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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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      <title>Comment sortir de l’âge du fer ?</title>
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      <pubDate>Wed, 01 May 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/05/how-to-escape-from-the-iron-age/images/dithers/rebar-foundation-wind-turbine_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Cage d’ancrage en acier pour les fondations d’une éolienne dans le comté de Gilliam (États-Unis). Image de Goose Chap, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Cage d’ancrage en acier pour les fondations d’une éolienne dans le comté de Gilliam (États-Unis). Image de Goose Chap, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;prisonniers-de-lâge-du-fer&#34;&gt;Prisonniers de l’âge du fer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1836, l’archéologue et conservateur de musée Christian Jürgensen Thomsen a établi une distinction entre trois périodes préhistoriques sur la base des principaux matériaux utilisés pour les armes et outils coupants : l’âge de la pierre, l’âge du bronze et l’âge du fer.&lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Suivant cette logique, il a ainsi formulé l&amp;rsquo;hypothèse que le développement technique humain procède par « étapes métallurgiques ». La classification tripartite théorisée par Thomsen a beau faire référence au passé, si l’on s’en tient au critère retenu dans son analyse, nous n’avons en réalité jamais dépassé l’âge du fer. Même au 21ème siècle, le fer demeure le principal matériau utilisé, non seulement pour la fabrication des armes et outils coupants mais aussi, plus généralement, pour presque toutes les technologies modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fer est désormais principalement utilisé sous forme d’acier. Toutefois, même en conservant le critère de Thomsen, on ne peut pas pour autant parler d’un « âge de l’acier ». Tout d’abord, car l’acier est simplement un alliage de fer (&amp;gt;98 %) et de carbone (&amp;lt;2 %). Ensuite, dans la mesure où les humains ont produit de l’acier dès les débuts de l’âge du fer. C’est une réalité historique peu connue dans le monde occidental, où la production d’acier n’a pris son réel essor qu’au 19ème siècle avec le développement des énergies fossiles. Les métallurgistes africains et asiatiques ont pourtant développé des aciers de haute qualité à des époques bien antérieures – un savoir-faire qui a d’ailleurs permis aux Européens de faire de même, à bien plus grande échelle, par la suite.&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2021, la production mondiale de fer et d’acier a atteint 1 950 millions de tonnes (Mt), soit 22 fois plus que la production cumulée d’aluminium et de cuivre (88 Mt). Cette production de fer et d’acier correspond à 5 fois la production mondiale de plastique (391 Mt) et éclipse totalement la production mondiale de silicium (8,5 Mt) et de lithium (0,1 Mt).&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En tant que matériau, l’acier est la pierre angulaire des sociétés industrielles. Sans plastiques, lithium ou silicium, notre civilisation demeurerait industrielle. Sans fer ni acier, nous serions renvoyés 3 000 ans en arrière à l’âge du bronze.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;où-se-trouve-tout-cet-acier&#34;&gt;Où se trouve tout cet acier ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas si facile de prendre conscience de cette omniprésence de l’acier dans la société industrielle, tant ses usages pourtant massifs échappent bien souvent à nos regards au quotidien.&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; On trouve dans un logement plusieurs objets et équipements en acier comme le réfrigérateur, le lave-linge, la bouilloire, la baignoire, ou encore les appareils de cuisson, de chauffage et de climatisation. Pourtant, seule 2-3 % de la production totale d’acier est destinée aux appareils domestiques.&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; A l’extérieur, on retrouve de l’acier en grande quantité sous la forme de véhicules. Il s’agit notamment des voitures individuelles, qui à l’échelle mondiale utilisent environ 10 % de l’acier (20 % dans les pays riches). Les bus, camions, trains et bateaux mobilisent quant à eux 4-5 % supplémentaires. Additionnés, ces usages représentent toutefois moins de 20 % de la production mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’essentiel de l’acier est incorporé à d’autres matériaux, mis en œuvre sous terre, ou loin des quartiers résidentiels.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’essentiel de l’acier est en fait incorporé à d’autres matériaux, mis en œuvre sous terre, ou loin des quartiers résidentiels. Plus de la moitié de la production mondiale alimente le secteur de la construction, incluant les bâtiments (résidentiels, tertiaires, industriels) et les infrastructures (ponts, tunnels, ports, canaux, pistes d’aéroports, plateformes et tours de forage pétrolières, raffineries, pipelines, centrales thermiques, lignes électriques, voies ferrées, métros, et ainsi de suite). La plupart de cet acier est intégré dans du béton – le seul matériau capable de concurrencer la production d’acier (avec 1 819 Mt en 2021). Ce n’est pas un hasard si le béton armé est le matériau de construction le plus utilisé à l’échelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 15 % de la production mondiale d’acier sert à fabriquer des machines, incluant des outils, machines-outils, équipements industriels, matériels électriques, ainsi que divers engins miniers, agricoles ou de construction. Même les produits fabriqués avec d’autres matériaux – plastiques, bois, autres métaux – sont usinés au moyen d’outils en acier.&lt;sup id=&#34;fnref1:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les 15 % restants se retrouvent dans un large éventail d’objets, des couvercles d’emballages alimentaires aux meubles en passant par les conteneurs maritimes.&lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/05/how-to-escape-from-the-iron-age/images/dithers/reinforced-concrete_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le béton armé est le premier matériau de construction à l’échelle mondiale. Trou sur l’autoroute Interstate 84, aux États-Unis. Photo de Tony George, Oregon Department of Transportation, Wikimedia Commons (CC BY 2.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Le béton armé est le premier matériau de construction à l’échelle mondiale. Trou sur l’autoroute Interstate 84, aux États-Unis. Photo de Tony George, Oregon Department of Transportation, Wikimedia Commons (CC BY 2.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;lempreinte-environnementale-de-la-sidérurgie&#34;&gt;L’empreinte environnementale de la sidérurgie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’acier est souvent présenté comme un des matériaux les plus durables. Contrairement aux plastiques, il peut être recyclé à volonté sans perte de qualité. La sidérurgie a par ailleurs réalisé des gains importants en termes d’efficacité énergétique, bien plus que d’autres industries. Produire une tonne d’acier brut nécessite désormais, en moyenne, environ 20 gigajoules (GJ) d’énergie primaire – trois fois moins qu’en 1950.&lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un bilan très favorable comparé à d’autre matériaux tels que l’aluminium (175 GJ/t), les plastiques (80-120 GJ/t), ou le cuivre (45 GJ/t).&lt;sup id=&#34;fnref2:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’acier, contrairement aux plastiques, se dégrade sans toxicité pour l’environnement.&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Enfin, le minerai de fer n’est pas particulièrement rare. Le fer est le quatrième élément chimique le plus abondant dans la croûte terrestre, dont il compose environ 5 % de la masse.&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; A titre de comparaison, le cuivre en constitue seulement 0.01 %.&lt;sup id=&#34;fnref2:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en dépit de tous ces avantages, la production mondiale de fer et d’acier consomme plus d’énergie et génère plus d’émissions de carbone que n’importe quelle autre industrie. En 2021, la consommation totale en énergie primaire liée à la production d’acier brut s’élevait à 39 exajoules (EJ), ce qui correspond à 7 % de la consommation mondiale pour cette même année (595 EJ). Les émissions de gaz à effet de serre sont, proportionnellement, encore plus élevées car environ 75 % de l’énergie utilisée provient du charbon – le combustible dont l’intensité carbone est la plus élevée. En 2021, l’industrie sidérurgique a ainsi émit quelques 3,3 Gt de dioxyde de carbone, soit environ 9 % des émissions planétaires (36,3 Gt), suivie de près par l’industrie du béton, avec 8 %.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;A l’échelle mondiale, la sidérurgie consomme plus d’énergie et génère plus d’émissions de carbone que n’importe quelle autre industrie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les estimations ci-dessus proviennent de la &lt;em&gt;World Steel Association&lt;/em&gt; et de l’&lt;em&gt;International Energy Agency&lt;/em&gt;. Des données identiques sont disponibles pour tous les métaux ; documentées depuis de nombreuses années, elles permettent d’établir des comparaisons historiques. Toutefois, leur périmètre est restreint au seul procédé de fonte des métaux. Elles n’incluent ni l’énergie grise ni les émissions de carbone associées à l’extraction et au transport du minerai de fer, du charbon, du calcaire, de la ferraille, et des produits en acier. Pas plus qu’elles ne prennent en compte l’énergie et les émissions liées à la production du coke et à la préparation du minerai – autant d’étapes essentielles aux procédés sidérurgiques.&lt;sup id=&#34;fnref3:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les études scientifiques qui se sont intéressées à l’industrie du fer et de l’acier avec un périmètre plus large sont arrivées à la conclusion que le coût énergétique de la production d’acier serait en réalité 50 % à 100 % plus élevé.&lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’un de ces rapports estime que les émissions de méthane générées par l’extraction de charbon métallurgique pourraient quant à elles augmenter de 27 % les émissions imputables au secteur. Une autre étude évalue à 10-15 % d’émissions supplémentaires la part induite par le transport maritime du minerai de fer (en amont) et de l’acier (en aval). La sidérurgie génère par ailleurs d’autres problèmes environnementaux, à commencer par une forte consommation d’eau, la production de déchets solides, ainsi qu’une importante pollution de l’air et de l’eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;empreinte carbone de l’industrie sidérurgique est sans conteste incompatible avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, et ce d’autant plus que la production d’acier va très certainement continuer à croître. La production d’acier a décuplé depuis 1950, et doublé entre 2000 et 2020, une croissance encore plus rapide que ce que de nombreux chercheurs avaient pu prédire.&lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En parallèle, les gains d’efficacité énergétique ont diminué, et un consensus scientifique s’établit sur le fait que les technologies actuelles ont atteint la limite thermodynamique.&lt;sup id=&#34;fnref4:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au cours des deux dernières décennies, la quantité moyenne d’énergie nécessaire pour produire une tonne d’acier est demeurée stable, aux alentours de 20 GJ/t.&lt;sup id=&#34;fnref2:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-produire-de-lacier-sans-énergies-fossiles-&#34;&gt;Comment produire de l’acier sans énergies fossiles ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux manières de fabriquer de l’acier, l’une étant beaucoup plus soutenable que l’autre.&lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; D’un côté, le haut-fourneau (ou « convertisseur à oxygène ») est un procédé qui consiste à fabriquer l’acier à partir de minerai de fer et de charbon. Cette technique est – dans ses grands principes – vieille de 2 000 ans. De l’autre, le four à arc électrique, dans lequel l’acier est fabriqué à partir de ferraille et d’électricité. Relativement nouvelle, cette technologie consomme beaucoup moins d’énergie qu’un haut-fourneau, utilise une matière recyclée (il n’est ici pas nécessaire d’extraire du minerai de fer), et fonctionne sans utilisation directe de charbon ou autres combustibles fossiles (l’électricité pouvant être fournie par une source d’énergie solaire, éolienne ou nucléaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fours à arc électrique les plus performants énergétiquement consomment désormais moins de 300 kilowatt-heures (kWh) d’électricité par tonne d’acier produite.&lt;sup id=&#34;fnref3:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Hypothétiquement parlant, si l’intégralité de l’acier produit en 2021 (1 950 Mt) l’avait été dans ce type de fours, la consommation totale de l’industrie sidérurgique se serait limitée à 585 térawatt-heures (TWh). Pour donner un ordre de grandeur, cela correspond à un tiers seulement de l’électricité produite par des éoliennes à l’échelle mondiale cette même année (1,848 TWh). Malheureusement, plus de 70 % de la production mondiale d’acier est aujourd’hui issue de hauts-fourneaux alimentés au charbon.&lt;sup id=&#34;fnref4:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un haut-fourneau est 20 fois plus énergivore, et ne peut pas fonctionner à l’électricité puisque le charbon y sert à la fois de combustible et d’agent réducteur dans la réaction chimique. La combustion du charbon dégage en effet du monoxyde de carbone, qui participe à la réduction du minerai en fer.&lt;sup id=&#34;fnref5:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-manque-de-ferraille-disponible&#34;&gt;Un manque de ferraille disponible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La solution paraît évidente : pourquoi ne pas produire tout cet acier dans des fours à arc électrique ? Cela s’avère impossible. Il n’y a tout simplement pas assez de ferraille disponible : la croissance continue de la production d’acier rend impossible une utilisation « circulaire » de la ressource.&lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Il faut en effet attendre plusieurs décennies avant que l’essentiel du volume d’acier produit au cours d’une année donnée n’arrive en fin de vie et ne devienne disponible pour le recyclage. A titre d’exemple, les navires à coque métallique représentent à ce jour un « stock » virtuel de 543 Mt d’acier.&lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La quantité de ferraille disponible pour le recyclage en 2021 correspond au niveau de production de 1965, c’est-à-dire à une époque où la production mondiale n’atteignait pas le quart de celle d’aujourd’hui (450 Mt).&lt;sup id=&#34;fnref5:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par conséquent, les trois quarts restants doivent inévitablement être produits dans des hauts-fourneaux utilisant du charbon et du minerai de fer fraîchement extrait.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/05/how-to-escape-from-the-iron-age/images/dithers/Cars_for_scrapping_at_the_Port_of_Cardiff_%28geograph_7173139%29_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Voitures destinées à la casse dans le port de Cardiff. Gareth James via Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Voitures destinées à la casse dans le port de Cardiff. Gareth James via Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Chine produit à l’heure actuelle environ la moitié de l’acier mondial, et ce quasi exclusivement (+90 %) à partir de hauts-fourneaux alimentés en charbon et minerai de fer. De nombreux pays producteurs d’acier disposent d’une proportion plus importante de fours à arc électrique. Mais pointer la Chine du doigt n’aurait pas beaucoup de sens. Tout d’abord, les États-Unis et l’Europe ont dès les années 2000 massivement délocalisé leurs industries en Chine, un phénomène qui coïncide parfaitement avec l’augmentation de la production sidérurgique dans le pays. Ensuite, la Chine n’utilisait quasiment pas d’acier il y a trente ou quarante ans. Il n’y a, de ce fait, presque pas de ferraille disponible dans le pays. La Chine n’a donc pas d’autre choix que d’utiliser des hauts-fourneaux.&lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-aciers-de-qualités-toujours-plus-élevées&#34;&gt;Des aciers de qualités toujours plus élevées&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un deuxième obstacle réside dans la tendance actuelle à développer des aciers de qualités supérieures. On compte désormais 2 500 types d’aciers différents, dotés de diverses propriétés : résistance mécanique accrue, tenue à haute température, ou résistance à la corrosion.&lt;sup id=&#34;fnref6:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref6:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Si ces aciers peuvent être produits dans des fours à arc électrique, ils ne sont pas fabriqués à partir de ferraille recyclée, et sont bien plus énergivores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’acier disponible pour le recyclage forme un mélange hétérogène en termes de qualités d’acier. Ce mélange convient à la fabrication d’aciers ordinaires au carbone mais n’est pas approprié pour des aciers hautement alliés, qui nécessitent des ferrailles de qualité homogène. Or, cette ferraille n’est pas disponible. Par exemple, l’acier inoxydable, l’alliage le plus produit parmi toute la gamme des aciers spéciaux, a un taux de recyclage de 15 % seulement. La production d’acier inoxydable a atteint 60 Mt en 2021, contre seulement 4 Mt en 1980.&lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’acier inoxydable était traditionnellement employé pour la coutellerie, l’outillage chirurgical, le matériel médical et de transformation agroalimentaire. Ses usages se sont désormais étendus à divers domaines d’application, tels que la construction de tunnels, le mobilier d’extérieur, le traitement des eaux usées, la désalinisation de l’eau de mer, le nucléaire civil et la production de biocarburants.&lt;sup id=&#34;fnref7:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faibles taux de recyclage et l’extraction des autres éléments d’alliage, tels que le chrome ou le nickel, rendent la production des aciers de qualités supérieures plus énergivore. A titre d’exemple, la fabrication d’acier inoxydable nécessite presque 80 GJ par tonne, soit quatre fois plus que la fabrication d’acier ordinaire au carbone.&lt;sup id=&#34;fnref8:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le développement incessant d’aciers de qualités supérieures est stimulé par la législation environnementale (imposant par exemple le recours à des aciers plus légers pour les carrosseries des voitures) mais également par la compétition d’autres matériaux, en premier lieu desquels l’aluminium et les composites plastiques.&lt;sup id=&#34;fnref9:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref7:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Paradoxalement, la compétition d’usage avec ces matériaux – encore plus énergivores – rend l’acier de moins en moins durable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lacier-et-les-énergies-renouvelables&#34;&gt;L’acier et les énergies renouvelables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la sidérurgie est, par la nature même de ses procédés, fortement dépendante des sources d’énergie qui l’alimentent, l’inverse est également vrai : le secteur énergétique repose lui aussi massivement sur l’acier. Presque 10 % de la production mondiale d’acier est destinée à la construction et à l’entretien des infrastructures énergétiques. Ce volume correspond à l’intégralité de l’acier produit en 1950. Une large part de cet acier se retrouve dans les multiples infrastructures pétrolières et gazières.&lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En effet, l’extraction, la production et le transport du pétrole et du gaz mobilisent de l’acier en énormes quantités, pour la fabrication de plateformes de forage en mer, oléoducs, gazoducs, raffineries, navires et réservoirs de stockage. L’extraction du charbon dépend quant à elle également de l’acier pour la fabrication de haveuses, chargeuses-pelleteuses, convoyeurs, excavatrices, et camions.&lt;sup id=&#34;fnref10:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la transition vers des sources d’énergie peu carbonées et l’électrification des technologies de chauffage et de transport ne réduira pas notre dépendance à la sidérurgie – bien au contraire. Un réseau énergétique bas-carbone nécessite beaucoup plus d’acier (et autres matériaux) qu’une infrastructure basée sur les énergies fossiles. Le solaire et l’éolien sont des sources d’énergie dites « diffuses » par comparaison aux énergies fossiles. Concrètement, cela se traduit par le fait qu’elles requièrent beaucoup plus de matériaux (et d’espace) pour produire &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt; la même quantité d’énergie. Dans le jargon technique, on dit que le solaire et l’éolien ont une faible « densité de puissance », ou une forte « intensité matérielle ».&lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un réseau énergétique bas-carbone nécessite beaucoup plus d’acier qu’une infrastructure basée sur les énergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’ « intensité matière » en acier des centrales thermiques au charbon ou au gaz est comprise entre 50 et 60 tonnes d’acier par mégawatt de puissance installée.&lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les centrales hydroélectriques ont une intensité matérielle moindre, avec 20-30 tonnes d’acier par MW.&lt;sup id=&#34;fnref11:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le nucléaire également, avec 20-40 tonnes d’acier par MW.&lt;sup id=&#34;fnref2:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; A l’autre bout du spectre, les panneaux photovoltaïque nécessitent entre 40 et 170 tonnes d’acier par MW de puissance installée.&lt;sup id=&#34;fnref3:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Bien que les panneaux en eux-mêmes ne comprennent que peu voire pas d’acier, il s’agit du matériau idéal pour les structures qui les supportent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lacier-et-lénergie-éolienne&#34;&gt;L’acier et l’énergie éolienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’énergie avec la plus haute intensité en acier est – de loin – l’éolienne contemporaine. L’intensité matérielle d’une éolienne dépend de sa taille. Une grande éolienne requiert ainsi une quantité d’acier bien plus importante par mégawatt de puissance installée que deux éoliennes plus petites.&lt;sup id=&#34;fnref:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, une éolienne de 3,6 MW dotée d’une tour de 100 mètres de hauteur nécessite 335 tonnes d’acier (soit 83 tonnes/MW), tandis qu’une éolienne de 5 MW dotée d’une tour de 150 mètres nécessite 875 tonnes d’acier (soit 175 tonnes/MW).&lt;sup id=&#34;fnref:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Or, la tendance actuelle est à la construction d’éoliennes toujours plus hautes et, par conséquent, à une augmentation de leur intensité en acier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/05/how-to-escape-from-the-iron-age/images/dithers/melle-smets_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Tours d&amp;amp;rsquo;éoliennes en acier dans le port de Rotterdam. Photo : Melle Smets&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Tours d&#39;éoliennes en acier dans le port de Rotterdam. Photo : Melle Smets 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec la construction d’éoliennes en mer, cette intensité croît encore plus. Les parcs éoliens terrestres ont recours au béton armé pour leurs fondations, tandis que les éoliennes en mer utilisent d’énormes structures en acier – type  « monopieu »  ou « treillis métallique » – afin de s’ancrer aux fonds marins.&lt;sup id=&#34;fnref:36&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:36&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;36&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’intensité matérielle de ces éoliennes en mer est estimée à environ 450 tonnes d’acier par MW pour une génératrice de 5 MW – huit fois plus que pour une centrale thermique.&lt;sup id=&#34;fnref1:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. En outre, la consommation d’acier va croissante à mesure que ces éoliennes augmentent en taille et s’implantent dans des eaux de plus en plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;éolienne en mer la plus courante à l’heure actuelle a une capacité de 7 MW, tandis que les plus grandes d’entre elles atteignent 14 MW.&lt;sup id=&#34;fnref2:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En formulant une hypothèse conservatrice sur la base des chiffres cités plus haut (à savoir que l’intensité matière en tonnes d&amp;rsquo;acier/MW double chaque fois que la puissance est multipliée par deux), on peut estimer qu’une éolienne en mer de 14 MW nécessiterait 1 300 tonnes d’acier par MW, soit 18 200 tonnes au total. Une telle éolienne utilise par conséquent 24 fois plus d’acier qu’une centrale au charbon ou au gaz d’une capacité de production équivalente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-durée-de-vie-plus-courte&#34;&gt;Une durée de vie plus courte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’écart entre les énergies renouvelables et fossiles se creuse encore plus si l’intensité matérielle est calculée en tonne par unité d’énergie plutôt que par unité de puissance (MWh au lieu de MW). Contrairement aux centrales à charbon ou à gaz, l’énergie produite par les parcs éoliens et photovoltaïques dépend des conditions météorologiques. En conséquence, remplacer 1 MW de capacité de production d’électricité d’origine fossile implique (en moyenne) l’installation de 4 MW de solaire ou 2 MW d’éolien.&lt;sup id=&#34;fnref:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’intensité en acier d’une éolienne en mer de 14 MW est ainsi presque 50 fois plus élevée que celle d’une centrale électrique à combustibles fossiles pour chaque kilowatt-heure d’électricité produit.&lt;sup id=&#34;fnref:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’intensité en acier d’une éolienne en mer de 14 MW est presque 50 fois plus élevée que celle d’une centrale électrique à combustibles fossiles pour chaque kilowatt-heure d’électricité produit.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les installations solaires et éoliennes ont de plus une durée de vie inférieure (20-30 ans) à celle des centrales thermiques (30-60 ans).&lt;sup id=&#34;fnref1:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Si cela n’affecte pas l’intensité en acier par MW de puissance installée, cela augmente une fois de plus l’intensité par unité d’énergie produite sur une durée donnée. La consommation d’acier ne s’en trouve certes pas systématiquement doublée, dans la mesure où les fondations des éoliennes en mer et les structures pour panneaux solaires ont potentiellement une durée de vie supérieure aux sources d’énergie dont elles constituent le support, et pourraient de ce fait être réutilisées.&lt;sup id=&#34;fnref:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-infrastructures-de-transport-de-lénergie&#34;&gt;Les infrastructures de transport de l’énergie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les données exposées ci-dessus incluent uniquement l’acier incorporé dans les installations de production d’énergie elles-mêmes. Dans le cas des centrales à énergies fossiles, elles n’incluent pas l’acier utilisé pour la fabrication des pipelines, plateformes pétrolières, excavatrices à charbon, etc. Il en va toutefois de même concernant les sources d’énergie « bas-carbone ». Dans la mesure où elles requièrent une quantité de ressources beaucoup plus importante que les centrales thermiques (de l’acier mais également de nombreux autres métaux et matériaux), elles sont dépendantes d’un vaste réseau mondialisé d’infrastructures minières et logistiques, lesquelles s’avèrent tout aussi consommatrices d’acier que les chaînes d’approvisionnement des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, étant des sources d’énergie plus diffuses avec de surcroît une production électrique intermittente et variable, souvent située loin des lieux de consommation de l’énergie, les installations d’énergies renouvelables contribuent largement à l’extension du réseau électrique. Or, ces infrastructures de transmission de l’électricité reposent elles aussi massivement sur l’acier pour leur déploiement – des postes de commutation aux pylônes en passant par les câbles.&lt;sup id=&#34;fnref1:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:40&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:40&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les sources d’énergie bas-carbone sont fortement consommatrices d’aciers spéciaux, dont on a vu qu’ils étaient plus énergivores à produire. Ainsi, l’acier à destination des éoliennes en mer doit être résistant à la corrosion, tandis que les structures support de panneaux solaires sont de plus en plus réalisées en acier inoxydable.&lt;sup id=&#34;fnref:41&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:41&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;41&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’acier doux (acier au silicium, dit « magnétique »), formé par un alliage de ferrosilicium à très faible teneur en carbone, est quant à lui un composant indispensable pour les transformateurs du réseau électrique.&lt;sup id=&#34;fnref12:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les centrales nucléaires ont certes une intensité matérielle en acier relativement faible, mais sont intégralement construites avec des aciers spéciaux hautement énergivores. A titre d’exemple, au sein des réacteurs nucléaires, le gainage des barres de combustible contenant l’uranium fissile est assuré par un acier allié au zirconium, tandis que tous les éléments structurels contiennent de l’acier inoxydable austénitique.&lt;sup id=&#34;fnref13:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:42&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:42&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;42&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-réseau-bas-carbone-ne-peut-être-construit-à-partir-dacier-recyclé&#34;&gt;Un réseau bas-carbone ne peut être construit à partir d’acier recyclé&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La forte intensité matérielle en acier des sources d’énergie dites « décarbonées » nous confronte à un véritable dilemme, a priori insoluble.&lt;sup id=&#34;fnref:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pour remplacer les centrales thermiques actuelles par des installations d’énergies renouvelables, nous avons besoin de quantités encore plus importantes d’acier. Du fait du manque de ferraille disponible, cet acier supplémentaire ne peut être produit qu’à partir de minerai de fer dans des hauts-fourneaux, c’est-à-dire en brûlant toujours plus de combustibles fossiles. Dans un contexte de lutte contre le changement climatique, il est nécessaire de déployer rapidement et massivement des sources d’énergie peu carbonées. Or, pour s’inscrire dans un usage circulaire des ressources et créer ces nouvelles installations en utilisant plutôt de la ferraille et de l’électricité d’origine renouvelable, nous serions amenés à faire précisément l’inverse – à savoir ralentir la mise en place d’un réseau électrique bas-carbone.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/05/how-to-escape-from-the-iron-age/images/dithers/steel-jackets-for-offshore-wind-turbines_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Fondations en acier pour éoliennes en mer. Image de Glen Wallace, Wikimedia Commons (CC BY 2.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Fondations en acier pour éoliennes en mer. Image de Glen Wallace, Wikimedia Commons (CC BY 2.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une étude de référence, publiée en 2013, est arrivée à la conclusion suivante : pour que le solaire et l’éolien soient en mesure de fournir 25 000 TWh d’électricité – soit l’équivalent de la demande électrique mondiale en 2021 – 3 200 Mt d’acier seraient nécessaires à la construction des seuls parcs d’énergies renouvelables.&lt;sup id=&#34;fnref4:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les projections estiment que la demande mondiale d’électricité atteindra 52 000 à 71 000 terawatt-heures en 2050, ce qui induira une augmentation du besoin en acier de 6 400 à 8 960 Mt au total.&lt;sup id=&#34;fnref:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Réparties sur la durée de vie estimée des éoliennes et panneaux solaires (25 ans), cela signifie qu’il nous faudrait produire entre 256 et 358 Mt d’acier supplémentaires chaque année, afin d’assurer la fabrication des éoliennes et des structures pour panneaux solaires – une quantité équivalente à celle utilisée annuellement par l’industrie automobile (196 Mt) et les autres modes de transport (98 Mt) réunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces estimations demeurent cependant très optimistes. La demande en électricité ne représente qu’environ 20 % de la demande totale en énergie. Pour que cette dernière (177 000 TWh en 2021) soit intégralement fournie par le solaire et l’éolien, 22 400 Mt d’acier seraient nécessaires. Cela représenterait 896 Mt d’acier supplémentaires à produire chaque année – autant que la production mondiale au début des années 2000. On pourrait certes avancer que l’électricité peut être utilisée avec une meilleure efficacité que les énergies fossiles, par exemple pour les voitures et les systèmes de chauffage. Cependant, la demande énergétique globale augmentera dans le même temps : par « effet rebond », les gains d’efficacité seront donc inévitablement absorbés par une consommation accrue d’énergie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-solutions-high-tech&#34;&gt;Les solutions high-tech&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l’heure actuelle, l’industrie sidérurgique mise sur des innovations technologiques pour décarboner la production d’acier. Une des options consisterait à remplacer le charbon par du gaz, méthode déjà relativement répandue au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Si la fabrication d’acier à partir de gaz naturel permet certes de réduire les émissions de CO2, celles-ci demeurent largement plus élevées que dans le cas d’un four à arc électrique. C’est pourquoi l’hydrogène, qui remplacerait le coke (obtenu par raffinage du charbon) comme agent réducteur dans un four à cuve de réduction directe, concentre tous les espoirs.&lt;sup id=&#34;fnref:46&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:46&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;46&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Toutefois, une industrie sidérurgique basée sur l’hydrogène ne permettrait pas d’échapper au paradoxe évoqué plus haut, puisqu’elle impliquerait à son tour une infrastructure requérant, par sa nature même, d’énormes quantités d’acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la production d’hydrogène est très énergivore. Il faut 50-55 kilowatt-heures pour produire 1 kg d’hydrogène, et 60 kg d’hydrogène pour fabriquer une tonne d’acier.&lt;sup id=&#34;fnref1:46&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:46&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;46&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La production d’1 tonne d’acier à partir d’hydrogène consomme par conséquent 3 000 kWh d’électricité, soit dix fois plus que la consommation d’un four à arc électrique produisant la même quantité d’acier à partir de ferraille. De fait, une sidérurgie basée sur l’hydrogène mobiliserait à peu près dix fois plus d’éoliennes et de panneaux solaires que celle utilisant de la ferraille recyclée – donc dix fois plus d’acier. A cela, il faut en outre ajouter l’acier nécessaire à la construction des pipelines et réservoirs de stockage qui font partie intégrante de l’infrastructure associée à la technologie de l’hydrogène.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/05/how-to-escape-from-the-iron-age/images/dithers/worker-in-steel-factory_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Ouvrier sidérurgiste (fondeur) dans un haut-fourneau. Bundesarchiv, B 145 Bild-F079044-0020&amp;amp;rsquo;/ CC-BY-SA 3.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Ouvrier sidérurgiste (fondeur) dans un haut-fourneau. Bundesarchiv, B 145 Bild-F079044-0020&#39;/ CC-BY-SA 3.0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les technologies de capture et stockage du carbone, supposées capter les émissions des aciéries et les stocker sous terre, sont évidemment confrontées aux mêmes problèmes. Cette solution impliquerait le déploiement d’infrastructures en acier d’une part, et d’autre part des besoins supplémentaires en énergie, augmentant ainsi de manière indirecte l’utilisation des énergies fossiles. Revenir aux procédés sidérurgiques préindustriels n’est pas non plus une solution. Un haut-fourneau actuel fonctionne, dans ses grands principes, comme un haut-fourneau ancestral, à la différence près qu’il est beaucoup plus efficace énergétiquement.&lt;sup id=&#34;fnref14:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-solutions-low-tech&#34;&gt;Les solutions low-tech&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tableau brossé ci-dessus ne laisse a priori que peu d’espoir quant à la perspective d’une décarbonation de la production d’acier et d’énergie. Il y a malgré tout une piste de solution low-tech pour y parvenir. Elle consisterait tout simplement à ajuster la production d’acier au volume de ferraille disponible, à la fois en quantité et en qualité. Ceci permettrait de produire l’intégralité de l’acier à partir de ferraille dans des fours à arc électrique, réduisant ainsi drastiquement la consommation énergétique du secteur sidérurgique et éliminant la quasi-totalité des émissions carbone associées. Bien sûr, l’idée n’est pas de remplacer l’acier par des plastiques, des composites ou de l’aluminium, dont la fabrication est encore plus énergivore. La seule option réellement soutenable serait de réduire l’utilisation globale de matériaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;On pourrait ajuster la production d’acier au volume de ferraille disponible, à la fois en quantité et en qualité.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Diminuer la production d’acier et utiliser des qualités d’acier plus ordinaires ne signifierait pas pour autant un retour à l’âge du bronze. Comme mentionné plus haut, le volume disponible de matériaux ferreux en fin de vie représentait environ 450 Mt en 2021, ce qui nous permettrait de produire environ un quart de la production actuelle. Par ailleurs, l’offre en ferraille va continuer à croître dans les 40 prochaines années, ce qui permettrait de produire chaque année de plus en plus d’acier à faibles émissions de CO2. A l’horizon 2050, on estime que la disponibilité annuelle en ferraille pourrait atteindre 900 Mt, soit presque la moitié de la production mondiale d’acier actuelle.&lt;sup id=&#34;fnref:47&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:47&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;47&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Tout cet acier supplémentaire pourrait alors être utilisé en priorité pour déployer un réseau électrique bas-carbone sans que n’augmentent en contrepartie les émissions de carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’agissant de réduire l’intensité matérielle en acier du monde moderne, nous disposons d’une grande marge de manœuvre. Tous nos besoins essentiels – et beaucoup d’autres – pourraient être satisfaits en mobilisant des quantités d’acier bien moindres. Il serait par exemple possible de concevoir des voitures plus légères en réduisant leur taille. Ceci amènerait des économies d’énergie sans recours à des aciers alliés de haute qualité dont on a vu qu’ils étaient énergivores. Une partie des voitures individuelles pourraient être remplacées par la combinaison des transports en commun et du vélo, de manière à ce qu’une plus faible quantité d’acier soit partagée par un plus grand nombre de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels changements auraient par ailleurs pour effet de réduire la demande d’acier de la part du secteur routier, des infrastructures énergétiques et de l’industrie manufacturière. Nous aurions besoin de moins de machines-outils, conteneurs maritimes et bâtiments en béton armé. Dès lors que l’on entreprend de réduire l’intensité en acier dans un domaine, les bénéfices se répercutent sur l’ensemble du système. Prévenir la corrosion des éléments en acier et produire de l’acier plus localement, avec les ressources disponibles, permettrait également de réduire la consommation énergétique et les émissions du secteur sidérurgique.&lt;sup id=&#34;fnref2:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:48&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:48&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;48&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance continue de la production d’acier – autrement dit, l’intensité matérielle toujours plus forte de la civilisation industrielle – rend impossible toute tentative de produire de l’acier de manière plus durable. La solution ne pourra venir d’aucune technologie, puisqu’il ne s’agit fondamentalement pas d’un problème d’ordre &lt;em&gt;technique&lt;/em&gt;. Au même titre que la foresterie ne peut être soutenable que si la demande en bois ne dépasse pas la quantité de bois que les forêts sont capables de générer, la sidérurgie ne peut être soutenable (ou non) que dans la mesure où l’offre (ferraille) s’équilibre avec la demande (acier). Nous ne quitterons peut-être pas l’âge du fer, mais nous avons en revanche une ébauche de piste pour sortir du cercle vicieux qui lie inextricablement la production d’acier aux énergies fossiles.&lt;sup id=&#34;fnref:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thomsen, Christian Jürgensen. &amp;ldquo;Cursory View of the Monuments and Antiquities of the North.&amp;rdquo; Guide to Northern Archaeology by the Royal Society of Northern Antiquaries of Copenhagen (1848): 25-104. Voir aussi : Eskildsen, Kasper Risbjerg. &amp;ldquo;Christian Jürgensen Thomsen (1788 - 1865): Comparing Prehistoric Antiquities.&amp;rdquo; History of Humanities 4.2 (2019): 263-267. Et : Briggs, C. Stephen. &amp;ldquo;From Genesis to Prehistory: the archaeological Three Age System and its contested reception in Denmark, Britain, and Ireland. By Peter Rowley-Conwy. 226mm. Pp xix+ 362, 55 b&amp;amp;w ills. Oxford: Oxford University Press, 2007. ISBN 9780199227747.£ 65 (hbk).&amp;rdquo; The Antiquaries Journal 88 (2008): 474-478.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Article à paraître, Kris De Decker, Low-tech Magazine. &lt;a href=&#34;https://d69baa34.sibforms.com/serve/MUIEANc2lrp0ZlxefJj9bGWkRWAP8XKI8G25tXyMryhx1Q6iKLoxg-A9u3QuJxksFS7rQuYNdNjVBqcJfwig9kXB6QzKRFg0KK2ZhiJjarVqjLKhFw2Ej58I5aLFMcgBWzD0MrDKgWiQgF_qMW1-rhMF_nsEY44QyiGRITSt0oJGZGZMjXkhgKH6t_x5-HgMgcnO1J4fSoQ_2iw-&#34;&gt;S’abonner à la newsletter de Low-tech Magazine&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Idoine, N. E., et al. &amp;ldquo;World mineral production 2017-21.&amp;rdquo; (2023). &lt;a href=&#34;https://nora.nerc.ac.uk/id/eprint/534316/1/WMP_2017_2021_FINAL.pdf&#34;&gt;https://nora.nerc.ac.uk/id/eprint/534316/1/WMP_2017_2021_FINAL.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Katz-Lavigne, Sarah, Saumya Pandey, et Bert Suykens. &amp;ldquo;Mapping global sand: extraction, research and policy options.&amp;rdquo; (2022). &lt;a href=&#34;https://repository.uantwerpen.be/docman/irua/1428b3/183490cc.pdf&#34;&gt;https://repository.uantwerpen.be/docman/irua/1428b3/183490cc.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Colás, Rafael, et George E. Totten (dir.). Encyclopedia of iron, steel, and their alloys (Online version). CRC Press, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.steelonthenet.com/consumption.html&#34;&gt;https://www.steelonthenet.com/consumption.html&lt;/a&gt;. Les données disponibles sur cette page ont entre temps été actualisées pour l’année 2023.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Smil, Vaclav. Still the iron age: iron and steel in the modern world. Butterworth-Heinemann, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref9:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref10:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref11:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref12:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref13:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref14:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Steel in buildings and infrastructure&amp;rdquo;, World steel association. &lt;a href=&#34;https://worldsteel.org/steel-topics/steel-markets/buildings-and-infrastructure/&#34;&gt;https://worldsteel.org/steel-topics/steel-markets/buildings-and-infrastructure/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Conejo, Alberto N., Jean-Pierre Birat, et Abhishek Dutta. &amp;ldquo;A review of the current environmental challenges of the steel industry and its value chain.&amp;rdquo; Journal of environmental management 259 (2020): 109782.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;On estime qu’une fois mis en œuvre, entre 25 % et 33 % de l’acier produit chaque année est détruit par la corrosion. Voir : Iannuzzi, M., et G. S. Frankel. &amp;ldquo;The carbon footprint of steel corrosion.&amp;rdquo; npj Materials Degradation 6.1 (2022): 101. &lt;a href=&#34;https://www.nature.com/articles/s41529-022-00318-1.pdf&#34;&gt;https://www.nature.com/articles/s41529-022-00318-1.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Iron&amp;rdquo;, Encyclopedia Britannica&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lenzen, Manfred, et Christopher Dey. &amp;ldquo;Truncation error in embodied energy analyses of basic iron and steel products.&amp;rdquo; Energy 25.6 (2000): 577-585. &amp;amp; Oda, Junichiro, et al. &amp;ldquo;International comparisons of energy efficiency in power, steel, and cement industries.&amp;rdquo; Energy Policy 44 (2012): 118-129. Dans : Smil, Vaclav. Still the iron age: iron and steel in the modern world. Butterworth-Heinemann, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir, par exemple : Hatayama, Hiroki, et al. &amp;ldquo;Outlook of the world steel cycle based on the stock and flow dynamics.&amp;rdquo; Environmental science &amp;amp; technology 44.16 (2010): 6457-6463. Cet article avait estimé que la consommation d’acier atteindrait 1 800 Mt aux alentours de 2025.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;De Beer, Jeroen. Potential for industrial energy-efficiency improvement in the long term. Vol. 5. Springer Science &amp;amp; Business Media, 2013.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Wang, R. Q., et al. &amp;ldquo;Energy saving technologies and mass-thermal network optimization for decarbonized iron and steel industry: A review.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 274 (2020): 122997.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Précisons qu’environ 5 % de l’acier mondial est produit via un troisième procédé : la réduction directe de minerai de fer à partir de gaz. Ces fours utilisent du gaz naturel en lieu et place du charbon et génèrent par conséquent moins d’émissions de carbone. Celles-ci demeurent toutefois largement plus élevées que dans le cas d’un four à arc électrique. La fabrication d’acier à l’aide de gaz naturel est principalement répandue au Moyen-Orient et en Amérique du Nord.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;He, Kun, and Li Wang. &amp;ldquo;A review of energy use and energy-efficient technologies for the iron and steel industry.&amp;rdquo; Renewable and Sustainable Energy Reviews 70 (2017): 1022-1039. This source gives a value of 1-1.5 GJ/ton of crude steel.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ce constat vaut également pour de nombreux autres matériaux et ressources. Voir : &amp;ldquo;L’Économie circulaire est-elle vraiment circulaire ?&amp;rdquo;, Kris De Decker, Low-tech Magazine, Novembre 2018. &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/11/how-circular-is-the-circular-economy/&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/11/how-circular-is-the-circular-economy/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kong, Xianghui, et al. &amp;ldquo;Steel stocks and flows of global merchant fleets as material base of international trade from 1980 to 2050.&amp;rdquo; Global Environmental Change 73 (2022): 102493.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Yellishetty, Mohan, P. G. Ranjith, et A. Tharumarajah. &amp;ldquo;Iron ore and steel production trends and material flows in the world: Is this really sustainable?.&amp;rdquo; Resources, conservation and recycling 54.12 (2010): 1084-1094.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Janke, Dieter, et al. &amp;ldquo;Scrap-based steel production and recycling of steel.&amp;rdquo; Materiali in tehnologije 34.6 (2000): 387.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;En Occident, l’usage de l’acier s’est généralisé sur une période historique de 150 ans environ, de manière concomitante et en lien étroit avec les évolutions techniques de l’époque. &lt;em&gt;A contrario&lt;/em&gt;, en Chine, cette mutation technologique s’est accomplie en seulement quelques dizaines d’années : navires, voies ferrées, électrification, bâtiments et structures en acier, voitures et avions, internet, énergies renouvelables. On trouve encore des régions du monde où les sociétés humaines ont conservé une très faible intensité matérielle en acier, telles que l’Inde et l’Afrique. La production (et la consommation) d’acier conservent donc un potentiel de croissance considérable. Source: Smil, Vaclav. Still the iron age: iron and steel in the modern world. Butterworth-Heinemann, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;AHHS Application Guidelines, WorldAutoSteel. ahssinsights.org/news/intro&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sverdrup, Harald Ulrik, et Anna Hulda Olafsdottir. &amp;ldquo;Assessing the long-term global sustainability of the production and supply for stainless steel.&amp;rdquo; BioPhysical Economics and Resource Quality 4 (2019): 1-29.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Conseil, Laplace. &amp;ldquo;Impacts of energy market developments on the steel industry.&amp;rdquo; 74th Session of the OECD Steel Committee, Paris, France (2013). Dans : Smil, Vaclav. Still the iron age: iron and steel in the modern world. Butterworth-Heinemann, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;Deetman, Sebastiaan, et al. &amp;ldquo;Projected material requirements for the global electricity infrastructure–generation, transmission and storage.&amp;rdquo; Resources, Conservation and Recycling 164 (2021): 105200.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Un réseau électrique alimenté à 100 % par les énergies renouvelables serait-il réellement durable ?&amp;rdquo;, Kris De Decker, Low-tech Magazine, September 2017.  &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2017/09/how-not-to-run-a-modern-society-on-solar-and-wind-power-alone/&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/fr/2017/09/how-not-to-run-a-modern-society-on-solar-and-wind-power-alone/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kleijn, René, et al. &amp;ldquo;Metal requirements of low-carbon power generation.&amp;rdquo; Energy 36.9 (2011): 5640-5648.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Weißbach, Daniel, et al. &amp;ldquo;Energy intensities, EROIs (energy returned on invested), and energy payback times of electricity generating power plants.&amp;rdquo; Energy 52 (2013): 210-221.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Chen, Zhenyang, Rene Kleijn, et Hai Xiang Lin. &amp;ldquo;Metal requirements for building electrical grid systems of global wind power and utility-scale solar photovoltaic until 2050.&amp;rdquo; Environmental Science &amp;amp; Technology 57.2 (2022): 1080-1091.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;Vidal, Olivier, Bruno Goffé, et Nicholas Arndt. &amp;ldquo;Metals for a low-carbon society.&amp;rdquo; Nature Geoscience 6.11 (2013): 894-896. The data are in the supplementary info: &lt;a href=&#34;https://www.nature.com/articles/ngeo1993#Sec5&#34;&gt;https://www.nature.com/articles/ngeo1993#Sec5&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Energy&amp;rdquo;, American Iron and Steel Institute. &lt;a href=&#34;https://www.steel.org/steel-markets/energy/&#34;&gt;https://www.steel.org/steel-markets/energy/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:33&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Steel is the power behind renewable energy&amp;rdquo;, Arcelor Mittal.  &lt;a href=&#34;https://constructalia.arcelormittal.com/en/news_center/articles/steel-is-the-power-behind-renewable-energy#:~:text=Steel%3A%20a%20key%20material%20in%20a%20less%20carbon%2Dintensive%20world&amp;amp;text=Without%20steel%2C%20none%20of%20the,Schrijver%2C%20CEO%20of%20ArcelorMittal%20Projects&#34;&gt;https://constructalia.arcelormittal.com/en/news_center/articles/steel-is-the-power-behind-renewable-energy#:~:text=Steel%3A%20a%20key%20material%20in%20a%20less%20carbon%2Dintensive%20world&amp;amp;text=Without%20steel%2C%20none%20of%20the,Schrijver%2C%20CEO%20of%20ArcelorMittal%20Projects&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:34&#34;&gt;
&lt;p&gt;Topham, Eva, et al. &amp;ldquo;Recycling offshore wind farms at decommissioning stage.&amp;rdquo; Energy policy 129 (2019): 698-709.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:35&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gervásio, Helena, et al. &amp;ldquo;Comparative life cycle assessment of tubular wind towers and foundations–Part 2: Life cycle analysis.&amp;rdquo; Engineering structures 74 (2014): 292-299. &amp;amp; Rebelo, Carlos, et al. &amp;ldquo;Comparative life cycle assessment of tubular wind towers and foundations–Part 1: Structural design.&amp;rdquo; Engineering structures 74 (2014): 283-291.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:36&#34;&gt;
&lt;p&gt;Assessing the significance of steel to the global wind industry, S&amp;amp;P Global, Commodity Insights. December 2021. &lt;a href=&#34;https://www.spglobal.com/commodityinsights/en/ci/research-analysis/assessing-the-significance-of-steel-to-the-global-wind-industry.html&#34;&gt;https://www.spglobal.com/commodityinsights/en/ci/research-analysis/assessing-the-significance-of-steel-to-the-global-wind-industry.html&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:36&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:37&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bolson, Natanael, Pedro Prieto, et Tadeusz Patzek. &amp;ldquo;Capacity factors for electrical power generation from renewable and nonrenewable sources.&amp;rdquo; Proceedings of the National Academy of Sciences 119.52 (2022): e2205429119. &lt;a href=&#34;https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2205429119&#34;&gt;https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2205429119&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:38&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ce chiffre s’avère cohérent avec les analyses de Vidal, Olivier, Bruno Goffé, et Nicholas Arndt. &amp;ldquo;Metals for a low-carbon society.&amp;rdquo; Nature Geoscience 6.11 (2013): 894-896. Les données sont disponibles dans en annexe : &lt;a href=&#34;https://www.nature.com/articles/ngeo1993#Sec5&#34;&gt;https://www.nature.com/articles/ngeo1993#Sec5&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:39&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas des éoliennes en mer, la durée de vie des fondations est estimée à 100 ans, elles pourront donc en principe servir au remplacement des éoliennes par de futurs modèles de même taille et masse. En revanche, l’hypothèse que ces fondations en acier finiront par être recyclée n’a rien d’une évidence. Premièrement, le recyclage du métal ne contribue au recouvrement des coûts de démantèlement qu’à hauteur de 10 %, ce qui signifie qu’il n’est pas une option économiquement - ni peut-être même &lt;em&gt;énergétiquement&lt;/em&gt; - intéressante. Deuxièmement, il arrive dans certains cas qu’une biodiversité marine se soit développée autour des fondations. Les quatre parcs éoliens en mer démantelés en 2019 ont eu une durée de vie respective de 15, 18, 20 et 26 ans. Source : Topham, Eva, et al. &amp;ldquo;Recycling offshore wind farms at decommissioning stage.&amp;rdquo; Energy policy 129 (2019): 698-709.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:40&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir: &lt;a href=&#34;https://www.fedsteel.com/insights/steels-role-in-the-us-power-infrastructure/&#34;&gt;https://www.fedsteel.com/insights/steels-role-in-the-us-power-infrastructure/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:40&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:41&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir: &lt;a href=&#34;https://industry.arcelormittal.com/products-solutions/Products_in_the_spotlight/magnelis&#34;&gt;https://industry.arcelormittal.com/products-solutions/Products_in_the_spotlight/magnelis&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:41&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:42&#34;&gt;
&lt;p&gt;Maziasz, Philip J., et Jeremy T. Busby. Properties of austenitic stainless steels for nuclear reactor applications. Oak Ridge National Lab.(ORNL), Oak Ridge, TN (United States), 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:42&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:43&#34;&gt;
&lt;p&gt;En anglais, l’expression « &lt;em&gt;catch-22&lt;/em&gt; » désigne une situation de paradoxe logique où la résolution d’un problème semble impossible du fait de prémisses contradictoires [N.d.T.].&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:44&#34;&gt;
&lt;p&gt;Une partie de cette capacité de production d’énergies renouvelables est déjà construite. Les chercheurs de cette étude se basent sur la production solaire et éolienne de l’année 2013, soit 400 TWh, or ces deux énergies ont produit un cumul de 2 894 TWh en 2021.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:45&#34;&gt;
&lt;p&gt;Electricity consumption worldwide from 2000 to 2022, with a forecast for 2030 and 2050, by scenario. Statista. &lt;a href=&#34;https://www.statista.com/statistics/1426308/electricity-consumption-worldwide-forecast-by-scenario/#:~:text=According%20to%20a%20recent%20forecast,on%20the%20energy%20transition%20scenario&#34;&gt;https://www.statista.com/statistics/1426308/electricity-consumption-worldwide-forecast-by-scenario/#:~:text=According%20to%20a%20recent%20forecast,on%20the%20energy%20transition%20scenario&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:46&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bhaskar, Abhinav, et al. &amp;ldquo;Decarbonizing primary steel production: Techno-economic assessment of a hydrogen based green steel production plant in Norway.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 350 (2022): 131339.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:46&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:46&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:47&#34;&gt;
&lt;p&gt;Scrap use in the steel industry, World Steel Association. May 2021. &lt;a href=&#34;https://worldsteel.org/wp-content/uploads/Fact-sheet-on-scrap_2021.pdf&#34;&gt;https://worldsteel.org/wp-content/uploads/Fact-sheet-on-scrap_2021.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:47&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:48&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Pedal to the metal&amp;rdquo;, Caitlin Swalec, Global Energy Monitor, June 2022.  &lt;a href=&#34;https://globalenergymonitor.org/wp-content/uploads/2022/06/GEM_SteelPlants2022.pdf&#34;&gt;https://globalenergymonitor.org/wp-content/uploads/2022/06/GEM_SteelPlants2022.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:48&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:49&#34;&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument en faveur d’une réduction de l’intensité matérielle en acier de notre société est que cela limiterait le risque de conflits géopolitiques. Plus nous produisons de l’acier pour des applications civiles « pacifiques », plus la quantité d’acier disponible pour mener guerres et destructions augmente. On s’étonnera d’ailleurs que la fabrication d’armes et d’équipements militaires ne figure pas dans les statistiques récentes sur la production d’acier, ou qu’elle n’en représente, le cas échéant, qu’une part très faible. Quoi qu’il en soit, en temps de guerres, les aciéries sont systématiquement réquisitionnées pour la production d’acier à des fins militaires. L’industrie sidérurgique peut donc à tout moment être convertie en industrie d’armement. Or, la capacité mondiale de production d’acier est à ce jour plus grande qu’elle ne l’a jamais été dans l’histoire.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Des déchets plastiques dans votre réservoir de voiture ?</title>
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      <pubDate>Mon, 08 Jan 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/intro-plastic-waste-in-fuel-tank-gijs-schalkx_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Cette voiture roule au plastique. Crédit photo : Gijs Schalkx.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : Cette voiture roule au plastique. Crédit photo : Gijs Schalkx. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;du-gaz-de-bois-aux-déchets-plastiques&#34;&gt;Du gaz de bois aux déchets plastiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’Europe continentale a vu ses combustibles fossiles rationnés lors de la Seconde Guerre mondiale, entraînant &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2010/01/wood-gas-vehicles-firewood-in-the-fuel-tank/&#34;&gt;la conversion de nombreux véhicules motorisés pour qu’ils puissent fonctionner à l’aide d’une énergie à base de bois&lt;/a&gt;. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les véhicules à gazogène étaient une alternative à leurs cousins à essence, certes peu élégants mais aussi populaires que les véhicules électriques d’aujourd’hui. Rien qu’en Allemagne, à la fin de la guerre, on comptait environ 500 000 voitures, bus et poids lourds à gazogène. Une alternative encore plus encombrante est également apparue : le &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/11/gas-bag-vehicles/&#34;&gt;véhicule à sac de gaz&lt;/a&gt;. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, la quantité de bois disponible est bien inférieure à ce qu’elle était dans les années 40, surtout dans les zones industrialisées. Quelle serait donc la solution aux perturbations d’approvisionnement en essence et en électricité à l’aube de la Troisième Guerre mondiale ? Le concepteur néerlandais &lt;a href=&#34;https://gijsschalkx.nl&#34;&gt;Gijs Schalkx&lt;/a&gt; a trouvé une autre source de carburant qui, elle, est abondante : les déchets plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de plastique démarre dans les années 50, juste après la Seconde Guerre mondiale. Le plastique est depuis devenu un matériau de plus en plus populaire, atteignant une production annuelle mondiale de 460 millions de tonnes en 2019 (deux fois plus qu’en 2000 et huit fois plus qu’en 1976). &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/burning.gijs-schalkx_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Le carburant est produit sur le toit de la voiture. Crédit photo : Gijs Schalkx&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : Le carburant est produit sur le toit de la voiture. Crédit photo : Gijs Schalkx 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le plastique est issu des combustibles fossiles, et il est possible d’inverser cette transformation. Gijs Schalkx a converti une Volvo 240 abandonnée de sorte qu’elle soit alimentée par du gazole créé à partir des déchets plastiques qu’il collecte. Sa « dé-raffinerie » installée sur la galerie de toit du véhicule les transforme en carburant. La Volvo n’est alors plus dépendante des pompes à essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les déchets plastiques sont chauffés dans une chaudière à environ 700 °C, température à laquelle ils s’évaporent. En refroidissant, le gaz passe à l’état liquide. Au bout d’une heure, on obtient un carburant semblable à du gazole. Gijs le récupère dans des bouteilles en plastique, elles-mêmes la matière première du liquide qu’elles contiennent. Le carburant a la couleur du Coca-Cola, produit phare de l’un des plus gros producteurs de déchets plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;quelle-autonomie-avec-des-déchets-plastiques&#34;&gt;Quelle autonomie avec des déchets plastiques ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La production de carburant peut s’effectuer en même temps que la conduite, mais Gijs a préféré ne pas le faire pour des raisons de sécurité. À 80 km/h, sa Volvo 240 peut rouler 7 kilomètres avec un kilogramme de plastique (soit une consommation de 14 kg de plastique pour 100 km). Cela inclut le carburant utilisé pour chauffer les déchets plastiques sur le toit (1 kg de plastique donne 0,5 litre de gazole).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir un litre de carburant, il faut plusieurs sacs-poubelle remplis, les déchets plastiques étant généralement volumineux. Schalkx prévoit d’utiliser une petite déchiqueteuse pour diminuer ce volume, mais il s’alimente pour le moment en granules de plastique (polytéréphtalate d’éthylène et polyéthylène à haute densité) qu’un voisin lui a fournis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/gijs-schalkx-on-roof-volvo_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Gijs Schalkx ajoute des déchets plastiques à sa dé-raffinerie. Crédit photo : Gijs Schalkx.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : Gijs Schalkx ajoute des déchets plastiques à sa dé-raffinerie. Crédit photo : Gijs Schalkx.
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelle distance pourrions-nous parcourir si nous transformions tous nos déchets plastiques en carburant ? Les Pays-Bas ont produit environ 1 650 kilotonnes de déchets plastiques en 2017 (1 650 000 000 kg), suffisamment pour conduire sur une distance de 11,55 milliards de kilomètres (11 550 000 000 km). &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cela correspond à environ un dixième des kilomètres parcourus par toutes les voitures des Pays-Bas en 2021 (114,3 milliards de kilomètres). &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La quantité actuelle de déchets plastiques par habitant des Pays-Bas (97 kg par an) permettrait de parcourir jusqu’à 679 km.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;À plus petite échelle, un véhicule moyen aux Pays-Bas parcourt 12 000 km à l’année. Il faudrait donc que chaque conducteur et ses passagers récoltent 1 714 kg de plastique par an pour l’alimenter. D’autre part, la quantité actuelle de déchets plastiques par habitant des Pays-Bas (97 kg) permettrait de parcourir jusqu’à 679 km, ce qui pourrait être suffisant pour ceux qui optimisent leurs déplacements pour moins conduire. La quantité de déchets plastiques produite se multipliant plus vite que le nombre de voitures, la distance parcourue pourrait augmenter un peu plus chaque année. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;rouler-à-laide-de-déchets-plastiques-une-initiative-durable&#34;&gt;Rouler à l’aide de déchets plastiques : une initiative durable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Conduire une voiture alimentée en déchets plastiques présente des avantages en termes de résilience. Par exemple, les équipes médicales en ambulances pourraient intervenir en zone de guerre où l’accès au carburant n’est pas garanti. Mais qu’en est-il en période de paix ? Après tout, les déchets plastiques sont l’un des grands problèmes modernes et la voiture de Gijs Schalkx nous en débarrasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec moins de 10 % du plastique mondial recyclé, se pourrait-il qu’encourager les gens à convertir leur voiture et utiliser du gazole d’origine plastique soit la prochaine étape ? Ce serait certainement une alternative plus abordable aux véhicules électriques, mais qu’en est-il des émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’un côté, les émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; inhérentes à la Volvo 240 sont quasi nulles : Gijs a trouvé la plupart des pièces, dont la voiture elle-même, dans une décharge et en a acheté d’autres d’occasion. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En revanche, les nouvelles voitures, en particulier les électriques, ont une empreinte carbone considérable avant même d’avoir fait un seul kilomètre. Cela implique également de nombreuses infrastructures pour produire et distribuer carburant et électricité, ajoutant toujours plus d’émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt;. De son côté, la Volvo a sa propre infrastructure sur son toit, construite à partir de pièces de récupération.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/gijs-schalkx-volvo-smiles_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Gijs Schalkx au volant de sa voiture. La conception est un clin d’œil aux voitures à gazogène construites par d’autres Néerlandais, Dutch John et Joost Conijn. Crédit photo : Frank Hanswijk.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : Gijs Schalkx au volant de sa voiture. La conception est un clin d’œil aux voitures à gazogène construites par d’autres Néerlandais, Dutch John et Joost Conijn. Crédit photo : Frank Hanswijk. 
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&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/dashboard-volvo-frank-hanswijk_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : L’intérieur de la voiture. Crédit photo : Frank Hanswijk.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : L’intérieur de la voiture. Crédit photo : Frank Hanswijk.
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D’un autre côté, les émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; de la production de carburant et sa combustion ne sont pas à vanter. Tout d’abord, la combustion du plastique sur le toit de la voiture : pour produire 1 L de gazole, il faut brûler 1 kg de plastique, entraînant ainsi des émissions de CO&lt;sub&gt;2 &lt;/sub&gt;comprises entre 2 à 2,7 kg. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, la combustion du gazole pendant la conduite émet 2,7 kg de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; par litre. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En combinant ces deux sources, cela représente des émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; comprises entre 4,7 à 5,4 kg par litre. Par conséquent, avec une économie de carburant de 7,14 L par 100 km, la Volvo émet entre 33,6 et 38,6 kg de gaz à effet de serre pour 100 km.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparaison, en Europe, une voiture ordinaire alimentée avec des combustibles fossiles émet 25,8 kg/100 km, incluant la production de pétrole brut, son raffinage et la fabrication du véhicule. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À l’inverse, une petite voiture électrique comme la Nissan Leaf émet 10,9 kg/100 kg de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; en Europe, en tenant compte des émissions liées à la production d’électricité. Ainsi, la Volvo émet 2,5 fois plus de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; que la moyenne des voitures à combustion en Europe, et 7 fois plus qu’une petite voiture électrique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En théorie, il serait possible de convertir une voiture récente en un véhicule alimenté par des déchets plastiques, ce qui réduirait considérablement les émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cet écart serait moindre si les émissions liées à la construction des infrastructures pétrolières et électriques étaient prises en compte dans les données relatives aux autres véhicules. Toutefois, il est peu probable que ce facteur soit déterminant. Ces émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; s’expliquent par plusieurs autres raisons : Premièrement, produire du carburant à l’aide d’un système de combustion de plastique sur le toit émet quatre fois plus de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; qu’en produire à partir de pétrole brut en raffinerie. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Deuxièmement, la Volvo a été introduite en 1980, une époque où les voitures consommaient moins de carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gijs Schalkx a exprimé l&amp;rsquo;idée suivante : « En théorie, il serait possible de convertir une voiture récente en un véhicule alimenté par des déchets plastiques, ce qui réduirait considérablement les émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt;. De même, la dé-raffinerie, pionnière dans son domaine, pourrait être améliorée grâce à l&amp;rsquo;expertise d&amp;rsquo;ingénieurs qualifiés. Bien que les raffineries de pétrole existent depuis plus d&amp;rsquo;un siècle, les voitures récentes sont équipées de systèmes de contrôle électronique qui empêchent l&amp;rsquo;utilisation de carburants alternatifs. »&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;externalisation-de-la-pollution&#34;&gt;Externalisation de la pollution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-delà des émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt;, la combustion du plastique pour produire du carburant pollue fortement l’air en raison des produits chimiques présents dans le matériau de base. C’est pourquoi aucune personne saine d’esprit ne proposerait de passer à des voitures alimentées par des déchets plastiques. Cependant, il est instructif d&amp;rsquo;analyser les raisons qui conduisent à cette conclusion largement partagée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des déchets plastiques brûlés et transformés avec la Volvo 240 auraientt de toute manière été incinérés, non pas sur le toit d’une voiture, mais dans des incinérateurs. C’est le sort réservé à 44 % des déchets plastiques en Europe. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ceux-ci sont incinérés pour produire de l&amp;rsquo;électricité, utilisée ensuite pour alimenter les voitures électriques. En quoi cette méthode est-elle plus écologique que la combustion directe de plastique sur le toit de sa voiture ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/derefinery-gijs-schalkx-portrait_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Combustion du plastique. Crédit photo : Gijs Schalkx.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : Combustion du plastique. Crédit photo : Gijs Schalkx. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, les émissions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt;sont les mêmes. Cependant, il est plus facile d&amp;rsquo;installer un épurateur de gaz sur des milliers d&amp;rsquo;incinérateurs que sur des millions de voitures. En effet, brûler des déchets plastiques dans des incinérateurs pour alimenter des voitures électriques est un moyen &lt;em&gt;d&amp;rsquo;externaliser&lt;/em&gt; les effets secondaires associés à la conduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un incinérateur peut être implanté (et l’est généralement) dans des quartiers défavorisés, et engendre une forte prévalence de cancers et d’autres problèmes de santé, malgré les efforts pour lutter contre la pollution. Parallèlement, il génère de l&amp;rsquo;électricité utilisée pour alimenter les voitures électriques qui circulent dans les zones à faibles émissions des quartiers plus aisés.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;internalisation-de-la-pollution&#34;&gt;Internalisation de la pollution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A contrario, la Volvo de Schalkx &lt;em&gt;internalise&lt;/em&gt; tous les effets secondaires associés à la conduite automobile. Elle n’est a priori pas conçue pour être agréable à conduire, et sa propreté laisse à désirer : l&amp;rsquo;odeur malsaine du plastique s&amp;rsquo;infiltre à l&amp;rsquo;intérieur, contraignant Gijs à maintenir constamment les fenêtres ouvertes, peu importe le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, récupérer du plastique et produire du carburant lui demandent beaucoup de temps.Tous ces inconvénients l’obligent à réfléchir sérieusement avant de prendre le volant. Il est improbable que Schalkx parcoure 12 000 km par an, et par conséquent, il polluera moins que les propriétaires de véhicules plus durables qui ne font pas face à ces inconvénients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, même les autorités néerlandaises, réputées pour leur rigueur, ont officiellement approuvé le véhicule après inspection. Schalkx est exonéré de taxes, et grâce à son ancienne voiture, il peut circuler dans les zones à faibles émissions, où il stationne à côté des tous derniers modèles de SUV électriques. L&amp;rsquo;équité se maintient même dans un monde où de telles situations sont exceptionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/trunk-volvo-240_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Bouteilles en plastique contenant du carburant. Crédit photo : Kris De Decker.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : Bouteilles en plastique contenant du carburant. Crédit photo : Kris De Decker. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/plastic-fuel-gijs-schalkx_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Partie de la dé-raffinerie sur le toit qui présente le ventilateur du brûleur à combustibles. Ce ventilateur a été récupéré à partir d&amp;amp;rsquo;un ancien système de chauffage de la Volvo. Crédit photo : Gijs Schalkx&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : Partie de la dé-raffinerie sur le toit qui présente le ventilateur du brûleur à combustibles. Ce ventilateur a été récupéré à partir d&#39;un ancien système de chauffage de la Volvo. Crédit photo : Gijs Schalkx 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/stookketel_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Partie de la dé-raffinerie sur le toit qui représente le brûleur à combustible de type Ursutz chauffant la raffinerie. Crédit photo : Gijs Schalkx&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : Partie de la dé-raffinerie sur le toit qui représente le brûleur à combustible de type Ursutz chauffant la raffinerie. Crédit photo : Gijs Schalkx 
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&lt;/div&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/recycled-steel_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Gijs Schalkx a réparé sa voiture avec de la ferraille. Crédit photo : Gijs Schalkx&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : Gijs Schalkx a réparé sa voiture avec de la ferraille. Crédit photo : Gijs Schalkx 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/plastic-waste-in-the-fuel-tank/images/dithers/door-interior_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : Gijs Schalkx a n’a gardé que l’essentiel dans sa voiture. Crédit photo : Kris De Decker.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Photo : Gijs Schalkx a n’a gardé que l’essentiel dans sa voiture. Crédit photo : Kris De Decker. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les véhicules à gazogène : du bois dans le réservoir, Kris De Decker, Low-tech Magazine, 2010. &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2010/01/wood-gas-vehicles-firewood-in-the-fuel-tank/&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/2010/01/wood-gas-vehicles-firewood-in-the-fuel-tank/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Véhicules à sac de gaz, Kris De Decker, Low-tech Magazine, 2011. &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2011/11/gas-bag-vehicles/&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/2011/11/gas-bag-vehicles/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.statista.com/statistics/282732/global-production-of-plastics-since-1950/&#34;&gt;https://www.statista.com/statistics/282732/global-production-of-plastics-since-1950/&lt;/a&gt; &amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.oecd.org/environment/plastic-pollution-is-growing-relentlessly-as-waste-management-and-recycling-fall-short.htm&#34;&gt;https://www.oecd.org/environment/plastic-pollution-is-growing-relentlessly-as-waste-management-and-recycling-fall-short.htm&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://ce.nl/publicaties/plasticgebruik-en-verwerking-van-plastic-afval-in-nederland/&#34;&gt;https://ce.nl/publicaties/plasticgebruik-en-verwerking-van-plastic-afval-in-nederland/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.cbs.nl/nl-nl/visualisaties/verkeer-en-vervoer/verkeer/verkeersprestaties-personenautos#:~:text=Van%20de%20114%2C3%20miljard,overige%20kilometers%20werden%20zakelijk%20gereden&#34;&gt;https://www.cbs.nl/nl-nl/visualisaties/verkeer-en-vervoer/verkeer/verkeersprestaties-personenautos#:~:text=Van%20de%20114%2C3%20miljard,overige%20kilometers%20werden%20zakelijk%20gereden&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, 14 % du pétrole mondial sert à la fabrication des plastiques, comparé à seulement 4 % en 2012. On estime que d&amp;rsquo;ici 2050, cette part devrait atteindre 20 %. Sources : &lt;a href=&#34;https://e360.yale.edu/features/the-plastics-pipeline-a-surge-of-new-production-is-on-the-way&#34;&gt;https://e360.yale.edu/features/the-plastics-pipeline-a-surge-of-new-production-is-on-the-way&lt;/a&gt; &amp;amp; &lt;a href=&#34;https://www.reuters.com/business/environment/big-oils-plastic-boom-threatens-uns-historic-pollution-pact-2022-03-04/&#34;&gt;https://www.reuters.com/business/environment/big-oils-plastic-boom-threatens-uns-historic-pollution-pact-2022-03-04/&lt;/a&gt; &amp;amp; &lt;a href=&#34;https://oilprice.com/Energy/Energy-General/How-Much-Crude-Oil-Does-Plastic-Production-Really-Consume.html&#34;&gt;https://oilprice.com/Energy/Energy-General/How-Much-Crude-Oil-Does-Plastic-Production-Really-Consume.html&lt;/a&gt; Voir aussi &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les pièces neuves de la voiture comprennent les tuyaux de carburant, les tuyaux de liquide de refroidissement, la peinture, les pneus, les conduites de frein et les plaquettes de frein. La plupart de ces pièces étaient nécessaires pour passer le contrôle technique du véhicule.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Rubio-Domingo, Gabriela, et al. « Making Plastics Emissions Transparent. » COMET. Dernière modification en février 2022. https://ccsi. columbia. edu/sites/default/files/content/COMET-making-plastics-emissions-transparent. Pdf (2022). &lt;a href=&#34;https://ccsi.columbia.edu/sites/default/files/content/COMET-making-plastics-emissions-transparent.pdf&#34;&gt;https://ccsi.columbia.edu/sites/default/files/content/COMET-making-plastics-emissions-transparent.pdf&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1742-6596/2307/1/012025/pdf&#34;&gt;https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1742-6596/2307/1/012025/pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.carbonbrief.org/factcheck-how-electric-vehicles-help-to-tackle-climate-change/&#34;&gt;https://www.carbonbrief.org/factcheck-how-electric-vehicles-help-to-tackle-climate-change/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC85326&#34;&gt;https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC85326&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.oecd.org/environment/plastic-pollution-is-growing-relentlessly-as-waste-management-and-recycling-fall-short.htm#:~:text=Another%2019%25%20is%20incinerated%2C%2050,environments%2C%20especially%20in%20poorer%20countries&#34;&gt;https://www.oecd.org/environment/plastic-pollution-is-growing-relentlessly-as-waste-management-and-recycling-fall-short.htm#:~:text=Another%2019%25%20is%20incinerated%2C%2050,environments%2C%20especially%20in%20poorer%20countries&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Trop de combustion, pas assez de feux</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2019/12/too-much-combustion-too-little-fire/</link>
      
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      <pubDate>Sun, 29 Dec 2019 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/12/too-much-combustion-too-little-fire/images/dithers/toasterbanner_dithered.png&#34; alt=&#39;Illustration: Diego Marmolejo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Illustration: [Diego Marmolejo](https://www.instagram.com/ddidak/).  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le feu – que nous utilisé dans nos maisons depuis plus de 400 000 ans – reste la technologie domestique la plus durable et polyvalente que l’humanité ait jamais connu. Pendant longtemps, le feu permettait à lui seul de fournir les services que nous obtenons aujourd’hui grâce à la combinaison d’une multitude d’appareils modernes, comme le four, la plaque de cuisson, la chaudière, les ampoules lumineuses, le réfrigérateur, le congélateur, le ballon d’eau chaude, le sèche-linge et la télévision. En revanche, à l’inverse de ces technologies plus récentes, le feu ne nécessitait pas d’infrastructure centrale pour fonctionner et pouvait être obtenu localement à partir de matériaux facilement accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;de-lâtre-à-la-centrale&#34;&gt;De l’âtre à la centrale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’usage traditionnel du feu remonte à entre 300 000 et 400 000 ans. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Jusqu’au 20ème siècle, le feu alimenté par biomasse était le seul « appareil domestique» consommateur d’énergie, que les habitants vivent dans une grotte, une hutte temporaire ou un bâtiment pérenne. Les premiers abris étaient d’ailleurs souvent érigés dans le but précis de maintenir le feu allumé en le protégeant du vent et de la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la plus grande partie de l’histoire, le feu a été utilisé sous la forme d’un foyer ouvert, construit sur un sol de terre et placé au milieu d’un abri. La fumée s’échappait à travers un trou aménagé dans le toit. A partir du 14ème siècle  en Europe, le foyer ouvert a été progressivement remplacé par un âtre connecté à une cheminée pour l’évacuation des fumées, le plus souvent construite contre un mur. Dans les régions les plus froides (comme la Scandinavie), les populations ont construit &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/12/sunbathing-in-the-living-room-oven-stoves-and-heat-walls/&#34;&gt;des poêles en faïence&lt;/a&gt; plus efficaces d’un point de vue énergétique, tandis que dans les régions plus tempérées (par exemple autour de la Méditerranée) les habitants ont continué à utiliser des braseros – des paniers portatifs en métal dans lesquels le charbon était brulé. Aux 18ème et  19ème siècle, les cheminées ont commencé à être remplacées par des poêles en métal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu est resté central dans les foyers jusqu’au 20ème siècle, où il a été remplacé par une grande variété d’appareils branchés sur des infrastructures centralisées. Aujourd’hui, dans les sociétés industrialisées, même les poêles métalliques sont devenus rares dans les maisons. Les feux ouverts sont presque devenus interdits, surtout dans les villes. Les nouveaux bâtiments n’ont désormais plus de cheminées ou de dispositifs d’évacuation des fumées.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le feu est resté central dans les foyers jusqu’au 20ème siècle, où il a été remplacé par une grande variété d’appareils, branchés sur des infrastructures centralisées. &lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Paradoxalement », écrit Luis Fernàndez-Galiano dans &lt;em&gt;Fire and Memory: On Architecture and Energy&lt;/em&gt;, « les logements, qui sont nés du besoin d’aménager une place pour le feu, bannissent aujourd’hui la combustion à air libre ». &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans &lt;em&gt;Fire: A Brief History&lt;/em&gt; Stephen J. Pyne observe que « les citadins peuvent passer une année entière sans voir un feu. Celui-ci apparaît par accident ou de façon criminelle et est toujours considéré comme un danger. » &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, le feu est loin d’avoir disparu. Des milliers de feux individuels dans les ménages ont été remplacés par un petit nombre de feux gigantesques dans des centrales. Et le feu continue de bruler ailleurs. « Dans notre économie d’abondance », écrit Stephen J. Pyne, « le feu est au cœur de la magie – dans les usines, les automobiles, les maisons et les centrales de production d’énergie… Les villes modernes demeurent des écosystèmes basés sur le feu… Eteignez le feu et vous éteignez la ville. Mais le feu ouvert en tant que tel a disparu. Comme un trou noir dans l’espace, le feu a donné forme à tout ce qui l’entoure sans être visible lui-même. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’industrialisation n’a pas aboli la combustion, elle l’a seulement modifiée. Principalement en modifiant sa source d’énergie : les combustibles fossiles au lieu de la biomasse. Jusqu’au 20ème siècle, presque tous les feux produits par l’homme utilisaient des sources d’énergie renouvelables : bois, herbe, crottin – &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/09/medieval-smokestacks-fossil-fuels-in-pre-industrial-times/&#34;&gt;à l’exception de la tourbe et de certains usages anciens du charbon&lt;/a&gt;. Dans les sociétés industrielles actuelles, presque tous les feux qui se situent « au cœur de la magie » utilisent du gaz, du charbon ou du pétrole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;feu-versus-electricité&#34;&gt;Feu versus electricité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l’échelle globale, quelques millions de personnes vivent encore dans des habitations construites autour d’un feu à l’ancienne, souvent sous la forme d’un foyer ouvert. Certaines personnes dans le monde occidental considèrent cette pratique comme arriérée, primitive et devant être abolie – alors même qu&amp;rsquo;elle est basée sur l’utilisation de ressources renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, en 2011, l’ONU et la Banque Mondiale ont lancé l’initiative « Sustainable Energy for All », qui vise à « assurer un accès universel aux services énergétique moderne » à l’horizon 2030. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le concept de « service énergétique moderne » est vague, mais se réfère essentiellement à l’utilisation de l’électricité et du gaz – et donc, en pratique, aux énergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Les citadins voient le feu comme une technologie qui peut être remplacée par d’autres technologies plus avancées. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des initiatives de ce genre impliquent que les « services énergétiques modernes » sont « meilleures » que le traditionnel foyer ouvert ou encore la cheminée. « Les citadins voient le feu comme une technologie qui peut être remplacée par d’autres technologies plus avancées », écrit Stephen J. Pyne. « Si le feu est un dispositif, ils veulent une amélioration de celui-ci, un feu sans flamme et sans fumée ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, ces dispositifs sans flamme et sans fumée sont les panneaux photovoltaïques et les éoliennes actuelles, supposés mettre fin à notre dépendance aux combustibles fossiles pour produire des « services énergétiques modernes. Toutefois, que donne la comparaison entre les foyers ouverts et les « services énergétiques modernes » – y compris ceux basés sur des sources d’énergie renouvelables – en termes d’efficacité, de durabilité, de santé et de sécurité ? Que disons-nous réellement quand nous avançons que l’électricité ou le gaz sont « meilleurs » qu’un feu traditionnel ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-polyvalence-du-feu&#34;&gt;La polyvalence du feu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les sociétés industrielles, une des raisons pour lesquelles les gens considèrent le feu ouvert comme inefficace et non-durable est simplement qu’ils ne savent pas comment leurs ancêtres l’utilisaient. Si aujourd’hui un feu est considéré comme inefficace, c’est parce que nous mesurons seulement l’efficacité d’une de ses fonctions, habituellement celle qui consiste à chauffer un espace. Nos ancêtres, cependant, n’utilisaient pas le feu uniquement pour se chauffer. Ils l’utilisaient notamment pour cuisiner, s’éclairer, conserver la nourriture, produire de l’eau chaude, sécher les vêtements et se protéger contre les prédateurs et les insectes, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/12/too-much-combustion-too-little-fire/images/dithers/hairdryer_dithered.png&#34; alt=&#39;Illustration: Diego Marmolejo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Illustration: [Diego Marmolejo](https://www.instagram.com/ddidak/).  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le feu est extrêmement polyvalent : il est difficile de déterminer laquelle de ses fonctions était la plus précieuse à leurs yeux. Par conséquent, si nous mesurons la consommation énergétique d’un feu domestique et la comparons à celle des technologies domestiques modernes, nous ne devrions pas la comparer à la consommation d’un système de chauffage ou d’une cuisinière uniquement, mais à celle du foyer tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;cuisiner-avec-le-feu&#34;&gt;Cuisiner avec le feu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans sa fonction d’appareil de cuisine, le feu permet une grande variété de méthodes de cuisson et remplace un nombre surprenant d’appareils de cuisine modernes. Le feu n’était pas utilisé uniquement comme une plaque de cuisson, mais aussi comme un four. Pour rôtir et griller, la nourriture était placée sur une broche et cuite par exposition directe aux flammes. L’équivalent de la cuisson au four se faisait dans un récipient en argile (identique à nos cocottes actuelles) placé dans les braises. Autrement, un four séparé était construit dans les jambages ou à l’arrière de la cheminée, ou encore à l’extérieur de la maison dans un bâtiment indépendant. Une marmite suspendue au-dessus du feu permettait de bouillir et de frire les aliments. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu permettait également de remplacer de nombreux appareils électroménagers. Ainsi, on peut penser que les gens n’ont commencé à manger du pain grillé que quand le grille-pain électrique est apparu au 20ème siècle, alors qu&amp;rsquo;une « fourchette d’âtre » tenue au-dessus du feu était utilisé auparavant. De la même façon, la préparation de boissons chaudes n’est pas apparue avec l’invention de la bouilloire électrique : par le passé les gens trempaient un ustensile en métal chauffé à blanc dans une tasse, produisant en quelques secondes des boissons chaudes. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Dans sa fonction d’appareil de cuisine, le feu permet une grande variété de méthodes de cuisson et remplace un nombre surprenant d’appareils de cuisine modernes. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le feu se substituait également aux réfrigérateurs et congélateurs actuels. Dans &lt;em&gt;The Food Axis: Cooking, eating, and the architecture of American houses&lt;/em&gt;, Elizabeth Collins Cromley décrit comment la viande et le poisson étaient suspendus dans la fumée d’un feu pendant plusieurs semaines pour les conserver plus longtemps. &lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Plus simplement, nos ancêtres pendaient leurs morceaux de viande ou de poisson dans la cheminée de la cuisine ou – s’il n’y avait pas de cheminée – les suspendaient au plafond, bien au-dessus du foyer ouvert. Le fumage pouvait également s’effectuer dans un fumoir, soit intégré à la cheminée de la cuisine, soit formé d&amp;rsquo;un compartiment crée à partir du conduit d’évacuation des fumées, dans le grenier ou la cave. Le fumoir pouvait également être un bâtiment indépendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs autres méthodes de conservation de la nourriture dépendaient du feu. Les fruits, les légumes et les plantes étaient séchés grâce au feu si le climat n’était pas assez chaud. Confire les fruits, fabriquer du beurre et du fromage dépendaient également de la chaleur du feu. Le sel, essentiel pour la conservation de la nourriture, était stocké dans une boite suspendue à la cheminée pour le garder sec. &lt;sup id=&#34;fnref2:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;distribuer-la-chaleur-et-la-lumière&#34;&gt;Distribuer la chaleur et la lumière&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un feu ne produit pas uniquement de la chaleur et de la fumée – il produit aussi de la lumière. Le feu était une source de lumière aussi polyvalente que l’éclairage électrique actuel. Le feu n’éclairait pas uniquement autour de l’âtre ou du foyer, il éclairait aussi grâce à des torches, des mèches imbibées de graisse puis plus tard des bougies et des lampes à huile. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La chaleur du feu pouvait aussi être distribuée dans la maison entière. Bien que la cuisine était habituellement la seule pièce de la maison à être chauffée, les braises pouvaient être placées dans des dispositifs portatifs de chauffage, &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/02/restoring-the-old-way-of-warming-heating-people-not-places/&#34;&gt;comme les chaufferettes, les chauffe-pieds ou encore les bassinoires&lt;/a&gt;. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu était aussi utilisé pour chauffer de l’eau pour le lavage et le nettoyage, pratique qui a perduré avec l’introduction des poêles en fonte — qui étaient pour la plupart équipés d’un réservoir d’eau chaude. De plus, il permettait de sécher les vêtements, remplaçant ainsi le sèche-linge actuel. Et le repassage des vêtements n’est pas apparu avec le fer à repasser électrique. Depuis le Moyen-Age, nos ancêtres utilisaient des fers en métal – appelés lissoirs – chauffés par le feu ou sur un poêle, ou encore des boîtes en fer remplies de braises, dont certaines avait une petite cheminée pour maintenir la fumée éloignée des vétements. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Le repassage des vêtements n’est pas apparu avec le fer à repasser électrique. Depuis le Moyen-Age, nos ancêtres utilisaient des fers en métal – appelés lissoirs – chauffés par le feu ou sur un poêle. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une autre fonction du feu était d’être un point central de la communication et de la sociabilité. Pendant des millénaires, le foyer « était l’espace où se concentraient les conversations, l’âme chaleureuse de la maison ». &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La télévision et les téléphones portables occupent désormais ces rôles, bien que l’on puisse douter qu’ils entretiennent le même attrait qu’un feu sur les gens. Une pléiade de produits de consommation imitant les effets du feu – bougies et cheminées électriques, ampoules LED imitant la lumière d’une flamme vacillante, vidéos de feux crépitant – semble indiquer que le feu nous manque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;soutenabilité-et-efficacité&#34;&gt;Soutenabilité et efficacité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un logement construit autour du feu, la préparation de boissons chaudes et de pain grillé, le séchage du linge ou l’éclairage de l’espace n’augmentent pas la consommation énergétique du feu : ils rendent simplement son utilisation plus efficace puisque le feu est déjà présent pour d’autres usages comme le chauffage de l’espace. Pour obtenir les mêmes résultats aujourd’hui, nous devons allumer plusieurs appareils qui entrainent une utilisation supplémentaire d’énergie : la chaudière, la bouilloire, le grille-pain, le sèche-linge et l’éclairage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il faut prendre en compte l’utilisation d’énergie et de matières premières nécessaires au remplacement du feu par des douzaines d’appareils produits en usine, qui doivent également être acheminés aux consommateurs. Finalement, il faut prendre en compte l’énergie et les matériaux nécessaires pour construire et faire fonctionner les infrastructures dont ces appareils dépendent pour fonctionner, comme le réseau électrique, les infrastructures de transport du gaz ou la chaîne du froid. A l’opposé, un foyer ouvert peut être construit localement avec des matériaux disponibles sur place et il fonctionne indépendamment des infrastructures centralisées.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/12/too-much-combustion-too-little-fire/images/dithers/plancha_dithered.png&#34; alt=&#39;Illustration: Diego Marmolejo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Illustration: [Diego Marmolejo](https://www.instagram.com/ddidak/).  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les systèmes de production d’énergie renouvelable actuels, comme les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes, n’abordent pas de la bonne manière la question énergétique : ceux-ci nécessitent également d&amp;rsquo;être fabriqués, transportés, entretenus puis mis au rebut et ils supposent que nous pouvons continuer à concevoir, produire et jeter une variété de plus en plus importante d’appareils électroménagers pour satisfaire nos besoins. L’énergie de la biomasse ne rendrait pas non plus ce système durable : bien qu’elle supprime le recours aux combustibles fossiles, une grande quantité d’énergie est perdue dans le processus de conversion de la biomasse en électricité et nous aurions toujours besoin d’usines pour fabriquer les appareils électriques et les infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;consommation-électrique-comparée-logement-ancien-contre-logement-moderne&#34;&gt;Consommation électrique comparée : logement ancien contre logement moderne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si nous rétudions la consommation énergétique des ménages européens aujourd’hui, nous constatons qu’en moyenne 64 % de l’énergie totale sert au chauffage des logements, 15 % à l’eau chaude sanitaire, 14 % à l’éclairages et aux appareils électriques, 5 % à la cuisine et 1 % aux autres services (dont la climatisation). &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La plupart de ces services peuvent êtres remplacés par le feu. Alors, comment la consommation énergétique d’un logement traditionnel construit autour d’un foyer ouvert se compare-t-elle avec celle d’un logement moderne fonctionnant avec l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;appareils électriques et d’infrastructures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, l’utilisation énergétique des logements modernes est mieux documentée que celles des constructions et abris du passé. Cependant, il existe des recherches qui documentent la consommation énergétique des logements qui reposent encore sur l’utilisation traditionnelles du feu.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si nous mesurons la consommation énergétique d’un feu domestique et la comparons à celle des technologies modernes, nous devons la comparer à celle du logement entier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une recherche datant de 2002 portant sur la consommation annuelles de bois de chauffage dans les maisons traditionnelles au Népal établie que la quantité de bois de chauffage consommée par foyer se situe entre 6 et 33 m³, ce qui correspond à entre 35 et 154 Giga joules (GJ) d’énergie. &lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ceci semble important en comparaison à la consommation énergétique totale dans les logements contemporains, qui se situe autour de 75 GJ par an en Allemagne et de 105 GJ au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les foyers Népalais participant à la recherche comprenaient entre 5 et 12 habitants, là où les foyers dans les sociétés modernes ont rétrécit à un peu plus de 2 habitants. Dans les foyers Népalais à l’étude, la consommation énergétique se situait entre 2 et 33 GJ par habitant par an, tandis qu’une autre étude plus récente sur la consommation de bois de chauffage pour le chauffage, la cuisson et l’éclairage au Népal calcule une consommation par habitant estimée à peu près entre 2,5 et 10 GJ d’énergie par habitant par an. &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En comparaison, la consommation totale d’un logement par habitant se situe entre 30 et 40 GJ dans des pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne et le Canada.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-foyer-pour-10-milliards-de-personnes&#34;&gt;Un foyer pour 10 milliards de personnes?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Même sans prendre en compte les ressources supplémentaires nécessaires à la construction des appareils et des infrastructures, la consommation énergétique dans les logements préindustriels semble avoir été plus basse qu’elle ne l’est aujourd’hui. En effet, un rapide calcul révèle que – du moins en théorie – l’utilisation d’un foyer ouvert comme seule source d’énergie par dix milliards de personnes serait une pratique parfaitement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Considérant une consommation moyenne de 6 m³ de bois de chauffage par personne, nous aurions besoin de 60 milliards de mètres cubes de bois par an. Un mètre cube de bois est récolté sur 0,2 hectares de taillis, nous aurions donc besoin de 12 milliards d’hectares ou de 120 millions de kilomètres carrés de forêt si nous voulions éviter la déforestation. Soit trois fois ce dont nous disposons actuellement, et à peu près 80 % de la surface totale de terres sur notre planète (150 millions de kilomètres carrés).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque nous n’aurions pas besoin d’espace supplémentaire pour des usines et des routes pour fabriquer et distribuer des biens de consommation, nous pourrions effectivement réutiliser le foyer ouvert sans détruire notre environnement. Ce que ne pourront faire 10 milliards de personnes en continuant d&amp;rsquo;utiliser les énergies fossiles et les infrastructures modernes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;santé-contre-durabilité&#34;&gt;Santé contre durabilité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ce n’est donc pas pour leur soutenabilité ou leur efficacité, pourquoi considérons-nous les « services énergétiques modernes » comme supérieurs au feu traditionnel ? La suppression des feux ouvert dans les villes modernes est sous-tendue par deux arguments supplémentaires : le feu a des effets néfastes sur la santé (pollution de l’air) et est dangereux (risques d’incendies). Ces risques sont réels, mais sont à comparer avec ceux  que présentent les « services énergétiques modernes » en termes de santé et de sécurité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute que le remplacement du feu domestique par des infrastructures modernes a amélioré la qualité de l’air, la santé et la sécurité dans les villes. Cependant, ceci ne pourrait constituer qu’une avancée temporaire : des infrastructures sont au moins aussi génératrices de risques pour la sécurité et la santé en raison de leur dépendance aux combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment les « services énergétiques modernes » se comparent-ils au feu en termes de santé et de sécurité ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au moment ou j’écris, les canicules et les feux de forêt qui ravagent l’Australie sont responsables de nombreuses victimes et destructions matérielles et la fumée épaisse qui s’en échappe continue de recouvrir certaines des plus grandes villes du pays. Ces feux ne sont pas provoqués par les personnes qui utilisent des foyers ouverts. Ils sont la conséquence du réchauffement climatique, qui est lui-même causé par l’utilisation d’infrastructures industrielles, alimentées par des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre dépendance à des infrastructures centralisées pour répondre à autant de besoins vitaux constitue un autre risque en matière de santé et de sécurité : si nous coupons l’approvisionnement énergétique d’une grande ville, tout s’arrête de fonctionner, y compris le réseau d’égouts, le stockage de la nourriture et les alarmes antivol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre inquiétude face au feu traditionnel prend en partie racine dans la confusion entre deux concepts : la « santé » et la « soutenabilité ». Bien sûr, une chose peut être à la fois saine, sûre et durable, tel que le fait de marcher – à moins qu’il n’y ait pas de trottoir. Mais une autre chose peut également être saine, sûre mais peu durable (comme un réfrigérateur, puisqu’il dépend d’une chaîne du froid très énergivore) et une autre encore peut être durable mais peu saine ou sûre (comme un fumoir pour la viande et le poisson situé dans une cave).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu’individus, nous avons un « besoin », un désir de santé et de longévité. Nous les considérons même comme des droits, tout comme nous considérons un certain niveau de confort, de commodité, de vitesse ou d’hygiène comme des droits inaliénables. D’un autre côté, définir la soutenabilité nécessite que nous nous interrogions sur quel niveau de confort, de commodité, de vitesse, d’hygiène, de sécurité et de santé notre environnement peut supporter avant de s’effondrer. Nous pouvons choisir la sécurité et la santé plutôt que la soutenabilité quand s&amp;rsquo;opposent, mais seulement aux dépens de la sécurité et de la santé des plus jeunes et des futures générations.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Roebroeks, Wil, and Paola Villa. &amp;ldquo;On the earliest evidence for habitual use of fire in Europe.&amp;rdquo;. Proceedings of the National Academy of Sciences 108.13 (2011): 5209-5214.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Berna, Francesco, et al. &amp;ldquo;Microstratigraphic evidence of in situ fire in the Acheulean strata of Wonderwerk Cave, Northern Cape province, South Africa.&amp;rdquo; Proceedings of the National Academy of Sciences 109.20 (2012): E1215-E1220.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Fernández, Guillén, and Luis Fernández-Galiano. Fire and memory: on architecture and energy. Mit Press, 2000.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Pyne, Stephen J. Fire: a brief history. University of Washington Press, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.seforall.org&#34;&gt;https://www.seforall.org&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Collins Cromley, Elizabeth. &lt;em&gt;The food axis: cooking, eating, and the architecture of American houses&lt;/em&gt;. University of Virginia Press, 2010.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux cuisinières et fours à gaz ou électriques d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, un feu n&amp;rsquo;a pas de boutons pour contrôler sa température. Pour l&amp;rsquo;ébulition et le mijotage, cela a été résolu en accrochant les pots à une crémaillère, qui permettait de les élever ou les abaisser. Dans les fours, les cuisiniers décidaient de cuire d&amp;rsquo;abord des tartes ou du pain pendant que le four était le plus chaud, puis, successivement, au fur et à mesure que le four refroidissait, du pain d&amp;rsquo;épices, des crèmes anglaises, puis des grains pouvaient être mis à sécher. &lt;sup id=&#34;fnref3:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Marcoux, Paula. &lt;em&gt;Cooking with fire: From roasting on a spit to baking in a tannur, rediscovered techniques and recipes that capture the flavors of wood-fired cooking.&lt;/em&gt; Storey Publishing, 2014.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hough, Walter. &lt;em&gt;Fire as an agent in human culture&lt;/em&gt;. No. 139. Govt. print. Off., 1926.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;La source d&amp;rsquo;énergie pour ces feux placés en divers endroits était le bois, la résine, la cire, la graisse ou l&amp;rsquo;huile. Les besoins d&amp;rsquo;intensité et de position particulières de la source d&amp;rsquo;éclairage ont stimulé l&amp;rsquo;invention de divers supports. [9]&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Heating people, not spaces: restoring the old way of warming, Kris De Decker, Low-tech Magazine, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;History of ironing, Old &amp;amp; Interesting, retrieved December 26, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Energy consumption and use by households, Eurostat, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Rijal, H. B., and H. Yoshida. &amp;ldquo;Investigation and evaluation of firewood consumption in traditional houses in Nepal.&amp;rdquo; Proceedings: Indoor Air (2002): 1000-1005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;The energy content of 1 m3 of wood also depends on the type of wood and how it is stacked. I’ve compared apples to apples when it was possible, but this was not always the case so the result is only a rough estimate.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;The annual firewood usage in 18th century Austria (Carinthia) was limited to 35 m3 per household. Source: Peter, Sieferle Rolf. The subterranean forest. Cambridge: The White Horse Press, 2001.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Rijal, Hom Bahadur. &amp;ldquo;Firewood Consumption in Nepal.&amp;rdquo; Sustainable Houses and Living in the Hot-Humid Climates of Asia. Springer, Singapore, 2018. 335-344.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;The results are 0.5 to 2 m3 of firewoord per person per year, which I have converted to 2.5 to 10 GJ of energy per person per year.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
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