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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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      <title>Pouvons-nous rendre les vélos à nouveau durables ?</title>
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      <pubDate>Tue, 28 Feb 2023 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2023/02/can-we-make-bicycles-sustainable-again/images/dithers/immagenwebblancoynegro_dithered.png&#34; alt=&#39;Illustration: Diego Marmolejo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Illustration: [Diego Marmolejo](https://www.instagram.com/ddidak/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-cyclisme-est-durable-mais-à-quel-point-le-vélo-est-il-durable&#34;&gt;Le cyclisme est durable, mais à quel point le vélo est-il durable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se déplacer à vélo est l’un des modes de transport les plus durables. L’augmentation du nombre de cyclistes réduit la consommation de combustibles fossiles et la pollution, économise de l’espace et améliore la santé et la sécurité publiques. Cependant, le vélo lui-même a réussi à échapper à la critique environnementale. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les études calculant l’impact environnemental du vélo le comparent presque toujours à la voiture, avec des résultats prévisibles : le vélo est le plus durable. De telles recherches peuvent encourager les gens à faire du vélo plus souvent, mais n’encouragent pas les fabricants à rendre leurs vélos aussi durables que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cet article, j’ai consulté des études universitaires qui comparent différents types de vélos les uns aux autres ou se concentrent sur le stade de fabrication d’un deux-roues particulier. Ce genre de recherche était pratiquement inexistant jusqu’à il y a trois ou quatre ans. En utilisant les études disponibles, je compare différentes générations de vélos. Placé dans un contexte historique, il devient clair que l’utilisation des ressources dans la production d’un vélo augmente tandis que sa durée de vie diminue. Il en résulte une empreinte environnementale croissante. Cette tendance a un début clair. La bicyclette a évolué très lentement jusqu’au début des années 1980, puis a soudainement subi une succession rapide de changements qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’y a pas d’études sur les bicyclettes construites avant les années 1980. Les analyses du cycle de vie, qui étudient l’utilisation des ressources par un produit du « berceau » à la « tombe », ne sont apparues que dans les années 1990. Cependant, la référence pour un vélo durable se trouve dans la pièce où j’écris ceci. C’est mon vélo de route &lt;em&gt;Gazelle Champion de&lt;/em&gt; 1980 – maintenant âgé de 43 ans. Je l’ai acheté il y a dix ans à Barcelone à un Allemand de grande taille qui quittait la ville. Il avait les larmes aux yeux quand je suis reparti avec. J’ai un deuxième vélo de route, un &lt;em&gt;Mercier&lt;/em&gt; de 1978. C’est mon véhicule de rechange au cas où l’autre tomberait en panne et que je n’aurais pas le temps de réparer immédiatement. J’ai deux autres vélos de route garés en Belgique, où j’ai grandi et où je voyage encore quelques fois par an (en &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/12/high-speed-trains-are-killing-the-european-railway-network/&#34;&gt;train&lt;/a&gt;, pas à vélo). Il s’agit d’un &lt;em&gt;Plume Vainqueur&lt;/em&gt; de la fin des années 1960 et d’un &lt;em&gt;Ventura&lt;/em&gt; des années 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale raison pour laquelle j’ai opté pour de vieux vélos est qu’ils sont bien meilleurs que les nouveaux vélos. La plupart des gens ne s’en rendent pas compte, ils sont donc aussi beaucoup moins chers. Mes quatre vélos ne m’ont coûté que 500 euros au total. Avec ce même montant, je ne pourrais m’acheter qu’un seul vélo de route neuf d’entrée de gamme, et un tel vélo ne durerait sûrement pas 40 à 50 ans – comme nous le verrons. Bien sûr, il n’y a pas que les vieux vélos de route qui sont meilleurs. Il en va de même pour les autres types de bicyclettes construites avant les années 1980. Je fais du vélo de route parce que je parcoure des distances relativement longues, généralement entre 35 et 50 km aller-retour.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2023/02/can-we-make-bicycles-sustainable-again/images/dithers/P2200860_dithered.png&#34; alt=&#39;Image:  Le vélo que j’utilise le plus souvent, un Gazelle Champion de 1980. Il a parcouru au moins 30000km depuis que je l’ai acheté en 2013.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image:  Le vélo que j’utilise le plus souvent, un Gazelle Champion de 1980. Il a parcouru au moins 30000km depuis que je l’ai acheté en 2013. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;de-quoi-les-vélos-sont-faits&#34;&gt;De quoi les vélos sont faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier changement important dans l’industrie de la bicyclette a été le passage de l’acier à l’aluminium dans leur fabrication. Avant les années 1980, pratiquement tous les vélos étaient fabriqués en acier. Leur cadre était en acier, ainsi que les roues, les composants et les pièces. De nos jours, la plupart des cadres et des roues de vélo sont construits en aluminium. Il en va de même pour de nombreuses autres pièces de vélo. Plus récemment, un nombre croissant de cycles ont des cadres et des roues en composites de fibre de carbone. Certains cadres de vélo sont construits en titane ou en acier inoxydable. Tous ces matériaux sont plus énergivores à produire que l’acier. De plus, alors que l’acier et l’aluminium peuvent être recyclés et réparés, les fibres composites ne peuvent être décyclés (&lt;em&gt;downcycle&lt;/em&gt;, en Anglais) et ont une faible réparabilité. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs études ont comparé les impacts carbone et énergétique des cadres de vélos et d’autres composants faits à partir de ces différents matériaux – qui ont tous des ratios résistance-poids différents. Ces recherches ont certaines limites. Les scientifiques utilisent des méthodes rudimentaires parce qu’ils manquent de données énergétiques détaillées sur les processus de fabrication de vélos, et certaines études proviennent de fabricants qui paient des chercheurs pour examiner la durabilité de leurs produits. Néanmoins, tous mis ensemble, les résultats sont assez cohérents. Par souci de brièveté, je me concentre sur les émissions (CO2 = CO2-équivalent) et ignore les autres impacts environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avant les années 1980, pratiquement tous les vélos étaient fabriqués en acier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Reynolds, un fabricant britannique connu pour ses tubes de cadre de vélo, a constaté que la fabrication d’un cadre en acier coûte 17,5 kg de CO2, tandis qu’un cadre en titane ou en acier inoxydable coûte environ 55 kg de CO2 par cadre, soit trois fois plus. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Starling Cycles, un des rares fabricants de vélos de montagne en acier, a conclu qu’un cadre en carbone classique consomme 16 fois plus d’énergie qu’un cadre en acier. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; (Soit 280 kg de CO2). Une étude indépendante de 2014 – la première du genre – a calculé l’empreinte d’un cadre de vélo de route en aluminium avec fourche en carbone de la marque « Specialized » et a révélé que le coût était de 2 380 kilowattheures d’énergie primaire et de plus de 250 kg de carbone – environ 14 fois celui d’un cadre en acier (sans fourche) calculé par Reynolds. &lt;sup id=&#34;fnref1:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vélo est plus qu’un cadre seul. Des analyses de cycle de vie de vélos complets montrent que l’empreinte carbone de tous les autres composants est au moins aussi grande que celle d’un cadre en acier. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Des scientifiques ont estimé les émissions de carbone sur la vie d’un vélo en acier à 35 kg de CO2, contre 212 kg de CO2 pour un vélo en aluminium.  &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;L’analyse du cycle de vie la plus détaillée établit l’empreinte carbone d’un vélo en aluminium de 18,4 kg à 200 kg de CO2, en incluant ses pièces de rechange, pour une durée de vie de 15 000 km. La phase d’impact principale est la préparation des matériaux (74 % ; aluminium, acier inoxydable, caoutchouc), suivie de la phase de maintenance (15,5 % pour 3,5 nouveaux jeux de pneus, six plaquettes de frein, une chaîne et une cassette) et de la phase d’assemblage (5 %). &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;où-et-comment-sont-fabriqués-les-vélos&#34;&gt;Où et comment sont fabriqués les vélos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mes bicyclettes en acier datent d’une époque où la plupart des pays industrialisés avaient des industries nationales de bicyclettes établies de longue date desservant leur propre marché. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ces industries se sont effondrées en Europe et en Amérique du Nord à la suite de la mondialisation néolibérale à la fin des années 1970. La Chine s’est ouverte aux investissements étrangers et est rapidement devenue le plus grand fabricant de bicyclettes au monde. Au cours des deux dernières décennies, la Chine a fabriqué les deux tiers des bicyclettes du monde (60 à 70 millions sur 110 millions par an). La plupart des autres viennent d’autres pays asiatiques. L’Europe est revenue une production de dix millions de vélos par an, mais les États-Unis n’en fabriquent que 60 000 par an. &lt;sup id=&#34;fnref2:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du XXe siècle, la fabrication de bicyclettes a nécessité des apports substantiels de main-d’œuvre humaine. &lt;sup id=&#34;fnref3:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Selon le &lt;em&gt;Routledge Companion to Cycling&lt;/em&gt;, « les jantes étaient rayonnées et alignées manuellement ; les cadres ont été construits à la main ; la fabrication de la selle était laborieuse ; les jeux de direction, les groupes de vitesses (cassettes), les câbles de frein et les plateaux étaient physiquement boulonnés. Depuis les années 2000, l’automatisation a considérablement réduit le besoin de main-d’œuvre humaine. Le plus grand fabricant chinois de vélos, qui construit un cinquième des vélos du monde, possède 42 chaînes de montage de vélos produisant 55 000 vélos par jour, soit presque autant que les États-Unis en un an. &lt;sup id=&#34;fnref4:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les industries nationales en Europe et en Amérique du Nord se sont effondrées à la suite de la mondialisation néolibérale à la fin des années 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation et l’automatisation de l’industrie du vélo rendent les vélos moins durables. Premièrement, ils introduisent des émissions supplémentaires pour le transport (de matières premières, de composants et de vélos) et pour la production et l’exploitation de robots et d’autres machines. Deuxièmement, la production d’acier, d’aluminium, de composites en fibre de carbone et d’électricité est plus énergivore et plus intensive en carbone en Chine et dans d’autres pays producteurs de vélos qu’en Europe et en Amérique du Nord. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le plus important, cependant, est que la production automatisée à grande échelle représente un capital irrécupérable qui doit travailler la plupart du temps pour étaler les frais généraux, ce qui entraîne une surproduction. &lt;sup id=&#34;fnref5:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;combien-de-temps-vit-un-vélo&#34;&gt;Combien de temps vit un vélo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La quantité d’énergie et d’autres ressources nécessaires pour fabriquer un vélo et le livrer à un cycliste n’est que la moitié de l’histoire. Au moins aussi important est la durée de vie du vélo. Plus sa durée de vie est courte, plus il faut en produire au cours de la vie d’un cycliste et plus l’utilisation des ressources augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une longue durée de vie, certaines parties d’un vélo doivent être remplacées. Ce sont généralement des pièces plus petites telles que les manettes de vitesse, les chaînes et les freins. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Jusqu’à il y a quelques décennies, la compatibilité des composants était une caractéristique de la fabrication de bicyclettes. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Mes vélos en sont un parfait exemple. La plupart des composants – tels que les roues, la cassette et les freins – sont interchangeables entre les différents cadres, même si les vélos sont de marques et d’années différentes. La compatibilité des composants facilite l’entretien et la réparabilité, augmentant ainsi la durée de vie d’un vélo. Les magasins de vélos, même dans les plus petits villages, peuvent réparer tous les types de vélos en utilisant un ensemble limité d’outils et de pièces de rechange. &lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les cyclistes peuvent effectuer des réparations mineures à la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la compatibilité n’est plus une caractéristique entrant en compte dans la fabrication de vélos. Les constructeurs ont introduit un nombre croissant de pièces propriétaires et ne cessent de modifier les normes, ce qui entraîne des problèmes de compatibilité même pour les vélos plus anciens de la même marque. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, si le levier de vitesses d’un vélo moderne tombe en panne après quelques années d’utilisation, une pièce de rechange ne sera probablement plus disponible. Vous devez commander un nouvel ensemble d’une nouvelle génération, qui sera incompatible avec vos dérailleurs avant et arrière – que vous devrez également remplacer.  &lt;sup id=&#34;fnref1:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pour les vélos de route, le passage de cassettes à dix pignons (vers 2010) à des cassettes à onze, douze et plus récemment treize pignons a rendu de nombreuses jeux de roues obsolètes, et il en va de même pour le reste de la transmission, y compris les manettes et les chaînes. &lt;sup id=&#34;fnref2:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avant les années 1980, la plupart des composants de bicyclette étaient interchangeables entre des cadres de différentes marques et générations.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les freins à disque, qui équipent désormais presque tous les nouveaux vélos, ont tous des conceptions d’axe différentes, ce qui signifie que chaque monture nécessite désormais des pièces de rechange propriétaires. &lt;sup id=&#34;fnref2:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les freins à disque nécessitent également certaines pièces de conception différente (manettes, fourches, cadres, câbles et roues) rendant ces bicyclettes incompatibles avec les conceptions antérieures. &lt;sup id=&#34;fnref3:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’essor des pièces propriétaires rend de plus en plus difficile de garder un vélo sur la route par l’entretien, la réutilisation et la remise à neuf. Au fur et à mesure que le nombre de composants incompatibles augmente, il devient impossible pour les magasins de vélos de disposer d’un stock complet de pièces de rechange. &lt;sup id=&#34;fnref4:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’incompatibilité des composants s’accompagne d’une diminution de la qualité des composants. Un exemple est la selle, qui ne dure presque jamais plus longtemps qu’un cadre parce qu’elle se fissure au bas de la coquille. &lt;sup id=&#34;fnref5:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un peu de matériel supplémentaire le ferait durer éternellement – comme le prouvent toutes les selles de mes vélos de route vieux de 40 à 50 ans. La mauvaise qualité affecte certaines parties des bicyclettes coûteuses, mais est particulièrement problématique pour les bicyclettes bon marché entièrement composées de composants de mauvaise qualité. Les vélos bon marché – les mécaniciens de vélo les appellent « vélos construits pour tomber en panne » ou « objets en forme de vélo » – ont souvent des pièces en plastique qui se cassent facilement et ne peuvent pas être remplacées ou améliorées. Ces vélos ne durent généralement que quelques mois. &lt;sup id=&#34;fnref2:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2023/02/can-we-make-bicycles-sustainable-again/images/dithers/fabricablanconegroweb__1__dithered.png&#34; alt=&#39;Illustration: Diego Marmolejo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Illustration: [Diego Marmolejo](https://www.instagram.com/ddidak/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-les-vélos-sont-propulsés&#34;&gt;Comment les vélos sont propulsés&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’à présent, nous n’avons traité que des vélos entièrement à propulsion musculaire, mais les vélos à moteur électrique deviennent de plus en plus populaires. Le nombre de vélos électriques vendus dans le monde est passé de 3,7 millions en 2019 à 9,7 millions en 2021 (10% des ventes totales de vélos et jusqu’à 40% dans certains pays comme l’Allemagne). Les vélos électriques renforcent ces deux tendances qui rendent les vélos moins durables. D’une part, les moteurs électriques et les batteries nécessitent des ressources supplémentaires telles que le lithium, le cuivre et les aimants, ce qui augmente la consommation d’énergie et les émissions de la fabrication de vélos. Les chercheurs ont calculé les émissions de gaz à effet de serre causées par la fabrication d’un vélo électrique en aluminium à 320 kg. &lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cela se compare aux 212 kg pour la production d’une bicyclette en aluminium sans assistance et à 35 kg pour une bicyclette en acier non assistée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autre part, l’espérance de vie d’un vélo électrique est plus courte que celle d’un deux-roues non assisté car il a plus de points de défaillance potentiels. La panne des composants supplémentaires – moteur, batterie, électronique – entraîne un cycle de vie plus court en raison de l’incompatibilité des composants. Une étude universitaire sur la circularité dans l’industrie de la fabrication de vélos observe une augmentation significative des composants défectueux par rapport aux vélos non assistés et conclut que « la grande dynamique du marché due aux innovations régulières, aux renouvellements de produits et au manque de pièces de rechange pour les modèles plus anciens rend l’utilisation à long terme par les clients beaucoup plus difficile que pour les vélos conventionnels ». &lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les vélos électriques renforcent ces deux tendances qui rendent les vélos moins durables.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De plus, les vélos électriques ont besoin d’électricité pour fonctionner, ce qui augmente encore l’utilisation des ressources et les émissions. Cet impact est relativement faible par rapport à la phase de fabrication. Après tout, les humains fournissent une partie de l’énergie, et la consommation d’électricité d’un vélo électrique (25 km/h) n’est que d’environ 1 kilowattheure aux 100 km. L’intensité moyenne des émissions de gaz à effet de serre de la production d’électricité en Europe en 2019 était de 275 gCO2/kWh. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Si un vélo électrique dure 15 000 km, la charge de la batterie n’ajoute que 41 kg de CO2, contre 320 kg pour la production du vélo (en aluminium). Même aux États-Unis et en Chine, où l’intensité carbone du réseau électrique est de 50 à 100% supérieure à la valeur européenne, c’est la phase de production qui domine la quantité totale des émissions et d’énergie nécessaires à ces vélos électriques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-vélos-cargos&#34;&gt;Les vélos cargos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La combinaison de matériaux énergivores, de courtes durées de vie et d’assistance par moteur électrique peut augmenter les émissions du cycle de vie à des niveaux surprenants, en particulier pour les vélos cargos. Ces vélos sont plus gros et plus lourds que les vélos de tourisme et ont besoin de moteurs et de batteries plus puissants. Une étude récente a calculé que les émissions sur cycle de vie par kilomètre étaient de 80 gCO2, soit seulement la moitié de celles d’une camionnette électrique (158 gCO2/km). &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les chercheurs expliquent cela par la différence de kilométrage sur la vie du produit – 34 000 km pour le vélo cargo contre 240 000 km pour le fourgon – et les composites en fibre de carbone dans de nombreux composants, y compris le châssis du vélo. Les émissions du cycle de vie du vélo cargo, y compris l’électricité utilisée pour charger sa batterie, s’élèvent à 2 689 kg. C’est près de 40 fois les émissions du cycle de vie de deux bicyclettes en acier (chacune avec un kilométrage de 15 000 km sur leur vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prolongation de la durée de vie utile des vélos électriques a moins d’impact sur les émissions du cycle de vie que pour les vélos non assistés. En effet, la batterie doit être remplacée tous les 3 à 4 ans et le moteur tous les dix ans, ce qui ajoute à l’utilisation des ressources en pièces de rechange. &lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ceci est démontré par une analyse du cycle de vie d’un vélo cargo électrique avec une espérance de vie présumée de 20 ans. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au cours de sa vie, le vélo cargo utilise cinq batteries (pesant chacune 8,5 kg), deux moteurs et 3,5 jeux de pneus. La majorité des émissions du cycle de vie sont causées par ces pièces de rechange, les batteries représentant à elles seules 40% des émissions totales. En comparaison, les émissions pour le cadre en acier sont presque insignifiantes. &lt;sup id=&#34;fnref1:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vélos cargos présentent un autre inconvénient. Les vélos et les voitures de tourisme ne transportent généralement qu’une seule personne, ce qui signifie qu’un kilomètre-passager sur un vélo équivaut à peu près à un kilomètre-passager dans une automobile. Cependant, pour le transport de marchandise, la comparaison des tonnes-kilomètres est plus compliquée. Si la charge est relativement légère – généralement jusqu’à 150 kg – le vélo cargo électrique aura une intensité carbone moindre qu’une camionnette. Cependant, les charges plus lourdes nécessitent plusieurs vélos cargos pour remplacer une fourgonnette, ce qui multiplie les émissions intrinsèques. &lt;sup id=&#34;fnref2:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Il est peu probable que le passage à des vélos cargos sans réduire sensiblement le volume total de marchandises transporté permette de réduire les émissions. Les vélos cargos ont également des alternatives moins intensives en carbone, telles que les chariots à bras. En termes d’émissions, une &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/12/how-to-downsize-a-transport-network-the-chinese-wheelbarrow/&#34;&gt;brouette chinoise&lt;/a&gt; bat de loin n’importe quelle camionnette de livraison, même lorsqu’elle est mesurée en tonnes-kilomètres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-les-vélos-sont-utilisés&#34;&gt;Comment les vélos sont utilisés&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces dernières années, de nombreuses villes ont introduit des services de vélos partagés. En théorie, les vélos partagés pourraient réduire le nombre de vélos produits et ainsi diminuer l’impact environnemental de la production de vélos. Cependant, la construction et l’exploitation de services de partage de vélos ajoutent une consommation d’énergie et des émissions importantes. De plus, les vélos partagés ne durent pas aussi longtemps que les vélos privés. Par conséquent, les services de vélos partagés renforcent encore les tendances qui rendent les vélos moins durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une étude de 2021 compare l’impact environnemental des vélos partagés et privés tout en incluant les infrastructures requises par chaque option. Elle conclut que les vélos personnels sont plus durables que les vélos partagés. &lt;sup id=&#34;fnref2:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La recherche est basée sur le système Vélib à Paris, en France, qui compte 19 000 vélos, dont environ la moitié avec un moteur électrique. La fabrication de vélos et les infrastructures de partage de vélos sont responsables de plus de 90 % des émissions et de la consommation d’énergie. Les émissions restantes sont dues à la construction de pistes cyclables (3,5%), à la redistribution des vélos pour assurer un approvisionnement optimal de toutes les stations (2%) et à l’électricité utilisée pour recharger les batteries des vélos électriques (0,3%). Au total, un vélo partagé issu du système Vélib a un taux d’émission de 32 g de CO2/km, soit trois à dix fois plus élevé que le taux d’émission d’un vélo personnel (entre 3,5 gCO2/km pour un vélo en acier et 10,5 g CO2/km pour un vélo en aluminium).  &lt;sup id=&#34;fnref3:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La construction et l’exploitation de services de vélos en libre-service ajoutent une consommation d’énergie et des émissions importantes&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques ont constaté que le service de partage de vélos a entraîné une baisse de 15% du nombre de propriétaires de vélos. Cependant, ils ont également calculé que la durée de vie moyenne d’un vélo partagé n’est que de 14,7 mois, avec un kilométrage moyen de 12 250 km. En comparaison, la durée de vie moyenne d’un vélo personnel en France, selon une enquête de 2020, est d’environ 20 000 km, soit près de 50% de plus que les vélos partagés. Le système Vélib comprend 14 000 stations de vélos en libre-service d’une surface totale de 92 000 m2 et d’une durée de vie estimée à dix ans. Chacune des 46 500 station individuelle d’accueil est composé de 23 kg d’acier et de 0,5 kg de plastique. La consommation électrique de chaque station de vélos en libre-service est d’environ 6 000 kWh par an. En raison de l’impact élevé de l’infrastructure, les émissions du cycle de vie des vélos électriques partagés sont 24% plus élevées que celles des véhicules non électriques partagés. &lt;sup id=&#34;fnref4:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’empreinte environnementale des systèmes de vélos en libre-service peut varier considérablement d’une ville à l’autre. Une analyse du cycle de vie des services de partage de vélos aux États-Unis a révélé des émissions de carbone de 65 g de CO2 / km – deux fois plus élevées qu’à Paris. &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cela s’explique en grande partie par le fait que les systèmes américains redistribuent les bicyclettes entre les stations à l’aide de fourgonnettes diesel, tandis que le service français utilise des véhicules électriques. L’étude américaine se penche également sur la nouvelle génération de services de partage de vélos « sans station d’accueil », qui obtiennent des résultats encore pires. Les vélos partagés sans station d’accueil peuvent être garés n’importe où et localisés via une application pour smartphone. Bien que cela élimine le besoin de stations, chaque vélo nécessite des composants électroniques énergivores, et le système génère également des émissions via les réseaux de communication. &lt;sup id=&#34;fnref1:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, les systèmes sans station d’accueil nécessitent plus de bicyclettes et impliquent plus de rééquilibrage géographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse du cycle de vie des services chinois de partage de vélos, avec de nombreux systèmes sans station d’accueil, montre des taux dégâts élevés et de faibles taux d’entretien pour les vélos. Le taux de dégâts annuel est de 10 à 20 % pour les vélos renforcés et de 20 à 40 % pour les vélos plus légers qui sont devenus plus courants. En pratique, un vélo partagé devient de la ferraille lorsque la partie du vélo la plus résistante subit une avarie. La réparation n’a pratiquement jamais lieu. &lt;sup id=&#34;fnref2:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Enfin, lorsque les entreprises font faillite, les vélos en libre-service créent des montagnes de déchets, y compris des vélos en bon état. &lt;sup id=&#34;fnref3:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2023/02/can-we-make-bicycles-sustainable-again/images/dithers/graphbike-FR_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Émissions de carbone par kilomètre parcouru à vélo sur le cycle de vie. Sources des données :[^8][^17][^19][^26]. Graphique: Marie Verdeil.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Émissions de carbone par kilomètre parcouru à vélo sur le cycle de vie. Sources des données :[^8][^17][^19][^26]. Graphique: Marie Verdeil. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;tous-les-vélos-ne-remplacent-pas-une-voiture&#34;&gt;Tous les vélos ne remplacent pas une voiture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne devrait décourager au cyclisme. Même les vélos les moins durables sont nettement plus durables que les voitures. L’empreinte carbone de la fabrication d’une voiture à essence ou diesel est comprise entre 6 tonnes (Citroën C1) et 35 tonnes (Land Rover Discovery). &lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par conséquent, la construction d’une petite automobile telle que la C1 produit autant d’émissions que la fabrication de 171 bicyclettes en acier ou de 28 bicyclettes en aluminium. En outre, les voitures ont également une empreinte carbone élevée via la consommation de carburant, tandis que les vélos sont entièrement ou partiellement alimentés musculairement. &lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les voitures électriques ont des émissions plus élevées pour la production, mais moins d’émissions pour le fonctionnement (bien que cela dépende entièrement de l’intensité carbone du réseau électrique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vélo conserve même son avantage lorsque son plus petit kilométrage sur durée de vie est pris en compte. &lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les voitures à essence et diesel atteignent maintenant plus de 300 000 km, soit le double de leur durée de vie dans les années 1960 et 1970. &lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Si une bicyclette dure 20 000 km, il faudrait 15 bicyclettes pour parcourir 300 000 km. S’il s’agit de vélos en acier sans moteur électrique, l’empreinte carbone totale pour la fabrication est encore six fois inférieure à celle d’une petite voiture : 1 050 kg de CO2. Si les vélos sont fabriqués en aluminium et ont des moteurs électriques, les émissions atteignent 4 800 kg de CO2, ce qui reste inférieur à l’empreinte carbone de fabrication de la petite voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, tous les vélos ne remplacent pas une voiture. Cela est particulièrement pertinent pour les vélos partagés et électriques : des études montrent qu’ils se substituent principalement à des alternatives de transport plus durables telles que la marche, l’utilisation d’un vélo non assisté ou privé, ou les déplacements en métro. &lt;sup id=&#34;fnref2:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À Paris, les vélos partagés ont trois fois plus d’émissions que les transports en commun électriques. &lt;sup id=&#34;fnref5:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En outre, de nombreux vélos à forte intensité carbone sont achetés pour les loisirs et ne sont pas du tout destinés à remplacer les voitures – ils peuvent même impliquer une utilisation accrue de la voiture lorsque les cyclistes quittent la ville pour une escapade dans la nature. Dans tous ces cas, les émissions ne diminuent mais augmentent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-rendre-les-vélos-à-nouveau-durables&#34;&gt;Comment rendre les vélos à nouveau durables ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, il y a plusieurs raisons pour lesquelles les vélos sont devenus moins durables : le passage de l’acier à l’aluminium et à d’autres matériaux plus énergivores, l’expansion de l’industrie de la fabrication de vélos, l’incompatibilité croissante et la diminution de la qualité des composants, le succès croissant des vélos électriques et l’utilisation de services de vélos partagés. La plupart d’entre eux ne sont pas problématiques en eux-mêmes. C’est plutôt la combinaison des tendances qui conduit à des différences significatives avec les vélos des générations précédentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, sur la base des données mentionnées précédemment, la fabrication d’un vélo électrique en acier aurait une empreinte carbone de 143 kg. Bien que ce soit quatre fois les émissions d’un vélo en acier non assisté, il est inférieur à l’empreinte carbone d’un vélo en aluminium sans moteur électrique (212 kg). Surtout si la batterie est chargée en énergie renouvelable, faire du vélo électrique peut donc être plus durable que d’en faire un sans moteur. De même, un vélo en aluminium avec une longue espérance de vie – par exemple, grâce à la compatibilité des composants – pourrait avoir une empreinte carbone inférieure à celle d’un vélo en acier avec une durée de vie plus limitée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux chercheurs préconisent de revenir à la production de bicyclettes à partir d’acier au lieu d’aluminium et d’autres matériaux énergivores. Cela apporterait des gains significatifs en matière de durabilité pour un coût relativement faible – des vélos légèrement plus lourds. Les cadres en acier rendraient également les vélos électriques et partagés moins intensifs en carbone. Certains chercheurs font la promotion des cadres de vélo en bambou, mais l’avantage par rapport aux cadres en acier ou même en aluminium à l’ancienne n’est pas clair. &lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une « bicyclette en bambou » nécessite encore des roues et de nombreuses autres pièces en métal ou en composites en fibre de carbone, et les tubes du cadre sont généralement maintenus ensemble par des pièces en fibre de carbone ou en métal. &lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, le bambou est traité chimiquement contre la pourriture et devient non biodégradable. &lt;sup id=&#34;fnref4:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Revenir à une fabrication de vélos locale et moins automatisée est une exigence pour des vélos durables.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une meilleure compatibilité des composants augmenterait la durée de vie des bicyclettes – également électriques – grâce à la réparation et à la remise à neuf. Cela n’apporterait aucun inconvénient aux consommateurs, bien au contraire. Cependant, contrairement à un passage aux cadres en acier, une meilleure compatibilité des composants nuirait aux ventes de vélos neufs. Une étude conclut que « l’abandon de la normalisation est un modèle économique rentable car il garantit que les vélos ne peuvent être utilisés que pendant un certain temps ». &lt;sup id=&#34;fnref5:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La diminution de la durabilité des vélos n’est pas un problème technologique et n’est pas unique aux vélos. Nous le voyons également dans la fabrication d’autres produits, &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/&#34;&gt;tels que les ordinateurs&lt;/a&gt;. Un mécanicien de vélo observe : « Le problème ici, c’est le capitalisme ; ce ne sont pas les vélos. » &lt;sup id=&#34;fnref1:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir à une fabrication de vélos locale et moins automatisée est une exigence pour des vélos durables. La raison principale n’est pas la consommation d’énergie supplémentaire générée par le transport et les machines, qui est relativement faible. Par exemple, l’expédition depuis la Chine ajoute environ 0,7 à 1,2 gCO2/km pour les vélos partagés. &lt;sup id=&#34;fnref6:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Plus important encore, la fabrication de vélos sur le territoire d’utilisation et à la main est essentielle pour faire de la réparation et de la remise à neuf l’option la plus attrayante sur le plan économique. Par définition, la réparation est locale et manuelle, elle devient donc rapidement plus coûteuse que la production d’un nouveau vélo dans une grande usine automatisée. &lt;sup id=&#34;fnref4:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les bicyclettes fabriquées localement augmenteraient le prix d’achat pour les consommateurs. Cependant, une meilleure réparabilité permettrait une espérance de vie plus longue et un coût inférieur à long terme. Il est également essentiel de s’attaquer aux problèmes de vol de vélos et de stationnement, car ils sont souvent une raison d’acheter des vélos bon marché et à courte espérance de vie. &lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les services de vélos partagés peuvent avoir leur place, et nous verrons probablement de nouvelles améliorations dans leur efficacité à utiliser les ressources – les nouvelles stations de vélos en libre-service à Paris ont réduit leur consommation d’énergie d’un facteur six. &lt;sup id=&#34;fnref7:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, il est peu probable que les vélos partagés deviennent plus durables que les vélos privés, car ils nécessitent toujours une redistribution entre les stations et une infrastructure de haute technologie pour que le service fonctionne. De plus, être attaché à son vélo peut inciter à bien en prendre soin et ainsi augmenter sa durée de vie, comme je peux en témoigner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Szto, Courtney, and Brian Wilson. &amp;ldquo;Reduce, re-use, re-ride: Bike waste and moving towards a circular economy for sporting goods.&amp;rdquo; International Review for the Sociology of Sport (2022): 101902221138033. &lt;a href=&#34;https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/101902221138033&#34;&gt;https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/101902221138033&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Johnson, Rebecca, Alice Kodama, and Regina Willensky. &amp;ldquo;The complete impact of bicycle use: analyzing the environmental impact and initiative of the bicycle industry.&amp;rdquo; (2014). &lt;a href=&#34;https://dukespace.lib.duke.edu/dspace/bitstream/handle/10161/8483/Duke_MP_Published.pdf&#34;&gt;https://dukespace.lib.duke.edu/dspace/bitstream/handle/10161/8483/Duke_MP_Published.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Norcliffe, Glen, et al., eds. Routledge Companion to Cycling. Taylor &amp;amp; Francis, 2022. &lt;a href=&#34;https://www.routledge.com/Routledge-Companion-to-Cycling/Norcliffe-Brogan-Cox-Gao-Hadland-Hanlon-Jones-Oddy-Vivanco/p/book/9781003142041&#34;&gt;https://www.routledge.com/Routledge-Companion-to-Cycling/Norcliffe-Brogan-Cox-Gao-Hadland-Hanlon-Jones-Oddy-Vivanco/p/book/9781003142041&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cole, Emma. “What’s the environmental impact of a steel bicycle frame?” Cyclist, November 7, 2022. &lt;a href=&#34;https://www.cyclist.co.uk/in-depth/11003/steel-bike-frame-environmental-impact&#34;&gt;https://www.cyclist.co.uk/in-depth/11003/steel-bike-frame-environmental-impact&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Mercer, Liam. “Starling Cycles publishes environmental footprint assessment and policy.” Off-road.cc, July 2022. &lt;a href=&#34;https://off.road.cc/content/news/starling-cycles-publishes-environmental-footprint-assessment-and-policy-10513&#34;&gt;https://off.road.cc/content/news/starling-cycles-publishes-environmental-footprint-assessment-and-policy-10513&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Chang, Ya-Ju, Erwin M. Schau, and Matthias Finkbeiner. &amp;ldquo;Application of life cycle sustainability assessment to the bamboo and aluminum bicycle in surveying social risks of developing countries.&amp;rdquo; 2nd World Sustainability Forum, Web Conference. 2012. &lt;a href=&#34;https://sciforum.net/manuscripts/953/original.pdf&#34;&gt;https://sciforum.net/manuscripts/953/original.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Chen, Jingrui, et al. &amp;ldquo;Life cycle carbon dioxide emissions of bike sharing in China: Production, operation, and recycling.&amp;rdquo; Resources, Conservation and Recycling 162 (2020): 105011. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344920303281&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344920303281&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;De Bortoli, Anne. &amp;ldquo;Environmental performance of shared micromobility and personal alternatives using integrated modal LCA.&amp;rdquo; Transportation Research Part D: Transport and Environment 93 (2021): 102743. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S136192092100047X&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S136192092100047X&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Roy, Papon, Md Danesh Miah, and Md Tasneem Zafar. &amp;ldquo;Environmental impacts of bicycle production in Bangladesh: a cradle-to-grave life cycle assessment approach.&amp;rdquo; SN Applied Sciences 1 (2019): 1-16. &lt;a href=&#34;https://link.springer.com/article/10.1007/s42452-019-0721-z&#34;&gt;https://link.springer.com/article/10.1007/s42452-019-0721-z&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Mao, Guozhu, et al. &amp;ldquo;How can bicycle-sharing have a sustainable future? A research based on life cycle assessment.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 282 (2021): 125081. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S09596520351258&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S09596520351258&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Leuenberger, Marianne, and Rolf Frischknecht. &amp;ldquo;Life cycle assessment of two wheel vehicles.&amp;rdquo; ESU-Services Ltd.: Uster, Switzerland (2010). &lt;a href=&#34;https://treeze.ch/fileadmin/user_upload/downloads/Publications/Case_Studies/Mobility/leuenberger-2010-TwoWheelVehicles.pdf&#34;&gt;https://treeze.ch/fileadmin/user_upload/downloads/Publications/Case_Studies/Mobility/leuenberger-2010-TwoWheelVehicles.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Erik Bronsvoort &amp;amp; Matthijs Gerrits. “From marginal gains to a circular revolution”. Paperback (full-colour): 160 pages, ISBN: 978-94-92004-93-2, Warden Press, Amsterdam. &lt;a href=&#34;https://circularcycling.nl/product/from-marginal-gains-to-a-circular-revolution/&#34;&gt;https://circularcycling.nl/product/from-marginal-gains-to-a-circular-revolution/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;US petition that calls for end o built to fail bikes gaining support in BC. &lt;a href=&#34;https://vancouversun.com/news/local-news/u-s-petition-that-calls-for-end-of-built-to-fail-bikes-gaining-support-in-b-c&#34;&gt;https://vancouversun.com/news/local-news/u-s-petition-that-calls-for-end-of-built-to-fail-bikes-gaining-support-in-b-c&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Aaron Gordon. “Mechanics Ask Walmart, Major Bike Manufacturers to Stop Making and Selling ‘Built-to-Fail’ Bikes”, Vice, January 13, 2022. &lt;a href=&#34;https://www.vice.com/en/article/wxdgq9/mechanics-ask-walmart-major-bike-manufacturers-to-stop-making-and-selling-built-to-fail-bikes&#34;&gt;https://www.vice.com/en/article/wxdgq9/mechanics-ask-walmart-major-bike-manufacturers-to-stop-making-and-selling-built-to-fail-bikes&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Koop, Carina, et al. &amp;ldquo;Circular business models for remanufacturing in the electric bicycle industry.&amp;rdquo; Frontiers in Sustainability 2 (2021): 785036. &lt;a href=&#34;https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/frsus.2021.785036/full&#34;&gt;https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/frsus.2021.785036/full&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.eea.europa.eu/data-and-maps/indicators/overview-of-the-electricity-production-3/assessment&#34;&gt;https://www.eea.europa.eu/data-and-maps/indicators/overview-of-the-electricity-production-3/assessment&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Temporelli, Andrea, et al. &amp;ldquo;Last mile logistics life cycle assessment: a comparative analysis from diesel van to e-cargo bike.&amp;rdquo; Energies 15.20 (2022): 7817.. &lt;a href=&#34;https://www.mdpi.com/1996-1073/15/20/7817&#34;&gt;https://www.mdpi.com/1996-1073/15/20/7817&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Schünemann, Jaron, et al. &amp;ldquo;Life Cycle Assessment on Electric Cargo Bikes for the Use-Case of Urban Freight Transportation in Ghana.&amp;rdquo; Procedia CIRP 105 (2022): 721-7. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2212827122001214&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2212827122001214&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;Luo, Hao, et al. &amp;ldquo;Comparative life cycle assessment of station-based and dock-less bike sharing systems.&amp;rdquo; Resources, Conservation and Recycling 146 (2019): 180-189. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344919301090&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344919301090&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.theguardian.com/environment/green-living-blog/2010/sep/23/carbon-footprint-new-car&#34;&gt;https://www.theguardian.com/environment/green-living-blog/2010/sep/23/carbon-footprint-new-car&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bicycles are entirely or partly powered by food calories. Some people argue that the life cycle energy requirements of bicycles are higher than other modes, when one considers the impact of food require to provide additional calories that are burned during the bicycle use. However, the majority of people in car-centered societies take in more calories than their sedentary lifestyle requires. Increased cycling would lead to lower obesity rates, not to higher calorie intakes.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;This a purely theoretical calculation, because cars encourage much longer trips than bicycles.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ford, Dexter. “As Cars Are Kept Longer, 200,000 Is New 100,000.” New York Times, March 16, 2012. &lt;a href=&#34;https://www.nytimes.com/2012/03/18/automobiles/as-cars-are-kept-longer-200000-is-new-100000.html?_r=2&amp;amp;ref=business&amp;amp;pagewanted=all&amp;amp;&#34;&gt;https://www.nytimes.com/2012/03/18/automobiles/as-cars-are-kept-longer-200000-is-new-100000.html?_r=2&amp;amp;ref=business&amp;amp;pagewanted=all&amp;amp;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Zheng, Fanying, et al. &amp;ldquo;Is bicycle sharing an environmental practice? Evidence from a life cycle assessment based on behavioral surveys.&amp;rdquo; Sustainability 11.6 (2019): 1550. &lt;a href=&#34;https://www.mdpi.com/2071-1050/11/6/1550&#34;&gt;https://www.mdpi.com/2071-1050/11/6/1550&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;A comparison of the life cycle emissions of a bamboo versus an aluminium bicycle showed little difference (233 vs. 238 kg CO2). [6]&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;Larsen, Jonas, and Mathilde Dissing Christensen. &amp;ldquo;The unstable lives of bicycles: the ‘unbecoming’of design objects.&amp;rdquo; Environment and Planning A: Economy and Space 47.4 (2015): 922-938. &lt;a href=&#34;https://orca.cardiff.ac.uk/id/eprint/131212/1/M%20Christensen%202015%20the%20unstable%20lives%20of%20bicycles%20ver2%20postprint.pdf&#34;&gt;https://orca.cardiff.ac.uk/id/eprint/131212/1/M%20Christensen%202015%20the%20unstable%20lives%20of%20bicycles%20ver2%20postprint.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Les armes mortelles qui poussaient sur les arbres</title>
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      <pubDate>Tue, 22 Nov 2022 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/long-arrows_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Habitant des îles Tanimbar muni d’un très grand arc et de flèches et portant une armure de cuir, Indes néerlandaises. Source inconnue.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Habitant des îles Tanimbar muni d’un très grand arc et de flèches et portant une armure de cuir, Indes néerlandaises. Source inconnue. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;à-lorigine-des-arcs-et-des-flèches&#34;&gt;À l’origine des arcs et des flèches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’arc est l’une des technologies les plus essentielles et les plus intéressantes de l’humanité, détrônée peut-être par la maîtrise du feu. En dépit des innombrables théories académiques sur le sujet depuis près de 200 ans, nous ignorons à quelle époque le tir à l’arc a vu le jour. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Les premiers arcs et flèches étaient fabriqués à partir de matériaux organiques qui se préservent mal.Les plus anciennes découvertes archéologiques ont été faites dans des tourbières, des glaciers et des sédiments lacustres gorgés d’eau : des milieux dépourvus d’oxygène qui empêchent la décomposition de la matière organique. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans les années 1930, à Stellmoor, en Allemagne, des archéologues ont découvert une centaine de hampes de flèches dont la date de fabrication a été estimée entre 8 000 et 10 000 ans avant Jésus-Christ. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’arc le plus ancien a été découvert dans les années 1940 à Holmegaard, au Danemark. Les scientifiques ont estimé sa date de fabrication entre 6 500 et 7 000 av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’arc et la flèche ont été inventés longtemps avant ces découvertes. Nous le savons car les arcs préhistoriques étaient déjà très sophistiqués, nous reviendrons plus tard sur ce sujet. De plus, des pointes de flèches bien plus anciennes ont été découvertes par des archéologues. La pointe est la seule partie de la flèche fabriquée à partir de matière non-organique, ce qui fait qu’elle se préserve bien plus longtemps. Cependant les pointes de flèches peuvent être confondues avec les pointes de projectiles d’autres armes, en particulier les propulseurs, aussi appelés atlatl. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Compte tenu de ces informations, certaines études ont reculé la date de création estimée des arcs et des flèches jusqu’à entre 35 000 et 70 000 ans avant aujourd’hui. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Mais nous ne connaissons pas toute l’histoire, des pointes de flèche en bois durcies au feu pourraient avoir été utilisées avant celles en pierre ou en os.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-ressorts-à-propulsion-humaine&#34;&gt;Des ressorts à propulsion humaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mécaniquement, un arc est un ressort composé de deux parties souples et élastiques, tendues par une corde. Quand l’archer tire la corde vers lui, l’arc accumule de l’énergie. Puis quand il relâche la corde, l’énergie se transmet à la flèche, qui jaillit de l’arc. L’arc est une technologie très efficiente, l’énergie cinétique de la flèche (son énergie disponible) est proche du total d’énergie déployée.Les flèches le sont également, bien plus que les balles. Elles perdent peu de vitesse lors du vol et nécessitent peu d’énergie pour transpercer une cible. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’arc est une technologie très efficiente, l’énergie cinétique de la flèche est proche du total d’énergie déployée.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’arc est une arme à projectiles (ou arme de trait) utilisée pour attaquer à distance. Les armes à projectiles simples sont utilisées avec une force physique non assistée, par exemple des pierres jetées, des boomerangs ou des lances projetées à la main (« javelots »). Les armes à projectiles complexes font intervenir un dispositif de lancement entre l’humain et le projectile. Ces types d’armes englobent notamment l’arc, la fronde, la sarbacane, le propulseur et l’arme à feu. &lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Entre les mains d’un archer doué et puissant, l’arc (pré)historique était une arme précise et redoutable. Les armes à feu ont remplacé l’arc &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2022/11/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows.html&#34;&gt;non pas à cause d’une supériorité technique mais en raison de leur facilité d’utilisation&lt;/a&gt;. &lt;sup id=&#34;fnref1:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-différents-modèles-darcs&#34;&gt;Les différents modèles d’arcs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nos ancêtres ont utilisé l’arc et les flèches sur chaque continent, à l’exception de l’Australie (où le boomerang et le propulseur étaient privilégiés) et de l’Antarctique. La diffusion géographique considérable et la longueur de l’histoire ont permis à une grande diversité de modèles d’arcs de se développer en fonction des situations locales : les matériaux et les outils disponibles, le terrain, le climat, l’utilisation de l’arme, le contexte social, etc. Tous les arcs étaient constitués d’une pièce en bois et d’une corde, mais les matériaux, les dimensions, les formes, les styles de tir et d’autres critères varient considérablement. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les armes à feu modernes, au contraire, sont les mêmes partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On distingue essentiellement deux types d’arcs, en opposition : l’arc simple et l’arc composite. Les arcs simples sont composés d’une seule pièce de bois alors que les arcs composites sont formés de plusieurs pièces de différents matériaux (en général du bois, de la corne et du tendon). D’autres modèles d’arcs se situent entre les deux. Par exemple, les arcs lamellés sont composés de plusieurs éléments d’un même matériau, et les arcs simples renforcés sont des hybrides entre les arcs simples et les arcs composites. Les arcs simples ont dominé les continents forestiers (Europe, Amériques et Afrique). Les arcs composites, eux, se sont imposés dans les régions plus arides (Moyen-Orient et Eurasie). Les contacts entre les différentes cultures ont probablement donné lieu à l’apparition de nombreux modèles intermédiaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-arcs-simples&#34;&gt;Les arcs simples&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un arc simple se caractérise par sa durabilité et sa simplicité de fabrication, d’entretien et de réparation. Il est constitué d’une seule pièce de bois, généralement droite. Le modèle le plus connu est l’arc long. Comme son nom le laisse entendre, il est connu pour sa longueur. Il était à peu près de la même taille (ou plus grand) que l’archer qui tirait avec.Ce type d’arc est souvent apparenté à l’arc long anglais, qui est devenu une arme très utilisée sur les champs de bataille pendant le bas Moyen Âge. La conception de l’arc long est cependant beaucoup plus ancienne, et son utilisation était répandue dans toute l’Europe et sur d’autres continents. La momie Ötzi, retrouvée dans les Alpes italiennes en 1991, possédait par exemple un arc long de 182 cm datant de 3 300 av. J.-C. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/longbow-archers_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Archers utilisant des arcs longs. Image de Peter Trimming. Source : Wikimedia Commons. CC BY SA 2.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Archers utilisant des arcs longs. Image de Peter Trimming. Source : [Wikimedia Commons](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Archery_at_Appuldurcombe_(1)_-_geograph.org.uk_-_1983840.jpg). CC BY SA 2.0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’arc long ancien se distingue des arcs dits longs utilisés encore aujourd’hui dans les stands de tir à l’arc en Occident. La British Longbow Society, fondée en 1951, réserve le terme « longbow » (arc long) à sa version des époques victorienne et édouardienne, périodes auxquelles le tir à l’arc était devenu une activité de loisir. Ironiquement, leurs critères stricts excluent tous les arcs longs antérieurs, même les célèbres arcs de guerre anglais du Moyen-Âge. &lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les arcs longs « modernes » sont généralement des arcs lamellés avec une section centrale rigide, alors que les arcs longs (pré)historiques étaient des arcs simples courbés sur toute leur longueur. Les arcs longs modernes ont un repose-flèche taillé dans la partie centrale de l’arc (à gauche ou à droite), mais dans les arcs longs anciens, c’est souvent sur la main de l’archer que reposait la flèche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxième type d’arc simple est l’arc plat. Il est à peine plus court que l’arc long, mais sa partie centrale est différente. L’arc long a une forme circulaire ou en D. L’arc long anglais, par exemple, a un « dos » plat et un « ventre » bombé - le ventre étant le côté de l’arc qui est tourné vers l’archer. L’arc plat, au contraire est plat des deux côtés. L’arc long a des branches étroites et a généralement une poignée plus large, alors que l’arc plat a des branches plus larges et une poignée étroite. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/flatbow2_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un arc plat en frêne, fabriqué par Sagittaria Handcrafts.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un arc plat en frêne, fabriqué par [Sagittaria Handcrafts](http://sagittaria-handcrafts.com/en/1-en-pokus/bows/detail_22/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les années 1930, des chercheurs américains ont cherché à déterminer la forme optimale d’un arc. Ils ont découvert à leur grande surprise que la forme en D de l’arc long (le seul modèle occidental historique connu à l’époque) ne serait pas la plus performante. &lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au contraire, une partie centrale rectangulaire donne de meilleurs résultats en induisant une déformation plus uniforme sur toute la longueur de la branche,  ce qui rend l’arc moins susceptible de se casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette découverte scientifique a conduit à la conception de l’arc plat américain (de loisir), que les scientifiques considéraient comme une nouveauté. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Et pourtant, dans les années 1940, des archéologues ont découvert le plus ancien arc préhistorique. Il s’agissait d’un arc plat - le Holmegaard dont nous avons parlé plus tôt. On estime l’âge de l’arc Meare Heath, découvert en 1961 à près de 4 500 ans. Il s’agissait également d’un arc plat. &lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les chercheurs américains avaient également négligé le fait que leur innovation était utilisée depuis des siècles par les Amérindiens. &lt;sup id=&#34;fnref2:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, la puissance des arcs simples de grande taille a servi au combat et à la chasse aux gros gibiers. Pour la chasse au petit gibier à courte distance, on se contentait d’arcs plus courts (appelés « petits arcs » ou « arcs à oiseaux »). Ces armes étaient moins puissantes, utilisaient des flèches plus courtes et plus légères (souvent avec des pointes de flèches émoussées). On les utilisait en tirant la corde vers la poitrine plutôt que vers l’oreille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/african-bows_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Arcs anciens du continent africain, montrant la grande variété de tailles. Source: Leakey, Louis Seymour Bazett. « A New Classification of the Bow and Arrow in Africa. » The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 56 (1926) : 259-299&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Arcs anciens du continent africain, montrant la grande variété de tailles. Source: Leakey, Louis Seymour Bazett. « A New Classification of the Bow and Arrow in Africa. » The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 56 (1926) : 259-299 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;tension-et-compression&#34;&gt;Tension et compression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour qu’une branche d’arc puisse emmagasiner de l’énergie, le bois doit être à la fois solide (pour résister à la tension) et souple (pour résister à la compression). Si on tend trop un arc, il peut se passer deux choses. Dans le cas où le bois est plus fort en tension qu’en compression, comme souvent, les fibres de bois dans le ventre de l’arc se compriment et l’arc ne retrouve pas complètement sa forme initiale. Le bois dépasse alors sa limite d’élasticité et la puissance de l’arc est définitivement réduite. Au contraire, si le bois est plus résistant à la compression qu’à la tension, le fait de trop tendre l’arc se traduira par un éclatement du dos ou une rupture. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains bois sont particulièrement bien adaptés à la fabrication d’arcs. Les fabricants d’arcs du passé considéraient l’if comme l’un des meilleurs matériaux. &lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’if pousse (lentement) un peu partout dans le monde. Son aubier (le bois blanc à l’extérieur de l’arbre, juste en dessous de l’écorce) est très résistant à la tension. Son duramen (le bois rouge qui constitue le centre) supporte très bien la compression. Dans un arc en if, on utilise donc l’aubier pour le dos et le duramen pour le ventre. &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un autre excellent bois d’arc est l’oranger des osages, originaire d’Amérique du Nord, mais qui peut se développer dans de nombreux climats. Seul le duramen est utilisé - les orangers des Osages ont une forte résistance à la flexion et une grande élasticité. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ces deux types de bois résistent également très bien à la décomposition.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/yew-selfbow-living-longbows-facebook_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un arc simple en if, laissant apparaître le duramen et l’aubier, fabriqué par le maître artisan Jack Pinson, Under Warden, Irlande. Source : Living Longbows.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un arc simple en if, laissant apparaître le duramen et l’aubier, fabriqué par le maître artisan Jack Pinson, Under Warden, Irlande. Source : [Living Longbows](https://www.facebook.com/LivingLongbows). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/osage-bloodwood-handle-2-von-18_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : un arc plat en oranger des Osages, fabriqué par le maître artisan Simon Sieß. Il est pratiquement impossible de trouver une pièce droite d’oranger des Osages suffisamment longue pour un arc, car le bois est très tordu, plein de nœuds et d’épines. Le fabricant d’arc contourne ces imperfections. Source : Stonehill Primitive Bows.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : un arc plat en oranger des Osages, fabriqué par le maître artisan Simon Sieß. Il est pratiquement impossible de trouver une pièce droite d’oranger des Osages suffisamment longue pour un arc, car le bois est très tordu, plein de nœuds et d’épines. Le fabricant d’arc contourne ces imperfections. Source : [Stonehill Primitive Bows](https://primitive-bows.com/category/bows/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l’if et l’oranger des Osages n’étaient pas les seuls bois utilisés, loin de là. On peut utiliser presque n’importe quel type de bois pour fabriquer un arc simple, même les bois les plus improbables. Plus que le choix du bois, il est important d’adapter la conception de l’arc aux capacités de compression et de tension de l’essence de bois en question. &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un arc fabriqué dans un bois de qualité inférieure peut être protégé contre la rupture ou le dépassement de sa limite d’élasticité en renforçant le bois sous la forme d’un arc plus long ou plus large. Les arcs fabriqués à partir de bois d’excellente qualité, tels que l’if et l’oranger des Osages, ont des branches très étroites, mais les arcs fabriqués à partir de bois plus faibles et moins élastiques peuvent fonctionner tout aussi bien avec des branches plus larges. Une section rectangulaire (en arc plat) est également préférable pour le bois moins adapté.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-fabriquer-un-arc-simple&#34;&gt;Comment fabriquer un arc simple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un arc simple peut être fabriqué en quelques heures, sans compter le temps de séchage du bois. Une arme d’excellente facture demande du talent, mais n’importe qui peut se fabriquer un arc rudimentaire. Avant l’apparition des outils en métal, le bois était plus facile à travailler lorsqu’il était encore frais et vert. On laissait donc le bois sécher après que l’arc ait été en partie façonné. Une fois le bois séché, les finitions étaient faites au grattoir en pierre. Les auteurs de The Bowyer’s Bible (une série de livres qui a fait renaître l’intérêt pour le tir à l’arc traditionnel dans les années 1990) racontent une expérience. Ils rentrent dans une forêt les mains vides et en ressortent avec un arc dont la fabrication ne leur a pris que six heures avec des outils de l’âge de pierre : une pierre, une hache à bois faite à la main et un feu. &lt;sup id=&#34;fnref3:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans outils en métal, abattre de grands arbres pour récupérer du bois demande beaucoup d’efforts. Certains Amérindiens ont mis au point une technique ingénieuse qui permettait de découper des arcs à partir de troncs et de branches d’arbres vivants. &lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Ils pratiquaient deux entailles en forme de V aux extrémités supérieure et inférieure de la pièce prévue, qui était ensuite laissée dans l’arbre pendant plusieurs années en attendant qu’elle sèche. Enfin, avec un levier, ils arrachaient la pièce de l’arbre, puis façonnaient l’arc. On trouve encore des arbres anciens qui conservent les séquelles de cette méthode. Les fabricants d’arcs pouvaient se servir du même arbre pour en fabriquer pendant plusieurs siècles.&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/juniper3_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Extraction d’arcs à partir d’arbres vivants. Source: Wilke, Philip J. « Bow staves harvested from Juniper trees by Indians of nevada. » Journal of California and Great Basin Anthropology 10.1 (1988) : 3-31&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Extraction d’arcs à partir d’arbres vivants. Source: Wilke, Philip J. « [Bow staves harvested from Juniper trees by Indians of nevada](https://escholarship.org/content/qt4v5249w9/qt4v5249w9.pdf%C2%A0). » Journal of California and Great Basin Anthropology 10.1 (1988) : 3-31 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai trouvé aucune source mentionnant cette méthode dans d’autres régions, mais [le taillis et l’émondage] (&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again.html&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/2020/09/how-to-make-biomass-energy-sustainable-again.html&lt;/a&gt;) pourraient également fournir du bois d’arc sans nécessiter d’abattre des arbres entiers. Les ifs étaient souvent émondés. Une autre méthode consistait à les planter groupés de manière à ce qu’ils poussent droit pour que leur forme soit parfaite pour fabriquer des arcs. Avec l’apparition d’outils en métal, il est devenu plus facile de récolter le bois de l’arc et de le façonner. Par la suite, la plupart des arcs ont été fabriqués à partir de bois séché. Cependant, les outils essentiels des fabricants d’arcs traditionnels sont restés limités : une hache à main aiguisée, une râpe à bois et un grattoir. &lt;sup id=&#34;fnref2:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le modelage d’un arc simple consiste à suivre le grain et le comportement du bois. Si on utilise des rondins, la première étape consiste à les fendre en deux ou en quatre, en utilisant une cale de manière à ce que la fissure suive le sens du grain. Ce sont les bûches qui déterminent le style et la forme de chaque arc. Par exemple, si la pièce est tordue à un endroit, le modèle suivra cette torsion, ce qui donnera un arc partiellement torsadé. Le processus de fabrication d’un arc simple repose principalement sur le « tillering » : les branches de l’arc sont affinées de plus en plus en retirant du bois du côté du ventre, petit à petit, et en veillant à ne pas en retirer trop. Le dos de l’arc reste inchangé et suit l’anneau de croissance du bois. &lt;sup id=&#34;fnref3:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/Bow_staves_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Bois fraîchement découpé en pièces d’arcs. Source : Wikimedia Commons. Image de MartinFields (CC BY-SA 3.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Bois fraîchement découpé en pièces d’arcs. Source : [Wikimedia Commons](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bow_staves.JPG). Image de MartinFields (CC BY-SA 3.0). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/bowyers-tools-2_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un arc simple pendant sa fabrication par le maître artisan Jack Pinson, Under Warden. Irlande. Source : Living Longbows.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un arc simple pendant sa fabrication par le maître artisan Jack Pinson, Under Warden. Irlande. Source : [Living Longbows](https://www.facebook.com/LivingLongbows).  
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&lt;h2 id=&#34;larc-composite&#34;&gt;L’arc composite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’arc composite s’oppose presque en tous points à l’arc simple. L’arc composite est constitué de plusieurs couches de matériaux collées ensemble, généralement du bois, de la corne et du tendon ou ligament animal, contrairement à l’arc simple qui en utilise le moins possible. L’arc est recouvert d’écorce ou de cuir et protégé par de la laque. L’arc composite n’est pas long et droit, mais un arc court (110 cm en moyenne) et presque toujours « recurve », c’est-à-dire dont les branches se courbent en direction de l’archer (« deflex ») ou à son opposé (« reflex »). &lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un arc composite, le bois sert principalement de structure pour la mise en place des autres couches. Le ventre de l’arc était constitué de corne (qui supporte très bien la compression) et le dos de tendon (qui a une très grande résistance à la traction). La corne était généralement prélevée sur un buffle domestique, très répandu dans les régions où l’arc composite était utilisé. Les tendons provenaient du dos des cerfs, des antilopes ou du bétail (morceaux épais situés de part et d’autre de la colonne vertébrale) ou du talon d’Achille du bétail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La combinaison de ces matériaux offrant de meilleures performances que les meilleurs bois, un arc composite peut se courber davantage par rapport à sa longueur qu’un arc simple. C’est pour cette raison qu’on peut le fabriquer plus court qu’un arc simple à puissance égale,  ce qui le rendait idéal pour tirer à cheval, puisque l’archer pouvait facilement tirer d’un côté puis de l’autre. L’arc composite était majoritairement utilisé par les archers à cheval, et l’arme est également connue sous le nom de « horse bow » (arc à cheval). Elle était également l’arme de prédilection de l’archer sur char, antérieur à l’archer à cheval.&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/balfour-composite_dithered.png&#34; alt=&#39;Gauche : Arc composite tatare, montrant la forme avec et sans corde. Droite : Arc composite perse, présentant une courbure « reflex » extrême sans corde. Source: Balfour, Henry. « The Archer’s Bow in the Homeric Poems. » The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 51 (1921) : 289-309&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Gauche : Arc composite tatare, montrant la forme avec et sans corde. Droite : Arc composite perse, présentant une courbure « reflex » extrême sans corde. Source: Balfour, Henry. « The Archer’s Bow in the Homeric Poems. » The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 51 (1921) : 289-309 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/comp-bow-2_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/comp-bow_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Horse bow (avec et sans corde) fabriqué par le maître artisan Bjørn Schmidt. Source : Bjørn Schmidt.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Horse bow (avec et sans corde) fabriqué par le maître artisan Bjørn Schmidt. Source : [Bjørn Schmidt](https://www.facebook.com/groups/161983523940600/user/100026327045649/). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/collection-of-composite-bows_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Une collection d’arcs composites de tailles variées. Source: Peter Dekker, Mandarin Mansion.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Une collection d’arcs composites de tailles variées. Source: Peter Dekker, [Mandarin Mansion](https://mandarinmansion.com). 
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&lt;p&gt;Il est probable que l’arc composite ait été inventé en Asie centrale, avant de se diffuser en Inde, en Afrique du nord, en Russie, en Europe de l’est, en Chine, en Corée et au Japon. La date d’invention de l’arc composite est inconnue. Les découvertes archéologiques les plus anciennes remontent à 3 000 av J.-C.,mais cette région offre des conditions de conservation moins favorables que l’Europe, où les archéologues ont trouvé les arcs simples les plus anciens. L’arc composite, contrairement à l’arc simple, qui est généralement une pièce droite dont seule la section centrale varie, existe dans une extraordinaire diversité de modèles. &lt;sup id=&#34;fnref1:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De nombreux arcs composites étaient équipés de siyahs, des leviers inflexibles à l’extrémité des branches de l’arc, qui augmentaient davantage la longueur de traction et réduisaient la force musculaire nécessaire pour tirer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-fabriquer-un-arc-composite&#34;&gt;Comment fabriquer un arc composite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’arc composite offre de meilleures performances que l’arc simple. Les flèches qu’il tirent vont plus vite, plus loin, avec un effort réduit. Cependant, son utilisation nécessite plus de maîtrise et son processus de fabrication est très élaboré. La fabrication d’un arc composite nécessite 50 à 100 heures, réparties sur plusieurs mois, voire plusieurs années. &lt;sup id=&#34;fnref1:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Plus l’arc est puissant, plus il faut de temps pour le fabriquer. Le fabricant d’arcs plonge les tendons dans de la colle chaude et les pose sur l’arc dans le sens de la longueur. Il faut attendre que chaque couche de tendon sèche avant de pouvoir poser la suivante. Le fabricant d’arc tend progressivement l’arc de plus en plus loin, quelques centimètres à la fois, jusqu’à ce que les pointes de l’arc se touchent ou se croisent. Une fois l’arc terminé, il est durci sur un feu léger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’arc composite est également moins durable et nécessite plus d’entretien que l’arc simple. En raison de sa vulnérabilité à l’humidité, l’arc composite nécessite un entretien continu : il doit être gardé au chaud et au sec. Dans les climats froids, les archers enveloppaient leurs arcs dans des vêtements et dormaient avec. Quand ils le pouvaient, ils réchauffaient l’arc avec un feu avant de l’utiliser. Les Chinois (qui fabriquaient les plus grands arcs composites) utilisaient des meubles chauffants spéciaux pour conserver ou restaurer la forme recourbée perdue au cours de l’utilisation. Il fallait également protéger les arcs composites contre les animaux, qui mangeaient les parties en tendon et des vers qui pouvaient manger la corne. &lt;sup id=&#34;fnref1:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref1:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/making-compositebow_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : fabrication d’un arc composite. Source inconnue. Via Mihkel Tammet.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : fabrication d’un arc composite. Source inconnue. Via [Mihkel Tammet](https://www.facebook.com/photo/?fbid=294008220709631&amp;set=g.161983523940600). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/composite-bow-making_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un arc composite en cours de fabrication. Source : The modern reproduction of a Mongol era bow based on historical facts and ancient technology research. Jason Wayne Beever &amp;amp;amp; Zoran Pavlović, EXARC Journal Issue 2017/02.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un arc composite en cours de fabrication. Source : [The modern reproduction of a Mongol era bow based on historical facts and ancient technology research](https://exarc.net/issue-2017-2/at/modern-reproduction-mongol-era-bow-based-historical-facts-and-ancient-technology-research). Jason Wayne Beever &amp; Zoran Pavlović, EXARC Journal Issue 2017/02. 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;h2 id=&#34;le-renforcement-entre-larc-simple-et-composite&#34;&gt;Le renforcement : entre l’arc simple et composite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une certaine mesure, un arc simple peut bénéficier des avantages de l’arc composite. Rallonger ou élargir un arc n’est pas la seule technique permettant de fabriquer une arme puissante à partir d’un bois de qualité inférieure. L’autre méthode est le « backing », ou renforcement de l’arc. &lt;sup id=&#34;fnref:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Elle consiste à coller un matériau très résistant à la traction sur le dos de l’arc, c’est-à-dire sur la face de l’arc orientée vers le côté opposé à l’archer. On peut utiliser, par exemple, du tendon comme dans l’arc composite. Cependant, d’autres matériaux fonctionnent aussi bien, voire mieux : le cuir brut, les intestins, la peau, la soie et de nombreuses fibres végétales telles que le lin, le chanvre ou le jute. Certains arcs renforcés étaient fabriqués en bois de cervidé renforcé par du tendon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renforcement a permis de créer des modèles impossibles à réaliser uniquement en bois, tels que des arcs à la fois courts et puissants. Les peuples indigènes d’Amérique du Nord utilisaient souvent des arcs simples renforcés. &lt;sup id=&#34;fnref:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:36&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:36&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;36&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Lorsque les Espagnols ont amené les chevaux sur le continent, les Amérindiens ont vite compris les avantages du tir à cheval et ont adapté leurs arcs en les rendant plus courts, entre 90 et 110 cm. Les arcs renforcés par des tendons sont une forme simplifiée de la construction asiatique à trois couches et partagent certains de ses inconvénients. Le renforcement augmente le temps de production d’un arc simple de huit à vingt heures, réparties sur une période de deux semaines à un mois, et un arc renforcé doit être protégé contre l’humidité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter que la pose d’un renforcement était un moyen courant de réparer un arc simple. Si le dos d’un arc était abîmé, on pouvait y coller du cuir brut, du lin ou du tendon pour résoudre le problème. &lt;sup id=&#34;fnref1:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans le cas où l’arc avait subi trop de tension, c’est-à-dire s’il avait dépassé sa limite d’élasticité, une autre technique pouvait être utilisée. Le fabricant d’arc inversait l’arc, le dos devenant le ventre, et appliquait le renforcement sur le nouveau dos (qui était auparavant le ventre).&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/017.700x700_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un arc à branches larges renforcé par du tendon. Source : National Museum of the American Indian, Smithsonian.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un arc à branches larges renforcé par du tendon. Source : [National Museum of the American Indian, Smithsonian](https://americanindian.si.edu/collections-search/search?page=26&amp;edan_q=BOW). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/juniper-bow_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : [arc en genévrier style west coast] (https://primitive-bows.com/juniper-west-coast-style-bow-hld-no-7/), fabriqué par le maître artisan archer Simon Sieß. Seules les extrémités sont renforcées par des tendons. Source : Stonehill Primitive Bows.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : [arc en genévrier style west coast] (https://primitive-bows.com/juniper-west-coast-style-bow-hld-no-7/), fabriqué par le maître artisan archer Simon Sieß. Seules les extrémités sont renforcées par des tendons. Source : [Stonehill Primitive Bows](https://primitive-bows.com/category/bows/).  
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/sinew-preparation_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : préparation des tendons Source : Making the sinew-backed bow, Jeff Martin, Primitive Lifeways.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : préparation des tendons Source : [Making the sinew-backed bow](https://primitivelifeways.com/2019/05/making-the-sinew-backed-bow/), Jeff Martin, Primitive Lifeways. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/detail-sinew-backing_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : renforcement au tendon. Source : Making the sinew-backed bow, Jeff Martin, Primitive Lifeways.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : renforcement au tendon. Source : [Making the sinew-backed bow](https://primitivelifeways.com/2019/05/making-the-sinew-backed-bow/), Jeff Martin, Primitive Lifeways.  
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&lt;h2 id=&#34;larc-renforcé-par-un-câble&#34;&gt;L’arc renforcé par un câble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Confrontés à deux problèmes, les inuits ont développé une méthode de fabrication d’arcs des plus inventives. Premièrement, leur choix de bois était limité. Il n’avaient accès qu’à du bois flotté, de l’épicéa ou du sapin, des bois très cassants et peu élastiques. &lt;sup id=&#34;fnref5:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Deuxièmement, la colle animale se solidifie très vite au contact de l’air froid, la rendant difficile à utiliser. Les Inuits ont résolu ce problème en fabriquant des arcs à partir de matériaux tels que la corne de mouton, les bois de caribou et les fanons de baleine, qu’ils renforçaient avec du câble. Cette technique visait à utiliser des câbles de tendon qui étaient fixés le long des branches à l’aide d’un système élaboré de nœuds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renfort était une corde épaisse et continue, faite de tendons, qui pouvait atteindre 45 mètres de long. Le fabricant d’arcs l’enroulait autour de l’une des pointes de l’arc, le passait le long du dos de l’arc, puis l’enroulait autour de l’autre pointe de l’arc, le passait à nouveau le long du dos, et ainsi de suite, jusqu’à ce que plusieurs dizaines de brins se trouvent sur l’arc. Les brins étaient ensuite tordus et fixés à l’arc par des nœuds parfois très complexes.  De petites tiges plates servaient à tordre les cordes. On les utilisait par deux, en en tenant un dans chaque main pour maintenir la même torsion dans les deux. &lt;sup id=&#34;fnref6:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout renforcement doit être proportionnel à la masse de la branche le long de l’arc, ce qui signifie qu’il doit être plus épais au niveau de la poignée et plus fin vers les pointes de l’arc. Avec un renforcement collé, c’est facile à réaliser : il faut ajouter de nouvelles couches au milieu de l’arc. Cependant, il est difficile de réduire le diamètre d’un câble entre la poignée et l’extrémité. Les Inuits ont résolu ce problème en faisant passer une partie des câbles sur seulement une section de la branche. Jusqu’à une douzaine de fils s’étendent le long de l’arc.. La plupart des arcs simples renforcés par du câble étaient des arcs plats courts, d’une longueur maximale de 125 cm. &lt;sup id=&#34;fnref7:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/03PLATE%20III_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/05PLATE%20V_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/06PLATE%20VI_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/09PLATE%20IX_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Arcs renforcés par du câble. Source: Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884. 
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&lt;h2 id=&#34;fixations-en-corde&#34;&gt;Fixations en corde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre méthode pour fabriquer un arc à partir de bois de qualité inférieure consistait à utiliser des cordes. La fixation en corde ne consiste pas à coller un support à l’arrière de l’arc ou à tendre des câbles d’un bout à l’autre, mais à enrouler le renforcement autour de l’arc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’arc Meare Heath en est un exemple connu. Découvert en 1961 dans les tourbières du Somerset, en Angleterre, il daterait de 2 690 av.J.-C. Cet arc plat de 6 cm de large et de 190 cm de long avait des attaches transversales et croisées en cuir et en tendon. Une réplique de l’arc réalisée avec des outils de l’âge de pierre a permis de constater qu’il s’agissait d’une excellente arme, surpassant les performances de l’arc long anglais apparu quelques milliers d’années plus tard. &lt;sup id=&#34;fnref1:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les fixations en corde ont continué à être utilisées au Moyen-Âge, également sur certains arcs composites. &lt;sup id=&#34;fnref4:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, les Hunza, en Afghanistan, enveloppent leurs arcs entièrement avec du tendon. &lt;sup id=&#34;fnref2:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, il y a l’arc japonais, le yumi, qui constitue une catégorie à part entière. Le yumi est un arc lamellé (composé d’au moins sept couches de bambou et de bois), mais sa construction et sa conception sont clairement influencées par l’arc composite. Le yumi se distingue par sa longueur (il peut dépasser deux mètres) et son assymétrie : la branche supérieure couvre les deux tiers de la longueur totale. La branche la plus longue permet de tirer plus loin, tandis que la branche la plus courte permet de tirer à cheval ou à genoux. Dans la fabrication d’un yumi, le fabricant d’arcs devait utiliser ses mains et ses pieds, travailler rapidement avec des colles à séchage rapide qui pouvaient être ramollies à nouveau dans une étuve.  &lt;sup id=&#34;fnref3:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/01-meare-heath-neolithic-bow-illustration_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : dessin de l’arc Meare Heath. Source: Clark, J. G. D. « Neolithic bows from Somerset, England, and the prehistory of archery in north-western Europe. » Proceedings of the Prehistoric Society. Vol. 29. Cambridge University Press, 1963.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : dessin de l’arc Meare Heath. Source: Clark, J. G. D. « Neolithic bows from Somerset, England, and the prehistory of archery in north-western Europe. » Proceedings of the Prehistoric Society. Vol. 29. Cambridge University Press, 1963. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/meare-heath-bow-replica_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Une réplique de l’arc Meare Heath, fabriquée par le maître artisan Greg Anderson. Source : North Wood Traditional Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Une réplique de l’arc Meare Heath, fabriquée par le maître artisan Greg Anderson. Source : [North Wood Traditional Archery](https://www.facebook.com/profile.php?id=100067570410615). 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/penobscot-bow_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : L’arc Penobscot. Une autre méthode pour fabriquer un arc à partir de bois de qualité inférieure. On augmente la puissance de l’arc en ajoutant une deuxième branche. Source : National Museum of the American Indian, Smithsonian.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : L’arc Penobscot. Une autre méthode pour fabriquer un arc à partir de bois de qualité inférieure. On augmente la puissance de l’arc en ajoutant une deuxième branche. Source : [National Museum of the American Indian, Smithsonian](https://americanindian.si.edu/collections-search/objects/NMAI_27561). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;faire-pousser-des-flèches&#34;&gt;Faire pousser des flèches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un arc seul n’est pas très utile en tant qu’arme. Il lui faut des munitions, qui prennent la forme de flèches. Le bois pour fabriquer des flèches était bien plus facile à trouver que celui des arcs. &lt;sup id=&#34;fnref5:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La plupart des epèces de bois font de bonnes flèches, et on peut utiliser du bois plus court. Les flèches mesuraient généralement moins d’un mètre de long, sauf dans les régions tropicales, où elles pouvaient être beaucoup plus longues. &lt;sup id=&#34;fnref:40&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:40&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Avant l’arrivée des outils métalliques, les hampes de flèches étaient fabriquées à partir de pousses et de jeunes arbres, ou de joncs, de bambou et de roseaux, en fonction de ce qu’on pouvait trouver localement. Ces matériaux ont déjà la forme de hampes de flèches et poussent en différentes longueurs et diamètres. &lt;sup id=&#34;fnref1:40&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:40&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pousses et les jeunes arbres étaient décortiqués, dégrossis sur le feu, façonnés, puis séchés pendant quelques semaines ou quelques mois. Ces flèches étaient solides et relativement lourdes, ce qui augmentait la puissance et la pénétration. Les joncs, le bambou et les roseaux ne nécessitaient pas d’écorçage et étaient imperméables à l’eau sans traitement particulier. En revanche, ils étaient creux et beaucoup plus légers que les hampes fabriquées à partir de pousses et de jeunes arbres. Pour leur donner une force et une masse suffisantes, on insérait dans la tige creuse un autre élément à l’avant, en bois ou en os. L’encoche était renforcée pour éviter que la corde de l’arc ne fende la hampe de la flèche. &lt;sup id=&#34;fnref1:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les outils de découpe en métal ont fait apparaître une nouvelle méthode, qui a permis de fabriquer des flèches à partir de bois scié. Des planches de bois sont découpées en petits carrés de la taille d’une flèche, puis leurs quatre coins sont rabotés, ce qui leur donne une forme octogonale. Ces hampes sont ensuite arrondies au papier de verre ou au grès. Le « Split Timber Shafting » a permis de réduire le temps de fabrication des hampes de flèches, de produire des flèches en grand nombre et d’améliorer leurs capacités balistiques. &lt;sup id=&#34;fnref2:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:41&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:41&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;41&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/011.700x700_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un jeu de flèches avec des pointes et des embouts en bois. Source : National Museum of the American Indian, Smithsonian&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un jeu de flèches avec des pointes et des embouts en bois. Source : [National Museum of the American Indian, Smithsonian](https://americanindian.si.edu/collections-search/objects/NMAI_31682?destination=edan_searchtab%3Fpage%3D5%26edan_q%3DARROWS)  
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/arrowheads-black-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Répliques de flèches préhistoriques, fabriquées par le maître artisan Greg Anderson. Source : North Wood Traditional Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Répliques de flèches préhistoriques, fabriquées par le maître artisan Greg Anderson. Source : [North Wood Traditional Archery](https://www.facebook.com/profile.php?id=100067570410615). 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/medieval-arrows_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Répliques de flèches médiévales, fabriquées par Heritage Longbows. Source : Heritage Longbows.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Répliques de flèches médiévales, fabriquées par Heritage Longbows. Source : [Heritage Longbows](https://www.heritagelongbows.com). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/african-arrows-1_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/african-arrows-2_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/african-arrows-3_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/african-arrows-4_dithered.png&#34; alt=&#39;Arcs et flèches d’Afrique. Source: Leakey, Louis Seymour Bazett. « A New Classification of the Bow and Arrow in Africa. » The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 56 (1926) : 259-299&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Arcs et flèches d’Afrique. Source: Leakey, Louis Seymour Bazett. « A New Classification of the Bow and Arrow in Africa. » The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 56 (1926) : 259-299 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La hampe est l’élément structurant la flèche sur lequel sont attachés la pointe de la flèche, l’empennage et l’encoche. Historiquement, l’encoche était souvent taillée dans la hampe, parfois renforcée par de l’os, de la corne ou du bois dur. L’empennage se composait généralement de trois plumes, qui pouvaient provenir de plusieurs oiseaux (comme l’oie et la dinde). Elles étaient collées à la hampe et attachées avec un fil de tendon. &lt;sup id=&#34;fnref6:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pointes de flèche étaient fabriquées à partir de nombreux matériaux, notamment la pierre, l’os, le bois de cerf, les dents et le métal (bronze, fer forgé, acier). Les pointes de flèches en métal sont apparues le plus récemment mais n’ont pas affiché de meilleures performances que les pointes de flèches fabriquées à partir de matériaux primitifs. Cependant, leur fabrication était plus rapide et plus économique. Les pointes en bois sont restées utilisées à travers l’histoire, en même temps que des matériaux plus durables mais nécessitant plus de travail. &lt;sup id=&#34;fnref:42&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:42&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;42&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La forme des pointes de flèche varie en fonction de leur utilisation et il en a existé des centaines de types différents. Les pointes de flèche étaient fixées à la hampe avec de la colle et une fixation en tendon, ou insérées dans une hampe creuse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;réutilisation-et-réparation-de-flèches&#34;&gt;Réutilisation et réparation de flèches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fabrication d’un jeu de flèches prend beaucoup plus de temps que la fabrication d’un arc simple. Cependant, il était courant que les archers réutilisent leurs projectiles. On ne peut pas tirer une balle avec une arme à feu, puis la remettre et la tirer une deuxième fois. Par contre, on peut tirer la même flèche indéfiniment. C’est évident pendant l’entraînement au tir, mais cela pouvait tout aussi bien arriver pendant la chasse et sur le champ de bataille. Une flèche pouvait être utilisée plusieurs fois par les deux camps au cours d’une bataille Elle pouvait être ramassée au sol ou extraite de corps d’ennemis ou de frères d’armes. &lt;sup id=&#34;fnref4:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de leur grande valeur, même les flèches abîmées étaient récupérées pour être ensuite réparées. Des réparations limitées étaient effectuées au cours de la chasse ou de la bataille, et des réparateurs de flèches pouvaient être affectés aux armées, ce qui permettait d’augmenter les réserves de munitions. Si la hampe d’une flèche se cassait près de la pointe (un problème courant), on pouvait rapidement fabriquer une nouvelle flèche, légèrement plus courte, en y attachant une nouvelle pointe. Même si le projectile devenait trop petit pour un archer, il pouvait toujours servir à un autre archer ayant un arc plus petit. La tribu des Hazda, en Afrique, utilisait des flèches plus longues que nécessaire, qui étaient raccourcies plusieurs fois après avoir été cassées. &lt;sup id=&#34;fnref1:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la hampe se cassait à un autre endroit, elle pouvait être réparée par une technique plus élaborée appelée « footing ». Cette technique, qui nécessitait des outils en métal, consistait à réaliser des jointures en queue de poisson. De plus, les pointes de flèches et les plumes pouvaient être réutilisées pour fabriquer de nouvelles flèches.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/tools-arrowmaker-horizontal_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Outils du fabricant de flèches. Source: Mason, Otis T. North American bows, arrows, and quivers. JM Carroll, 1893.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Outils du fabricant de flèches. Source: Mason, Otis T. North American bows, arrows, and quivers. JM Carroll, 1893. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;faire-pousser-de-la-corde-darc&#34;&gt;Faire pousser de la corde d’arc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec un arc et des flèches, on n’a toujours pas une arme complète. Il manque la corde d’arc, qui fait le lien entre les deux. Comme pour les arcs et les flèches, il est possible de fabriquer des cordes à partir de nombreux matériaux différents, et il y a toujours une source de fibres adaptée à proximité. Historiquement, la plupart des cordes d’arc étaient fabriquées à partir de fibres végétales (chanvre, lin, asclépiade, ramie, ortie) ou animales (soie, tendon, cuir brut, boyau). On peut même en fabriquer à partir de cheveux humains. Les fabricants d’arcs peuvent faire pousser leur corde en cultivant du chanvre ou du lin, qui fournit également du matériel pour renforcer les arcs et pour produire de l’huile de lin - un produit de finition traditionnel pour les arcs et les flèches. &lt;sup id=&#34;fnref:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre The Bowyer’s Bible consacre un long chapitre à la fabrication de cordes parfaitement utilisables sur le terrain, même dans les conditions les plus rudimentaires : « Arrachez une plante fibreuse du sol, arrachez une brindille d’un arbre (qui servira de fuseau) et avec cet équipement d’homme des cavernes, vous pourrez filer un fil plus fin et plus solide que si il était filé à la machine. Avec un peu d’entraînement, il faut environ une heure et demie pour filer une corde d’arc à l’aide d’un fuseau. En utilisant un rouet, on peut le faire en vingt minutes. Une fois le filage terminé, vous êtes à un quart d’heure de disposer d’une corde d’arc impeccable de la meilleure qualité ». &lt;sup id=&#34;fnref1:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs façons de transformer un fil en corde d’arc. Le « fil sans fin » est le plus facile à réaliser. Enfoncez deux clous dans une planche de bois, la distance entre eux étant égale à la longueur de corde souhaitée (un peu plus courte que l’arc lui-même). Le fil est enroulé d’avant en arrière autour des clous jusqu’à ce que vous atteigniez le nombre de brins désiré (généralement 12 à 16 brins). Les deux extrémités sont ensuite nouées ensemble, renforcées par un autre fil et formées en boucles qui peuvent être attachées aux extrémités de l’arc. Dans certaines régions, les archers utilisaient des nœuds plutôt que des boucles pour attacher la corde à l’arc, ce qui leur permettait d’ajuster la longueur de la corde. &lt;sup id=&#34;fnref2:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/bowstrings-nocks_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Cordes d’arcs fabriquées par le maître artisan Greg Anderson. Source : North Wood Traditional Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Cordes d’arcs fabriquées par le maître artisan Greg Anderson. Source : [North Wood Traditional Archery](https://www.facebook.com/profile.php?id=100067570410615). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/images/dithers/bowstring-living-longbows-facebook_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Une corde d’arc fabriquée par le maître artisan Jack Pinson, Under Warden. Irlande. Source : Living Longbows.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Une corde d’arc fabriquée par le maître artisan Jack Pinson, Under Warden. Irlande. Source : [Living Longbows](https://www.facebook.com/LivingLongbows).  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;faut-il-faire-des-armes-durables&#34;&gt;Faut-il faire des armes durables ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les arcs et flèches historiques et préhistoriques étaient entièrement fabriqués à partir de matériaux naturels et disponibles localement. Ceux-ci provenaient de plantes et d’arbres (bois, jonc, bambou, lin), d’animaux (tendons, os, plumes, colle) et de minéraux (pierres et pointes de métal). Aujourd’hui, comme il y a 10 000 ans, on peut se rendre les mains vides dans une forêt ou tout autre milieu naturel et en ressortir avec une arme opérationnelle. Même les outils nécessaires à sa fabrication se trouvent dans la nature. La fabrication est entièrement assurée par l’humain, avec l’aide occasionnelle d’un feu. Les munitions sont réutilisables, réparables et recyclables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc se poser des questions. D’abord, faut-il fabriquer des armes renouvelables ? L’utilisation des arcs et des flèches sont un exemple parfait de ce qu’on appelle aujourd’hui « &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2018/11/how-circular-is-the-circular-economy.html&#34;&gt;l’économie circulaire&lt;/a&gt; ». Au contraire, la fabrication des armes à feu modernes dépend d’une chaîne d’approvisionnement extrêmement complexe, mondialement interconnectée et interdépendante, composée de mines, d’usines, de systèmes de transport et d’énergie, de combustibles fossiles et d’éléments de l’économie tels que la finance et les technologies de la communication. Les matériaux nécessaires à la fabrication des armes à feu modernes sont rarement disponibles localement ou naturellement, et la production génère des déchets et des émissions polluantes. Il en va de même pour les arcs et les flèches modernes fabriqués en métal, en plastique et en matériaux composites synthétiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxièmement, s’il est relativement facile de fabriquer des armes mortelles, en particulier des arcs simples, pourquoi ne sommes-nous pas confrontés à des vagues de violence à l’arc comparables à celles des armes à feu ? Les armes à feu imprimées en 3D et les « armes fantômes » (armes à feu non enregistrées fabriquées à partir de pièces détachées anonymes) suscitent beaucoup d’inquiétude, mais quelle est la différence avec le fait d’entrer dans une forêt les mains vides et d’en ressortir avec une arme capable de tuer un éléphant ? De nos jours, on choisit de plus en plus des matériaux locaux. On peut fabriquer un arc avec n’importe quel matériau flexible et des pointes de flèche à partir de verre de fenêtre ou de bouteille, de composants électroniques ou de vieilles lames de scie. &lt;sup id=&#34;fnref2:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’utilisateur d’une arme à feu ne pourras jamais d’atteindre l’autosuffisance d’un archer de l’ère préindustrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisièmement, si les armes à feu modernes dépendent des combustibles fossiles et d’une chaîne d’approvisionnement mondiale, que se passera-t-il si ces conditions disparaissent ? Les armes à feu artisanales et low-tech peuvent-elles rivaliser avec les arcs longs, les arcs plats et les arcs composites ? Dans l’article suivant, j’essaie de répondre à ces questions et de présenter une proposition : « Et si nous remplacions les fusils et les balles par des arcs et des flèches ?] (&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2022/11/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows.html&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/2022/11/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows.html&lt;/a&gt;) ».&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bergman, Christopher A. « The development of the bow in Western Europe: a technological and functional perspective. » Archeological Papers of the American Anthropological Association 4.1 (1993) : 95-105. &lt;a href=&#34;https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1525/ap3a.1993.4.1.95&#34;&gt;https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1525/ap3a.1993.4.1.95&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cattelain, Pierre. « Hunting during the Upper Paleolithic: bow, spearthrower, or both?. » Projectile technology. Springer, Boston, MA, 1997. 213-240.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Meadows, John, et al. « Dating the lost arrow shafts from Stellmoor (Schleswig-Holstein, Allemagne). » (2018) : 105-114. &lt;a href=&#34;https://quartaer.obermaier-gesellschaft.de/pdfs/2018/2018_05_meadows.pdf&#34;&gt;https://quartaer.obermaier-gesellschaft.de/pdfs/2018/2018_05_meadows.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lombard, Marlize, et John J. Shea. « Did Pleistocene Africans use the spearthrower‐and‐dart?. » Evolutionary Anthropology : Issues, News, and Reviews 30.5 (2021) : 307-315&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Spear-thrower&#34;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/Spear-thrower&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Grund, Brigid Sky. « Behavioral ecology, technology, and the organization of labor: How a shift from spear thrower to self bow exacerbates social disparities. » American Anthropologist 119.1 (2017) : 104-119. &lt;a href=&#34;https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/am-pdf/10.1111/aman.12820&#34;&gt;https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/am-pdf/10.1111/aman.12820&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Deuxième partie de cet article : « &lt;a href=&#34;qelnixcor.cloud/2022/11/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows.html&#34;&gt;What if we replace guns and bullets by bows and arrows?&lt;/a&gt; ».&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Loades, Mike. War Bows: Longbow, crossbow, composite bow and Japanese yumi. Bloomsbury Publishing, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Baker, Tim. « Bows of the world ». « The Traditional Bowyer’s Bible, Volume Three. » 1994. 43-98&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.primitiveways.com/Otzi%E2%80%99s_bow.html&#34;&gt;https://www.primitiveways.com/Otzi’s_bow.html&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Roth, Erik. With a Bended Bow: Archery in Mediaeval and Renaissance Europe. The History Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hamm, Jim. « The Traditional Bowyer’s Bible, Volume Three. » 1994.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;« Archery: The Technical Side »
Edited by C. N. Hickman, Forrest Nagler &amp;amp; Paul E. Klopsteg, 1939.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Clark, J. G. D. « Neolithic bows from Somerset, England, and the prehistory of archery in north-western Europe. » Proceedings of the Prehistoric Society. Vol. 29. Cambridge University Press, 1963. Voir aussi : Comstock, Paul. « Ancient European Bows ». The Traditional Bowyers Bible (1993) : 113-154.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Prior, Stuart. « The skill of the neolithic bowyers—reassessing the past through experimental archaeology. » Somerset archaeology. Papers to mark 150 (2000) : 19-24. &lt;a href=&#34;https://www.somersetheritage.org.uk/downloads/publications/150years/HES_150_Years_Chapter_4.pdf&#34;&gt;https://www.somersetheritage.org.uk/downloads/publications/150years/HES_150_Years_Chapter_4.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hamm, Jim. « The Traditional Bowyer’s Bible, Volume One. » (1992).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Strunk, John. « Yew Longbow. » The traditional bowyer’s bible, Volume One.(1992) : 117-130&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hardcastle, Ron. « Osage Flat Bow. » The traditional bowyer’s bible, Volume One. (1992) : 131-148&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;Comstock, Paul. « Other Bow Woods ».  The traditional bowyer’s bible, Volume One. (1992) :149-164.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Wilke, Philip J. « Bow staves harvested from Juniper trees by Indians of nevada. » Journal of California and Great Basin Anthropology 10.1 (1988) : 3-31. &lt;a href=&#34;https://escholarship.org/content/qt4v5249w9/qt4v5249w9.pdf&#34;&gt;https://escholarship.org/content/qt4v5249w9/qt4v5249w9.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Clay Hayes, Traditional Bowyer’s Handbook: How to Build Wooden Bows and Arrows.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;Comstock, Pail. « Tools ». The Traditional Bowyer’s Bible, Vol. 3. Globe Pequot, 1994 : 17-42&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hamm, Jim. « Tillering ». The traditional bowyer’s bible, Volume One. (1992) : 257-287&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Randall, Karl Chandler. Origins and Comparative Performance of the Composite Bow. Diss. University of South Africa, 2016. &lt;a href=&#34;https://core.ac.uk/download/pdf/79170491.pdf&#34;&gt;https://core.ac.uk/download/pdf/79170491.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Loades, Mike. The Composite Bow. Bloomsbury Publishing, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;Balfour, Henry. « On the structure and affinities of the composite bow. » The Journal of the Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 19 (1890) : 220-250&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;Nieminen, Timo A. « The Asian war bow. » arXiv preprint arXiv:1101.1677 (2011).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hurley, Vic. Arrows against steel: the history of the bow and how it forever changed warfare. Cerberus Books, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Grayson, Bert. « Composite bows. » The Traditional Bowyers Bible, Volume Two (1993) : 113-154.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Schmidt, Jeff. « Korean archery ». The Traditional Bowyer’s Bible, Volume Three. 1994 : 99-114&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.mandarinmansion.com/article/qing-bow-glossary&#34;&gt;https://www.mandarinmansion.com/article/qing-bow-glossary&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;http://www.manchuarchery.org/content/composite-bow-care-and-maintenance&#34;&gt;http://www.manchuarchery.org/content/composite-bow-care-and-maintenance &lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:33&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hamm, Jim. « Sinew-backing ». The traditional bowyer’s bible (1992) : 213-232 Voir aussi : Comstock, Paul. « Other backings ». The traditional bowyer’s bible (1992) : 233-257&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:34&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bergman, Christopher A., and Edward McEwen. « Sinew-reinforced and composite bows. » Projectile Technology. Springer, Boston, MA, 1997. 143-160.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:35&#34;&gt;
&lt;p&gt;Allely, Steve. « Eastern Indian Bows ». The traditional bowyer’s bible volume one (1992) : 165-194 Herrin, Al. « Eastern Woodland Bows ». The traditional bowyer’s bible volume two (1993) : 51-80 Hamm, Jim. « Plains Indian Bows ». The traditional bowyer’s bible volume 3 (1994) : 115-142&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:36&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edinborough, Kevan Stephen Anthony. Evolution of bow-arrow technology. University of London, University College London (United Kingdom), 2005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:36&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:37&#34;&gt;
&lt;p&gt;Murdoch, John. « A study of the Eskimo bows in the US National Museum. » Report of the United States National Museum for the year 1884 (Pt. 2 of the Annual Report of the Board of Regents of the Smitshonian Institution for the year 1884) (1884). &lt;a href=&#34;https://repository.si.edu/bitstream/handle/10088/29824/1884_Murdoch_307-316.pdf?sequence=1&amp;amp;isAllowed=y&#34;&gt;https://repository.si.edu/bitstream/handle/10088/29824/1884_Murdoch_307-316.pdf?sequence=1&amp;amp;isAllowed=y&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:38&#34;&gt;
&lt;p&gt;Massey, Jay. « Self arrows ». The traditional bowyer’s bible, volume one (1992) : 299-320&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:39&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lotz, Mickey. « Arrows of the world ». The traditional bowyer’s bible, volume four (2008) : 213-254&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:40&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les flèches d’arc long pesaient généralement entre 70 et 90 grammes, tandis que les flèches d’arc composite pesaient entre 20 et 40 grammes. Les grands arcs composites, comme l’arc mandchou, tiraient des flèches de 100 g. &lt;sup id=&#34;fnref2:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les flèches mesuraient entre 45 et 150 cm selon la culture et les matériaux disponibles. Par exemple, les Sud-Américains utilisaient de longues flèches dans la jungle, afin de retrouver leurs flèches et de ne pas dévier la flèche dans les sous-bois. &lt;sup id=&#34;fnref8:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:40&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:40&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:41&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sadło, Maciej. « Experimental Studies in the Field of Ballistics on Different Types of Arrow Shafts. » Chronika, Volume XI (2021) : 76. &lt;a href=&#34;http://www.chronikajournal.com/resources/Chronika%20volume%2011.pdf#page=82&#34;&gt;http://www.chronikajournal.com/resources/Chronika%20volume%2011.pdf#page=82&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:41&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:42&#34;&gt;
&lt;p&gt;Waguespack, Nicole M., et al. « Making a point: wood-versus stone-tipped projectiles. » Antiquity 83.321 (2009) : 786-800&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:42&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:43&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dougherty, Martin J. The Medieval Warrior: Weapons, Technology and Fighting Techniques: AD 1000-1500. Lyons Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:44&#34;&gt;
&lt;p&gt;Baker, Tim. « Strings », The traditional bowyer’s bible volume two (1993) : 187-259&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
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      <title>Comment et pourquoi j&#39;ai arrêté d&#39;acheter de nouveaux ordinateurs portables</title>
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      <pubDate>Sun, 20 Dec 2020 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/X60-on-its-side-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Le Low-tech Magazine est maintenant rédigé et publié sur un ThinkPad X60s 2006.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image: Le Low-tech Magazine est maintenant rédigé et publié sur un ThinkPad X60s 2006. 
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En tant que journaliste indépendant – ou employé de bureau si vous préférez – j&amp;rsquo;ai toujours pensé que j&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;un ordinateur décent et que la qualité se payait. Entre 2000 et 2017, j&amp;rsquo;ai eu trois ordinateurs portables que j&amp;rsquo;ai achetés neufs, et qui m&amp;rsquo;ont coûté environ 5 000 euros au total – soit environ 300 euros par an sur toute la période. La durée de vie utile de mes trois ordinateurs atteint 5,7 ans en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, alors que je mettais &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/09/how-to-build-a-low-tech-website/&#34;&gt;mon lieu de travail&lt;/a&gt; et mon site Web hors du réseau électrique, j&amp;rsquo;ai décidé de ne plus acheter de nouveaux ordinateurs portables. À la place, je me suis acheté en ligne une machine d&amp;rsquo;occasion de 2006 pour 50 euros, qui remplit toutes mes attentes et fait tout ce dont j’ai besoin. Avec une nouvelle batterie et une simple mise à niveau matérielle, mon investissement restait sous les 150 euros. Si cet ordinateur de 2006 dure aussi longtemps que mes autres machines – s&amp;rsquo;il tourne encore 1,7 an – il ne m&amp;rsquo;aura coûté que 26 euros par an. C&amp;rsquo;est plus de 10 fois moins que mes ordinateurs précédents. Dans cet article, j&amp;rsquo;explique mes motivations pour ne pas acheter de nouveaux ordinateurs portables et comment vous pourriez faire de même.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;consommation-énergétique-et-matérielle-dun-ordinateur-portable&#34;&gt;Consommation énergétique et matérielle d&amp;rsquo;un ordinateur portable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne pas acheter de nouveaux ordinateurs portables permet de sauver beaucoup d&amp;rsquo;argent mais aussi beaucoup de ressources et d’éviter des destructions environnementales. Selon l&amp;rsquo;analyse du cycle de vie la plus récente, il faut 3 010 à 4 340 mégajoules d&amp;rsquo;énergie primaire pour fabriquer un ordinateur portable, comprenant l&amp;rsquo;extraction des matériaux, la fabrication de la machine et sa mise sur le marché. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque année, nous achetons entre 160 et 200 millions d&amp;rsquo;ordinateurs portables. En utilisant les données ci-dessus, cela signifie que la production d&amp;rsquo;ordinateurs portables nécessite une consommation d&amp;rsquo;énergie annuelle de 480 à 868 pétajoules, ce qui représente entre un quart et la moitié de toute l&amp;rsquo;énergie solaire photovoltaïque produite dans le monde en 2018 (2 023 pétajoules). &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La fabrication d&amp;rsquo;un ordinateur portable implique également une forte consommation de matière, qui comprend une grande variété de minéraux pouvant être considérés comme rares à cause de différentes contraintes : économiques, sociales, géochimiques et géopolitiques. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/06/the-monster-footprint-of-digital-technology/&#34;&gt;production de puces électroniques consomme énormément d&amp;rsquo;énergie et de matériaux&lt;/a&gt;, mais ce n&amp;rsquo;est pas le seul problème. La forte consommation de ressources des ordinateurs portables est également due au fait que leur durée de vie est très courte. Parmi les 160 à 200 millions d&amp;rsquo;ordinateurs portables vendus chaque année, la plupart sont des achats de remplacement. L&amp;rsquo;ordinateur portable moyen est remplacé tous les 3 ans en entreprise, et tous les 5 ans ailleurs. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ma moyenne de 5,7 ans par ordinateur portable n&amp;rsquo;est donc pas exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-ordinateurs-portables-ne-changent-pas&#34;&gt;Les ordinateurs portables ne changent pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;étude citée date de 2011 et fait référence à une machine fabriquée en 2001 : un Dell Inspiron 2500. Vous pouvez tout-à-fait considérer cette « état de l’art du cycle de vie d&amp;rsquo;un ordinateur portable » comme obsolète, mais il n’en est rien. Un document de recherche de 2015 a découvert que l&amp;rsquo;énergie grise des ordinateurs portables est en fait statique au fil du temps. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques ont démonté 11 ordinateurs portables de tailles similaires, fabriqués entre 1999 et 2008, puis ils ont pesé les différents composants. En outre, ils ont mesuré les dimensions de la puce en silicium de toutes les cartes mère, et de 30 cartes DRAM produites à peu près sur la même période (jusqu&amp;rsquo;en 2011). Ils ont alors constaté que la masse et la composition matérielle de tous les composants clés - batterie, carte mère, disque dur, mémoire - n&amp;rsquo;avaient pas changé de manière significative, même si les processus de fabrication sont devenus plus efficaces en termes d&amp;rsquo;utilisation d’énergie et de matériaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci s’explique simplement : des fonctionnalités accrues compensent les gains d’efficacité du processus de fabrication. La masse de la batterie, la mémoire et la masse du disque dur ont diminué par unité de fonctionnalité, mais leur total est resté à peu près constant chaque année. La même dynamique explique pourquoi la consommation d’énergie en fonctionnement des ordinateurs portables les plus récents n’a pas diminuée. Les nouveaux ordinateurs portables sont peut-être moins énergivores par puissance de calcul unitaire, mais ces gains sont compensés par une puissance de calcul totale plus élevée. C’est en informatique que &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/01/bedazzled-by-energy-efficiency/&#34;&gt;le paradoxe de Jevons&lt;/a&gt; est le plus évident.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-défi&#34;&gt;Le défi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela signifie qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a aucun avantage environnemental ou financier à remplacer un vieil ordinateur portable par un nouveau. À l’inverse, la seule chose qu&amp;rsquo;un consommateur puisse faire pour améliorer la durabilité écologique et économique de son ordinateur portable est de l&amp;rsquo;utiliser le plus longtemps possible. La maturité technologique et la puissance de calcul plus que suffisante que possèdent désormais les ordinateurs portables facilitent cette perspective. Un problème demeure, cependant. Les consommateurs qui essaient de continuer à travailler sur leurs anciennes machines s’exposent à de la frustration. J&amp;rsquo;explique brièvement mes frustrations ci-dessous et je suis plutôt sûr qu’elles sont assez répandues.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/3-laptops-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Les trois nouveaux ordinateurs portables que j&amp;amp;rsquo;ai utilisés de 2000 à 2017.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Les trois nouveaux ordinateurs portables que j&#39;ai utilisés de 2000 à 2017. 
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&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-premier-ordinateur-portable--apple-ibook-2000-2005&#34;&gt;Mon premier ordinateur portable : Apple iBook (2000-2005)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2000, alors que je travaillais en Belgique comme journaliste scientifique et technique en indépendant, j&amp;rsquo;ai acheté mon premier ordinateur portable, un Apple iBook. Un peu plus de deux ou trois ans plus tard, le chargeur a commencé à dysfonctionner. Le prix d&amp;rsquo;un chargeur neuf m’a tellement dégoûté des pratiques de vente d&amp;rsquo;Apple - les chargeurs sont très bon marché à produire, mais Apple les vend très cher - que j&amp;rsquo;ai refusé de l&amp;rsquo;acheter. Au lieu de cela, j&amp;rsquo;ai réussi à faire fonctionner mon chargeur encore quelques années, d&amp;rsquo;abord en le mettant sous le poids de livres et de meubles, et quand cela ne fonctionnait plus, en le serrant fermement avec une pince.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-deuxième-ordinateur-portable--ibm-thinkpad-r52-2005-2013&#34;&gt;Mon deuxième ordinateur portable : IBM ThinkPad R52 (2005-2013)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le chargeur a bel et bien décédé en 2005, j&amp;rsquo;ai décidé de me renseigner sur l’achat d’un nouvel ordinateur portable. Je n&amp;rsquo;avais qu&amp;rsquo;une demande : il devait avoir un chargeur qui dure, ou qui soit au moins remplacable pour pas cher. J&amp;rsquo;ai trouvé mieux que ce que j’espérais. J&amp;rsquo;ai acheté un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:R52&#34;&gt;IBM Thinkpad R52&lt;/a&gt; et ça a été le coup de foudre dès la première utilisation. Mon ordinateur portable IBM était l’inverse du MacBook d&amp;rsquo;Apple et pas seulement en matière de design (une boîte rectangulaire dispo dans toutes les couleurs tant que c’est du noir). Plus important encore, l’appareil entier a été conçu pour durer, pour être fiable et pour être réparable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/06/how-to-make-wind-power-sustainable-again/&#34;&gt;Les produits modulables et à cycle de vie circulaire sont à la mode ces jours-ci&lt;/a&gt;, mais mon IBM Thinkpad était précisément cela. Chaque composant de l’ordinateur portable pouvait être dévissé et remplacé, le boîtier robuste (avec des charnières en acier) était suffisamment grand pour permettre de sérieuses mises à niveau et possédait tous les connecteurs imaginables. Ma machine de 2005 fonctionne encore aujourd’hui et je suis convaincu qu’elle pourrait continuer encore 500 ans en étant bien entretenue. Comme une éolienne pré-industrielle, sa durée de vie pourrait être prolongée à l’infini en réparant et remplaçant progressivement chaque pièce qui la compose. La question n’est pas de savoir comment nous pouvons évoluer vers une économie circulaire, mais plutôt pourquoi nous continuons à nous en éloigner.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question n&amp;rsquo;est pas de savoir comment nous pouvons évoluer vers une économie circulaire, mais plutôt pourquoi nous continuons à nous en éloigner.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J’ai payé mon Thinkpad plus cher que mon iBook, mais au moins j&amp;rsquo;ai dépensé tout cet argent pour un ordinateur décent et pas juste un beau design. Le chargeur ne m&amp;rsquo;a pas posé de problème et lorsque j’ai dû en acheter un nouveau après l’avoir perdu en voyage, j&amp;rsquo;ai pu le faire à un prix raisonnable. Je ne me doutais pas que mon heureux achat allait devenir une expérience unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/Thinkpad-r52-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : IBM ThinkPad R52 de 2005.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : IBM ThinkPad R52 de 2005. 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-troisième-ordinateur-portable--lenovo-thinkpad-t430-2013-2017&#34;&gt;Mon troisième ordinateur portable : Lenovo Thinkpad T430 (2013-2017)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avance rapide jusqu’en 2013. Je vis maintenant en Espagne et je dirige Lowtech Magazine. Je travaille toujours sur mon IBM Thinkpad R52, mais il y a quelques problèmes à l’horizon. Tout d’abord, Microsoft va bientôt m’obliger à mettre à jour mon système d’exploitation (OS : operating system), car le support de Windows XP doit prendre fin en 2014. Je n’ai pas envie de dépenser plusieurs centaines d’euros pour un nouveau système d’exploitation qui serait de toute façon trop exigeant pour mon vieil ordinateur. De plus, l’ordinateur portable était devenu un peu lent, même après l’avoir été restauré à ses paramètres d’usine. Bref, je suis tombé dans le piège des industries matérielles et logicielles : j’ai considéré à tort avoir besoin d’un nouvel ordinateur portable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant tant aimé mon Thinkpad, il était logique d&amp;rsquo;en acheter un nouveau. Voici le problème : en 2005, peu de temps après avoir acheté mon premier Thinkpad, Lenovo, un fabricant d&amp;rsquo;ordinateurs chinois aujourd&amp;rsquo;hui le plus grand au monde, a racheté l&amp;rsquo;activité PC d&amp;rsquo;IBM. Les entreprises chinoises n&amp;rsquo;avaient pas la réputation de fabriquer des produits de qualité, surtout à l&amp;rsquo;époque. Cependant, comme Lenovo vendait toujours des Thinkpad qui semblaient presque identiques à ceux construits par IBM, j&amp;rsquo;ai décidé de tenter ma chance pour un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:T430&#34;&gt;Lenovo Thinkpad T430&lt;/a&gt; en Avril 2013. Je l’ai pris au prix fort, en supposant que la qualité se payait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai assez vite constaté mon erreur. J&amp;rsquo;ai dû renvoyer deux fois l’appareil pour cause de boîtier déformé. Quand j&amp;rsquo;en ai eu un qui soit enfin à peu près correct, je me suis rapidement heurté à un autre problème : les touches du clavier ont commencé à se casser. Je me souviens encore de mon incrédulité la première fois. L&amp;rsquo;IBM Thinkpad était connu pour son clavier robuste. Pour le casser, il faut un marteau. Lenovo n&amp;rsquo;a évidemment pas trouvé cela si important et l’a discrètement remplacé par une version moins chère. Remarquez, il se peut que mon style de frappe soit agressif, mais je n&amp;rsquo;avais jamais cassé aucun clavier auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai commandé machinalement une touche de remplacement pour 15 euros. Dans les mois qui ont suivi, le remplacement des touches est devenu une dépense récurrente. Après avoir dépensé plus de 100 euros pour des touches en plastique, qui allaient bientôt casser de nouveau, j’ai calculé que mon clavier avait 90 touches et que les remplacer toutes une fois me coûterait 1 350 euros. J’ai complètement arrêté d’utiliser le clavier, prenant un clavier externe comme solution temporaire. Ce n’était cependant pas pratique, en particulier pour travailler hors de chez soi – et pourquoi utiliser un ordinateur
portable dans ce cas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème était insoluble : j&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;un nouvel ordinateur portable. Encore. Mais lequel ? Bien sûr, ce ne serait pas un produit fabriqué par Lenovo ou Apple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/broken-keyboard-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Remplacer toutes les touches de mon Lenovo T430 m&amp;amp;rsquo;aurait coûté 1 350 euros.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image: Remplacer toutes les touches de mon Lenovo T430 m&#39;aurait coûté 1 350 euros. 
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&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-quatrième-ordinateur-portable--ibm-thinkpad-x60s-2017-maintenant&#34;&gt;Mon quatrième ordinateur portable : IBM Thinkpad X60s (2017-maintenant)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne trouvant pas ce que je cherchais, j&amp;rsquo;ai décidé de remonter dans le temps. Je me suis rendu compte que, jusqu’à maintenant, les nouveaux ordinateurs portables sont de qualité inférieure par rapport aux anciens, même à un prix beaucoup plus haut. J&amp;rsquo;ai découvert que Lenovo avait changé de clavier vers 2011 et j&amp;rsquo;ai commencé à rechercher sur des sites d&amp;rsquo;enchères des Thinkpad construits avant cette date. J&amp;rsquo;aurais pu revenir à mon ThinkPad R52 de 2005, mais je m&amp;rsquo;étais habitué à un clavier espagnol et le R52 avait un clavier belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2017, j&amp;rsquo;ai opté pour un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:X60s&#34;&gt;Thinkpad X60s&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;occasion de 2006. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En décembre 2020, la machine fonctionnait depuis près de 4 ans et fêtait ses 14 ans – trois à cinq fois plus vieux que l&amp;rsquo;ordinateur portable moyen. Même si j&amp;rsquo;ai aimé mon Thinkpad R52 de 2005, j&amp;rsquo;ai littéralement adoré mon Thinkpad X60s de 2006. Il est tout aussi robuste – il a déjà survécu à une chute sur du béton depuis une table – tout en étant beaucoup plus petit et léger : 1,43 kg contre 3,2 kg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Thinkpad X60s 2006 fait tout ce que je veux qu&amp;rsquo;il fasse. Je l&amp;rsquo;utilise pour écrire des articles, faire des recherches et maintenir les sites Web. Je l&amp;rsquo;ai également utilisé sur scène pour donner des conférences, projetant des images sur un grand écran. Il ne manque qu&amp;rsquo;une chose sur cet appareil, surtout de nos jours : une webcam. Je contourne ce problème en allumant mon ordinateur maudit de 2013 avec ses touches cassées chaque fois que j&amp;rsquo;en ai besoin, heureux de le rentabiliser pour un usage n&amp;rsquo;impliquant pas son clavier. Je pourrai aussi passer au &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:X200&#34;&gt;Thinkpad X200&lt;/a&gt; de 2008, une version plus récente du même modèle qui dispose d&amp;rsquo;une webcam.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/thinkpad-x60s-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Mon ThinkPad X60s.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Mon ThinkPad X60s. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-faire-remettre-à-neuf-votre-vieil-ordinateur&#34;&gt;Comment faire remettre à neuf votre vieil ordinateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne plus acheter d’ordinateur neuf n&amp;rsquo;est pas aussi simple que d&amp;rsquo;acheter un ordinateur d&amp;rsquo;occasion. Il est conseillé de mettre à niveau le matériel et il est essentiel de rétrograder le système d’exploitation (O.S.). Il faut donc faire deux choses :&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;1-utilisez-un-os-à-faible-consommation-dénergie&#34;&gt;1. Utilisez un O.S. à faible consommation d&amp;rsquo;énergie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon ordinateur portable fonctionne sur &lt;a href=&#34;https://www.linuxliteos.com&#34;&gt;Linux Lite&lt;/a&gt;, l&amp;rsquo;un des nombreux systèmes d&amp;rsquo;exploitation open source &lt;a href=&#34;https://lotoftech.com/10-best-lightweight-operating-system-for-old-computers/&#34;&gt;spécialement conçus pour fonctionner sur de vieux ordinateurs&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;un O.S. Linux n&amp;rsquo;est pas vraiment facultative. Il n&amp;rsquo;y a aucun moyen de faire revivre un vieil ordinateur portable sous Microsoft Windows ou Apple OS : la machine se figerait instantanément. Linux Lite n&amp;rsquo;a pas les visuels flashy des dernières interfaces Apple et Windows, mais son interface graphique est ergonomique et a l&amp;rsquo;air tout sauf obsolète. Il prend très peu de place sur le disque dur et demande encore moins de puissance de calcul. En fin de compte, un vieil ordinateur portable fonctionne sans problème, malgré ses spécifications limitées. J&amp;rsquo;utilise également des navigateurs légers : &lt;a href=&#34;https://vivaldi.com&#34;&gt;Vivaldi&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#34;https://astian.org/en/midori-browser/&#34;&gt;Midori&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant utilisé Microsoft Windows pendant longtemps, je trouve que les systèmes d&amp;rsquo;exploitation Linux sont remarquablement meilleurs, d&amp;rsquo;autant plus qu&amp;rsquo;ils sont gratuits à télécharger et à installer. De plus, les O.S. Linux ne volent pas vos données personnelles et n&amp;rsquo;essaient pas de vous enfermer dans leur écosystème, contrairement aux O.S. les plus récents d&amp;rsquo;Apple et Microsoft. Cela dit, même avec Linux, l&amp;rsquo;obsolescence n&amp;rsquo;est pas à exclure. Par exemple, Linux Lite arrêtera sa prise en charge des ordinateurs 32 bits en 2021, ce qui signifie que je devrai bientôt chercher un système d&amp;rsquo;exploitation alternatif, ou acheter un ordinateur portable 64 bits légèrement plus récent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;2-remplacez-le-disque-dur-par-un-disque-ssd&#34;&gt;2. Remplacez le disque dur par un disque SSD&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces dernières années, les disques à semi-conducteurs (SSD) sont devenus faciles à trouver et abordables, et ils sont beaucoup plus rapides que les disques durs classiques (HDD). Bien qu’il soit possible de faire revivre un vieil ordinateur en passant simplement à un système d&amp;rsquo;exploitation plus léger, remplacer en plus le disque dur par un SSD rendra la machine aussi rapide qu&amp;rsquo;une version récente. Dépendamment de la capacité de stockage visée, un SSD vous coûtera entre 20 euros (120 Go) et 100 euros (960 Go).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’installation est assez simple et plutôt bien documentée en ligne. Les disques SSD sont silencieux et sont plus résistants aux chocs physiques, mais ils ont une espérance de vie plus courte que les disques durs classiques. Le mien fonctionne maintenant depuis presque 4 ans. Il semble que d’un point de vue environnemental et financier, un vieil ordinateur portable avec SSD soit un bien meilleur choix que l‘achat d’un nouveau, quand bien même le SSD devrait être remplacé de temps à autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;ordinateurs-portables-de-rechange&#34;&gt;Ordinateurs portables de rechange&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, ma stratégie a évolué. J&amp;rsquo;ai acheté deux modèles identiques à un prix similaire, en 2018 et début 2020, pour les utiliser comme ordinateurs portables de rechange. J&amp;rsquo;ai maintenant l&amp;rsquo;intention de continuer à travailler sur ces machines aussi longtemps que possible, disposant de plus qu’assez
de pièces de rechange. Mon ordinateur, depuis que je l&amp;rsquo;ai acheté, a eu deux problèmes techniques. Après environ un an d&amp;rsquo;utilisation, le ventilateur ne marchait plus. Je l&amp;rsquo;ai fait réparer la nuit même dans un petit magasin chinois d’informatique assez bordélique, à Anvers en Belgique. Il m’a dit que mon ventilateur bricolé fonctionnerait encore six mois, mais il fonctionne toujours plus de deux ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, l&amp;rsquo;année dernière, la batterie de mon X60s a soudainement refusée de se charger, un problème que j’avais aussi rencontré avec mon ordinateur maudit de 2013. Cela semble être un problème courant avec les Thinkpad, mais que je n&amp;rsquo;ai pas encore pu résoudre. Je n’étais pas non plus obligé de la changer car j&amp;rsquo;avais un ordinateur de rechange disponible que j’ai commencé à utiliser dès que nécessaire ou quand je voulais travailler à l’extérieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/spare-laptops-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Trois ordinateurs portables de 2006 identiques, tous en état de marche, pour moins de 200 euros.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Trois ordinateurs portables de 2006 identiques, tous en état de marche, pour moins de 200 euros. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/thinkpad-inside_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: À l&amp;amp;rsquo;intérieur des Thinkpad X60s. Source : Manuel de maintenance du matériel.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: À l&#39;intérieur des Thinkpad X60s. Source : [Manuel de maintenance du matériel](https://download.lenovo.com/ibmdl/pub/pc/pccbbs/mobiles_pdf/42x3550_04.pdf). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;ma-miraculeuse-carte-sd&#34;&gt;Ma miraculeuse carte SD&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant temps que je vous présente ma miraculeuse carte SD, qui est une autre mise à niveau matérielle facilitant l&amp;rsquo;utilisation de vieux (mais aussi de nouveaux) ordinateurs portables. De nombreuses personnes stockent leurs documents personnels sur le disque dur de leur ordinateur, puis effectuent si tout va bien des sauvegardes sur des supports de stockage externes. Je fais l’inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai toutes mes données sur une carte SD de 128 Go, que je peux brancher sur n&amp;rsquo;importe lequel des Thinkpad que je possède. Je fais ensuite des sauvegardes mensuelles de la carte SD, que je stocke sur un support externe, ainsi que des sauvegardes régulières des documents sur lesquels je travaille, que je stocke temporairement sur le disque de l&amp;rsquo;ordinateur en question. Cela s&amp;rsquo;est avéré très fiable, du moins pour moi : je ne perdais plus de documents suite à des problèmes informatiques ou de sauvegardes insuffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autre avantage est que je peux travailler sur n&amp;rsquo;importe quel ordinateur et que je ne suis pas dépendant d&amp;rsquo;une machine en particulier pour accéder à mon travail. Vous avez les mêmes avantages lorsque vous stockez toutes vos données sur le cloud, mais la carte SD est &lt;a href=&#34;&#34;&gt;l&amp;rsquo;option la plus durable&lt;/a&gt; et fonctionne sans accès à Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En théorie, je pourrais avoir jusqu&amp;rsquo;à deux pannes de disque dur en une journée et continuer à travailler comme si de rien n&amp;rsquo;était. Étant donné que j&amp;rsquo;utilise maintenant les deux ordinateurs portables en alternance - l&amp;rsquo;un avec batterie, l&amp;rsquo;autre sans - je peux également les laisser à deux endroits différents et me déplacer en vélo entre ces deux endroits, en transportant seulement la carte SD dans mon portefeuille. Je vous met au défi de faire pareil avec votre nouvel ordinateur portable dernier cri. Je peux également utiliser mes deux ordinateurs portables ensemble si j&amp;rsquo;ai besoin d&amp;rsquo;un écran supplémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En combinaison avec un disque dur, la carte SD augmente également les performances d&amp;rsquo;un vieil ordinateur portable et peut être une alternative à l&amp;rsquo;installation d&amp;rsquo;un disque SSD. Mon ordinateur de rechange n&amp;rsquo;en a pas et fonctionne au ralenti si je navigue sur des sites internet trop lourds. Cependant, grâce à la carte SD, ouvrir un plan ou un document se fait presque instantanément, tout comme le faire défiler ou l’enregistrer. La carte SD permet également au disque dur système de fonctionner correctement, car il est presque vide. Je ne sais pas à quel point il est facile d’utiliser une carte SD sur d&amp;rsquo;autres ordinateurs portables, en tout cas tous mes Thinkpad ont un lecteur SD.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-coûts&#34;&gt;Les coûts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Faisons un calcul complet des coûts, incluant les ordinateurs portables de rechange et la carte SD au prix d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, ceux-ci étant devenus beaucoup moins chers depuis que je les ai achetés :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;ThinkPad X60s : 50 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Ordinateur portable de rechange ThinkPad X60s : 60 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Ordinateur portable de rechange ThinkPad X60 : 75 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Deux piles de remplacement : 50 euro&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Disque SSD 240 Go : 30 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Carte SD 128 Go : 20 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Total : 285 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Même si vous achetez tout cela, ça ne vous coutera que 285 euros. Pour ce prix, vous pourrez peut-être acheter le nouvel ordinateur portable le plus bas de gamme du marché, mais il n’inclura pas deux machines de rechange. Si vous réussissez à travailler avec pendant dix ans, le coût total sera de
28,5 euros par an. Vous devrez peut-être remplacer quelques disques SSD et cartes SD, mais cela ne fera pas beaucoup de différence. Vous éviterez de plus les impacts écologiques dus au renouvellement d’un ordinateur portable tous les 5 à 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/spare-laptops-2-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: J’ai assez d’ordinateurs portables pour les quelques prochaines années.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: J’ai assez d’ordinateurs portables pour les quelques prochaines années. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;ne-poussez-pas-la-logique-trop-loin&#34;&gt;Ne poussez pas la logique trop loin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que j&amp;rsquo;aie utilisé mon Thinkpad X60s comme exemple, la même stratégie fonctionne avec d&amp;rsquo;autres modèles Thinkpad - [voici un aperçu de tous les modèles historiques] (&lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/ThinkPad_History&#34;&gt;http://www.thinkwiki.org/wiki/ThinkPad_History&lt;/a&gt;) - et les ordinateurs portables d&amp;rsquo;autres marques (que je ne connais pas). Si vous préférez ne pas acheter sur des sites d&amp;rsquo;enchères, vous pouvez vous rendre au magasin d’occasions le plus proche pour acheter un ordinateur portable de seconde main avec garantie. Il y a de fortes chances que vous n&amp;rsquo;ayez même pas besoin d&amp;rsquo;acheter quoi que ce soit, car beaucoup de gens ont de vieux ordinateurs portables qui traînent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n&amp;rsquo;est pas nécessaire de revenir à une machine de 2006. J&amp;rsquo;espère qu&amp;rsquo;il est clair que ce que je présente ici est une expérimentation, où j’ai essayé d’aller le plus loin que possible tout en gardant un minimum de praticité. Mon premier essai était un ThinkPad X30 d&amp;rsquo;occasion de 2002, mais c&amp;rsquo;était un poil trop extrême. Il utilise un type de chargeur différent, n&amp;rsquo;a pas de lecteur SD et je n&amp;rsquo;ai pas pu me connecter au Wi-Fi. Pour de nombreuses personnes, il peut être souhaitable de choisir un ordinateur portable un peu plus récent. Vous aurez alors une webcam et une architecture 64 bits, ce qui facilite les choses. Bien sûr, vous pouvez aussi essayer de me battre et retourner dans les années 1990, mais vous devrez alors vous passer d&amp;rsquo;USB et de Wi-Fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre choix d&amp;rsquo;ordinateur portable dépend aussi de ce que vous voulez en faire. Si vous l&amp;rsquo;utilisez principalement pour écrire, surfer sur le Web, communiquer et vous divertir, vous pouvez le faire pour aussi peu cher que moi. Si vous faites des travaux graphiques ou audiovisuels, c&amp;rsquo;est plus compliqué, car dans ce cas, vous utilisez probablement Apple. La même stratégie pourrait être appliquée sur un ordinateur portable un peu plus récent et plus cher, mais cela impliquerait de passer d&amp;rsquo;un O.S. Mac à un Linux. En ce qui concerne les applications bureautiques, Linux est clairement meilleur que ses alternatives commerciales. Par manque d&amp;rsquo;expérience, je ne sais pas si c’est aussi vrai pour d&amp;rsquo;autres logiciels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;ceci-est-un-hack-pas-un-nouveau-modèle-économique&#34;&gt;Ceci est un hack, pas un nouveau modèle économique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que le capitalisme puisse nous alimenter en ordinateurs usagés pour les décennies à venir, la stratégie décrite ici doit être vue comme un astuce et non comme un modèle économique. C&amp;rsquo;est une façon de limiter - ou de sortir – d’un système économique qui essaie de nous forcer, vous et moi, à consommer le plus possible. C&amp;rsquo;est une tentative pour casser ce système, sans être une solution en soi pour autant. Il nous faut changer de modèle économique pour pouvoir fabriquer tous les ordinateurs portables à l’image des Thinkpad pré-2011. Les ventes d&amp;rsquo;ordinateurs portables diminueraient en conséquence, mais c&amp;rsquo;est précisément ce qu’il nous faut. De plus, avec l’efficacité de calcul dont on dispose maintenant, la consommation d&amp;rsquo;énergie grise et de fonctionnement d&amp;rsquo;un ordinateur portable pourraient être considérablement réduites si on arrêtait la course vers toujours plus de fonctionnalités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mises à niveau matérielles et logicielles entraînent, de manière très significative, une obsolescence rapide des ordinateurs, la partie logicielle étant désormais prépondérante. Un ordinateur vieux de 15 ans possède tout le matériel dont vous pourriez avoir besoin, mais il n&amp;rsquo;est pas compatible avec les logiciels (commerciaux) les plus récents. C’est vrai pour les systèmes d&amp;rsquo;exploitation et les logiciels en tout genre, des jeux jusqu’aux applications bureautiques, en passant par les sites Web. Ainsi, dans l’optique de rendre plus durable l&amp;rsquo;utilisation d’ordinateurs, les fabriquants de logiciel devraient commencer par rendre leurs nouvelles versions plus légères et non pas plus lourdes. Plus le logiciel sera léger, plus nos ordinateurs portables dureront longtemps et moins on aura besoin d&amp;rsquo;énergie pour les fabriquer et les utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images: Jordi Manrique Corominas, Adriana Parra, Roel Roscam Abbing&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Deng, Liqiu, Callie W. Babbitt, and Eric D. Williams. &amp;ldquo;Economic-balance hybrid LCA extended with uncertainty analysis: case study of a laptop computer.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 19.11 (2011): 1198-1206. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652611000801&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652611000801&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;International Renewable Energy Agency (IRENA). &lt;a href=&#34;https://www.irena.org/solar&#34;&gt;https://www.irena.org/solar&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;André, Hampus, Maria Ljunggren Söderman, and Anders Nordelöf. &amp;ldquo;Resource and environmental impacts of using second-hand laptop computers: A case study of commercial reuse.&amp;rdquo; Waste Management 88 (2019): 268-279. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0956053X19301825&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0956053X19301825&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bihouix, Philippe. The Age of Low Tech: Towards a Technologically Sustainable Civilization. Policy Press, 2020. &lt;a href=&#34;https://bristoluniversitypress.co.uk/the-age-of-low-tech&#34;&gt;https://bristoluniversitypress.co.uk/the-age-of-low-tech&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kasulaitis, Barbara V., et al. &amp;ldquo;Evolving materials, attributes, and functionality in consumer electronics: Case study of laptop computers.&amp;rdquo; Resources, conservation and recycling 100 (2015): 1-10. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344915000683&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344915000683&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lenovo a repris l&amp;rsquo;activité PC d&amp;rsquo;IBM en 2005 et, à proprement parler, j&amp;rsquo;ai acheté un Lenovo Thinkpad X60s. Cependant, le matériel n&amp;rsquo;avait pas encore changé et l&amp;rsquo;ordinateur porte juste la nouvelle marque et le logo IBM. Mon ordinateur portable de rechange, un modèle presque identique de la même année (X60 au lieu de X60s), n&amp;rsquo;a aucune référence à Lenovo.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
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