets seront connectés à Internet et cette tendance a déjà débuté. &lt;sup id=&#34;fnref5:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; N’oublions pas non plus que pour le moment, seulement 40 % de la population mondiale a accès à Internet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/10/why-we-need-a-speed-limit-for-the-internet/images/dithers/mobile-phone-use-on-trains_dithered.png&#34; alt=&#39;Rien ne limite la croissance d’Internet, sauf ses besoins en énergie. Image : Gongashan.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Rien ne limite la croissance d’Internet, sauf ses besoins en énergie. Image : [Gongashan](https://www.flickr.com/photos/yanncb92/15185388700/in/photolist-p8T61y-q7hS9G-mQCsaE-podeEo-sBQZQR-njrXmR-qBzgVc-7Dg1rL-D3NJb-ohRqn5-7ELfHp-b2NN32-aGSV1n-sBDC4d-fHr5pX-eghTGo-dgah17-rBuFur-Fmu8N-6prZBn-dKM4XF-aGSRsr-pwsJsG-aGSRaM-5seCHN-wCVXFc-z3FzK6-pSRMiv-qBeo56-pMcwE9-8pJWJV-dMrBxA-BLL8N-8kLCKi-r2tiqT-ycFU7S-9mg3Zz-g4ZN6D-rgjf2s-fw3WLc-cEpcUY-aoCJ5H-oEG1vb-2U2bT-penr48-dgagZ1-dMm3VD-9sVnJf-7XHVjx-goVRFZ). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour faire court, rien ne limite la croissance d’Internet, sauf ses besoins en énergie. Cette particularité en fait un objet tout à fait unique. Par exemple, même si l’effet rebond est &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/06/the-citroen-2cv-cleantech-from-the-1940s/&#34;&gt;facilement observable pour les voitures&lt;/a&gt;, il existe des contraintes qui empêchent leur consommation d’énergie de croître indéfiniment. En effet, on ne peut pas augmenter la taille et le poids des voitures à l’infini, car il faudrait alors adapter nos routes et nos parkings. On ne peut pas non plus augmenter indéfiniment leur vitesse, car il existe des limites de vitesse maximale, nécessaires à la sécurité routière. Ainsi donc, la quantité d’énergie consommée par les voitures s’est plus ou moins stabilisée. Nous pourrions dire que les voitures ont atteint un niveau de « suffisance » :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Un système qui puise son énergie dans son environnement peut augmenter sa consommation chaque fois que cela est possible, ou il peut la limiter. Dans ce dernier cas, on dit que le système a atteint un état de suffisance&amp;hellip; Le seul moyen d’améliorer les résultats est alors d’améliorer l’efficacité de son fonctionnement interne. » &lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pu améliorer les performances de nos voitures uniquement en améliorant l’efficacité énergétique des moteurs à combustion. Le même phénomène s’observe pour les appareils informatiques mobiles, qui ont atteint l’état de suffisance en termes de consommation d’énergie, au moins au niveau de l’appareil en lui-même. &lt;sup id=&#34;fnref1:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pour les smartphones, par exemple, la consommation se trouve limitée par les contraintes de batterie : densité énergétique, poids idéal et durée de vie nécessaire. Il en résulte que la consommation d’énergie par appareil est plus ou moins stable. Les performances des smartphones n’ont donc été améliorées que dans la limite des progrès informatiques (et dans une certaine mesure, des progrès en termes de densité énergétique des batteries). &lt;sup id=&#34;fnref2:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-vitesse-limite-pour-internet&#34;&gt;Une vitesse limite pour Internet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux voitures et aux smartphones, Internet n’est pas du tout suffisant. Sur Internet, la taille et la vitesse n’ont ni impact sur la sécurité ni contrainte pratique. Les batteries limitent certes la consommation d’énergie des appareils informatiques mobiles, mais pas celle de tous les autres composants du réseau. En conséquence, la consommation d’énergie d’Internet n’est limitée que par l’énergie disponible, à moins que l’on impose nous-mêmes des limites, comme celles qui existent pour les voitures et les smartphones. Cela peut paraître étrange, mais c’est pourtant une stratégie que l’on applique déjà sans problème pour contrôler la température (&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/02/insulation-first-the-body-then-the-home/&#34;&gt;baisser le thermostat, mieux se couvrir&lt;/a&gt; ou se déplacer (&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2010/09/the-velomobile-high-tech-bike-or-low-tech-car/&#34;&gt;préférer le vélo à la voiture&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions limiter la demande pour les données de bien des manières, plus ou moins faciles à mettre en place. Nous pourrions par exemple bannir les vidéos et revenir à un Internet de textes et d’images modestes. Nous pourrions également limiter la vitesse des connexions Internet sans fil ou bien prévoir un certain budget à Internet. Une autre possibilité serait d’accroître les prix de l’énergie : cela affecterait aussi bien les activités hors ligne qu’en ligne et harmoniserait donc les règles du jeu pour tous. Cette dernière stratégie est plus judicieuse, car elle laisse le marché décider quelles applications et quels appareils perdureront ou non.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mettre en place des restrictions n’arrêterait pas le progrès technologique. Les avancées en termes d’efficacité énergétique continueront de favoriser l’apparition de nouveaux appareils et de nouvelles applications.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Même si ces solutions semblent peu attrayantes, il faut comprendre que mettre en place des restrictions n’arrêtera pas le progrès technologique. Les avancées en termes d’efficacité énergétique continueront de favoriser l’apparition de nouveaux appareils et de nouvelles applications. Cependant, les innovations seraient limitées par l’efficacité énergétique, comme c’est déjà le cas pour les voitures et les appareils informatiques mobiles. En d’autres termes, l’efficacité énergétique peut être une part importante de la solution si nous la combinons avec la suffisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limiter la demande ferait également rebasculer certaines activités du monde virtuel vers le monde physique — le streaming vidéo en tête. Il est facile d’imaginer des alternatives hors ligne qui offrent des avantages similaires pour moins d’énergie. Une bibliothèque publique avec une large collection de DVD en est un exemple. Ce service, combiné à des mesures de limitation de la circulation routière, incitant ainsi la population à prendre le vélo ou les transports en commun, serait à la fois pratique et efficace. Plutôt que de remplacer les déplacements physiques par des services en ligne, nous devrions restaurer les infrastructures de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos prochains articles, nous nous intéresserons aux réseaux low-tech qui sont actuellement développés dans les pays pauvres. Là-bas, la « suffisance » est déjà enracinée dans la société, en particulier parce que les infrastructures sont inexistantes ou peu fiables et parce que le pouvoir d’achat est très limité. Nous discuterons également des réseaux associatifs qui ont émergé dans des régions reculées des pays riches et des réseaux partagés qui se développent dans les villes. Ces réseaux alternatifs offrent de nouvelles possibilités plus économes pour communiquer et ouvrent la voie à un nouvel usage d’Internet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Même les études les plus complètes concernant la consommation d’énergie d’Internet ne prennent pas en compte tous les composants de son infrastructure. Par exemple, elles ignorent systématiquement l’énergie nécessaire au fonctionnement des centrales électriques qui alimentent justement Internet. Et pourtant, si l’on alimente un data center ou une station de base de téléphonie mobile à l’énergie solaire,il paraît évident de prendre en compte &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/04/how-sustainable-is-pv-solar-power/&#34;&gt;l’énergie utilisée pour la fabrication des panneaux solaires&lt;/a&gt;. Il en va de même pour les &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/05/how-sustainable-is-stored-sunlight/&#34;&gt;batteries&lt;/a&gt; qui emmagasinent l’énergie solaire pour une utilisation pendant la nuit ou un jour de pluie.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.tech-pundit.com/wp-content/uploads/2013/07/Cloud_Begins_With_Coal.pdf&#34;&gt;The cloud begins with coal: big data, big networks, big infrastructure, and big power&amp;rdquo;&lt;/a&gt;(PDF), Mark P. Mills, National Mining Association / American Coalition for Clean Coal Electricity, augustus 2013&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://smarter2030.gesi.org/downloads/Full_report.pdf&#34;&gt;SMARTer2030—ICT Solutions for 21st Century Challenges&lt;/a&gt;&amp;rdquo;
(PDF), Global e-Sustainability Initiative, 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://vmserver14.nuigalway.ie/xmlui/handle/10379/3563&#34;&gt;Emerging trends in electricity consumption for consumer ICT&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Peter Corcoran, 2013&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/Electricitytrends.pdf&#34;&gt;Key Electricity Trends&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), IEA Statistics, 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sur le nombre total de TWh consommés, 852 Twh ont été utilisés par les appareils utilisateur, 352 par les réseaux, 281 par les data centers et 330 par l’étape de fabrication.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs proposent également le « scénario le plus optimiste » qui affirme que la hausse de la consommation d’énergie est limitée. Cependant, ce scénario n’est déjà plus compatible avec la réalité. Il présuppose une croissance lente du trafic de données et de la TV numérique, mais c’est bien l’opposé que l’on observe, comme le montre le « Cisco Visual Networking Index » [11]. De plus, ce scénario prévoit une amélioration de l’efficacité de 5 % d’une année sur l’autre pour la plupart des appareils et une amélioration de 15 % annuelle en ce qui concerne le réseau central. Ces chiffres sont bien plus élevées que ceux des années précédentes et ont peu de chance de devenir réalité. Le scénario le plus probable suppose que le trafic du sans-fil atteindra 9 % de la consommation totale d’électricité du réseau et que la TV numérique se stabilisera à 2,1 milliards d’unités. Dans ce même scénario, les progrès de l’efficacité énergétique des appareils sont limités à 2 % par année et ceux du réseau central à 10 %. Le pire scénario, quant à lui, estime que le trafic du sans-fil atteindra 15 % de la consommation totale d’électricité, que la TV numérique continuera de croître et que les progrès en termes d’efficacité énergétique seront limités à 1,5 % pour les appareils et à 5 % pour le réseau central &lt;sup id=&#34;fnref6:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;https://www.itu.int/en/ITU-D/Statistics/Documents/publications/mis2014/MIS2014_without_Annex_4.pdf&#34;&gt;Measuring the Information Society Report 2014&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), International Telecommunication Union (ITU), 2014&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.cisco.com/c/en/us/solutions/collateral/service-provider/visual-networking-index-vni/white_paper_c11-520862.html&#34;&gt;Cisco Visual Networking Index: Global Mobile Data Traffic Forecast Update, 2014-2019&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, CISCO, 2015.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.cs.columbia.edu/%7Elierranli/coms6998-7Spring2014/papers/rrclte_mobisys2012.pdf&#34;&gt;A close examination of performance and power characteristics of 4G LTE networks&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), Junxian Huang, June 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://ciir-publications.cs.umass.edu/getpdf.php?id=904&#34;&gt;Energy consumption in mobile phones: a measurement study and implications for network applications&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), Niranjan Balasubramanian, 2009&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://publicationslist.org/data/lorenz.hilty/ref-229/2014_Coroama_Schien_Preist_Hilty_Energy_Intensity_Internet_Home_Access.pdf&#34;&gt;The energy intensity of the internet: home and access networks&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), Vlad Coroama, 2014&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.gsma.com/newsroom/press-release/4g-networks-to-cover-more-third-of-global-pop-this-year/&#34;&gt;4G networks to cover more than a third of the global population this year, according to new GSMA intellligence data&lt;/a&gt;&amp;rdquo;,
GSMA Intelligence, 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le constructeur de matériel informatique, Cisco, note dans son rapport de 2015 que « au fur et à mesure que les capacités des réseaux mobiles s’améliorent et que le nombre d’utilisateurs d’appareils multiples augmente, les opérateurs vont probablement proposer des offres Internet mobile avec des prix et des vitesses semblables à une connexion fixe ».&lt;sup id=&#34;fnref5:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Si cela se produit, et que la majorité des internautes se connectent alors quotidiennement à Internet via la 4G, le réseau verra sa consommation d’énergie plus que doubler, en supposant que le trafic des données reste inchangé. &lt;sup id=&#34;fnref7:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Du point de vue énergétique, cela s’explique par le fait que l’accès au réseau constitue le point le plus lucratif pour tous les fournisseurs Internet. Le réseau central de la fibre optique reste l’option la plus économe en énergie. &lt;sup id=&#34;fnref8:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://epubs.surrey.ac.uk/769626/&#34;&gt;Are we sitting comfortably? Domestic imaginaries, laptop practices, and energy use&lt;/a&gt;&amp;rdquo;. Justin Spinney, 2012&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://eprints.lancs.ac.uk/72677/4/paper277.pdf&#34;&gt;Demand in my pocket: mobile devices and the data connectivity marshalled in support of everyday practice&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), Carolynne Lord et al., Lancaster University, april 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://adrianclear.com/holistic_home_it.pdf&#34;&gt;Towards a holistic view of the energy and environmental impacts of domestic media and IT&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Oliver Bates et al., 2014&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Cisco Visual Networking Index 2012-2017&amp;rdquo;, Cisco, 2013&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www1.icsi.berkeley.edu/%7Ebarath/papers/emergy-hotnets11.pdf&#34;&gt;The energy and emergy of the internet&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (PDF), Barath Raghavan and Justin Ma, 2011&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0140366414000620&#34;&gt;Comparison of the energy, carbon and time costs of videoconferencing and in-person meetings&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Dennis Ong, 2014&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/9/5/054007;jsessionid=715911A0C3BE2A2EAC4DE63F2ABF6E64.c1&#34;&gt;The energy and greenhouse-gas implications of internet video streaming in the united states&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, 2014&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://none.cs.umass.edu/papers/pdf/green07q-seetharam.pdf&#34;&gt;Shipping to streaming: is this shift green?&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Anand Seetharam, 2010&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.completemusicupdate.com/article/musictank-report-focuses-on-environmental-impact-of-streaming-platforms/&#34;&gt;MusicTank report focuses on environmental impact of streaming platforms&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, CMU, 2012&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.csc.kth.se/sustain/publications/reportfiles/sus_2007_1_moberg_et_al_report_updated.pdf&#34;&gt;Screening environmental life cycle assessment of printed, web based and tablet e-paper newspaper&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Second Edition, Asa Moberg et al, 2009&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.amazon.de/gp/product/3837019705/&#34;&gt;Information Technology and Sustainability: essays on the relationship between ICT and sustainable development&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Lorenz M. Hilty, 2008&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://www.nature.com/nature/journal/v479/n7373/full/nature10682.html&#34;&gt;Environmental effects of informantion and communications technologies&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, Eric Williams, Nature, 2011&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&amp;ldquo;&lt;a href=&#34;http://publicationslist.org/data/lorenz.hilty/ref-263/2015_Hilty_Limits.pdf&#34;&gt;Computing Efficiency, Sufficiency, and Self-Sufficiency: A Model for Sustainability&lt;/a&gt;?&amp;rdquo; (PDF), Lorenz M. Hilty, 2015&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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