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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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      <title>Et si nous remplacions les armes à feu et les balles par des arcs et des flèches ?</title>
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      <pubDate>Fri, 19 Apr 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/female-archers_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Des étudiantes de l’université de Chicago qui s’exercent au tir à l’arc. Photo : Emmet Bardon. Université de Chicago, Centre de recherche sur les collections spéciales.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Des étudiantes de l’université de Chicago qui s’exercent au tir à l’arc. Photo : Emmet Bardon. [Université de Chicago, Centre de recherche sur les collections spéciales](http://photoarchive.lib.uchicago.edu/db.xqy?one=apf4-00009.xml). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les armes à feu et les balles ont-elles remplacé les arcs et les flèches ? Cette interrogation peut sembler dénuée de sens pour beaucoup tant la réponse est évidente : l’arme à feu a remplacé l’arc en raison de sa supériorité. Examinons cette idée de plus près.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;force-et-compétences&#34;&gt;Force et compétences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les armes à feu de poing sont généralement évaluées ou comparées selon des caractéristiques de performance, telles que la létalité, la portée et la cadence de tir. En revanche, si l’on applique ces mêmes caractéristiques aux arcs, deux difficultés apparaissent rapidement. Premièrement, l’arc est une arme qui dépend de la force physique de l’archer. Plus l’archer est fort, plus l’arc est performant. Dans le cas d’une arme à feu, l’énergie provient directement de la charge propulsive de la munition. La force physique du tireur n’a donc plus d’importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force nécessaire pour bander un arc est généralement mesurée en livres (lbs) et est exprimée comme le « poids de traction » de l’arc. De nos jours, la plupart des archers amateurs et chasseurs à l’arc utilisent des arcs dont le poids de traction se situe entre 30 et 70 livres. L’effort nécessaire pour bander un arc de ce type équivaut à soulever un poids de 15 à 35 kg. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Des poids de traction similaires étaient largement répandus dans le passé proche et lointain, aussi bien pour la chasse que pour la guerre. Cependant, certains archers utilisaient des arcs avec des poids de traction beaucoup plus élevés. Par exemple, à l’apogée de l’arc long durant l’Angleterre médiévale, le poids de traction des arcs de guerre variait de 100 à 140 livres et atteignait même 200 livres pour certains archers. Les arcs composites avaient également des poids de traction plus élevés.&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La puissance de l’arc dépend de la force physique de l’archer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Deuxièmement, la performance de l’arc repose grandement sur les compétences de l’archer.&lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Que ce soit un arc ou une arme à feu, il est indispensable que le tireur affine sa précision. Cependant, l’archer doit d’abord apprendre à « appuyer sur la gâchette ». En effet, il ou elle doit réussir à exécuter parfaitement une séquence d’actions pour pouvoir tirer avec précision. La moindre variation de posture corporelle ou un relâchement brusque de la corde peut dévier la flèche de sa trajectoire prévue. En revanche, appuyer sur la gâchette d’une arme à feu demande moins d’entraînement. De même, il est beaucoup plus difficile de viser avec un arc qu’avec une arme à feu. À moins que la cible ne soit très proche, l’archer doit compenser la force de gravité et tirer la flèche en suivant une trajectoire en arc de cercle. C’est d’ailleurs pourquoi on parle de tir à l’arc.&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À l’inverse, la vitesse des balles étant bien supérieure à celles des flèches, le tireur peut simplement diriger son tir en ligne droite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;différence-entre-arc-de-lépoque-préindustrielle-et-arme-à-feu-moderne&#34;&gt;Différence entre arc de l’époque préindustrielle et arme à feu moderne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons qui deviendront par la suite évidentes, je compare l’arme à feu moderne à l’arc préindustriel, et non à l’arc moderne. Dans cette catégorie d’arc préindustriel, on retrouve les arcs monoblocs (fabriqués à partir d’une seule pièce de bois) ainsi que les arcs composites (constitués de différentes couches de matériaux, généralement du bois, de la corne et du tendon). Par ailleurs, je suppose que les arcs sont maniés par des archers robustes et compétents. Grâce à de nombreuses ressources écrites, preuves archéologiques ou autres expériences scientifiques menées avec des répliques d’armes préindustrielles, nous avons une idée plutôt précise des capacités des archers prémodernes et de leurs armes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;1-létalité&#34;&gt;1. Létalité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La létalité d’une arme désigne sa capacité à engendrer la mort d’une personne ou des dommages corporels. Par définition, toutes les armes sont létales, mais certaines le sont plus que d’autres. Cette létalité est souvent définie en calculant la quantité de mouvement et l’énergie cinétique des balles. Ces deux notions de physique déterminent la capacité des balles à pénétrer une cible. Plus la vitesse et le poids du projectile sont élevés, plus la pénétration est importante. Les balles se déplacent très rapidement, contrairement aux flèches à cause de leurs poids. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si l’on calcule la quantité de mouvement et l’énergie cinétique des flèches, même l’arc le plus puissant semble nettement moins meurtrier qu’une arme à feu. Lorsqu’elle est tirée par un arc de guerre de 170 livres, l’énergie cinétique d’une flèche n’est que de 96 pieds-livres contre 117 pieds-livres pour une balle tirée par un petit pistolet de calibre 0.22 LR. Elle atteint 383 pieds-livres pour une munition tirée par un pistolet de calibre 9 mm, et se situe entre 1 300 à 2 800 pieds-livres pour un projectile tiré par un fusil.&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Bien que la disparité entre les niveaux de quantité de mouvement soit minime, les balles l’emportent dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les flèches surpassent largement les balles en termes d’efficacité énergétique. La forme d’une flèche, contrairement à celle d’une balle, a un impact sur la pénétration.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, les flèches surpassent largement les balles en termes d’efficacité énergétique. La forme d’une flèche, contrairement à celle d’une balle, a un impact sur la pénétration. En raison de sa forme allongée, la masse par section transversale d’une flèche (la densité sectionnelle) est beaucoup plus élevée que celle d’une balle. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par conséquent, une flèche nécessite beaucoup moins de quantité de mouvement et d’énergie cinétique pour pénétrer les tissus jusqu’à la même profondeur qu’une balle. Il n’est pas nécessaire d’avoir un arc de guerre de 170 livres pour tuer. Un arc de 45 livres suffit à éliminer presque n’importe quelle créature sur Terre. Les archers médiévaux qui maniaient l’arc long anglais utilisaient uniquement des poids de traction élevés car leurs flèches devaient percer les armures en acier épaisses, devenues courantes dans les années 1400.&lt;sup id=&#34;fnref2:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/arrows-efficiency_dithered.png&#34; alt=&#39;Image. En raison de sa forme allongée, la masse par section transversale d’une flèche (la densité sectionnelle) est beaucoup plus élevée que celle d’une balle. Crédit image : Tim Ormsby.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image. En raison de sa forme allongée, la masse par section transversale d’une flèche (la densité sectionnelle) est beaucoup plus élevée que celle d’une balle. Crédit image : [Tim Ormsby](https://www.facebook.com/photo/?fbid=10159086965037194&amp;amp;set=g.161983523940600). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les balles causent davantage de dommages lorsqu’elles atteignent leur cible. Les flèches traversent les tissus en les tranchant et produisent des dommages similaires à ceux causés par une dague ou un couteau. Par conséquent, les blessures se limitent au tissu incisé par le contact direct avec la pointe de la flèche. Quant aux balles, elles pénètrent les tissus par la force brute et peuvent causer des dommages significatifs aux tissus et organes qui ne sont pas directement touchés par le projectile. Ce phénomène s’accentue avec l’augmentation du calibre et de la vitesse des balles, en particulier avec les fusils. &lt;sup id=&#34;fnref1:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si l’on se base uniquement sur les blessures occasionnées, on constate que les balles sont plus meurtrières que les flèches. Il est important de noter que si l’archer est assez précis pour atteindre des parties vitales du corps, une flèche peut être tout aussi létale. Contrairement à l’archer, le tireur n’a pas besoin d’être aussi précis dans son tir pour qu’il soit mortel. De plus, il peut être très difficile (voire impossible) de retirer les pointes de flèches du corps d’une victime, même au sein d’un établissement de soins moderne.&lt;sup id=&#34;fnref2:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En effet, elles ont tendance à se coincer dans les os. En temps de guerre, elles étaient souvent barbelées, ce qui les rendaient extrêmement délicates à retirer.&lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;2-portée&#34;&gt;2. Portée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La portée distingue une arme à projectiles d’une arme de mêlée (utilisée au corps à corps). Celui qui possède l’arme avec la plus longue portée peut atteindre l’autre sans que ce dernier ne puisse riposter. Dans le cadre de la pratique de la chasse, la portée réduit la probabilité qu’un chasseur soit tué. La portée théorique d’une arme correspond à la distance maximale que peut atteindre un tir de projectile, tandis que la portée pratique indique à quelle distance un projectile peut être tiré avec suffisamment de précision et de puissance d’impact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, il était autrefois courant de mesurer une distance en tirant une flèche. En Angleterre, cette unité de mesure a même été standardisée à 204 yards (187 mètres).&lt;sup id=&#34;fnref3:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Même s’il s’agissait d’une norme, cette portée différait de celle obtenue par les archers les plus forts qui utilisaient des arcs avec des poids de traction beaucoup plus importants.&lt;sup id=&#34;fnref1:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Selon certaines sources historiques datant du Moyen Âge, la portée théorique d’un arc long de guerre se situait entre 200 et 400 yards (183-366 mètres).&lt;sup id=&#34;fnref3:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le record du monde, établi en 2017 avec un arc long anglais, s’élève à 412,82 m.&lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les arcs équestres composites avaient des portées plus longues, entre 300 et 530 mètres.&lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le record du monde, établi en 2019, s’élève à 566,83 mètres.&lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à une balle, une flèche reste mortelle pendant toute la durée du tir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les armes à feu modernes possèdent une portée théorique beaucoup plus longue que les arcs de l’époque préindustrielle. Toutefois, leur portée pratique est comparable, du moins pour les pistolets et les armes à feu de poing (contrairement aux fusils). Par exemple, la portée théorique d’une arme de poing Beretta M9 (un pistolet de l’armée américaine) est de 1800 mètres, mais sa portée pratique n’est que de 50 mètres. L’armée américaine définit la portée pratique d’une arme à feu comme la portée théorique qu’un soldat moyen peut atteindre en visant une cible statique de la taille d’un torse avec une précision de 51 %. Je n’ai pas trouvé de données similaires pour les archers, cependant les informations disponibles suggèrent que l’arc peut avoir une portée de précision équivalente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, l’analyse d’une compétition de tir à l’arc organisée en 1916 dans le New Jersey (époque où les archers utilisaient encore des arcs monoblocs en bois) a révélé le talent de précision des cinq meilleurs archers, chacun tirant un total de 90 flèches à trois distances différentes : 40, 50, et 60 yards (37, 46 et 55 mètres). Le diamètre de la cible était de 121 cm (typique d’une cible d’entraînement), soit une dimension comparable à celle d’un torse humain. Le pourcentage de flèches ayant atteint la cible était de 98 % à 37 m, 96 % à 46 m et 88 % à 55 m.&lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/BOW161.Sachers.04_ingo_simon_turkish_bow-e1658312034644_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le chanteur, poète et archer anglais Ingo Simon tirant avec un arc composite turc. Via Bow International.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Le chanteur, poète et archer anglais Ingo Simon tirant avec un arc composite turc. Via [Bow International](https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il est difficile de comparer la portée des arcs et des armes à feu. La vitesse initiale des balles est très élevée (près de 3000 km/h), mais elle diminue rapidement tout au long de leur trajectoire. À l’inverse, une flèche se déplace relativement lentement (150-250 km/h) mais perd très peu de vitesse.&lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les propriétés qui facilitent la pénétration d’une flèche dans une cible s’appliquent également à sa pénétration dans l’air. Par ailleurs, les flèches, contrairement aux balles, sont volantes. Elles figurent d’ailleurs parmi les premières applications de l’aéronautique, des milliers d’années avant l’invention de l’avion.&lt;sup id=&#34;fnref2:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conséquent, une flèche reste mortelle pendant toute la durée du tir, même à distance théorique. Sa létalité augmente davantage si elle est décochée selon une inclinaison à 45 degrés, comparé à un tir à moyenne portée.&lt;sup id=&#34;fnref4:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref5:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La flèche prend alors de la vitesse, et donc de la quantité de mouvement et de l’énergie cinétique, dans sa descente. En revanche, si une balle est tirée selon une trajectoire en arc de cercle pour atteindre sa portée théorique, sa vitesse sera tellement réduite qu’il est peu probable qu’elle soit mortelle lorsqu’elle touchera le sol.&lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une balle a besoin de plus de quantité de mouvement et d’énergie cinétique pour pénétrer dans une cible, mais également d’une vitesse plus élevée pour compenser son manque d’aérodynamisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la portée de précision des arcs soit inférieure à celle des fusils (qui peuvent être performants jusqu’à une distance de plusieurs centaines de mètres ou plus), la portée maximale des arcs puissants équivaut à la portée pratique de certains fusils. Comme nous le découvrirons ultérieurement, les archers préindustriels s’exerçaient régulièrement à atteindre la portée maximale de leurs arcs, contrairement aux archers amateurs occidentaux d’aujourd’hui.&lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;3-cadence-de-tir&#34;&gt;3. Cadence de tir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cadence de tir détermine le nombre de projectiles qu’une arme peut tirer dans un intervalle de temps défini. Plus la cadence de tir est élevée, plus la probabilité qu’un des projectiles atteigne la cible est élevée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu’on visite un stand de tir à l’arc moderne, on a l’impression que les arcs ont une cadence de tir beaucoup plus lente que les armes à feu. Cependant, la pratique du tir à l’arc moderne est entièrement dédiée à une précision minutieuse, de l’ordre du millimètre. L’ajustement d’un tir est un processus plutôt lent, souvent accompagné de manipulations d’instruments et d’une observation à travers un viseur. Les arcs modernes peuvent, en quelque sorte, être assimilés au fusil sniper d’un tireur d’élite. Autrefois, les archers visaient de manière intuitive, avec les deux yeux ouverts et focalisés sur la cible. La visée intuitive demande plus de dextérité : elle repose sur la coordination entre l’œil et le corps, à l’instar d’un lancer de pierre. Toutefois, elle peut être tout aussi précise, et présente l’avantage évident de la rapidité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archers anglais du Moyen Âge devaient être capables de tirer 10 à 12 flèches bien ciblées par minute, soit un tir toutes les 5 à 6 secondes.&lt;sup id=&#34;fnref6:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Les meilleurs archers à arc long pouvaient décocher jusqu’à 30 flèches par minute, soit une toutes les deux secondes.&lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cette cadence est comparable à celle des armes à feu semi-automatiques, comprise entre 12 et 15 tirs par minute.&lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une cadence de tir soutenue comprend le temps nécessaire pour viser, recharger et prévenir la surchauffe et les dysfonctionnements de l’arme à feu. En ce qui concerne l’arc, tout dépend de la dextérité, de la force et de l’endurance de l’archer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec les compétences et la force adéquates, les archers peuvent égaler voire surpasser la cadence de tir des armes semi-automatiques telles que les armes à feu de poing et les pistolets.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les armes à feu peuvent tout de même dépasser la cadence de tir soutenue d’un arc pendant une courte période, sans prendre en compte le temps de refroidissement de l’arme. La plupart des armes semi-automatiques, qui déclenchent un tir à chaque pression de la détente, atteignent une cadence de tir rapide d’environ 45 balles par minute. Si aucune recharge de munitions n’est requise, la cadence de tir peut s’intensifier davantage. Un tireur moyen peut décharger une arme de poing semi-automatique à une cadence d’environ 2 à 3 balles par seconde en visant une seule cible immobile. Néanmoins, pendant un entraînement militaire, l’objectif est d’effectuer un tir précis toutes les 1 ou 2 secondes.&lt;sup id=&#34;fnref1:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archers utilisant des arcs composites ont développé des techniques de tir qui peuvent rivaliser avec la cadence de tir rapide des armes semi-automatiques. Les archers à cheval décochaient leurs flèches en tirant avec le pouce, à la différence de la traction méditerranéenne utilisée par les archers à l’arc monobloc (et moderne). Ces cavaliers-archers positionnaient la flèche de l’autre côté de l’arc (à droite s’ils étaient droitiers) et la maintenaient contre la corde à l’aide d’un anneau autour du pouce. Grâce au tirage au pouce, il est possible d’encocher et de décocher sans interruption avec un seul et même mouvement. Certains Amérindiens pratiquaient le tirage par pincement, présentant des avantages similaires.&lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/manchu-archer_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un archer mandchou bandant son arc en composite avec relâchement avec le pouce. Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un archer mandchou bandant son arc en composite avec relâchement avec le pouce. Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/thumb-release_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le tirage au pouce Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Le tirage au pouce Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour réaliser des salves de tirs rapides, les archers maniant des arcs composites gardaient des flèches supplémentaires dans la main servant à bander l’arc. Cela leur permettait ainsi d’encocher plus rapidement que lorsqu’ils prélevaient des flèches dans leur carquois. La méthode de tir la plus rapide consistait à placer jusqu’à cinq flèches sur l’arc, les alignant parallèlement les unes aux autres, et les encochant l’une après l’autre. Lars Anderson, un archer danois ayant récemment ravivé l’intérêt pour le tir à l’arc asiatique en Occident, tire jusqu’à dix flèches bien ciblées en seulement 5 secondes, soit 2 par seconde. Il parvient également à décocher trois flèches en seulement 0,6 seconde après les avoir préalablement placées sur l’arc.&lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;4-approvisionnement-en-munitions&#34;&gt;4. Approvisionnement en munitions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec les compétences et la force adéquates, les archers peuvent ainsi égaler voire surpasser la cadence de tir des armes semi-automatiques telles que les armes à feu de poing et les pistolets. En revanche, ils ne peuvent rivaliser avec les armes à feu automatiques (mitrailleuses), qui tirent des balles tant que le tireur appuie et maintient la détente enfoncée. La mitrailleuse, apparue dans les années 1860, peut tirer 30 balles en seulement deux secondes.&lt;sup id=&#34;fnref2:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la plupart des archers épuiseront leur stock de munitions plus rapidement que les artilleurs. Les archers anglais équipés d’un arc long ne transportaient généralement qu’un maximum de 25 à 50 flèches, toutes utilisées après quelques minutes de tir à une cadence maximale. À l’inverse, les soldats américains sont équipés de sept chargeurs, totalisant un stock de 200 balles. &lt;sup id=&#34;fnref3:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pendant leur campagne en France, les archers anglais étaient suivis par des dizaines de chariots de ravitaillement remplis de flèches supplémentaires.&lt;sup id=&#34;fnref7:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les cavaliers-archers parthes se déplaçaient avec un convoi de plus de 1000 chameaux chargés de flèches supplémentaires.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les cavaliers-archers emportaient donc un stock de munitions plus conséquent : entre 60 et 80 flèches, allant même jusqu’à 400. Ces flèches étaient stockées dans des carquois attachés sur le côté de la selle. Leur stratégie était également conçue pour maintenir l’ennemi en mouvement, facilitant ainsi la collecte et la réutilisation de leurs flèches. Ils pouvaient ainsi rapidement rejoindre le convoi de ravitaillement et retourner sur le champ de bataille. Les cavaliers-archers parthes, célèbres pour leurs nombreuses victoires contre l’armée romaine, se déplaçaient avec un convoi de plus de 1000 chameaux chargés de flèches supplémentaires.&lt;sup id=&#34;fnref1:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;5-discrétion-et-maniabilité&#34;&gt;5. Discrétion et maniabilité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les performances d’une arme dépendent également de sa taille et de l’espace nécessaire à son utilisation. Les arcs préindustriels étaient incroyablement légers (environ 500 g), mais de taille plus imposante que les armes à feu modernes. L’archer avait donc besoin de plus d’espace pour décocher une flèche. Un pistolet ou un fusil peut être utilisé dans presque toutes les positions, tandis qu’un arc monobloc est plus performant lorsque l’archer se tient debout. Cette contrainte complique la dissimulation de l’archer, et rend l’arme peu pratique dans certains environnements. Son poids léger et sa taille en font également une arme de mêlée moins efficace. Les archers portaient habituellement une épée pour le combat au corps à corps.&lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En comparaison, l’arme à feu moderne fonctionne aussi bien à distance qu’en combat rapproché.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Kringaudlik_shooting_arrow_with_bow_at_Cape_Wallaston_%2839039%29_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un archer s’apprête à décocher une flèche tout en étant accroupi sur le sol. Photo de Rudolph Martin Anderson, 1916, Musée canadien de l’histoire. CC BY-SA 4.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un archer s’apprête à décocher une flèche tout en étant accroupi sur le sol. Photo de Rudolph Martin Anderson, 1916, Musée canadien de l’histoire. CC BY-SA 4.0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l’arc composite est bien plus court que l’arc monobloc. Le relâchement avec le pouce permet à l’archer de tirer dans n’importe quelle direction, quelle que soit la position corporelle. Il existe également des exemples historiques de petits « arcs de poche » avec de faibles allonges, mortels seulement à courte portée. &lt;sup id=&#34;fnref:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, même si certains de ces arcs sont plus difficiles à dissimuler en raison de leur taille, ils compensent en partie ce désavantage en étant silencieux. À l’inverse, le bruit d’un coup de feu révèle immédiatement la position du tireur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-règne-de-linfériorité-les-premières-armes-à-feu&#34;&gt;Le règne de l’infériorité : les premières armes à feu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l’on compare les caractéristiques de performance des arcs de l’époque préindustrielle et des armes à feu modernes, il est tentant de conclure que les armes à feu ont remplacé les arcs en raison de leur supériorité technologique. La différence n’est cependant pas aussi flagrante que beaucoup l’auraient soupçonnée. Toutefois, même les archers les plus doués du Moyen-Âge ne pourraient pas rivaliser avec tous les types d’armes à feu modernes, particulièrement avec les fusils et les mitrailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, les arcs sont devenus obsolètes des siècles avant l’apparition des armes à feu modernes. Sur le continent européen, les armes à feu (d’abord l’arquebuse, puis le mousquet) ont pris le statut d’arme portative dominante à partir des années 1500.&lt;sup id=&#34;fnref5:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une meilleure performance technique ne pouvait pas en être la raison puisque les armes à feu préindustrielles étaient, sur presque tous les points, inférieures aux arcs. Ce n’est qu’entre les années 1850 et 1900 qu’elles ont égalé les arcs en termes de performances techniques, grâce aux méthodes de fabrication industrielles.&lt;sup id=&#34;fnref6:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Redcoats_Fire_A_Musket_Volley_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Des hommes tirant au mousquet. Crédit : Edd Scorpio, Wikimedia commons. CC BY-SA 3.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Des hommes tirant au mousquet. Crédit : Edd Scorpio, Wikimedia commons. CC BY-SA 3.0. 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La létalité constituait le seul avantage des premières armes à feu. Comme c’est toujours le cas de nos jours, une balle fait plus de dégâts qu’une flèche.&lt;sup id=&#34;fnref:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:36&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:36&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;36&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, contrairement à aujourd’hui, toucher la cible représentait un véritable défi. Comparées aux arcs, les premières armes à feu étaient imprécises, de courte portée, et disposaient d’une faible cadence de tir. De ce fait, même les artilleurs chevronnés ne recevaient aucune formation à ce sujet avant le XX&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle.&lt;sup id=&#34;fnref1:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Jusqu’en 1793, après environ 300 ans de bons et loyaux services sur le champ de bataille, une série de tests au Royaume-Uni a démontré que les mousquets étaient moins précis que les arcs.&lt;sup id=&#34;fnref1:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans le même temps, Benjamin Franklin envisageait d’armer les soldats de la Guerre d’Indépendance américaine d’arcs plutôt que de mousquets, qu’il jugeait plus efficaces.&lt;sup id=&#34;fnref5:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’en 1793, après environ 300 ans de bons et loyaux services sur le champ de bataille, une série de tests au Royaume-Uni a démontré que les mousquets étaient moins précis que les arcs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La principale faiblesse des premières armes à feu, et la dernière a avoir été corrigée, fut leur faible cadence de tir. Le mousquetaire devait suivre une série d’étapes à réaliser avant chaque tir.&lt;sup id=&#34;fnref2:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À cette époque, un homme devait charger le mousquet et faire feu, laissant la possibilité pour un archer habile de lui lancer une douzaine de flèches. Pendant la Guerre civile des États-Unis (1861-1865), la portée des fusils valait celle des arcs de guerre (200-300 mètres). La cadence de tir, quant à elle, était toujours aussi faible que trois balles par minute.&lt;sup id=&#34;fnref7:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les armes à feu préindustrielles étaient tout aussi peu fiables, tandis que les arcs restaient une valeur sûre. À la fin des années 1700, près de 15 % des tirs de mousquets échouaient. Ce taux augmentait de 90 % en temps de vent et de pluie. De plus, un mousquet était aussi long qu’un arc et bien plus lourd (7-9 kg).&lt;sup id=&#34;fnref1:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/dutch-musket_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un mousquet néerlandais du XVIIe siècle. Source : Rijksmuseum, image du domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un mousquet néerlandais du XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle. Source : [Rijksmuseum, image du domaine public](https://www.rijksmuseum.nl/nl/collectie/NG-NM-3546). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Manual_of_the_Musketeer,_17th_Century_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un manuel de la New Model Army, armée de la Première Révolution anglaise, illustrant une partie des étapes requises pour charger et faire feu avec les premiers mousquets. Image relevant du domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un manuel de la New Model Army, armée de la Première Révolution anglaise, illustrant une partie des étapes requises pour charger et faire feu avec les premiers mousquets. [Image relevant du domaine public](https://en.wikipedia.org/wiki/Musket#/media/File:Manual_of_the_Musketeer,_17th_Century.jpg). 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’arme à feu présentait également des inconvénients stratégiques. Tout d’abord, si la trajectoire rectiligne des balles facilitait la visée, elle contrevenait également au volume de tirs qui se trouvait encore plus limité.&lt;sup id=&#34;fnref6:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref8:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les archers pouvaient se tenir en formation et tirer depuis différents rangs en même temps : les archers des lignes arrières tiraient au-dessus des lignes avants. Cette technique, appelée « tir de volée », est utilisée depuis l’Antiquité.&lt;sup id=&#34;fnref4:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En revanche, seulement deux rangs de mousquetaires pouvaient tirer simultanément (un rang à genoux et l’autre debout derrière lui). Du reste, les mousquetaires ne pouvaient viser que les premiers rangs d’une force ennemie. De plus, ils ne pouvaient pas lancer leurs projectiles au-dessus d’un mur de château.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les archers pouvaient tuer indirectement (et causer beaucoup de dégâts) avec leurs flèches enflammées. Il s’agissait de projectiles légèrement plus longs qui contenaient des matières combustibles. Certaines d’entre elles étaient à utilisation immédiate tandis que d’autres demandaient une certaine préparation sur le terrain.&lt;sup id=&#34;fnref7:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Leurs répercussions pouvaient être dévastatrices en des temps où les bâtiments et les bateaux étaient faits de matières inflammables. Les forces défensives pouvaient mettre le feu aux convois d’approvisionnement ou aux engins de siège des armées attaquantes.&lt;sup id=&#34;fnref9:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les archers à cheval enflammaient également les hautes herbes des grandes plaines pour repousser les troupes adverses.&lt;sup id=&#34;fnref1:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En soi, parce qu’ils lançaient des flèches enflammées, les arcs étaient, eux aussi, des « armes à feu ».&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;larbalète&#34;&gt;L’arbalète&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’arme à feu ne fut pas la première à remplacer l’arc. Sur le continent européen, l’arbalète est devenue l’arme de guerre dominante dès les années 1200. Puis, dans les années 1500, les premières armes à feu ont remplacé en grande partie les arbalètes.&lt;sup id=&#34;fnref8:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref10:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Apparue au cours de l’Antiquité, l’arbalète est une arme tributaire de l’énergie humaine, tout comme l’arc. Cependant, son fonctionnement ressemble fortement à celui d’une arme à feu. Le projectile est verrouillé dans son emplacement et le tireur doit simplement viser pour effectuer un tir précis. L’arbalétrier met l’arme sous tension à l’aide de différents mécanismes tels qu’un étrier, un treuil à double manivelle ou encore un système de poulies.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/1916.1758_full_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : arbalète avec des munitions. Allemagne, XVIe-XVIIe siècles. Bois, cuir, acier ; ensemble : 37,2 cm (14 5/8 in.). Source : Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : arbalète avec des munitions. Allemagne, XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècles. Bois, cuir, acier ; ensemble : 37,2 cm (14 5/8 in.). Source : [Internet Archive](https://archive.org/details/clevelandart-1916.1758-crossbow-bolt). 
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’arbalète est souvent considérée comme techniquement supérieure à l’arc. Le fait qu’elle ait en grande partie remplacé l’arc en Europe ne fait que confirmer cette idée. Cependant, une comparaison de leurs caractéristiques de performance démontre que ce sont deux armes tout aussi valables, chacune avec ses propres avantages et inconvénients. Le carreau d’arbalète était plus puissant qu’une flèche, incarnant ainsi l’outil parfait pour transpercer les armures.&lt;sup id=&#34;fnref:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, l’arme permettait à l’arbalétrier de moins bouger son coude et donc de porter une armure plus lourde qui aurait interféré avec l’utilisation d’un arc.&lt;sup id=&#34;fnref2:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, l’arbalète était bien plus lourde et sa cadence de tir était aussi faible que celle d’une arme à feu. De plus, les arbalètes n’étaient pas non plus adaptées aux tirs de missile en arc de cercle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l’on compare la performance de l’arbalète et celle de la première arme à feu, on observe un fait étrange : l’arbalète est manifestement la meilleure des deux. Elle partage la même cadence de tir que les premières armes à feu, mais elle possède tout de même une précision, une portée et une fiabilité proches de celles d’un arc. L’arbalète est également plutôt silencieuse et ne produit aucune fumée (contrairement à toutes les premières armes à feu). Pourtant, l’arbalète a fini par être remplacée par l’arme à feu, et non l’inverse. Par conséquent, et contrairement à l’opinion générale, l’arc et l’arbalète n’ont pas été remplacés par des armes supérieures en termes de performance technique,  et c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Entre 1400 et 1900, les armées européennes ont donc remplacé leurs armes de première catégorie par des armes de qualité moindre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;tuer-aucune-compétence-ni-effort-requis&#34;&gt;Tuer : aucune compétence ni effort requis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l’on tient compte uniquement des caractéristiques de performance, on peut remarquer que l’évolution des armes portables en Europe n’a pas vraiment de sens. Les différences en termes de techniques de production ne semblent pas l’expliquer pour autant. La production des balles était moins chère que celle des flèches, mais la fabrication des arcs automatiques était plus économique que celle des armes à feu. Le passage de l’arc à l’arbalète puis à l’arme à feu semble plus logique si on les compare en termes d’apprentissage. L’arbalétrier avait seulement besoin de bien viser et pouvait tirer tout droit et non en courbe, ce qui rendait l’arbalète plus facile d’utilisation que l’arc. L’arbalète sollicitait également moins les muscles que l’arc, tout en restant une arme tributaire de l’énergie humaine. L’arme à feu s’est émancipée de cette dépendance.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d’être des armes techniquement supérieures, les armes à feu ne nécessitaient aucune compétence ou effort musculaire pour tuer quelqu’un à distance.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d’être des armes techniquement supérieures, les armes à feu ne nécessitaient aucune compétence ou effort musculaire pour tuer quelqu’un à distance. La plupart des armées européennes ont remplacé les arcs par des arbalètes puis par des armes à feu pour la raison suivante : la rapidité de l’apprentissage. Les arbalétriers et les mousquetaires étaient peu formés, voire pas du tout, tandis que des années de pratique étaient nécessaires pour former un archer suffisamment habile et compétent pour être efficace sur un champ de bataille.&lt;sup id=&#34;fnref9:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref11:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:40&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:40&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:41&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:41&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;41&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’arbalète et l’arme à feu ont ainsi élargi le nombre de personnes susceptibles de devenir soldats dans une population donnée. Ce fut une bonne nouvelle pour les personnes au pouvoir parce qu’elles pouvaient désormais former une grande armée plus rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-pratique-du-tir-à-larc&#34;&gt;La pratique du tir à l’arc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est aisé d’oublier l’importance de la facilité d’apprentissage de nos jours, car les armes à feu sont particulièrement simples d’utilisation. En effet, il n’est même pas nécessaire de bien viser avec une mitrailleuse. En revanche, former et entretenir une armée d’archers demande beaucoup d’efforts. L’entraînement au tir à l’arc faisait partie du quotidien sur les champs de bataille où l’arc était l’arme de prédilection. L’exemple de l’Angleterre est particulièrement parlant. L’arbalète n’y fut retirée du service militaire qu’en 1595, soit près de 400 ans après que la plupart des armées européennes aient remplacé les arcs par les arbalètes, donc un siècle après l’apparition des premières armes à feu.&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/1962_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. [Internet Archive](https://archive.org/details/NewarkSchools1962). 
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&lt;p&gt;La couronne d’Angleterre obligeait toute la population masculine du pays à pratiquer le tir à l’arc. Les lois sont entrées en vigueur dans les années 1250 et sont devenues de plus en plus strictes au cours des siècles suivants.&lt;sup id=&#34;fnref10:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref12:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:42&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:42&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;42&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Tous les hommes entre 17 et 60 ans devaient posséder un arc et devaient s’entraîner les dimanches et les jours de fête. Les parents devaient fournir un arc et des flèches à leurs garçons d’ici l’âge de sept ans. Pour éviter toute distraction des entraînements de tir à l’arc, les autres sports comme le football, le tennis et le handball étaient interdits.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’entraînement au tir à l’arc faisait partie du quotidien sur les champs de bataille où l’arc était l’arme de prédilection.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La principale forme d’entraînement au tir à l’arc consistait à tirer sur des buttes. Il s’agissait de monticules de terre, de pierre et de tourbe situés sur des terres communales pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de long. Ces terrains d’entraînement (aussi connus sous le nom de blasons) pouvaient se trouver en pleine campagne, dans les villes et villages, ou sur des terres adjacentes des châteaux ou des forts.&lt;sup id=&#34;fnref11:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref13:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La pratique du tir à l’arc comprenait également le tir au piquet ou au clout : l’art de tirer une flèche à l’aide d’un grand arc dans une cible placée à une distance maximale. Cela permettait d’entraîner les archers au tir de volée. Il existait une autre forme d’entraînement qui consistait à tirer sur un papegault accroché en haut d’un mât. Cette technique entraînait les archers aux sièges et aux batailles navales, lors desquels ils étaient amenés à tirer sur des cibles en hauteur dans le gréement des navires ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cultures dont les armées étaient majoritairement composées d’archers à cheval les entraînements étaient différents, utilisant notamment des tactiques plus mobiles sur le champ de bataille.&lt;sup id=&#34;fnref5:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’entraînement militaire le plus typique avec des arcs composites se présentait sous forme de jeux, dans lesquels les archers galopaient à cheval sur des chemins spécialement tracés pour l’occasion, tirant sur les côtés, en arrière et dans les airs sur des cibles consécutives de part et d’autre de la piste. Un manuel équestre militaire ottoman sur le tir à l’arc du XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle décrit notamment près de 20 exercices combinant l’arc et l’épée.&lt;sup id=&#34;fnref12:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Beaucoup de peuples nomades ont appris à leurs enfants à monter à cheval et à tirer à l’arc dès leur plus jeune âge.&lt;sup id=&#34;fnref2:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/mongolian-child-archer-Nasanbat_Nasaa_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un enfant archer mongol. Crédit : Nasanbat Nasaa. Via Traditional Manchu Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un enfant archer mongol. Crédit : [Nasanbat Nasaa](https://www.facebook.com/groups/123478431067128/user/100000273387588/). Via [Traditional Manchu Archery](https://www.facebook.com/groups/fedoro). 
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/mongolian-horse-archer-Nasanbat%20Nasaa_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un archer mongol à cheval. Crédit : Nasanbat Nasaa. Via Traditional Manchu Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un archer mongol à cheval. Crédit : [Nasanbat Nasaa](https://www.facebook.com/groups/123478431067128/user/100000273387588/). Via [Traditional Manchu Archery](https://www.facebook.com/groups/fedoro). 
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&lt;p&gt;Pendant de nombreux siècles, le tir à l’arc était considéré comme un devoir religieux et une marque de statut social dans l’Islam, de la Turquie à l’Inde. Puis, il s’est développé sous forme d’un art martial et d’une pratique rituelle qui favorisait l’ordre social et le développement spirituel en Chine, au Japon, en Mongolie et en Corée.&lt;sup id=&#34;fnref:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:46&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:46&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;46&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’accent n’était pas seulement mis sur la précision et la portée, mais aussi sur la rapidité du tir, l’endurance, et sur le fait de tirer dans des positions inconfortables. Par exemple, une pratique particulière au Japon consistait à tirer des flèches sur une cible située sur un toit bas, d’une distance d’environ 120 mètres, tout en étant à genoux. Un autre défi consistait, quant à lui, à tirer sur une même cible de manière répétée pendant une longue durée. En 1686, un archer a tiré 13 053 flèches en 24 heures (9 par minute), dont 8 133 ont atteint à la cible (plus de 5 flèches par minute).&lt;sup id=&#34;fnref13:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arcs modernes ont supprimé le savoir-faire, ainsi qu’une grande partie du plaisir, propre au tir à l’arc en tant que sport.&lt;sup id=&#34;fnref:47&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:47&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;47&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En effet, un arc recurve contemporain à viseur est précis même dans les mains d’un parfait débutant. Lors de tirs sur des distances relativement grandes, des instruments aident l’archer à propulser la flèche avec la trajectoire balistique appropriée. Souvent, les doigts ne touchent même pas la corde d’arc. En effet, un déclenchement mécanique se trouve entre la corde et les doigts et il suffit à l’archer d’appuyer sur la gâchette. L’arc recurve olympique possède des stabilisateurs pour une meilleure visée. L’arc à poulies, le plus utilisé pour la chasse, comporte un système de cames permettant à la corde de se dérouler, réduisant ainsi la force dont l’archer a besoin pour tenir son arc en pleine allonge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-canon&#34;&gt;Le canon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Anglais finirent par abandonner le tir à l’arc, mais seulement après de nombreux débats.&lt;sup id=&#34;fnref14:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref6:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, l’arme à feu portative n’était pas l’unique raison du remplacement de l’arc anglais, pourtant si polyvalent. Il est devenu obsolète avec l’apparition d’une nouvelle arme d’artillerie : le canon. Les grands groupes d’archers se tenant debout proches les uns des autres devinrent une cible facile à atteindre lorsque l’artillerie est devenue plus mobile et efficace.&lt;sup id=&#34;fnref14:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’arc composite (et l’arbalète) résistaient beaucoup plus longtemps à l’arme à feu et au canon.&lt;sup id=&#34;fnref3:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:48&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:48&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;48&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En Chine, le tir à l’arc ne disparut de la formation militaire qu’en 1901, au moment où les armes à feu atteignirent enfin le niveau de performance des arcs.&lt;sup id=&#34;fnref:50&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:50&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;50&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En Chine, le tir à l’arc ne disparut de la formation militaire qu’en 1901, au moment où les armes à feu atteignirent enfin le niveau de performance des arcs&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis le temps des Grecs et des Romains, les missiles ont peu de fois trouvé leur place lors des guerres européennes. Il s’agissait souvent de batailles au corps à corps : les hommes se battaient à l’aide d’épées, de lances, de haches, de piques, de hallebardes et de marteaux. Lorsque les arcs, et plus tard les armes à feu, ont fait leur apparition sur le champ de bataille, les hommes ont continué à se tenir en rangs pour se tirer les uns sur les autres.&lt;sup id=&#34;fnref7:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les guerriers à cheval portaient des épées et des lances, et non des arcs et des flèches. En revanche, à l’Est, les guerres s’articulaient autour d’un très grand nombre d’archers à cheval mobiles qui ne participaient jamais aux mêlées. Ces archers arrivaient au galop sur leur ennemi, lançant vers lui une salve de flèches à longue portée avant de rebrousser chemin et de disparaître au loin. Ces attaques éclairs aussi dispersées étaient difficiles à arrêter avec des canons.&lt;sup id=&#34;fnref8:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Schlacht_von_Azincourt_dithered.png&#34; alt=&#39;Guerre en Europe : échanges de tirs d’hommes en rangs. L’image dépeint la bataille d’Azincourt (1415). Source : Antoine Leduc, Sylvie Leluc et Olivier Renaudeau (dir.), D’Azincourt à Marignan. Chevaliers et bombardes, 1415-1515, Paris, Gallimard / Musée de l’armée, 2015, p. 18-19, ISBN 978-2-07-014949-0&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Guerre en Europe : échanges de tirs d’hommes en rangs. L’image dépeint la bataille d’Azincourt (1415). Source : Antoine Leduc, Sylvie Leluc et Olivier Renaudeau (dir.), D’Azincourt à Marignan. Chevaliers et bombardes, 1415-1515, Paris, Gallimard / Musée de l’armée, 2015, p. 18-19, ISBN 978-2-07-014949-0 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Mongolian-horse-archers-Credit-Nasanbat-Nasaa_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Archers mongols à cheval. Crédit : Nasanbat Nasaa. Via Traditional Manchu Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Archers mongols à cheval. Crédit : [Nasanbat Nasaa](https://www.facebook.com/groups/123478431067128/user/100000273387588/). Via [Traditional Manchu Archery](https://www.facebook.com/groups/fedoro). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De plus, les armes à feu ou les arbalètes n’intéressaient pas les archers en selle, car leurs tactiques de combat dépendaient de la cadence de tir. Ces armes les auraient contraints à revoir complètement leurs stratégies, qui s’étaient montrées très efficaces, même contre la cavalerie européenne équipée des premières armes à feu.&lt;sup id=&#34;fnref2:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les archers cavaliers amérindiens ont ainsi tué des colons européens jusqu’au XIX&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle. Dans les mains des cavaliers, l’arc n’a connu la défaite que face au fusil à répétition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-violence-viable&#34;&gt;Une violence viable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prôner le retour de l’arc et de la flèche au détriment de l’arme à feu semble absurde et irréaliste. Mais est-ce vraiment le cas ? Réutiliser l’arc nous serait profitable. Cette hypothèse s’inscrit dans la même logique que les stratégies à faible consommation d’énergie, telles que le remplacement des voitures par les vélos. Le vélo et l’arc sont tous deux des technologies très efficaces, faisant appel à la force physique de l’homme, qui seraient bénéfiques pour la santé humaine et l’environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d’abord, revenir à l’arc et à la flèche serait un geste pacificateur. Si former de plus grandes armées et mener des guerres plus vastes était possible avec les armes à feu, alors revenir aux arcs et aux flèches (et à d’autres missiles historiques, tels que les trébuchets, les catapultes et les balistes) rendrait les conflits moins importants. Le nombre de personnes d’une population donnée pouvant devenir de bons soldats diminuerait (à moins que la pratique du tir à l’arc ne réintègre les habitudes de la vie quotidienne). De la même manière, une société remplaçant les voitures par des vélos rendrait les distances de parcours plus courtes et favoriserait un mode de vie plus local (à moins que les gens ne s’entraînent à faire une douzaine de kilomètres par jour à vélo).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de personnes d’une population donnée pouvant devenir de bons soldats diminuerait en revenant à l’arc et à la flèche.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les guerres auraient moins d’impact sur l’environnement si l’on réhabilitait les arcs et les flèches. Nous n’évaluons pas souvent des armes en termes d’efficacité énergétique et de durabilité. Cependant, la production d’armes à feu et de balles dépend d’une chaîne d’approvisionnement mondiale complexe, incluant des infrastructures, des usines, des mines et des combustibles fossiles. Comme toute autre technologie moderne, ces armes posent donc un problème à long terme, en plus de la souffrance humaine qu’elles causent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’un autre côté, les arcs et les flèches peuvent être fabriqués à la main, à partir de matériaux locaux naturels et artificiels (Voir “&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/&#34;&gt;Les armes mortelles qui poussaient sur les arbres
&lt;/a&gt;”). En outre, la production artisanale possède un effet pacificateur supplémentaire. En effet, les premières armes à feu étaient faites manuellement, comme les arcs, et dans les deux cas, l’approvisionnement en armes était limité à la quantité que pouvaient produire les artisans. Avec des méthodes de fabrication industrielle, ces limites ont disparu, facilitant ainsi la formation de grandes armées et multipliant les combats.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/archery%20outdoors%20women_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Entraînement de tir à l’arc en extérieur au Palm Beach Junior College, années 1950. Source : Archives du Palm Beach State College - Harold C. Manor Library - campus Lake Worth. Trouvé sur Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Entraînement de tir à l’arc en extérieur au Palm Beach Junior College, années 1950. Source : Archives du Palm Beach State College - Harold C. Manor Library - campus Lake Worth. [Trouvé sur Internet Archive](https://archive.org/details/17-archery-outdoors-women). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Troisièmement, les méthodes de fabrication low-tech représentent une source d’autosuffisance militaire, c’est-à-dire la capacité des pays (ou de toute autre entité politique) de se procurer ou de produire localement en grande quantité du matériel militaire performant, des matières premières et de l’équipement. Ces ressources peuvent être nécessaires pour la survie de l’entité ou pour la poursuite de ses objectifs en termes d’affaires étrangères.&lt;sup id=&#34;fnref2:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La production de munitions modernes dépend par exemple des réserves d’antimoine principalement trouvées en Chine. C’est cet élément qui permet aux balles modernes d’atteindre des vitesses si élevées.&lt;sup id=&#34;fnref:51&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:51&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;51&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:52&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:52&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;52&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de concevoir des armes à feu localement à l’aide de méthodes low-tech, mais elles ne seraient pas aussi performantes. Prenons comme exemple le Sten : pistolet-mitrailleur britannique emblématique de la Seconde Guerre mondiale. Sa production ne nécessite que peu d’usinage et de soudures, ce qui permet même sa fabrication dans des ateliers de cyclisme. Il est toutefois connu pour son manque de fiabilité et sa portée limitée à 100 mètres, une distance aisément surpassée par un archer suffisamment adroit.&lt;sup id=&#34;fnref:53&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:53&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;53&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Stengun_verzet_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un pistolet-mitrailleur Sten. Source : Museum Rotterdam, via Wikimedia Commons. CC BY 3.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un pistolet-mitrailleur Sten. Source : Museum Rotterdam, via [Wikimedia Commons](https://en.wikipedia.org/wiki/Sten#/media/File:Stengun_verzet.jpg). CC BY 3.0\. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, remplacer les armes à feu par des arcs réduirait les dégâts causés en zone civile, comme lors de tueries de masse, d’accidents ou de suicides. Théoriquement, il est possible de commettre une tuerie de masse avec un arc et des flèches. Cependant, l’archer devrait passer des années à s’entraîner, tandis qu’avec une arme à feu, il suffit d’appuyer sur la gâchette. De plus, les arcs au repos ne représentent qu’un danger moindre. Contrairement aux armes à feu et aux arbalètes, les arcs ne peuvent pas être transportés et rangés avec une flèche encochée.&lt;sup id=&#34;fnref3:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Enfin, l’arc se prête difficilement aux tentatives de suicide : il faudrait l’armer avec ses orteils tout en parvenant à se viser.&lt;sup id=&#34;fnref4:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-domaine-militaire-un-exemple-technologique&#34;&gt;Le domaine militaire, un exemple technologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Même en reconnaissant que revenir aux arcs serait avantageux, l’idée paraît sûrement irréaliste. C’est tout à fait possible, mais dans ce cas, la transition vers une société plus durable l’est également. Les modes de vie low-tech ne sont pas compatibles avec les armes ultramodernes, et ce pour plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premièrement, les technologies militaires sont l’un des moteurs du progrès technologique. Un grand nombre de produits néfastes pour l’environnement ont d’abord été développés à des fins militaires. Deuxièmement, la chaîne de production mondiale d’armes à feu modernes est à l’épicentre de tous les enjeux environnementaux et de croissance économique. Il n’est pas envisageable de la maintenir en activité dans l’unique but de produire des armes, tout en renonçant aux autres objectifs. Troisièmement, le système capitaliste requiert des dépenses militaires croissantes pour évacuer le surplus de capital accumulé. L’économie mondiale ne cesse d’investir de larges sommes dans l’armement, les conflits et la répression : le marché des armes de pointes est florissant.&lt;sup id=&#34;fnref:54&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:54&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;54&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:55&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:55&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;55&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:56&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:56&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;56&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/1964_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. [Internet Archive](https://archive.org/details/NewarkSchools1964). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C’est pourquoi la question des armes devrait être au cœur des débats sur l’établissement d’une société durable. Comment pouvons-nous prétendre vouloir une société plus juste, durable et moins technologique si nous sommes incapables de concevoir des guerres low-tech ? La transition vers une industrie de l’armement low-tech paraît irréalisable, car elle nécessiterait une coopération mondiale, mais le même problème se pose pour la réduction des émissions liées aux combustibles fossiles. De plus, cette transition impliquerait une « désinvention » des choses, mais encore une fois, le même problème se pose pour de nombreux produits nocifs du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, le domaine militaire est l’un des rares dans lesquels nous avons convenu de ne pas recourir à certaines technologies. L’humanité a interdit l’usage de nombreux types d’équipements, comme les armes biologiques ou chimiques, les armes à laser aveuglantes et les balles empoisonnées. En revanche, aucun pays n’est parvenu à interdire les SUV, malgré la menace qu’ils représentent pour les autres conducteurs et pour l’environnement. Aussi absurde que cela puisse paraître, le domaine militaire est un exemple à suivre en termes de gouvernance technologique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;La puissance d’un arc dépend également de la taille de l’archer et du style de tir, des facteurs déterminants aussi son allonge. Plus l’archer tire sur la corde, plus les branches de l’arme emmagasinent de l’énergie. On mesure généralement la puissance de l’arc pour une allonge de 28 pouces, mais un même arc sera plus puissant entre les mains d’un archer de grande taille. Il en va de même pour le style de tir. De nos jours, la majorité des archers tendent la corde jusqu’à leur menton, alors qu’historiquement, ils la tiraient jusqu’à leur oreille, leur épaule ou au-delà. L’allonge et la puissance étaient donc supérieures.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Randall, Karl Chandler. Origins and Comparative Performance of the Composite Bow. Diss. University of South Africa, 2016. &lt;a href=&#34;https://core.ac.uk/download/pdf/79170491.pdf&#34;&gt;https://core.ac.uk/download/pdf/79170491.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Pontzer, Herman, et al. « Mechanics of archery among Hadza hunter-gatherers. » Journal of Archaeological Science : Reports 16 (2017) : 57-64. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2352409X17303309&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2352409X17303309&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Loades, Mike. War Bows: Longbow, crossbow, composite bow and Japanese yumi. Bloomsbury Publishing, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref9:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref10:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref11:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref12:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref13:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref14:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref15:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref16:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref17:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Un arc de puissance inférieure à la moyenne indiquait généralement l’emploi de flèches empoisonnées.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Roth, Erik. With a Bended Bow: Archery in Mediaeval and Renaissance Europe. The History Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref9:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref10:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref11:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref12:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref13:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref14:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref15:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Nieminen, Timo A. &amp;ldquo;The Asian war bow.&amp;rdquo; arXiv preprint arXiv:1101.1677 (2011). &lt;a href=&#34;https://arxiv.org/pdf/1101.1677.pdf&#34;&gt;https://arxiv.org/pdf/1101.1677.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dougherty, Martin J. The Medieval Warrior: Weapons, Technology and Fighting Techniques: AD 1000-1500. Lyons Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Denny, Mark. Their arrows will darken the sun: the evolution and science of ballistics. JHU Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://military-history.fandom.com/wiki/Muzzle_energy&#34;&gt;https://military-history.fandom.com/wiki/Muzzle_energy&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Karger, Bernd, et al. « Experimental arrow wounds: ballistics and traumatology. » Journal of Trauma and Acute Care Surgery 45.3 (1998) : 495-501.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Madhok, Brijesh M., Dipesh D. Dutta Roy, et Sashidhar Yeluri. « Penetrating arrow injuries in Western India. » Injury 36.9 (2005) : 1045-1050.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ashby, Ed. « Momentum, kinetic energy, and arrow penetration (and what they mean for the bowhunter). » (2005) : 1564244295094. &lt;a href=&#34;https://www.arcieridelbernabo.it/wp-content/uploads/7-Ashby-Momentum-Kinetic-Energy-and-Arrow-Penetration.pdf&#34;&gt;https://www.arcieridelbernabo.it/wp-content/uploads/7-Ashby-Momentum-Kinetic-Energy-and-Arrow-Penetration.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;MacPhee, Nichole, et al. « A comparison of penetration and damage caused by different types of arrowheads on loose and tight fit clothing. » Science &amp;amp; Justice 58.2 (2018) : 109-120.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le type de balle ou de pointe de flèche affecte aussi la gravité des blessures. Certaines balles sont conçues pour s’élargir ou éclater à l’impact afin de causer plus de dégâts et d’augmenter la probabilité d’endommager un organe vital.&lt;sup id=&#34;fnref8:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De même, les grandes pointes de flèches métalliques et bien affûtées provoquent des hémorragies.&lt;sup id=&#34;fnref5:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En revanche, les pointes field (utilisées pour le tir sur cible) n’entraînent des saignements que lors de l’extraction de la flèche : la plaie, relativement petite, étant obstruée par la hampe.&lt;sup id=&#34;fnref6:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;L’extraction des flèches est une des rares procédures médicales que l’on maîtrisait mieux autrefois : de nos jours, très peu de chirurgiens ont eu l’occasion de traiter ce type de plaie. Le risque de blessure est important, y compris pour le chirurgien qui opère.&lt;sup id=&#34;fnref7:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un instrument médical, la cyasthisque de Dioclès (&lt;i&gt;spoon of Diocles)&lt;/i&gt;, permettait autrefois d’extraire les flèches sans provoquer de lésions supplémentaires. Une fois la plaie élargie, on glissait l’instrument le long de la hampe de la flèche pour localiser la pointe. Les bords de la cyasthisque se fixaient sur la pointe, et permettaient de l’extraire. Cornelius Celsus, qui a conçu cet instrument, a également réservé un chapitre de son traité médical &lt;i&gt;De medicina&lt;/i&gt; à l’extraction des flèches. Il y présente deux méthodes : ôter la flèche depuis son point d’entrée (à l’aide de la cyasthisque) en la tirant, ou en la poussant à travers le corps après incision des tissus mous au point de sortie. La seconde méthode, préconisée par Celsus, impliquait d’attacher la pointe de la flèche à un cheval, un bâton ou encore une arbalète pour l’extraire. Sushruta, un chirurgien indien, fait état de méthodes similaires quatre millénaires avant Celsus. Voir : Karger, Bernd, Hubert Sudhues, et Bernd Brinkmann. « Arrow wounds: major stimulus in the history of surgery » World journal of surgery 25.12 (2001): 1550-1555 &amp;amp; Karger, Bernd, et al. « Experimental arrow wounds: ballistics and traumatology. » Journal of Trauma and Acute Care Surgery 45.3 (1998) : 495-501.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&#34;&gt;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Chan, Hok-lam. « ’The Distance of a Bowshot’: Some Remarks on Measurement in the Altaic World. » Journal of Song-Yuan Studies 25 (1995) : 29-46.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&#34;&gt;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ces distances correspondent à des arcs « normaux ». Les cultures utilisant l’arc composite pratiquent aussi souvent le « tir à longue portée » à l’aide d’arcs spéciaux et de flèches très légères qui peuvent être envoyées à plus de 1000 mètres.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bettinger, Robert L. « Effects of the bow on social organization in Western North America. » Evolutionary Anthropology: Issues, News, and Reviews 22.3 (2013) : 118-123.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;D’autres exemples témoignent de la précision des archers du passé, même si l’une ne fait mention que d&amp;rsquo;une distance de tir très courte de 10 mètres  : les archers turcs pouvaient entourer une cible de la taille d’une pièce de monnaie avec cinq ou six flèches, de sorte qu’elles touchent toutes l’extérieur de la cible sans l’endommager.&lt;sup id=&#34;fnref4:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par ailleurs, une étude anthropologique des années 1920 rapporte que les meilleurs archers amérindiens parvenaient à toucher une minuscule cible (de la taille d’une pièce de 50 centimes) « fréquemment » à une distance entre 25 et 35 mètres. Enfin au début du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, Ishi, le dernier des Yahi (peuple amérindien de Californie) a atteint d’une flèche la tête d’un écureuil à environ 40 mètres.&lt;sup id=&#34;fnref3:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les flèches conservent généralement 75 à 80 % de leur vitesse initiale à l&amp;rsquo;impact, et 60 à 65 % de leur énergie cinétique. Source : Gorman, Stuart. The Technological Development of the Bow and Crossbow in Later Middle Ages. Diss. Trinity College Dublin, 2016. Fait référence à : Strickland, Matthew J., et Robert Hardy. The great warbow: from Hastings to the Mary Rose. Sutton, 2005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le bâton de jet est un autre exemple d’aéronautique préhistorique : &lt;a href=&#34;https://www.throwsticks.com/history-science&#34;&gt;https://www.throwsticks.com/history-science&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hurley, Vic. Arrows against steel: the history of the bow and how it forever changed warfare. Cerberus Books, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;La balle peut tout de même faire des dégâts, mais elle a peu de chances de pénétrer la cible. Tirer (presque) à la verticale est plus dangereux.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;En Asie, les archers tirent encore sur de longues distances. Par exemple, la distance de cible moyenne est de 145 mètres en Corée, et de 160 à 190 mètres en Turquie.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;Townsend, Joan B. « Firearms against native arms: a study in comparative efficiencies with an Alaskan example. » Arctic Anthropology (1983) : 1-33.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Redmond, Gerald. « Longbow: A Social and Military History. » (1977): 121-124.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Wallace, E. Gregory. « Assault weapon myths. » S. Ill. ULJ 43 (2018): 193.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;La prise primaire consiste à saisir l&amp;rsquo;extrémité de la flèche entre le bout du pouce tendu et la première et la deuxième articulation de l&amp;rsquo;index plié. Les flèches alors utilisées disposaient d’une extrémité plus large au lieu d’encoches.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lars Anderson est une figure controversée dans le milieu de l’archerie et ses exploits sont contestés. Vous trouverez sans doute des articles et vidéos rédigés ou publiés par des archers qui réfutent ses propos ou rejettent ses techniques. Cependant, bien que je soutienne les approches critiques, j’ai également remarqué que les archers traditionnels et modernes sont toujours en désaccord. De plus, le talent d’Anderson a été officiellement reconnu pour sa précision, si ce n’est pour sa cadence de tir : il est entré dans le livre Guinness des records après avoir tiré 7 flèches consécutives à travers une serrure.&lt;a href=&#34;https://www.odditycentral.com/news/archer-shoots-seven-arrows-through-10mm-keyhole-sets-world-record.html&#34;&gt;https://www.odditycentral.com/news/archer-shoots-seven-arrows-through-10mm-keyhole-sets-world-record.html&lt;/a&gt;. Enfin l’archerie montée est toujours pratiquée par des archers talentueux dans de nombreuses régions où l’arc composite avait autrefois une importance majeure. Ces archers semblent aussi doués que Lars Anderson. Voir par exemple cette vidéo : &lt;a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=utNOiSfyOD8&#34;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=utNOiSfyOD8&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:33&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir page 139 de &lt;i&gt;The Bowyer’s Bible&lt;/i&gt;, Volume 4 et pages 250, 283 et 284 dans &lt;i&gt;War Bows&lt;/i&gt;, par Mike Loads.&lt;sup id=&#34;fnref15:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:34&#34;&gt;
&lt;p&gt;Esper, Thomas. « Military Self-Sufficiency and Weapons Technology in Muscovite Russia. » Slavic Review 28.2 (1969) : 185-208.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:35&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lanan, Nathan. « The Ottoman Gunpowder Empire and the Composite Bow. » The Gettysburg Historical Journal 9.1 (2010) : 4.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:36&#34;&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, les flèches n’avaient pas à être mortelles pour être efficaces. Premièrement, même si la flèche (ou les premières armes à feu) ne tuait pas sur le coup, beaucoup de victimes succombaient de l’infection de leurs plaies.&lt;sup id=&#34;fnref4:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Deuxièmement, une telle blessure est handicapante, même si la plaie n’est pas mortelle ou grave. Troisièmement, chaque flèche n’avait pas besoin de tuer. Les chocs contre l’armure des ennemis les épuisaient. Mike Loads, auteur de nombreux ouvrages sur l’archerie ancienne, parlait des flèches comme des « poings bardés d’acier et à la portée considérable ».&lt;sup id=&#34;fnref16:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:36&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:37&#34;&gt;
&lt;p&gt;Davies, Jonathan. « ’A COMBERSOME TYING WEAPON IN A THRONG OF MEN&amp;rsquo;: THE DECLINE OF THE LONGBOW IN ELIZABETHAN ENGLAND. » Journal of the Society for Army Historical Research 80.321 (2002) : 16-31.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:38&#34;&gt;
&lt;p&gt;De nombreux types de flèches incendiaires existaient. Pour les flèches à « cage », une mèche de laine, de chanvre ou d’étoupe est imprégnée d’un mélange inflammable avant d’être introduite dans la pointe en forme de cage. Ces flèches pouvaient être fabriquées sur le terrain, dès que le besoin s’en faisait sentir. Les archers transportaient des pointes à cage amovibles, des mèches et des matériaux combustibles pour convertir en un instant les flèches en flèches incendiaires. En revanche, les flèches à sac devaient être fabriquées à l’avance, mais elles étaient plus fiables : elles s’éteignaient moins souvent en vol. Pour fabriquer ces flèches, on insérait une longue pointe dans un boudin rempli de substances inflammables, que l’on entourait d’un sac en lin. Voir &lt;sup id=&#34;fnref17:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et &lt;sup id=&#34;fnref15:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:39&#34;&gt;
&lt;p&gt;Même si l’arbalète disposait d’une bien meilleure puissance que les arcs (jusqu’à 1000 livres), cet écart était en partie compensé par leur efficacité inférieure (environ 40 % de moins qu’un arc), et par leur allonge plus courte : les flèches sont beaucoup plus longues que les carreaux d’arbalète.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:40&#34;&gt;
&lt;p&gt;Des études anthropologiques ont démontré que les performances des archers à la chasse atteignent leur maximum étonnamment tard, après leur apogée physique. Source : Edinborough, Kevan Stephen Anthony. Evolution of bow-arrow technology. University of London, University College London (United Kingdom), 2005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:40&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:41&#34;&gt;
&lt;p&gt;Grund, Brigid Sky. « Behavioral ecology, technology, and the organization of labor: How a shift from spear thrower to self bow exacerbates social disparities. » American Anthropologist 119.1 (2017) : 104-119.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:41&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:42&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.longbow-archers.com/historylistdates.html&#34;&gt;https://www.longbow-archers.com/historylistdates.html&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:42&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:43&#34;&gt;
&lt;p&gt;Phillips, Gervase. « Longbow and hackbutt: weapons technology and technology transfer in early modern England. » Technology and Culture 40.3 (1999) : 576-593.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:44&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://web.archive.org/web/20060905114227/http://www.eng-h.gov.uk/mpp/mcd/butts.htm&#34;&gt;https://web.archive.org/web/20060905114227/http://www.eng-h.gov.uk/mpp/mcd/butts.htm&lt;/a&gt; MONUMENTS PROTECTION PROGRAMME, MONUMENT CLASS DESCRIPTION, ARCHERY BUTTS, JANUARY 1990&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:45&#34;&gt;
&lt;p&gt;Grayson, Charles E., Mary French, et Michael John O&amp;rsquo;Brien. Traditional archery from six continents: the Charles E. Grayson collection. University of Missouri Press, 2007.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:46&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://web.archive.org/web/20151012222623/http://www.atarn.org/training/chinese_archery_bckgrnd.htm&#34;&gt;https://web.archive.org/web/20151012222623/http://www.atarn.org/training/chinese_archery_bckgrnd.htm&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:46&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:47&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ceci est un thème récurrent dans &lt;i&gt;The Bowyer’s Bible.&lt;/i&gt; Hamm, Jim. « The Traditional Bowyer&amp;rsquo;s Bible, Volume One / Two / Three / Four. » (1992-2008).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:47&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:48&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bien que l’Empire ottoman soit un des pionniers de l’emploi de la poudre à canon pour l’artillerie et l’infanterie, les archers montés ont largement perduré jusqu’aux années 1550, environ aussi longtemps que les Anglais ont conservé leurs archers.&lt;sup id=&#34;fnref5:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La Russie moscovite a continué d’employer des archers montés pour défendre ses frontières du Sud-est contre les Tartares jusqu’à la fin du XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle.&lt;sup id=&#34;fnref3:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au Moyen-Orient, l’archerie n’a entamé son déclin qu’au tournant du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, tandis que l’Asie de l’Est n’a effectué sa transition vers les armes à feu qu’au début du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle.&lt;sup id=&#34;fnref2:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En Chine, la discipline est retirée des entraînements militaires en 1901, à la période où les performances des armes à feu ont enfin égalé celles des arcs.&lt;sup id=&#34;fnref1:50&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:50&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;50&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les arcs ont donc coexisté en Chine avec les armes à feu pendant presque un millénaire.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:48&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:49&#34;&gt;
&lt;p&gt;May, Timothy. « Nomadic Warfare before Firearms. » Oxford Research Encyclopedia of Asian History. 2018. &lt;a href=&#34;https://oxfordre.com/asianhistory/asianhistory/abstract/10.1093/acrefore/9780190277727.001.0001/acrefore-9780190277727-e-4&#34;&gt;https://oxfordre.com/asianhistory/asianhistory/abstract/10.1093/acrefore/9780190277727.001.0001/acrefore-9780190277727-e-4&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:50&#34;&gt;
&lt;p&gt;Selby, Stephen. Chinese archery. Vol. 1. Hong Kong University Press, 2000.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:50&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:50&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:51&#34;&gt;
&lt;p&gt;Leckie, Cameron. « Lasers or longbows?: a paradox of military technology. » Australian Defence Force Journal 182 (2010) : 44-56.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:51&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:52&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les États-Unis dépendent fortement de la Chine et de la Russie pour leur approvisionnement en munitions. Le Congrès souhaite y remédier. Defense News, 22 juin 2022. &lt;a href=&#34;https://www.defensenews.com/congress/budget/2022/06/08/the-us-is-heavily-reliant-on-china-and-russia-for-its-ammo-supply-chain-congress-wants-to-fix-that/&#34;&gt;https://www.defensenews.com/congress/budget/2022/06/08/the-us-is-heavily-reliant-on-china-and-russia-for-its-ammo-supply-chain-congress-wants-to-fix-that/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:52&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:53&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thompson, Leroy. The sten gun. Bloomsbury Publishing, 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:53&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:54&#34;&gt;
&lt;p&gt;Robinson, William I. The global police state. London : Pluto Press, 2020.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:54&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:55&#34;&gt;
&lt;p&gt;Phillips, Peter. Giants: The global power elite. Seven Stories Press, 2018.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:55&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:56&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gregory, Anthony. « Rise of the warrior cop: The militarization of america&amp;rsquo;s police forces. » (2014) : 271-275.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:56&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Remplacer les tracteurs par des chevaux</title>
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      <pubDate>Fri, 18 Apr 2008 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux et autres animaux de trait et de bât ont révolutionné le transport, la guerre, la chasse, les manufactures et l&amp;rsquo;agriculture. Jusqu&amp;rsquo;au début du XXème siècle, les chevaux de trait étaient la colonne vertébrale de la société industrielle, extrayant le charbon hors des mines, labourant les champs et transportant des marchandises et des personnes dans des villes en expansion. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Réintroduire les chevaux dans la circulation urbaine serait une mauvaise idée - les voitures sont peut-être bruyantes, dangereuses et polluantes, mais en milieu urbain, les chevaux sont encore pires. Dans l&amp;rsquo;agriculture, cependant, l&amp;rsquo;énergie animale serait très bénéfique, notamment sur le plan écologique.                                                                                                   &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les tracteurs par des chevaux ne signifie pas revenir au moyen-âge, ni exclure la machinerie lourde, les rendements élevés ou des high-tech.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs milliers d&amp;rsquo;années, les chevaux, les ânes, les mulets, les bœufs, les chameaux, les buffles, les lamas et les éléphants étaient les seuls moyens de transport, avec la marche. Les animaux tiraient des charrettes et des traîneaux chargés de marchandises ou de personnes, et des caravanes de bêtes de somme parcouraient des centaines de kilomètres à travers chaînes de montagnes, jungles et déserts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;arrivée des chemins de fer et des machines à vapeur au XIXe siècle a considérablement accru le besoin de transport animal sur de courtes et moyennes distances. Les chemins de fer, les bateaux à vapeur et les usines ont généré beaucoup de trafic de fret supplémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux de trait étaient chargés de l&amp;rsquo;aiguillage des trains à vapeur et du transport du charbon vers les gares et les usines. Dans les mines, le charbon était transporté par des milliers de chevaux qui ne voyaient jamais la lumière du jour. La population, de plus en plus nombreuse, continuait d&amp;rsquo;être transporté par des &lt;a href=&#34;http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3884/is_200509/ai_n15613227&#34;&gt;taxis à chevaux, des omnibus et des tramways&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse-tramway_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1890, on estimait à 300 000 le nombre de chevaux à Londres,  pour une population humaine d&amp;rsquo;environ 4,5 millions (soit 1 cheval pour 15 personnes). En 1880, New York comptait entre 150 000 et 175 000 chevaux, alors que le nombre total de chevaux dans les villes américaines en 1900 était estimé entre 3 et 5 millions. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, tous ces chevaux n&amp;rsquo;étaient pas dans la rue en même temps, car les animaux travaillaient par roulement. Pourtant, à la fin du XIXe siècle, la population de chevaux dans des villes comme Londres et New York est devenue si importante que des problèmes de santé sont apparus. &lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-fumier-en-ville&#34;&gt;Le fumier en ville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1880, les 12 500 chevaux d&amp;rsquo;une petite ville comme Milwaukee (qui comptait alors 350 000 habitants) produisaient 133 tonnes de fumier par jour, soit plus de 10 kg par cheval par jour. Cela signifie que la population équine de Londres produisait environ 3 000 tonnes de fumier par jour, dont une quantité importante finissait sur les pavés. Les jours secs, la boue se transformait en une poussière collante sur les visages et les vêtements des gens. Les jours de pluie, les rues étaient transformées en égouts à ciel ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse-traffic_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre la pollution, des milliers de fers à cheval et de roues en fer faisaient un grand tapage, et les accidents de la circulation n&amp;rsquo;étaient pas été moins fréquents qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. De plus, les chevaux avaient la vie dure en ville à la fin du XIXe siècle. Tirer des chariots remplis de personnes ou de marchandises (parfois d&amp;rsquo;un poids supérieur à dix tonnes) sur des pavés sales et glissants était si épuisant que la plupart des animaux mourraient après seulement quelques années de travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les tracteurs ne se reproduisent pas, et ils ne fertilisent pas le sol.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien que l&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;animaux de bât et de trait pour les longs trajets ne soit pas une si mauvaise idée (au moins, il est bon de savoir que la fin du pétrole ne signifie pas nécessairement la fin du commerce international), réintroduire des chevaux ou d&amp;rsquo;autres animaux dans la circulation urbaine serait une folie. Cependant, la principale raison pour laquelle les chevaux-vapeur ne sont pas adaptés à la circulation urbaine - le fumier - s&amp;rsquo;avère être une qualité très intéressante quand il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-chevaux-aux-champs&#34;&gt;Les chevaux aux champs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les tracteurs par des chevaux serait une bonne idée, car le fumier de cheval est un engrais parfait pour les &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2010/09/recycling-animal-and-human-dung-is-the-key-to-sustainable-farming/&#34;&gt;sols agricoles&lt;/a&gt;. Comme les tracteurs ne produisent pas d&amp;rsquo;excréments, les engrais doivent venir d&amp;rsquo;ailleurs. Il peut s&amp;rsquo;agir de fumier d&amp;rsquo;animaux élevés pour leur viande ou (surtout) d&amp;rsquo;engrais artificiels. Dans les deux cas, il faut des combustibles fossiles supplémentaires pour fertiliser le sol - pour transporter le fumier animal vers les champs ou pour fabriquer des engrais avec des combustibles fossiles (et les transporter également). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les chevaux ont plus d&amp;rsquo;avantages que les tracteurs. Ils se reproduisent eux-mêmes, alors que les tracteurs ne le font pas. Cela signifie des économies de pétrole et d&amp;rsquo;autres ressources comme l&amp;rsquo;eau et les métaux, car si vous optez pour les chevaux, vous n&amp;rsquo;avez pas besoin de fabriquer des tracteurs. Et alors que les tracteurs ont besoin de combustibles fossiles pour fonctionner, les chevaux n&amp;rsquo;en ont pas besoin. Les plus gros tracteurs ont des moteurs allant jusqu&amp;rsquo;à 500 chevaux, ce qui les fait consommer jusqu&amp;rsquo;à deux fois plus de carburant qu&amp;rsquo;un gros SUV. (Photo ci-dessus : le Fordson F2, le premier tracteur produit en série)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/tractor_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Re)passer (ou revenir) des tracteurs aux chevaux rendrait l&amp;rsquo;agriculture presque complètement indépendante du pétrole et des engrais minéraux - et cela pourrait faire toute une différence dans un monde qui sera bientôt (selon de nombreuses personnes) à court de combustibles fossiles et de minéraux. Les chevaux pourraient garantir la sécurité alimentaire, sans qu&amp;rsquo;il soit nécessaire d&amp;rsquo;importer quoi que ce soit. De plus, les chevaux n&amp;rsquo;émettent pas de gaz à effet de serre (contrairement aux ruminants comme les vaches) et ils ne polluent pas l&amp;rsquo;air. [NdT: plus précisément: ils n&amp;rsquo;émettent pas de méthane (CH4), gaz a effet de serre bien plus puissant que le CO2] Les chevaux pourraient être &lt;a href=&#34;http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7348728.stm&#34;&gt;la solution dont l&amp;rsquo;agriculture a besoin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;fourrages-ou-diesel&#34;&gt;Fourrages ou Diesel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, les chevaux ont aussi besoin d&amp;rsquo;énergie. Non pas d&amp;rsquo;énergie fossile, mais de nourriture. Cela signifie que le remplacement des tracteurs par des chevaux nécessiterait des terres agricoles supplémentaires pour la production d&amp;rsquo;aliments pour les animaux (terres qui, à leur tour, doivent être cultivées par des chevaux supplémentaires). Les tracteurs pourraient également tirer leur carburant des terres agricoles si nous transformons les cultures vivrières en biodiesel ou en éthanol. Par conséquent, pour savoir s&amp;rsquo;il est utile de remplacer les tracteurs par des chevaux, nous devons savoir combien d&amp;rsquo;hectares supplémentaires seraient nécessaires pour nourrir les chevaux, et par ailleurs combien d&amp;rsquo;hectares seraient nécessaires pour &amp;ldquo;nourrir&amp;rdquo; les tracteurs.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cultiver la terre avec des tracteurs nécessite presque 2,5 fois plus de bio-énergie que de le faire avec des chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;a href=&#34;http://www.landinstitute.org/vnews/display.v/ART/2000/12/15/3a3a508a9&#34;&gt;calcul&lt;/a&gt; provient d&amp;rsquo;une &lt;a href=&#34;http://www.landinstitute.org/vnews/display.v/ART/2000/12/15/3df6412ab088c&#34;&gt;étude&lt;/a&gt; publiée dans l&amp;rsquo;American Journal of Alternative Agriculture, il y a huit ans. Avec des prix du pétrole presque 4 fois plus bas qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, les conclusions des chercheurs sont restées lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd&amp;rsquo;hui cependant, après des rapports alarmants sur les pics de pétrole et les pénuries alimentaires, leurs conclusions deviennent très intéressantes. En se basant sur le nombre de chevaux rapportés à la superficie cultivée en Amérique du Nord en 1920 (alors que seulement 3,6 pour cent des fermes possédaient un tracteur), ainsi que sur le nombre de chevaux exploités en 1997 dans les fermes amish, les chercheurs ont calculé que l&amp;rsquo;Amérique aurait maintenant besoin de 23 millions de chevaux pour cultiver les 147 millions d&amp;rsquo;hectares actuels de terres agricoles. [Ndt: Soit un cheval pour 6,4ha]&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;cheval-versus-tracteur&#34;&gt;Cheval versus Tracteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En tenant compte de l&amp;rsquo;alimentation annuelle des chevaux de trait (1 300 kg de maïs, 1 600 kg de luzerne et 500 kg de fourrage grossier récolté) et des rendements nationaux de ces cultures au cours de la dernière décennie, ils concluent que les 23 millions de chevaux auraient besoin de 9 millions d&amp;rsquo;hectares de terres agricoles pour se nourrir, soit 6 % des terres agricoles américaines. Pour &amp;ldquo;nourrir&amp;rdquo; les tracteurs avec des cultures, il faut 7,4 millions d&amp;rsquo;hectares de terres agricoles, soit 5 pour cent des terres cultivées, ce qui rend les tracteurs légèrement plus efficaces que les chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse-in-agriculture_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour faire une comparaison équitable, il faut également tenir compte du fait que les chevaux produisent leur propre engrais sans apport énergétique supplémentaire et qu&amp;rsquo;ils se reproduisent eux-mêmes, alors que les tracteurs ont besoin d&amp;rsquo;engrais artificiels et doivent être fabriqués (et remplacés). Les chercheurs expriment ces besoins énergétiques en termes de besoins en terres cultivées, pour pouvoir les comparer avec les autres résultats (ils considèrent que les engrais et les tracteurs sont produits avec l&amp;rsquo;énergie fournie par les cultures énergétiques). Elles incluaient également l&amp;rsquo;énergie nécessaire pour transformer les cultures en fourrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terres cultivées nécessaires à l&amp;rsquo;alimentation des chevaux atteignent alors 16 millions d&amp;rsquo;hectares, soit 11 pour cent des terres cultivées américaines (en raison de l&amp;rsquo;énergie nécessaire pour produire du fourrage à partir des cultures), tandis que les terres cultivées nécessaires pour &amp;ldquo;nourrir&amp;rdquo; et fabriquer les tracteurs atteignent 38 millions d&amp;rsquo;hectares ou 26 pour cent des terres cultivables américaines. Conclusion: si l&amp;rsquo;on tient compte de tous ces éléments, faire tourner l&amp;rsquo;agriculture avec des tracteurs nécessite près de 2,5 fois plus d&amp;rsquo;énergie que l&amp;rsquo;alimentation de l&amp;rsquo;agriculture avec des chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/tractor-vs-horse_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href=&#34;http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;amp;_udi=B6VFB-45G03BY-1&amp;amp;_user=10&amp;amp;_rdoc=1&amp;amp;_fmt=&amp;amp;_orig=search&amp;amp;_sort=d&amp;amp;view=c&amp;amp;_acct=C000050221&amp;amp;_version=1&amp;amp;_urlVersion=0&amp;amp;_userid=10&amp;amp;md5=83f4a9fd3efde34433c305c08f6e82eb&#34;&gt;étude suédoise&lt;/a&gt;  publiée en 2002 a abouti à des résultats similaires: elle conclut qu&amp;rsquo;une agriculture basée sur le tracteur consomme 67 pour cent d&amp;rsquo;énergie de plus qu&amp;rsquo;une agriculture basée sur le cheval.  Ces Suédois ont également &lt;a href=&#34;http://www.haworthpress.com/store/ArticleAbstract.asp?ID=6743&#34;&gt;calculé&lt;/a&gt; que l&amp;rsquo;apport énergétique dans l&amp;rsquo;agriculture (locale) a été multiplié par 13 entre 1927 et 1981, alors que la production agricole totale en 1981 n&amp;rsquo;était que 2,4 fois celle de 1927. Vous trouverez un lien vers le pdf complet des études suédoises &lt;a href=&#34;http://www.elements.nb.ca/extra/horsetractor.pdf&#34;&gt;ici&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;chevaux-high-tech&#34;&gt;Chevaux High-Tech&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les tracteurs par des chevaux n&amp;rsquo;est pas sans défis, cependant. Tout d&amp;rsquo;abord, nous manquons de chevaux ou d&amp;rsquo;autres animaux de trait. Actuellement, il y a environ &lt;a href=&#34;http://www.horsecouncil.org/economics.html&#34;&gt;9 millions de chevaux&lt;/a&gt; aux États-Unis.  Si nous voulons réintroduire des chevaux quelque part dans un avenir proche - disons, lorsque le pétrole manquera ou lorsque ses prix seront prohibitifs - nous ferions mieux de commencer leur reproduction. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deuxièmement, seule une petite partie de ces animaux sont des chevaux de travail ou de trait, des bêtes musclées d&amp;rsquo;une tonne avec un arrière-train massif, qui sont les mieux adaptées pour tirer des poids. Si l&amp;rsquo;on utilisait des chevaux d&amp;rsquo;équitation normaux, il faudrait beaucoup plus d&amp;rsquo;animaux. Même si, en théorie, n&amp;rsquo;importe quel poids peut être tiré en ajoutant de plus en plus de chevaux légers, dans la pratique, des attelages trop larges deviennent ingérables.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Encourager les gens à regarder le cul d&amp;rsquo;un cheval au lieu d&amp;rsquo;un écran d&amp;rsquo;ordinateur pourrait s&amp;rsquo;avérer difficile&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux ne sont pas aussi low-tech et naturels qu&amp;rsquo;ils en ont l&amp;rsquo;air. Les chevaux de travail lourds comme le Percheron, le Belge, le Shire ou le Clydesdale sont le résultat de siècles de croisements par l&amp;rsquo;homme. Malheureusement, ces races ne se portent pas très bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation n&amp;rsquo;est pas aussi alarmante qu&amp;rsquo;il y a cinquante ans, lorsque de nombreuses races de chevaux de trait étaient sur le point de disparaître. Leur nombre est à nouveau en hausse, mais la population est encore assez petite pour les rendre vulnérables aux déviations génétiques. &lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/percheron_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
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&lt;p&gt;De plus, la plupart d&amp;rsquo;entre eux ne sont plus élevés que pour leur apparence, et ces caractéristiques ne correspondent pas toujours aux besoins de l&amp;rsquo;agriculture ni même à une bonne santé. Si les chevaux de trait disparaissaient, il faudrait plusieurs siècles pour les faire revenir sur le devant de la scène (la &amp;quot; technologie &amp;quot; des chevaux s&amp;rsquo;érodait aussi par le passé, après le déclin des anciens empires).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;travail-humain&#34;&gt;Travail humain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Même si nous pouvons élever suffisamment de chevaux de trait, l&amp;rsquo;agriculture devra changer. Les avantages d&amp;rsquo;un tracteur sont la vitesse et le confort. Il est plus facile de conduire un tracteur qu&amp;rsquo;un attelage de chevaux, et le premier va beaucoup plus vite. Ce n&amp;rsquo;est pas tant une question de vitesse que de puissance, les tracteurs pouvant tirer des charrues plus larges et plus lourdes, de sorte qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont pas besoin de faire autant d&amp;rsquo;aller-retours dans un champ qu&amp;rsquo;un cheval. L&amp;rsquo;utilisation de plusieurs attelages de chevaux en même temps compense cela, mais cela signifie aussi qu&amp;rsquo;il faut plus d&amp;rsquo;agriculteurs. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi prendre soin des chevaux, sept jours sur sept, même lorsqu&amp;rsquo;ils ne travaillent pas. Par ailleurs, ils déposent du crottin dans les champs, mais pas uniformément. Tout cela signifie qu&amp;rsquo;une agriculture basée sur les chevaux exigerait beaucoup plus de main-d&amp;rsquo;œuvre. De plus en plus de personnes devraient travailler dans l&amp;rsquo;agriculture - alors qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, dans les pays industrialisés, presque plus personne ne travaille dans les champs. Encourager les gens à regarder le cul d&amp;rsquo;un cheval au lieu d&amp;rsquo;un écran d&amp;rsquo;ordinateur pourrait s&amp;rsquo;avérer difficile.&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
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&lt;p&gt;En revanche, laisser les tracteurs souvent sous le hangar ne signifie pas retourner au Moyen-Âge, et cela n&amp;rsquo;exclut pas la machinerie lourde, les rendements élevés ou la haute technologie. L&amp;rsquo;usage des chevaux en agriculture est un phénomène relativement récent. Dans l&amp;rsquo;Antiquité et tout au long du Moyen Age, les champs étaient labourés par des bœufs. En Europe et en Amérique du Nord, les chevaux ont pris le relais au XIXe siècle avec l&amp;rsquo;introduction d&amp;rsquo;une nouvelle génération de machines trop lourdes pour les bœufs. Ces machines nécessitaient beaucoup plus d&amp;rsquo;énergie animale, mais elles augmentaient les rendements et diminuaient considérablement les besoins en main-d&amp;rsquo;œuvre. Sans tracteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-outils-légers&#34;&gt;Des outils légers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde moitié du XIXe siècle, aux États-Unis, on pouvait voir des machines de récolte mesurant 12 mètres de large et pesant 15 tonnes tirées par des attelage pouvant compter jusqu&amp;rsquo;à 40 chevaux, gérées par seulement 5 ou 6 agriculteurs (voir photo ci-dessus). Il s&amp;rsquo;agissait essentiellement de chevaux de selle, la plupart des chevaux de trait européens n&amp;rsquo;ayant été importés qu&amp;rsquo;à la fin du XIXe siècle (ces animaux de race pure ne travaillaient généralement pas sur le terrain, mais servaient uniquement à &amp;ldquo;améliorer&amp;rdquo; la population de chevaux existante). Aujourd&amp;rsquo;hui, les machines agricoles sont équipées de tracteurs puissants. Avec la technologie du 21ème siècle, il doit être possible de concevoir des machines extrêmement légères qui peuvent combiner la puissance des chevaux avec des rendements élevés, des vitesses élevées et une gestion facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Références en français sur la traction animale :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le blog d&amp;rsquo;&lt;a href=&#34;http://hippotese.free.fr/blog/index.php/&#34;&gt;Hippotese&lt;/a&gt;, association française existant depuis 1986, documentaire récent sur la traction animale: &lt;a href=&#34;https://www.traitdevie.com/&#34;&gt;Trait de vie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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