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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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      <title>Aveuglés par l&#39;efficacité énergétique</title>
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      <pubDate>Tue, 09 Jan 2018 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/01/bedazzled-by-energy-efficiency/images/dithers/bedazzled-by-energy-efficiency_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se concentrer sur l&amp;rsquo;efficacité energétique, c&amp;rsquo;est rendre indiscutables nos modes de vie actuels. Pourtant, changer nos modes de vie est essentiel pour atténuer le changement climatique et réduire notre dépendance aux énergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;politiques-defficacité-énergétique&#34;&gt;Politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;efficacité énergétique est une pierre angulaire des politiques visant à réduire les émissions de carbone et la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles dans le monde industrialisé. L&amp;rsquo;Union européenne (UE) s&amp;rsquo;est par exemple fixé comme objectif de réaliser 20 % d&amp;rsquo;économies d&amp;rsquo;énergie grâce à des améliorations sur le plan de l&amp;rsquo;efficacité énergétique d&amp;rsquo;ici 2020, et 30 % d&amp;rsquo;ici 2030. Les mesures de l&amp;rsquo;UE visant à atteindre ces objectifs de l&amp;rsquo;UE comprennent des certificats d&amp;rsquo;efficacité énergétique obligatoires pour les bâtiments, des normes minimales d&amp;rsquo;efficacité énergétique et l&amp;rsquo;étiquetage de divers produits tels que les chaudières, les appareils ménagers, l&amp;rsquo;éclairage et les téléviseurs, et des normes de performance en matière d&amp;rsquo;émissions pour les voitures. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;UE a la politique d&amp;rsquo;efficacité énergétique la plus progressiste du monde, mais des mesures similaires sont maintenant appliquées dans de nombreux autres pays industrialisés, dont la Chine. A l&amp;rsquo;échelle mondiale, l&amp;rsquo;Agence internationale de l&amp;rsquo;énergie (AIE) affirme que &amp;quot; l&amp;rsquo;efficacité énergétique est la clé pour assurer un système énergétique sûr, fiable, abordable et durable pour l&amp;rsquo;avenir &amp;ldquo;. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En 2011, l&amp;rsquo;organisation a lancé son &lt;em&gt;scénario 450&lt;/em&gt;, qui vise à limiter la concentration de CO2 dans l&amp;rsquo;atmosphère à 450 parties par million. L&amp;rsquo;amélioration de l&amp;rsquo;efficacité énergétique représente 71 % des réductions de carbone prévues d&amp;rsquo;ici 2020 et 48 % d&amp;rsquo;ici 2035. &lt;sup id=&#34;fnref1:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;pour-quels-résultats&#34;&gt;Pour quels résultats?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;amélioration de l&amp;rsquo;efficacité énergétique entraîne-t-elle réellement des économies d&amp;rsquo;énergie ? A première vue, les avantages de l&amp;rsquo;efficacité semblent impressionnants. Par exemple, l&amp;rsquo;efficacité énergétique d&amp;rsquo;une gamme d&amp;rsquo;appareils domestiques couverts par les directives européennes s&amp;rsquo;est considérablement améliorée au cours des 15 dernières années. Entre 1998 et 2012, l&amp;rsquo;efficacité énergétique des réfrigérateurs et congélateurs a augmenté de 75 %, celle des lave-linge de 63 %, celle des sèche-linge de 72 % et celle des lave-vaisselle de 50 %. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la consommation d&amp;rsquo;énergie dans l&amp;rsquo;UE-28 en 2015 n&amp;rsquo;était que légèrement inférieure à celle de 2000 (1 627 Mtep contre 1 730 Mtep &amp;ndash; &lt;em&gt;Million de tonnes équivalent pétrole&lt;/em&gt;). En outre, plusieurs autres facteurs peuvent expliquer la baisse (limitée) de la consommation d&amp;rsquo;énergie, comme la crise économique de 2007. En effet, après des décennies de croissance continue, la consommation d&amp;rsquo;énergie dans l&amp;rsquo;UE a légèrement diminué entre 2007 et 2014, avant de remonter en 2015 et 2016, lorsque la croissance économique a repris. &lt;sup id=&#34;fnref1:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial, la consommation d&amp;rsquo;énergie continue d&amp;rsquo;augmenter à un taux moyen de 2,4 % par an. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; C&amp;rsquo;est le double du taux de croissance de la population, alors que près de la moitié de la population mondiale n&amp;rsquo;a qu&amp;rsquo;un accès limité ou nul aux sources d&amp;rsquo;énergie modernes. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans les pays industrialisés (OCDE), la consommation d&amp;rsquo;énergie par habitant a doublé entre 1960 et 2007. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;leffet-rebond&#34;&gt;L&amp;rsquo;effet rebond?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les progrès de l&amp;rsquo;efficacité énergétique n&amp;rsquo;entraînent-ils pas une réduction de la demande d&amp;rsquo;énergie ? La plupart des critiques se concentrent sur ce que l&amp;rsquo;on appelle l&amp;rsquo; &amp;ldquo;effet rebond&amp;rdquo;, qui est décrit depuis le XIXe siècle. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; [L&amp;rsquo;effet rebond est aussi appelé paradoxe de Jevons, du nom de l&amp;rsquo;économiste britannique qui l&amp;rsquo;a décrit pour la première fois à propos de l&amp;rsquo;augmentation de la consommation de charbon qu&amp;rsquo;a entrainé la machine à vapeur de Watt. NdT] L&amp;rsquo;effet rebond, c&amp;rsquo;est le fait que les améliorations de l&amp;rsquo;efficacité énergétique encouragent souvent une plus grande utilisation des services que l&amp;rsquo;énergie contribue à fournir [plutôt qu&amp;rsquo;elles ne permettent une moindre utilisation de la ressource energétique, NdT]. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, les progrès de l&amp;rsquo;éclairage à semi-conducteurs (DEL), qui est six fois plus efficace que l&amp;rsquo;éclairage à incandescence à l&amp;rsquo;ancienne, n&amp;rsquo;ont pas entraîné une diminution de la demande d&amp;rsquo;énergie pour l&amp;rsquo;éclairage [8]. Au lieu de cela, il en a résulté six fois plus de lumière. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cas, les effets de rebond peuvent être suffisamment importants pour entraîner une augmentation globale de la consommation d&amp;rsquo;énergie. Par exemple, l&amp;rsquo;amélioration de l&amp;rsquo;efficacité des puces électroniques a accéléré l&amp;rsquo;utilisation des ordinateurs, dont la consommation totale d&amp;rsquo;énergie dépasse maintenant celle des ordinateurs des générations précédentes, qui avaient des puces moins efficaces &lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Les progrès de l&amp;rsquo;efficacité énergétique dans une catégorie de produits peuvent également entraîner une augmentation de la consommation d&amp;rsquo;énergie dans d&amp;rsquo;autres catégories de produits ou la création d&amp;rsquo;une catégorie de produits entièrement nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les écrans à DEL sont plus efficaces que les écrans LCD et pourraient donc réduire la consommation d&amp;rsquo;énergie des téléviseurs. Cependant, ils ont aussi mené à l&amp;rsquo;arrivée des panneaux d&amp;rsquo;affichage numériques, qui sont d&amp;rsquo;énormes consommateurs d&amp;rsquo;énergie malgré l&amp;rsquo;efficacité énergétique de leurs composants. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Enfin, l&amp;rsquo;argent économisé grâce à l&amp;rsquo;amélioration de l&amp;rsquo;efficacité énergétique peut également être consacré à d&amp;rsquo;autres biens et services énergivores, ce que l&amp;rsquo;on appelle généralement un effet de rebond indirect.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;au-delà-de-leffet-rebond&#34;&gt;Au delà de l&amp;rsquo;effet rebond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les effets de rebond sont ignorés par l&amp;rsquo;UE et l&amp;rsquo;AIE, ce qui pourrait expliquer en partie pourquoi les résultats sont inférieurs aux projections. Parmi les universitaires, l&amp;rsquo;ampleur de l&amp;rsquo;effet de rebond fait l&amp;rsquo;objet de vifs débats. Alors que certains affirment que &amp;quot; les effets de rebond compensent souvent, voire éliminent, les économies d&amp;rsquo;énergie résultant d&amp;rsquo;une meilleure efficacité &amp;ldquo;&lt;sup id=&#34;fnref2:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, d&amp;rsquo;autres soutiennent que les effets de rebond &amp;ldquo;sont devenus une distraction&amp;rdquo; parce qu&amp;rsquo;ils sont relativement faibles: &amp;quot; les réactions comportementales diminuent de 5 à 30 % des économies d&amp;rsquo;énergie prévues, sans dépasser 60 % lorsque combinées aux effets macro-économiques &amp;ndash; l&amp;rsquo;efficacité énergétique permet donc bien d&amp;rsquo;économiser de l&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui minimisent les effets de rebond attribuent le manque de résultats au fait que nous n&amp;rsquo;essayons pas assez sérieusement: &amp;ldquo;de nombreuses opportunités pour améliorer l&amp;rsquo;efficacité énergétique sont encore perdues&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; D&amp;rsquo;autres se focalisent sur l&amp;rsquo;amélioration des politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique. L&amp;rsquo;une des réponses consiste à suggérer que le cadre de référence soit élargi et que les analystes devraient tenir compte de l&amp;rsquo;efficacité non pas de produits individuels, mais de systèmes ou de sociétés entières. De ce point de vue, l&amp;rsquo;efficacité énergétique n&amp;rsquo;est pas conçue de manière suffisamment globale et n&amp;rsquo;est pas suffisamment contextualisée. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, quelques critiques vont un peu plus loin. Selon eux, les insuffisances des politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique ne peuvent pas être corrigées. Le problème de l&amp;rsquo;efficacité énergétique, selon eux, est qu&amp;rsquo;elle légitime et reproduit des modes de vie qui ne sont pas durables à long terme. &lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-univers-parallèle&#34;&gt;Un univers parallèle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les effets de rebond sont souvent présentés comme des conséquences &amp;quot; involontaires &amp;ldquo;, mais ils sont le résultat logique de l&amp;rsquo;abstraction nécessaire pour définir et mesurer l&amp;rsquo;efficacité énergétique. Selon Loren Lutzenhiser, chercheur à la Portland State University aux États-Unis, les politique d&amp;rsquo;efficacité énergétique sont si éloignées des dynamiques quotidiennes de la consommation énergétique qu&amp;rsquo;elles opèrent dans un &amp;ldquo;univers parallèle&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref1:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans un article plus récent, &lt;a href=&#34;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2017.1361746&#34;&gt;&lt;em&gt;What is wrong with energy efficiency?&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, la chercheuse britannique Elizabeth Shove démêle cet &amp;ldquo;univers parallèle&amp;rdquo; et conclut que les politiques d&amp;rsquo;efficacité sont &amp;ldquo;contre-productives&amp;rdquo; et constituent &amp;ldquo;une partie du problème&amp;rdquo; &lt;sup id=&#34;fnref2:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Selon certains chercheurs les politiques d&amp;rsquo;efficacité sont &amp;ldquo;contre-productives&amp;rdquo; et constituent &amp;ldquo;une partie du problème&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tout d&amp;rsquo;abord, l&amp;rsquo;univers parallèle de l&amp;rsquo;efficacité énergétique interprète les &amp;ldquo;économies d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; d&amp;rsquo;une manière particulière. Lorsque l&amp;rsquo;UE déclare qu&amp;rsquo;elle réalisera 20% d&amp;rsquo;&amp;ldquo;économies d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; d&amp;rsquo;ici 2020, les &amp;ldquo;économies d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; ne sont pas définies comme une réduction de la consommation réelle d&amp;rsquo;énergie par rapport aux chiffres actuels ou historiques. En effet, une telle définition montrerait que l&amp;rsquo;efficacité énergétique ne réduit pas du tout la consommation d&amp;rsquo;énergie. Au lieu de cela, les &amp;ldquo;économies d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; sont définies comme des réductions par rapport à la consommation d&amp;rsquo;énergie prévue en 2020. Ces réductions sont mesurées en quantifiant &amp;ldquo;l&amp;rsquo;énergie évitée&amp;rdquo; - les ressources énergétiques non utilisées en raison des progrès de l&amp;rsquo;efficacité énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si les &amp;ldquo;économies d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; projetées devaient être pleinement réalisées, elles n&amp;rsquo;entraîneraient pas une réduction absolue de la demande énergétique. L&amp;rsquo;UE affirme que les progrès en matière d&amp;rsquo;efficacité énergétique seront &amp;ldquo;à peu près équivalents à la fermeture de 400 centrales électriques&amp;rdquo;, mais en réalité, aucune centrale ne sera fermée en 2020 en raison des progrès de l&amp;rsquo;efficacité énergétique. Au lieu de cela, le raisonnement est que l&amp;rsquo;Europe devrait construire 400 centrales électriques supplémentaires d&amp;rsquo;ici 2020 sans ces améliorations de l&amp;rsquo;efficacité énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En adoptant cette approche, l&amp;rsquo;UE considère l&amp;rsquo;efficacité énergétique comme un combustible, &amp;ldquo;une source d&amp;rsquo;énergie à part entière&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L&amp;rsquo;AIE va encore plus loin lorsqu&amp;rsquo;elle affirme que &amp;ldquo;l&amp;rsquo;énergie évitée par les pays membres de l&amp;rsquo;AIE en 2010 (générée par les investissements réalisés entre 1974 et 2010) était supérieure à la demande réelle satisfaite par toute autre ressource du côté de l&amp;rsquo;offre, notamment le pétrole, le gaz, le charbon et l&amp;rsquo;électricité&amp;rdquo;, ce qui fait de l&amp;rsquo;efficacité énergétique le plus grand ou premier combustible&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref3:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;mesurer-quelque-chose-qui-nexiste-pas&#34;&gt;Mesurer quelque chose qui n&amp;rsquo;existe pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Considérer l&amp;rsquo;efficacité energétique comme un combustible et mesurer ses succès en terme d&amp;rsquo;énergie évitée est assez étrange. D&amp;rsquo;abord, il s&amp;rsquo;agit de &lt;strong&gt;ne pas&lt;/strong&gt; utiliser un carburant qui n&amp;rsquo;existe &lt;strong&gt;pas&lt;/strong&gt;. &lt;sup id=&#34;fnref2:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; D&amp;rsquo;autre part, plus l&amp;rsquo;estimation de la consommation d&amp;rsquo;énergie en 2030 est élevée, plus l&amp;rsquo;&amp;ldquo;énergie évitée&amp;rdquo; serait importante. Par ailleurs, si la consommation d&amp;rsquo;énergie prévue en 2030 devait être inférieure à la consommation d&amp;rsquo;énergie actuelle (nous réduisons la demande d&amp;rsquo;énergie), l&amp;rsquo;&amp;ldquo;énergie évitée&amp;rdquo; devient négative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance à l&amp;rsquo;égard des combustibles fossiles doit mesurer son succès en termes de réduction de la consommation de combustibles fossiles &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; . Cependant, en mesurant &amp;ldquo;l&amp;rsquo;énergie évitée&amp;rdquo;, la politique d&amp;rsquo;efficacité énergétique fait exactement le contraire. Puisque la consommation d&amp;rsquo;énergie estimée est supérieure à la consommation d&amp;rsquo;énergie actuelle, cette politique d&amp;rsquo;efficacité énergétique tient pour acquis que la consommation totale d&amp;rsquo;énergie continuera d&amp;rsquo;augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autre pilier des politiques climatiques - la &amp;quot; décarbonisation&amp;rdquo; de l&amp;rsquo;approvisionnement énergétique par la promotion de centrales à énergie renouvelable - présente des défauts similaires. Comme l&amp;rsquo;augmentation de la demande totale d&amp;rsquo;énergie dépasse la croissance des énergies renouvelables, les centrales solaires et éoliennes &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/11/how-not-to-resolve-the-energy-crisis/&#34;&gt;ne décarbonisent pas l&amp;rsquo;approvisionnement énergétique&lt;/a&gt;. Ils ne remplacent pas les centrales électriques à combustibles fossiles, mais aident à répondre à la demande croissante d&amp;rsquo;énergie. Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;en introduisant le concept d&amp;rsquo;&amp;ldquo;émissions évitées&amp;rdquo; que les énergies renouvelables peuvent être présentées comme ayant l&amp;rsquo;effet désiré. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;de-quoi-considère-t-on-lefficacité&#34;&gt;De quoi considère-t-on l&amp;rsquo;efficacité?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;What is wrong with energy efficiency?&lt;/em&gt;, Elizabeth Shove démontre que le concept d&amp;rsquo;efficacité énergétique est tout aussi abstrait que le concept d&amp;rsquo;&amp;ldquo;énergie évitée&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;efficacité consiste à fournir plus de services (chauffage, éclairage, transport,&amp;hellip;) pour le même coût énergétique, ou les mêmes services pour un coût énergétique moindre. Par conséquent, une première étape dans l&amp;rsquo;identification des améliorations dépend de la définition du &amp;ldquo;service&amp;rdquo; (qu&amp;rsquo;est-ce qui est efficace ?) et de la quantification de la quantité d&amp;rsquo;énergie impliquée (sur quelle base va-t-on consommer &amp;ldquo;moins d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; ?). L&amp;rsquo;établissement d&amp;rsquo;une référence par rapport à laquelle les &amp;ldquo;économies d&amp;rsquo;énergie&amp;rdquo; sont mesurées implique également de spécifier des limites temporelles (quand commence et quand se termine la mesure de l&amp;rsquo;efficacité énergétique ?). &lt;sup id=&#34;fnref4:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;argument principal de Shove est que l&amp;rsquo;établissement de limites temporelles (ou historiques) spécifie automatiquement le &amp;ldquo;service&amp;rdquo; (qu&amp;rsquo;est-ce qui est efficace ?), et vice-versa. En effet, l&amp;rsquo;efficacité énergétique ne peut être définie et mesurée que si elle est fondée sur l&amp;rsquo;équivalence du service. Shove se concentre sur le chauffage domestique, mais son argument est valable pour toutes les autres technologies. Par exemple, en 1985, un avion de ligne consommait en moyenne 8 litres de carburant pour transporter un passager sur une distance de 100 km, un chiffre qui est tombé à 3,7 litres aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conséquent, on nous dit que les avions sont devenus deux fois plus efficaces. Cependant, si l&amp;rsquo;on compare la consommation de carburant entre aujourd&amp;rsquo;hui et 1950, au lieu de 1985, les avions ne consomment pas du tout moins d&amp;rsquo;énergie. Dans les années 1960, les avions à hélices ont été remplacés par des &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2010/09/piston-powered-aircraft-from-the-1950s-were-as-fuel-efficient-as-the-current-average-jet/&#34;&gt;avions à réaction&lt;/a&gt;, qui sont deux fois plus rapides mais consomment au départ deux fois plus de carburant. Seulement cinquante ans plus tard, l&amp;rsquo;avion à réaction est devenu aussi &amp;ldquo;économe en énergie&amp;rdquo; que les derniers avions à hélices des années 1950. &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte historique plus large, le concept d&amp;rsquo;efficacité énergétique se désintègre complètement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc la durée significative pour comparer les gains d&amp;rsquo;efficacité ? Faut-il prendre en compte les avions à hélices ou les ignorer ? La réponse dépend de la définition d&amp;rsquo;un service équivalent. Si le service est défini comme &amp;ldquo;volant&amp;rdquo;, les avions à hélices doivent être inclus. Mais, si le service énergétique est défini comme &amp;ldquo;volant à une vitesse d&amp;rsquo;environ 1 000 km/h&amp;rdquo;, on peut se débarrasser des hélices et se concentrer sur les moteurs à réaction. Toutefois, cette dernière définition suppose un service plus énergivore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous remontons encore plus loin dans le temps, par exemple au début du XXe siècle, les gens ne prenaient pas l&amp;rsquo;avion du tout et il est insensé de comparer la consommation de carburant par passager et par kilomètre. Des observations similaires peuvent être faites pour beaucoup d&amp;rsquo;autres technologies ou services qui sont devenus &amp;ldquo;plus efficaces sur le plan énergétique&amp;rdquo;. Dans un contexte historique plus large, le concept d&amp;rsquo;efficacité énergétique se désintègre complètement parce que les services ne sont pas du tout équivalents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, il n&amp;rsquo;est pas nécessaire de remonter très loin pour le prouver. Par exemple, lors du calcul de l&amp;rsquo;efficacité énergétique des smartphones, on ne tient pas compte de la génération précédente de &amp;ldquo;dumbphones&amp;rdquo; beaucoup moins gourmands en énergie, alors qu&amp;rsquo;ils étaient courants il y a moins d&amp;rsquo;une décennie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;quelle-est-lefficacité-du-fil-à-linge&#34;&gt;Quelle est l&amp;rsquo;efficacité du fil à linge?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En raison de la nécessité d&amp;rsquo;établir des comparaisons et des équivalences de services, les politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique ignorent de nombreuses solutions de rechange à faible consommation d&amp;rsquo;énergie qui ont souvent une longue histoire, mais qui sont toujours pertinentes dans le contexte du changement climatique. Par exemple, l&amp;rsquo;UE a calculé que l&amp;rsquo;étiquetage énergétique des sèche-linge à tambour permettra &amp;ldquo;d&amp;rsquo;économiser jusqu&amp;rsquo;à 3,3 TWh d&amp;rsquo;électricité d&amp;rsquo;ici 2020, soit l&amp;rsquo;équivalent de la consommation énergétique annuelle de Malte&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Mais combien d&amp;rsquo;énergie serait évitée si, d&amp;rsquo;ici 2020, chaque Européen utilisait une corde à linge au lieu d&amp;rsquo;un sèche-linge ? Ne demandez pas à l&amp;rsquo;UE, car elle n&amp;rsquo;a pas calculé la consommation d&amp;rsquo;énergie évitée des cordes à linge.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/01/bedazzled-by-energy-efficiency/images/dithers/bedazzled-by-energy-efficiency-2_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;UE ou l&amp;rsquo;AIE ne mesurent pas non plus l&amp;rsquo;efficacité énergétique et l&amp;rsquo;énergie évitée des vélos, des &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/02/insulation-first-the-body-then-the-home/&#34;&gt;chignoles&lt;/a&gt;. Néanmoins, si les cordes à linge étaient prises au sérieux comme alternative, les 3,3 TWh d&amp;rsquo;énergie &amp;ldquo;économisés&amp;rdquo; par des sèche-linge plus économes en énergie ne peuvent plus être considérés comme de l&amp;rsquo;&amp;ldquo;énergie évitée&amp;rdquo; et encore moins comme un combustible. De même, les vélos et les vêtements sapent l&amp;rsquo;idée même de calculer &amp;ldquo;l&amp;rsquo;énergie évitée&amp;rdquo; des voitures et des chaudières plus efficaces sur le plan énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-conception-des-services-insoutenable&#34;&gt;Une conception des services insoutenable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le problème des politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique est donc qu&amp;rsquo;elles sont très efficaces pour reproduire et stabiliser des services essentiellement insoutenables. Mesurer l&amp;rsquo;efficacité énergétique des voitures et des sèche-linge, mais pas des vélos et des cordes à linge, rend indiscutables les moyens de transport rapides mais énergivores ou le séchage du linge, et marginalise des alternatives beaucoup plus durables &lt;sup id=&#34;fnref5:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. D&amp;rsquo;après Shove :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Les programmes d&amp;rsquo;efficacité énergétique ne se prêtent pas à la controverse politique précisément parce qu&amp;rsquo;ils tiennent pour acquises les interprétations actuelles des &amp;ldquo;services&amp;rdquo;&amp;hellip; La recherche irréfléchie de l&amp;rsquo;efficacité est problématique non pas parce qu&amp;rsquo;elle ne fonctionne pas ou que les bénéfices sont absorbés ailleurs, comme le suggère l&amp;rsquo;effet rebond, mais parce qu&amp;rsquo;elle permet - via le concept nécessaire d&amp;rsquo;équivalence des services - de maintenir, voire d&amp;rsquo;augmenter, mais jamais d&amp;rsquo;ébranler&amp;hellip; des modes de vie toujours plus énergivores&amp;rdquo; &lt;sup id=&#34;fnref6:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le concept d&amp;rsquo;efficacité énergétique s&amp;rsquo;adapte facilement à la croissance future des services énergétiques. Toutes les nouveautés futures peuvent être soumises à une approche en termes d&amp;rsquo;efficacité. Par exemple, si les chauffages de terrasse deviennent &amp;ldquo;normaux&amp;rdquo;, ils pourraient être intégrés dans des politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique existantes - et lorsque cela se produit, le problème de leur consommation d&amp;rsquo;énergie est considéré comme étant sous contrôle. En même temps, la définition, la mesure et la comparaison de l&amp;rsquo;efficacité des chauffages de terrasse contribuent à les rendre plus &amp;ldquo;normaux&amp;rdquo;. En prime, l&amp;rsquo;ajout de nouveaux produits aux scénarios ne fera qu&amp;rsquo;augmenter la consommation d&amp;rsquo;énergie qui est &amp;quot; évitée &amp;quot; grâce à l&amp;rsquo;efficacité énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En résumé, ni l&amp;rsquo;UE ni l&amp;rsquo;AIE ne captent l&amp;rsquo;&amp;ldquo;énergie évitée&amp;rdquo; générée en faisant les choses différement ou en ne les faisant tout simplement pas, alors qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit sans doute de l&amp;rsquo;énergie la plus susceptible de réduire la demande énergétique. &lt;sup id=&#34;fnref7:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Depuis le début de la révolution industrielle, la consommation d&amp;rsquo;énergie croit de manière spéctaculaire de même que l&amp;rsquo;énergie humaine est remplacée par un travail mécanique. Mais bien que ces tendances soient à l&amp;rsquo;origine de l&amp;rsquo;augmentation continue de la demande d&amp;rsquo;énergie, elles ne peuvent être mesurées à l&amp;rsquo;aide du concept d&amp;rsquo;efficacité énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Shove le démontre, ce problème ne peut être résolu, car l&amp;rsquo;efficacité énergétique ne peut être mesurée que sur la base d&amp;rsquo;un service équivalent. Au lieu de cela, elle soutient que l&amp;rsquo;enjeu est de &amp;ldquo;débattre et de développer le sens des service et de s&amp;rsquo;engager franchement pour le faire évoluer dans chaque situation&amp;rdquo;. &lt;sup id=&#34;fnref8:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;vers-des-politiques-dinefficacité-énergétique&#34;&gt;Vers des politiques d&amp;rsquo;inefficacité énergétique?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs façons d&amp;rsquo;échapper à l&amp;rsquo;univers parallèle de l&amp;rsquo;efficacité énergétique. Premièrement, si l&amp;rsquo;efficacité énergétique entrave une réduction importante à long terme de la demande d&amp;rsquo;énergie en raison de la nécessité d&amp;rsquo;une équivalence des services, l&amp;rsquo;inverse est aussi vrai : rendre les choses moins efficace sur le plan énergétique inverserait la croissance des services énergétiques et réduirait la demande énergétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, si nous devions installer des moteurs à combustion interne des années 1960 dans les SUV modernes, la consommation de carburant par kilomètre parcouru serait beaucoup plus élevée qu&amp;rsquo;elle ne l&amp;rsquo;est actuellement. Peu de gens seraient capables de se permettre de conduire de telles voitures, et ils n&amp;rsquo;auraient d&amp;rsquo;autre choix que de passer à un véhicule beaucoup plus léger, plus petit et moins puissant, ou de conduire moins.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rendre tout moins efficace sur le plan énergétique inverserait la croissance des services énergétiques et réduirait la demande d&amp;rsquo;énergie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De même, si une &amp;ldquo;politique d&amp;rsquo;inefficacité énergétique&amp;rdquo; imposait l&amp;rsquo;utilisation de chaudières de chauffage central inefficaces, le chauffage des grandes maisons aux normes de confort actuelles serait inabordable pour la plupart des gens. Ils seraient obligés de trouver &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/02/restoring-the-old-way-of-warming-heating-people-not-places/&#34;&gt;d&amp;rsquo;autres solutions pour obtenir le confort thermique&lt;/a&gt;, par exemple chauffer une seule pièce, s&amp;rsquo;habiller plus chaudement, utiliser des appareils de chauffage personnels ou déménager dans une petite maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des recherches récentes sur le chauffage des bâtiments confirment que l&amp;rsquo;inefficacité peut entraîner des économies d&amp;rsquo;énergie. Une étude allemande a examiné les cotes de rendement énergétique calculées pour 3 400 maisons et les a comparées à la consommation réelle mesurée. Conformément à l&amp;rsquo;argument du rebond, les chercheurs ont constaté que les résidents des habitats les plus économes en énergie (75 kWh/m2/an) consomment en moyenne 30 % plus d&amp;rsquo;énergie que la cote calculée &lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Par contre, pour les habitats les moins économes qu&amp;rsquo;on qualifie parfois de &amp;ldquo;passoires énergétiques&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;effet inverse - &amp;quot; pré-rebond&amp;quot; - a été observé : les gens consomment moins d&amp;rsquo;énergie que ce que les modèles avaient calculé, et plus le logement est inefficace, plus cet écart devient important. Dans les logements les plus énergivores (500 kWh/m2/an), la consommation d&amp;rsquo;énergie était inférieure de 60 % aux prédictions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;de-lefficacité-à-la-suffisance&#34;&gt;De l&amp;rsquo;efficacité à la suffisance?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, bien que l&amp;rsquo;abandon (ou l&amp;rsquo;inversion) des politiques d&amp;rsquo;efficacité énergétique permettrait probablement plus d&amp;rsquo;économies d&amp;rsquo;énergie que leur poursuite, il y a une autre option qui pourrait être plus populaire et qui permettrait des économies d&amp;rsquo;énergie plus grandes encore. Pour rendre les politiques plus opérantes, la recherche d&amp;rsquo;efficacité pourrait être accompagnée par une stratégie de la &amp;ldquo;suffisance&amp;rdquo;, voire intégrée à celle-ci. L&amp;rsquo;efficacité énergétique vise à augmenter le rapport entre la production de services et la consommation d&amp;rsquo;énergie tout en maintenant la production au moins constante. La suffisance énergétique, en revanche, est une stratégie qui vise à réduire la consommation d&amp;rsquo;énergie. &lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Il s&amp;rsquo;agit essentiellement d&amp;rsquo;un retour aux politiques de &amp;ldquo;conservation&amp;rdquo; des années 1970. &lt;sup id=&#34;fnref3:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suffisance peut impliquer une réduction des services (moins de lumière, moins de déplacements, des vitesses diminuées, des températures intérieures plus basses, des maisons plus petites), ou une substitution des services (le vélo à la place de la voiture, le fil à linge à la place du sèche-linge, des sous-vêtements chauds plutôt que le chauffage central). Contrairement à l&amp;rsquo;efficacité énergétique, les objectifs des politiques de suffisances ne peuvent être exprimés avec des variables intensives (comme les kWh/m2/an). A la place, il faut se focaliser sur la réduction de variables absolues (ou extensives) comme la réduction des émissions de GES, de l&amp;rsquo;usage des combustibles fossiles ou des importations de pétrole. &lt;sup id=&#34;fnref1:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Contrairement à l&amp;rsquo;efficacité énergétique, l&amp;rsquo;efficacité énergétique ne peut pas être définie et mesurée en se focalisant sur un unique produit, parce que la suffisance implique diverses formes de substitution. &lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;
Au lieu de cela, une politique de suffisance est définie et mesurée en examinant ce que les gens font réellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique de suffisance pourrait être développée sans une politique d&amp;rsquo;efficacité en parallèle, mais leur combinaison permettrait de réaliser des économies d&amp;rsquo;énergie plus importantes. L&amp;rsquo;étape clé consiste à considérer l&amp;rsquo;efficacité énergétique comme un moyen plutôt qu&amp;rsquo;une fin en soi, affirme M. Shove. &lt;sup id=&#34;fnref9:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, imaginez combien d&amp;rsquo;énergie pourrait être économisée si nous utilisions une chaudière efficace pour chauffer une seule pièce à 16 degrés, si nous installions un &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/06/the-citroen-2cv-cleantech-from-the-1940s/&#34;&gt;moteur efficace dans un véhicule beaucoup plus léger&lt;/a&gt;, ou si nous combinions une conception de douche efficaces avec des douches moins nombreuses et plus courtes. Néanmoins, si l&amp;rsquo;efficacité énergétique est considérée comme une stratégie gagnant-gagnant, développer le concept de suffisance en tant que force politique significative revient à porter des jugements normatifs : telle consommation est suffisante, telle autre est excéssive. De tels jugements seront assurément controversés et risquent de passer pour autoritaires, du moins tant qu&amp;rsquo;il y aura un approvisionnement bon marché en combustibles fossiles &lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dessins de &lt;a href=&#34;https://www.behance.net/diegomarmolejo&#34;&gt;Diego Marmolejo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Energy Efficiency&amp;rdquo;, European Commission. &lt;a href=&#34;https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-efficiency&#34;&gt;https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-efficiency&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Energy Efficiency&amp;rdquo;, International Energy Association (IEA). &lt;a href=&#34;https://www.iea.org/topics/energyefficiency/&#34;&gt;https://www.iea.org/topics/energyefficiency/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sorrell, Steve. &amp;ldquo;Reducing energy demand: A review of issues, challenges and approaches.&amp;rdquo; Renewable and Sustainable Energy Reviews 47 (2015): 74-82. &lt;a href=&#34;http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032115001471&#34;&gt;http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032115001471&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Brischke, Lars-Arvid, et al. Energy sufficiency in private households enabled by adequate appliances. Wuppertal Institut für Klima, Umwelt, Energie, 2015. &lt;a href=&#34;https://epub.wupperinst.org/frontdoor/deliver/index/docId/5932/file/5932_Brischke.pdf&#34;&gt;https://epub.wupperinst.org/frontdoor/deliver/index/docId/5932/file/5932_Brischke.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Poor people&amp;rsquo;s Energy Outlook 2016&amp;rdquo;, Practical Action, 2016. &lt;a href=&#34;https://policy.practicalaction.org/policy-themes/energy/poor-peoples-energy-outlook/poor-people-s-energy-outlook-2016&#34;&gt;https://policy.practicalaction.org/policy-themes/energy/poor-peoples-energy-outlook/poor-people-s-energy-outlook-2016&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Energy use (kg of oil equivalent per capita)&amp;rdquo;, World Bank, 2014. &lt;a href=&#34;https://data.worldbank.org/indicator/EG.USE.PCAP.KG.OE&#34;&gt;https://data.worldbank.org/indicator/EG.USE.PCAP.KG.OE&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Alcott, Blake. &amp;ldquo;Jevons&amp;rsquo; paradox.&amp;rdquo; Ecological economics 54.1 (2005): 9-21. &lt;a href=&#34;https://pdfs.semanticscholar.org/f247/b8fae38e0c46bb9d1020b0be0d589db28446.pdf&#34;&gt;https://pdfs.semanticscholar.org/f247/b8fae38e0c46bb9d1020b0be0d589db28446.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sorrell, Steve. &amp;ldquo;The Rebound Effect: an assessment of the evidence for economy-wide energy savings from improved energy efficiency.&amp;rdquo; (2007). &lt;a href=&#34;http://ukerc.rl.ac.uk/UCAT/PUBLICATIONS/The_Rebound_Effect_An_Assessment_of_the_Evidence_for_Economy-wide_Energy_Savings_from_Improved_Energy_Efficiency.pdf&#34;&gt;http://ukerc.rl.ac.uk/UCAT/PUBLICATIONS/The_Rebound_Effect_An_Assessment_of_the_Evidence_for_Economy-wide_Energy_Savings_from_Improved_Energy_Efficiency.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kyba, Christopher CM, et al. &amp;ldquo;Artificially lit surface of Earth at night increasing in radiance and extent.&amp;rdquo; Science advances 3.11 (2017): e1701528. &lt;a href=&#34;http://advances.sciencemag.org/content/3/11/e1701528.full?intcmp=trendmd-adv;&#34;&gt;http://advances.sciencemag.org/content/3/11/e1701528.full?intcmp=trendmd-adv;&lt;/a&gt; Tsao, Jeffrey Y., et al. &amp;ldquo;Solid-state lighting: an energy-economics perspective.&amp;rdquo; Journal of Physics D: Applied Physics 43.35 (2010): 354001. &lt;a href=&#34;http://siteresources.worldbank.org/INTEAER/Resources/Sao.Simmons.pdf&#34;&gt;http://siteresources.worldbank.org/INTEAER/Resources/Sao.Simmons.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Young, Gregory. &amp;ldquo;Illuminating the Issues.&amp;rdquo; (2013). &lt;a href=&#34;http://www.scenic.org/storage/documents/Digital_Signage_Final_Dec_14_2010.pdf&#34;&gt;http://www.scenic.org/storage/documents/Digital_Signage_Final_Dec_14_2010.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gillingham, Kenneth, et al. &amp;ldquo;Energy policy: The rebound effect is overplayed.&amp;rdquo; Nature 493.7433 (2013): 475-476. &lt;a href=&#34;http://environment.yale.edu/kotchen/pubs/rebound.pdf&#34;&gt;http://environment.yale.edu/kotchen/pubs/rebound.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Shove, Elizabeth. &amp;ldquo;What is wrong with energy efficiency?.&amp;rdquo; Building Research &amp;amp; Information (2017): 1-11. &lt;a href=&#34;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2017.1361746&#34;&gt;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2017.1361746&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref9:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Calwell, Is efficient sufficient? Report for the European Council for an Energy Efficient Economy. &lt;a href=&#34;http://www.eceee.org/static/media/uploads/site-2/policy-areas/sufficiency/eceee_Progressive_Efficiency.pdf&#34;&gt;http://www.eceee.org/static/media/uploads/site-2/policy-areas/sufficiency/eceee_Progressive_Efficiency.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lutzenhiser, Loren. &amp;ldquo;Through the energy efficiency looking glass.&amp;rdquo; Energy Research &amp;amp; Social Science 1 (2014): 141-151. &lt;a href=&#34;http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2214629614000255&#34;&gt;http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2214629614000255&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Good Practice in Energy Efficiency: for a sustainable, safer and more competitive Europe. European Commission, 2017.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency. IEA, 2014. &lt;a href=&#34;https://www.iea.org/Textbase/npsum/MultipleBenefits2014SUM.pdf&#34;&gt;https://www.iea.org/Textbase/npsum/MultipleBenefits2014SUM.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Harris, Jeffrey, et al. &amp;ldquo;Towards a sustainable energy balance: progressive efficiency and the return of energy conservation.&amp;rdquo; Energy efficiency 1.3 (2008): 175-188. &lt;a href=&#34;https://pubarchive.lbl.gov/islandora/object/ir%3A150324/datastream/PDF/view&#34;&gt;https://pubarchive.lbl.gov/islandora/object/ir%3A150324/datastream/PDF/view&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;How (not) to resolve the energy crisis, Low-tech Magazine, Kris De Decker, 2009. https://qelnixcor.cloud/fr/2009/11/how-not-to-resolve-the-energy-crisis/&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;Peeters, Paul, J. Middel, and A. Hoolhorst. &amp;ldquo;Fuel efficiency of commercial aircraft.&amp;rdquo; An overview of historical and future trends (2005). &lt;a href=&#34;https://www.transportenvironment.org/publications/fuel-efficiency-commercial-aircraft-overview-historical-and-future-trends&#34;&gt;https://www.transportenvironment.org/publications/fuel-efficiency-commercial-aircraft-overview-historical-and-future-trends&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Household Tumble Driers, European Commission. &lt;a href=&#34;https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-efficiency/energy-efficient-products/household-tumble-driers&#34;&gt;https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-efficiency/energy-efficient-products/household-tumble-driers&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sunikka-Blank, Minna, and Ray Galvin. &amp;ldquo;Introducing the prebound effect: the gap between performance and actual energy consumption.&amp;rdquo; Building Research &amp;amp; Information 40.3 (2012): 260-273. &lt;a href=&#34;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2012.690952&#34;&gt;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2012.690952&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thomas, Stefan, et al. Energy sufficiency policy: an evolution of energy efficiency policy or radically new approaches?. Wuppertal Institut für Klima, Umwelt, Energie, 2015. &lt;a href=&#34;https://epub.wupperinst.org/frontdoor/deliver/index/docId/5922/file/5922_Thomas.pdf&#34;&gt;https://epub.wupperinst.org/frontdoor/deliver/index/docId/5922/file/5922_Thomas.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Darby, Sarah. &amp;ldquo;Enough is as good as a feast–sufficiency as policy.&amp;rdquo; Proceedings, European Council for an Energy-Efficient Economy. La Colle sur Loup, 2007. &lt;a href=&#34;https://pdfs.semanticscholar.org/8e68/c68ace130104ef6fc0f736339ff34b253509.pdf&#34;&gt;https://pdfs.semanticscholar.org/8e68/c68ace130104ef6fc0f736339ff34b253509.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Brûler les os de la Terre : les fours à chaux</title>
      <link>https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/</link>
      
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      <pubDate>Mon, 30 Sep 2013 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/LIME-KILN-WALES_dithered.png&#34; alt=&#39;Four à chaux à Porthgain, Pays de Galles. Crédits: Aelwyn.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
  Four à chaux à Porthgain, Pays de Galles. Crédits: [Aelwyn](http://www.flickr.com/photos/kopetatxuri/6286612774/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En traversant des propriétés aujourd&amp;rsquo;hui à l&amp;rsquo;abandon dans la campagne irlandaise, on peut découvrir occasionnellement des cylindres de pierre, hauts et larges de plusieurs mètres, ouverts à leur sommet et pourvus d&amp;rsquo;une petite porte à leur base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ressemblent aux forteresses médiévales qui parsèment encore les paysages de cette île — mais personne n&amp;rsquo;a construit de forteresse aussi petite ou à moitié enterrée. En fait, ces constructions sont d&amp;rsquo;anciens fours à chaux (aussi appelés chaufours en français - NDT), vestiges d&amp;rsquo;une industrie aujourd&amp;rsquo;hui oubliée qui soutenait de nombreuses communautés paysannes avant que l&amp;rsquo;énergie ne devienne bon marché.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le calcaire est une roche essentiellement constituée de coraux et de coquilles d&amp;rsquo;espèces disparues il y a bien longtemps, pressés et agrégés pendant des millions d&amp;rsquo;années en une solide masse de carbonate de calcium.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La chaux, elle, est une poudre blanche tirée de ces roches calcaires. Depuis au moins 7000 ans, les humains ont produit de la chaux dans des fours comme ils ont cuit de la poterie ou fondu du minerai. Cette poudre servait à des dizaines d&amp;rsquo;usages différents pour lesquels on utilise aujourd&amp;rsquo;hui des produits dépendant d&amp;rsquo;énergies fossiles — principalement pour faire du mortier pour la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les paysans irlandais et britanniques l&amp;rsquo;utilisaient surtout pour neutraliser les sols acides et multiplier les rendements de leurs cultures  — jusqu&amp;rsquo;à 4 fois, selon des sources contemporaines. Durant des siècles et jusqu&amp;rsquo;au milieu du XXe, la chaux était au coeur d&amp;rsquo;un vaste réseau d&amp;rsquo;industries villageoises vitales à la paysannerie: des carrières pour l&amp;rsquo;extraction du calcaire aux spécialistes de la combustion en passant par le transport en charrette et en péniches. À la fin du XVIIIe siècle, un recensement dénombrait 23 000 chaufours pour le seul comté de Cork, ce qui correspond à un four pour 80 acres (environ 36 ha) en moyenne.&lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcaire est essentiellement constitué de coraux et de coquilles d&amp;rsquo;espèces disparues il y a bien longtemps, pressés et agrégés pendant des millions d&amp;rsquo;années en une solide masse de carbonate de calcium. Lorsque  celui-ci est porté à 900°C ou plus, le calcaire libère du dioxyde de carbone (CO2) et on en récupère un oxyde de calcium volatile (CaO) qu&amp;rsquo;on nomme &amp;ldquo;chaux vive&amp;rdquo;. Puis, lorsqu&amp;rsquo;on combine cet oxyde de calcium avec de l&amp;rsquo;eau, on obtient un hydroxyde de calcium (Ca(OH)2) appelé &amp;ldquo;chaux éteinte&amp;rdquo;. Le terme de chaux a été et est encore utilisé pour désigner ces deux produits, par souci de clarté nous distinguerons bien dans cet article la chaux vive de la chaux éteinte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-béton-romain&#34;&gt;Le béton romain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en Turquie qu&amp;rsquo;on a daté le plus ancien usage de la chaux, entre 7000 et 14000 ans avant nos jours. Plusieurs civilisations antiques l&amp;rsquo;utilisaient pour faire du mortier destiné à la maçonnerie. Cependant, les romains ont porté plus loin les capacités du mortier à la chaux en y ajoutant des ingrédients divers aboutissant à une version précoce du ciment. En fait, leur version s&amp;rsquo;est montrée supérieure à la nôtre à certains égards. Notre béton ne tient que quelques décennies — et seulement une dizaine d&amp;rsquo;années sous l&amp;rsquo;eau — alors que le béton des romains, en plus d&amp;rsquo;être produit directement dans l&amp;rsquo;eau, a su résister à l&amp;rsquo;épreuve des vagues durant 2000 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-ireland_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaufour hors d&amp;amp;rsquo;usage au dessus de la baie de Murlough, en Irlande. Crédits: Minipixel&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
  Chaufour hors d&#39;usage au dessus de la baie de Murlough, en Irlande. Crédits:  [Minipixel](http://www.flickr.com/photos/75052163@N00/2197082381/in/photolist-4m9C3H-R13x4-9uNKAR-d6MQp1-5PZvqp-9o2vrt-d6N7BN-cKszWs-fdHLy4-d6NbN1-egcr4v-axX7kt-5hSked-5hMXC4-5hSiGJ-5hMZ1B-8LyBWM-5o8zxy-7LjYmb-7Y67n6-7Y67Wa-96RzFV-2jjJW-2jjtQ-2jjiN-2jjgN-2jjA7-2jj89-2jjxz-2jjpE-2jj2b-2jjQz-2jjed-2jjEJ-2jjN3-2jjbu-2jjmG-2jiZR-2jjr6-2jj3B-ecNvyy-4ReWHX-6MZ8xJ-8FMVx8-8FR4c1-8FMUS8-8FR6g9-8FR5zY-8FMSN2-7LjZMQ-nUsZ4) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
.
&lt;p&gt;Le secret, d&amp;rsquo;après deux études publiées durant l&amp;rsquo;été 2013, résidait dans l&amp;rsquo;ajout de &lt;a href=&#34;http://www.notechmagazine.com/2011/08/building-with-pumice.html&#34;&gt;cendres volcaniques&lt;/a&gt; à la chaux vive utilisée pour obtenir le mortier. Les cendres volcaniques du Vésuve étaient abondamment ramassées à cet effet selon les écrits de Pline l&amp;rsquo;ancien — ironiquement, ce même volcan provoqua sa perte plus tard. Les romains plaçaient ensuite ce mélange dans des caissons de bois qui étaient plongés dans l&amp;rsquo;eau de mer, ce qui faisait alors réagir la chaux vive et permettait la formation d&amp;rsquo;un ciment résistant à l&amp;rsquo;eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs de ces publications disent que de telles techniques pourraient se montrer utiles aujourd&amp;rsquo;hui; car elles ne permettent pas seulement aux bétons de mieux résister au temps et aux éléments, elles sont aussi plus &amp;ldquo;vertes&amp;rdquo; — générant moins d&amp;rsquo;émissions de gaz à effet de serre — que les techniques employées aujourd&amp;rsquo;hui dans nos cimenteries. En effet, le concassage des roches pour obtenir du ciment de Portland requiert d&amp;rsquo;énormes quantités d&amp;rsquo;énergie et représente ainsi 7% de toutes les émissions de carbone industrielles de la planète.&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-bradford_dithered.png&#34; alt=&#39;Un des quarante chaufours construits entre Skipton et Bradford le long du canal de Liverpool, la demande de Bradford pour la chaux étant une des raisons principales ayant amené à la construction du canal. Crédits: Peter Hughes&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Un des quarante chaufours construits entre Skipton et Bradford le long du canal de Liverpool, la demande de Bradford pour la chaux étant une des raisons principales ayant amené à la construction du canal. Crédits: Peter Hughes 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A mesure qu&amp;rsquo;ils étendaient leur empire en Europe, les romains ont apporté de telles technologies avec eux. C&amp;rsquo;est ainsi que les fours à chaux sont apparus en Grande-Bretagne lors de leur conquête de l&amp;rsquo;île, avant de disparaître des centaines d&amp;rsquo;années plus tard. En Irlande, où les romains n&amp;rsquo;ont jamais mis les pieds, ce sont apparemment les Normands qui ont apporté cette technologie au XIIIe siècle pour y construire notamment les tours rondes que l&amp;rsquo;on trouve encore fréquemment aujourd&amp;rsquo;hui dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;badigeon-de-chaux-lumière-oxhydrique-et-autres-applications&#34;&gt;Badigeon de chaux, lumière oxhydrique et autres applications&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chaux (éteinte) constitue aussi la base du badigeon de chaux ou &amp;ldquo;lait de chaux&amp;rdquo; qui a été utilisé durant des siècles pour protéger et blanchir des structures, des clôtures, des véhicules et même des arbres, sans le cocktail alarmant de produits toxiques aux noms imprononçables que contiennent de nombreuses peintures modernes. Le badigeon de chaux est fondamentalement un mélange d&amp;rsquo;eau et de chaux (éteinte) même s&amp;rsquo;il pouvait aussi contenir du sel, du lait ou de l&amp;rsquo;huile de lin pour étancher et des poils ou des enveloppes de céréales pour le rendre plus résistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chaux éteinte bien sèche pouvait être manipulée et même léchée par les animaux sans danger, mais elle restait suffisamment basique (ou alcaline) pour désinfecter une grange ou les murs d&amp;rsquo;une laiterie. Sa blancheur éclatante était appréciée dans des endroits comme la Grande-Bretagne et l&amp;rsquo;Irlande où les hivers sont très sombres — ainsi, l&amp;rsquo;intérieur des cottages irlandais était traditionnellement blanchi à la chaux deux fois par an, au printemps et avant Noël (la suie abondante générée par une combustion et une évacuation des fumées imparfaites noircissant rapidement les murs - NDT). Sous des climats plus ensoleillés, des badigeons de chaux étaient utiliséspour maintenir les bâtiments au frais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-Lindisfarne_dithered.png&#34; alt=&#39;Lindisfarne avait une importante industrie de la chaux et ses chaufours, construits en 1860, sont parmis les plus complexes du Northumberland. Crédits: Tom Blackwell.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Lindisfarne avait une importante industrie de la chaux et ses chaufours, construits en 1860, sont parmis les plus complexes du Northumberland. Crédits:  [Tom Blackwell](http://www.flickr.com/photos/tjblackwell/5837142003/in/photolist-9TNSXn-5r1NwR-5r69t3-5r1P4g-5r69Db-5r1PhT-d6NwpL-MCwQ1-8N7uR2-8Naz6A-8N7v7R-8N7tEi-8N7uzn-8NayQA-96UCAf-JcErK-cGgs45-cKneXS-8414VR-4TZmsi-4TZmoa-dC43cy-s8eqa-s8eph-fRVu6m-fRV4S3-fRTCrS-8dK3Tx-6uSpuY-s8eqt-5fYzn-iDCak-52KNv8-4R5UY9-gFecK-7T1BeZ-7T4SBC-6Ui2x9-d6MQUN-6Ui2Tj-gFebM-6owFi-8fK9pL-JJDdK-JJDcc-bLjuxV-bxpNeh-bxpNn3-4Nny8H-8n3dd2-9UQguA/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La chaux éteinte avait de nombreux autres usages: les paysans frictionnaient les pieds du bétail avec (comme antiseptique), ou l&amp;rsquo;utilisaient pour peindre le tronc des arbres fruitiers afin d&amp;rsquo;éviter les maladies fongiques. Certains ajoutaient une pincée de chaux (éteinte) à de l&amp;rsquo;eau puisée pour l&amp;rsquo;aseptiser, ou pour conserver des oeufs durant des mois. Les tanneurs en utilisaient aussi pour débarrasser les peaux de leurs poils, les jardiniers pour repousser les limaces et les escargots et les papetiers pour blanchir le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même la chaux vive, cet oxyde de calcium provenant directement du four à chaux, avait de nombreux usages avant qu&amp;rsquo;on ne l&amp;rsquo;hydrate. Elle maintenait des garde-manger et des réserves au sec - le manuel de ménage de 1915 intitulé &amp;ldquo;The Best Way&amp;rdquo; (&amp;ldquo;La meilleure méthode&amp;rdquo;) recommandait ainsi l&amp;rsquo;usage d&amp;rsquo;un bol de chaux pour réduire l&amp;rsquo;humidité d&amp;rsquo;une pièce, la poudre blanche captant l&amp;rsquo;humidité de l&amp;rsquo;air. Cette chaux vive qui prenait feu facilement — parfois trop facilement — a été utilisée bien avant les ampoules électriques pour produire des lampes très lumineuses pour la scène - la lumière oxhydrique ou lumière Drummond.  &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-arme-de-terroriste&#34;&gt;Une arme de terroriste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chaux vive a aussi constitué une arme redoutable, puisqu&amp;rsquo;elle peut brûler la peau et rendre aveugle. Dans son &amp;ldquo;Histoire d&amp;rsquo;Angleterre&amp;rdquo;, David Hume raconte une bataille navale entre Français et Anglais vers 1216 au cours de laquelle le capitaine anglais Philippe d&amp;rsquo;Albiney fit usage de la chaux vive pour faire changer la donne. Il vit que le vent soufflait depuis ses bateaux vers la flotte française, et &amp;ldquo;étant remonté au vent des Français, il fondit sur eux avec violence et leur jeta une grande quantité de chaux vive à la figure, chaux qu&amp;rsquo;il avait transportée à dessein; ainsi il les aveugla et ils furent incapables de se défendre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-prague_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaufour à Prague. Crédits: Radim Stezka.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chaufour à Prague. Crédits: [Radim Stezka](http://www.flickr.com/photos/57470317@N03/5319303355/inphotolist-973PyP-8HRNtT-8qPnxD-6mvXTW-6nMrEd-7fQt7V-7bKgqi-dTdMxH-dTjqpL-ad7ncD-cjLb8o-baoj1r-8JbAxE-6GoUun-6PzNFQ-JZsfu-JZpuC-JYbg5-JYjw4-JYc6f-JYjrr-JY9fL-JYkdz-JYmze-JYkiP-JYiPR-JYbbY-dRV3hx-8HRNG4-9t2QTX-d4gLqo-7Jzy1t-4Pc1K3-8J8uNF-8JbAAw-6aHJ6t-c8rXnm-7Jzyei-7JDubh-5GgaYs-eWp1dR-aimgxU-aEnw3Z-azMg8u-7sL6j8-aEnxoH-6Zc6yT-9rQvPM-9rTygA-9rQwSH-7sQ769). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce composé était également une arme commode pour terroriste. Par exemple, lorsque le réformiste Charles Parnell prit la parole à l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;un rassemblement politique en 1891, quelqu&amp;rsquo;un dans la foule lui jeta de la chaux-vive à la figure et &amp;ldquo;s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait pas fermé ses yeux à temps il aurait certainement perdu la vue&amp;rdquo;, écrivit sa femme Katherine plus tard.    D&amp;rsquo;autre part, de la chaux vive était épandue dans les tombes pour accélérer la décomposition des corps comme l&amp;rsquo;a observé Oscar Wilde lorsqu&amp;rsquo;il était prisonnier de la Reading Goal en Angleterre:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;And all the while the burning lime
Eats flesh and bone away  &lt;br&gt;
It eats the brittle bone by night   &lt;br&gt;
And the soft flesh by the day  &lt;br&gt;
It eats the flesh and bone by turns  &lt;br&gt;
But eats the heart away.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-chaux-dans-lagriculture-adoucir-le-sol&#34;&gt;La chaux dans l&amp;rsquo;agriculture: adoucir le sol&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l&amp;rsquo;usage agricole de la chaux éclipsait tous les autres sur les îles britanniques, tant était précieuse sa capacité à transformer des tourbières acides en terres cultivables. Près de 40% des terres arables du monde sont trop acides pour qu&amp;rsquo;on puisse y cultiver de nombreuses plantes — plus le sol est acide, plus les plantes absorbent d&amp;rsquo;aluminium toxique. Aujourd&amp;rsquo;hui, les agriculteurs amendent souvent leurs sols avec du calcaire concassé ou d&amp;rsquo;autres produits couteux en énergie, et des scientifiques, comme Chris Gustafson de l&amp;rsquo;Université du Missouri, sont en train d&amp;rsquo;essayer de créer des plantes génétiquement modifiées résistantes à l&amp;rsquo;Aluminium. Il y a quelques siècles pourtant, les paysans ont découvert que la chaux &amp;ldquo;adoucissait&amp;rdquo; ou neutralisait temporairement le sol.&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chaux (éteinte) produite était si précieuse que de nombreuses communautés paysannes ont entretenu un réseau d&amp;rsquo;industries locales pour la produire et des carrières pour extraire le calcaire aux spécialistes de la combustion [les chaufourniers], en passant par les charrettes et les péniches pour transporter les roches par la route ou via des canaux. Au milieu du XVIIIe siècle, de nombreuses familles du comté de Cork, par exemple, payaient leur loyer grâce à une production supplémentaire de chaux, d&amp;rsquo;après une enquête publique de l&amp;rsquo;époque. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans amendaient le sol de façon assez simple: ils pelletaient la chaux vive directement au sortir du four dans une charrette tirée par un cheval, conduisaient cette charrette dans le champ à amender et faisaient faire des allers-retours au fur et à mesure du labour. Tous les quelques mètres, les paysans arrêtaient la charrette et épandaient plusieurs pelletées de chaux-vive en &amp;ldquo;chutes&amp;rdquo; sur le sol — six à huit tonneaux par acre (soit 15 à 20 par hectares).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epandre un composé hautement caustique pourrait sembler déconseillé, mais la première pluie suffisait à la fois à hydrater la chaux vive et à la faire pénétrer dans le sol. Cependant, le transport de la chaux vive étant un travail dangereux, puisqu&amp;rsquo;elle pouvait spontanément prendre feu et enflammer les charrettes ou les granges, ou simplement ronger les contenants de bois dans lesquels on la stockait si on ne l&amp;rsquo;épandait pas assez rapidement. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus adoucissait le sol que pour une durée limitée, d&amp;rsquo;après des sources contemporaines: trois ans dans certains champs, jusqu&amp;rsquo;à douze dans d&amp;rsquo;autres, suivant les conditions. Dans tous les cas, le chaulage devait être perpétuellement répété, sans quoi &amp;ldquo;la chaux enrichit le père mais ruine le fils&amp;rdquo;, comme le dit un adage. Les fours à chaux étaient donc continuellement maintenus fonctionnels. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;faire-fonctionner-les-fours&#34;&gt;Faire fonctionner les fours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les fours devaient être correctement situés: il fallait qu&amp;rsquo;ils soient aussi près que possible des carrières pour que les centaines de tonnes de roches soient transportées avec un effort minimal par voie terrestre ou dans des péniches. Par ailleurs, il fallait également que ces fours soient aussi proches que possible de la destination finale de la chaux — une forteresse ou une église construites avec du mortier, ou des champs à &amp;ldquo;adoucir&amp;rdquo; — pour que la chaux vive soit transportée sans incident. En outre, il ne pouvaient être situés à proximité des zones habitées ou même des campements, étant donnée que la combustion du calcaire générait des gaz toxiques et potentiellement létaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-england_dithered.png&#34; alt=&#39;Le quai du canal construit à la base des fours à chaux en 1842 à Dudley, en Angleterre. Crédits: Paul Englefield.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Le quai du canal construit à la base des fours à chaux en 1842 à Dudley, en Angleterre. Crédits: [Paul Englefield](http://www.flickr.com/photos/39027808@N00/8084295615/in/photolist-djo8ra-e8Vbp-9qxTAL-aFqngc-7fQt7V-8N7yni-pFdLe-dvQy44-cnz5zW-aeKN4c-oMsSK-fcFET-dKpfWo-aeJMiD-oMt4K-aAqSvL-d6NbKw-8nQfqk-fcEwu-c7iigS-7gi2S8-Jc3i-cQuW4w-6fsKST-5FBAFB-aeJHQt-2js1cr-6mvXTW-6mvXS7-6mvXSY-ci2nJ9-8WMHPK-bXAcbS-ckKJ8s-hktHq-7BA9jW-7BA9hL-7BA9j7-5hHgwc-5hGQXt-5hMsAy-5hMgQL-8LjMhL-5hMkb5-5hMy11-5hGKQH-5B9iQr-5MFWph-9JJJXd-8gP9pa-5rU8Jv). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure en briques ou en pierres du four était souvent construite à flanc de colline pour permettre aux gens de transporter aisément le charbon et le calcaire jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;ouverture supérieure du four(ou &amp;ldquo;bouche&amp;rdquo;), et faisait souvent plusieurs mètres de haut et de large. À l&amp;rsquo;intérieur, elle était généralement effilée vers le bas pour que la gravité suffise à l&amp;rsquo;écoulement du contenu du four, et au niveau du fond étroit du cône, un des murs avait une ouverture en arche appelée parfois &amp;ldquo;oeil&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le four devait être rempli soigneusement avec des quantités de matériaux précisément mesurées — car si le calcaire n&amp;rsquo;était pas porté à une température suffisante, la transformation de la roche en chaux vive ne se faisait pas et le travail avait été vain. Les chaufourniers remplissaient le fond du four avec le bois le plus sec dont ils disposaient — du bois d&amp;rsquo;ajoncs est souvent mentionné — et ajoutaient ensuite alternativement des couches de calcaire et de combustible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combustible le plus commun était peut être l&amp;rsquo;anthracite, bien que le charbon de bois et la &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2011/09/medieval-smokestacks-fossil-fuels-in-pre-industrial-times/&#34;&gt;tourbe&lt;/a&gt; extraite des marécages environnants étaient aussi utilisés. Quelque soit ce combustible, il devait constituer une couche épaisse, isolant les morceaux de calcaire entre eux ainsi que des parois du four, d&amp;rsquo;après les dires des chaufourniers interrogés il y a quelques décennies par la radio nationale irlandaise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;dormir-près-du-four&#34;&gt;Dormir près du four&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois le four rempli, on mettait feu au bois au fond du four par la petite porte et, à partir de là, le reste du combustible s&amp;rsquo;allumait. Une fois la fournée ainsi lancée, il n&amp;rsquo;y avait pas de retour en arrière possible; les chaufourniers devaient garder un oeil sur le four pendant les trois ou quatre jours suivants, dormant à côté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chaux était produite en hiver, lorsqu&amp;rsquo;il y avait moins de travaux agricoles à faire, on peut donc imaginer qu&amp;rsquo;il était tentant pour les hommes dormant dans le froid de se rapprocher de la chaleur produite par le four. Cependant, d&amp;rsquo;après Colin Richard, spécialiste de la chaux, dormir à proximité de ces fours était extrêmement dangereux, du fait des gaz toxiques émis et de la possibilité de tomber dans le four. On a ainsi rapporté, dit-il, les cas de voyageurs ayant dormi auprès de la &amp;ldquo;bouche&amp;rdquo; des chaufours pour profiter de la chaleur et ayant malheureusement été rôtis vivants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2013/09/burning-the-bones-of-the-earth-lime-kilns/images/dithers/lime-kiln-spain_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaufour à Quijorna, en Espagne. Crédits: Álvaro Moreno Gómez.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chaufour à Quijorna, en Espagne. Crédits:  [Álvaro Moreno Gómez](http://www.flickr.com/photos/53474483@N03/8109410207/in/photolist-dmAR8n-6o5Cu4-6o5PG8-pA1ZE-eRNU9C-pA1YB-5HqBZN-7exJXT-7exJwa-7eBDeE-7exKpx-7eBCLL-7eBBYb-7exKTp-dmARze-dmAU6y-6AJWcA-6o5Cne-cH2S2J-akKWu4). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le travail des chaufourniers, durant plusieurs jours d&amp;rsquo;affilée, était certainement très fatiguant, à tel point qu&amp;rsquo;on parle de gens &amp;ldquo;assoiffés comme des chaufourniers&amp;rdquo; (en langue anglaise). Une seule fournée pouvait contenir des centaines de tonnes de matériaux qu&amp;rsquo;il fallait pelleter à la main, mesurer précisément et arranger correctement dans le four. On en récupérait moins à la sortie, bien sûr — le charbon ayant brûlé et le calcaire ayant perdu de sa masse — mais la chaux vive était bien plus difficile à manipuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Retirer la chaux du four était la partie la plus sale du boulot&amp;rdquo; dit un chaufournier anonyme ayant travaillé en Irlande dans les années 30 et 40 lorsqu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;interrogea en 1981 pour un documentaire radio. &amp;ldquo;C&amp;rsquo;était là que tu te prenais toute la poussière, et t&amp;rsquo;en prenais tellement que tu commençais à saigner des naseaux.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-magie-et-les-rituels&#34;&gt;La magie et les rituels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec leur chaleur de fourneau, leurs vapeurs empoisonnées, leurs transformations alchimiques, leur production dangereuse et vitale à la survie paysanne, il était peut être inévitable que les paysans associent les chaufours à toutes sortes de magie et rituels. D&amp;rsquo;après de vieux irlandais interrogés dans les années 30, les jeunes s&amp;rsquo;adonnaient souvent à des rituels d&amp;rsquo;Halloween autour de chaufours pour savoir qui ils épouseraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cas, on raconte que des fées tuèrent le bétail d&amp;rsquo;un éleveur parce qu&amp;rsquo;il avait construit un four à chaux sur leur chemin. D&amp;rsquo;autres personnes auraient convoqué des esprits maléfiques auprès de fours; un référent de Carnmoney, qui d&amp;rsquo;après une rumeur aurait vendu son âme au diable, aurait invité ce dernier courtoisement devant un chaufour pour qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;y sente chez lui. Les chaufourniers eux-mêmes avaient un rituel assez simple:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Vous preniez une bouteille avec vous ce matin là… une bouteille d&amp;rsquo;eau bénite, dit un chaufournier, et avant qu&amp;rsquo;on ne mette feu au four, vous en aspergiez les pierres du dessus et vous faisiez un signe de croix, parce que vous brûliez / c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;ils avaient l&amp;rsquo;habitude de dire / vous brûliez les os de la terre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrit par Brian Kaller, &lt;a href=&#34;http://restoringmayberry.blogspot.com/&#34;&gt;Restoring Mayberry&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Topographical Directory of County Down, by Samuel Lewis, 1837.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Microscopy of historic mortars — a review,” by J. Elsen, Cement and Concrete Research, July 2005&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Chemistry and Technology of Lime and Limestone,” J. Elsen, Cement and Concrete Research, December 2005&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Material and elastic properties of Al-tobermorite in ancient Roman seawater concrete,” by Marie D. Jackson, Juhyuk Moon, Emanuele Gotti, Rae Taylor, Abdul-Hamid Emwas, Cagla Meral, Peter Guttmann, Pierre Levitz, Hans-Rudolf Wenk, and Paulo J. M. Monteiro, Journal of the American Ceramic Society.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Unlocking the secrets of Al-tobermorite in Roman seawater concrete,” by Marie D. Jackson, Sejung Rosie Chae, Sean R. Mulcahy, Cagla Meral, Rae Taylor, Penghui Li, Abdul-Hamid Emwas, Juhyuk Moon, Seyoon Yoon, Gabriele Vola, Hans-Rudolf Wenk, and Paulo J. M. Monteiro, American Mineralogist.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Roman Seawater Concrete Holds the Secret to Cutting Carbon Emissions,” Berkeley, &lt;a href=&#34;http://newscenter.lbl.gov/news-releases/2013/06/04/roman-concrete/&#34;&gt;http://newscenter.lbl.gov/news-releases/2013/06/04/roman-concrete/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Best Way - A Book Of Household Hints &amp;amp; Recipes, 1915&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Famine Fighter,” Illumination magazine, Spring / Summer 2013&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;The Ancient and Present State of the County and City of Cork, by C. Smith, 1815 edition.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Burning the Bones of the Earth,” a documentary by Radio Telefis Eireann, 1981&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwardian Farm, BBC Television&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Essay on the Use of Lime as a Manure, by M. Puvis, 1836.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Remplacer les tracteurs par des chevaux</title>
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      <pubDate>Fri, 18 Apr 2008 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux et autres animaux de trait et de bât ont révolutionné le transport, la guerre, la chasse, les manufactures et l&amp;rsquo;agriculture. Jusqu&amp;rsquo;au début du XXème siècle, les chevaux de trait étaient la colonne vertébrale de la société industrielle, extrayant le charbon hors des mines, labourant les champs et transportant des marchandises et des personnes dans des villes en expansion. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Réintroduire les chevaux dans la circulation urbaine serait une mauvaise idée - les voitures sont peut-être bruyantes, dangereuses et polluantes, mais en milieu urbain, les chevaux sont encore pires. Dans l&amp;rsquo;agriculture, cependant, l&amp;rsquo;énergie animale serait très bénéfique, notamment sur le plan écologique.                                                                                                   &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les tracteurs par des chevaux ne signifie pas revenir au moyen-âge, ni exclure la machinerie lourde, les rendements élevés ou des high-tech.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs milliers d&amp;rsquo;années, les chevaux, les ânes, les mulets, les bœufs, les chameaux, les buffles, les lamas et les éléphants étaient les seuls moyens de transport, avec la marche. Les animaux tiraient des charrettes et des traîneaux chargés de marchandises ou de personnes, et des caravanes de bêtes de somme parcouraient des centaines de kilomètres à travers chaînes de montagnes, jungles et déserts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;arrivée des chemins de fer et des machines à vapeur au XIXe siècle a considérablement accru le besoin de transport animal sur de courtes et moyennes distances. Les chemins de fer, les bateaux à vapeur et les usines ont généré beaucoup de trafic de fret supplémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux de trait étaient chargés de l&amp;rsquo;aiguillage des trains à vapeur et du transport du charbon vers les gares et les usines. Dans les mines, le charbon était transporté par des milliers de chevaux qui ne voyaient jamais la lumière du jour. La population, de plus en plus nombreuse, continuait d&amp;rsquo;être transporté par des &lt;a href=&#34;http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3884/is_200509/ai_n15613227&#34;&gt;taxis à chevaux, des omnibus et des tramways&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse-tramway_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1890, on estimait à 300 000 le nombre de chevaux à Londres,  pour une population humaine d&amp;rsquo;environ 4,5 millions (soit 1 cheval pour 15 personnes). En 1880, New York comptait entre 150 000 et 175 000 chevaux, alors que le nombre total de chevaux dans les villes américaines en 1900 était estimé entre 3 et 5 millions. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, tous ces chevaux n&amp;rsquo;étaient pas dans la rue en même temps, car les animaux travaillaient par roulement. Pourtant, à la fin du XIXe siècle, la population de chevaux dans des villes comme Londres et New York est devenue si importante que des problèmes de santé sont apparus. &lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-fumier-en-ville&#34;&gt;Le fumier en ville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1880, les 12 500 chevaux d&amp;rsquo;une petite ville comme Milwaukee (qui comptait alors 350 000 habitants) produisaient 133 tonnes de fumier par jour, soit plus de 10 kg par cheval par jour. Cela signifie que la population équine de Londres produisait environ 3 000 tonnes de fumier par jour, dont une quantité importante finissait sur les pavés. Les jours secs, la boue se transformait en une poussière collante sur les visages et les vêtements des gens. Les jours de pluie, les rues étaient transformées en égouts à ciel ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse-traffic_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre la pollution, des milliers de fers à cheval et de roues en fer faisaient un grand tapage, et les accidents de la circulation n&amp;rsquo;étaient pas été moins fréquents qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. De plus, les chevaux avaient la vie dure en ville à la fin du XIXe siècle. Tirer des chariots remplis de personnes ou de marchandises (parfois d&amp;rsquo;un poids supérieur à dix tonnes) sur des pavés sales et glissants était si épuisant que la plupart des animaux mourraient après seulement quelques années de travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les tracteurs ne se reproduisent pas, et ils ne fertilisent pas le sol.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien que l&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;animaux de bât et de trait pour les longs trajets ne soit pas une si mauvaise idée (au moins, il est bon de savoir que la fin du pétrole ne signifie pas nécessairement la fin du commerce international), réintroduire des chevaux ou d&amp;rsquo;autres animaux dans la circulation urbaine serait une folie. Cependant, la principale raison pour laquelle les chevaux-vapeur ne sont pas adaptés à la circulation urbaine - le fumier - s&amp;rsquo;avère être une qualité très intéressante quand il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-chevaux-aux-champs&#34;&gt;Les chevaux aux champs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les tracteurs par des chevaux serait une bonne idée, car le fumier de cheval est un engrais parfait pour les &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2010/09/recycling-animal-and-human-dung-is-the-key-to-sustainable-farming/&#34;&gt;sols agricoles&lt;/a&gt;. Comme les tracteurs ne produisent pas d&amp;rsquo;excréments, les engrais doivent venir d&amp;rsquo;ailleurs. Il peut s&amp;rsquo;agir de fumier d&amp;rsquo;animaux élevés pour leur viande ou (surtout) d&amp;rsquo;engrais artificiels. Dans les deux cas, il faut des combustibles fossiles supplémentaires pour fertiliser le sol - pour transporter le fumier animal vers les champs ou pour fabriquer des engrais avec des combustibles fossiles (et les transporter également). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les chevaux ont plus d&amp;rsquo;avantages que les tracteurs. Ils se reproduisent eux-mêmes, alors que les tracteurs ne le font pas. Cela signifie des économies de pétrole et d&amp;rsquo;autres ressources comme l&amp;rsquo;eau et les métaux, car si vous optez pour les chevaux, vous n&amp;rsquo;avez pas besoin de fabriquer des tracteurs. Et alors que les tracteurs ont besoin de combustibles fossiles pour fonctionner, les chevaux n&amp;rsquo;en ont pas besoin. Les plus gros tracteurs ont des moteurs allant jusqu&amp;rsquo;à 500 chevaux, ce qui les fait consommer jusqu&amp;rsquo;à deux fois plus de carburant qu&amp;rsquo;un gros SUV. (Photo ci-dessus : le Fordson F2, le premier tracteur produit en série)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/tractor_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Re)passer (ou revenir) des tracteurs aux chevaux rendrait l&amp;rsquo;agriculture presque complètement indépendante du pétrole et des engrais minéraux - et cela pourrait faire toute une différence dans un monde qui sera bientôt (selon de nombreuses personnes) à court de combustibles fossiles et de minéraux. Les chevaux pourraient garantir la sécurité alimentaire, sans qu&amp;rsquo;il soit nécessaire d&amp;rsquo;importer quoi que ce soit. De plus, les chevaux n&amp;rsquo;émettent pas de gaz à effet de serre (contrairement aux ruminants comme les vaches) et ils ne polluent pas l&amp;rsquo;air. [NdT: plus précisément: ils n&amp;rsquo;émettent pas de méthane (CH4), gaz a effet de serre bien plus puissant que le CO2] Les chevaux pourraient être &lt;a href=&#34;http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7348728.stm&#34;&gt;la solution dont l&amp;rsquo;agriculture a besoin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;fourrages-ou-diesel&#34;&gt;Fourrages ou Diesel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, les chevaux ont aussi besoin d&amp;rsquo;énergie. Non pas d&amp;rsquo;énergie fossile, mais de nourriture. Cela signifie que le remplacement des tracteurs par des chevaux nécessiterait des terres agricoles supplémentaires pour la production d&amp;rsquo;aliments pour les animaux (terres qui, à leur tour, doivent être cultivées par des chevaux supplémentaires). Les tracteurs pourraient également tirer leur carburant des terres agricoles si nous transformons les cultures vivrières en biodiesel ou en éthanol. Par conséquent, pour savoir s&amp;rsquo;il est utile de remplacer les tracteurs par des chevaux, nous devons savoir combien d&amp;rsquo;hectares supplémentaires seraient nécessaires pour nourrir les chevaux, et par ailleurs combien d&amp;rsquo;hectares seraient nécessaires pour &amp;ldquo;nourrir&amp;rdquo; les tracteurs.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cultiver la terre avec des tracteurs nécessite presque 2,5 fois plus de bio-énergie que de le faire avec des chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;a href=&#34;http://www.landinstitute.org/vnews/display.v/ART/2000/12/15/3a3a508a9&#34;&gt;calcul&lt;/a&gt; provient d&amp;rsquo;une &lt;a href=&#34;http://www.landinstitute.org/vnews/display.v/ART/2000/12/15/3df6412ab088c&#34;&gt;étude&lt;/a&gt; publiée dans l&amp;rsquo;American Journal of Alternative Agriculture, il y a huit ans. Avec des prix du pétrole presque 4 fois plus bas qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, les conclusions des chercheurs sont restées lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd&amp;rsquo;hui cependant, après des rapports alarmants sur les pics de pétrole et les pénuries alimentaires, leurs conclusions deviennent très intéressantes. En se basant sur le nombre de chevaux rapportés à la superficie cultivée en Amérique du Nord en 1920 (alors que seulement 3,6 pour cent des fermes possédaient un tracteur), ainsi que sur le nombre de chevaux exploités en 1997 dans les fermes amish, les chercheurs ont calculé que l&amp;rsquo;Amérique aurait maintenant besoin de 23 millions de chevaux pour cultiver les 147 millions d&amp;rsquo;hectares actuels de terres agricoles. [Ndt: Soit un cheval pour 6,4ha]&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;cheval-versus-tracteur&#34;&gt;Cheval versus Tracteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En tenant compte de l&amp;rsquo;alimentation annuelle des chevaux de trait (1 300 kg de maïs, 1 600 kg de luzerne et 500 kg de fourrage grossier récolté) et des rendements nationaux de ces cultures au cours de la dernière décennie, ils concluent que les 23 millions de chevaux auraient besoin de 9 millions d&amp;rsquo;hectares de terres agricoles pour se nourrir, soit 6 % des terres agricoles américaines. Pour &amp;ldquo;nourrir&amp;rdquo; les tracteurs avec des cultures, il faut 7,4 millions d&amp;rsquo;hectares de terres agricoles, soit 5 pour cent des terres cultivées, ce qui rend les tracteurs légèrement plus efficaces que les chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/horse-in-agriculture_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour faire une comparaison équitable, il faut également tenir compte du fait que les chevaux produisent leur propre engrais sans apport énergétique supplémentaire et qu&amp;rsquo;ils se reproduisent eux-mêmes, alors que les tracteurs ont besoin d&amp;rsquo;engrais artificiels et doivent être fabriqués (et remplacés). Les chercheurs expriment ces besoins énergétiques en termes de besoins en terres cultivées, pour pouvoir les comparer avec les autres résultats (ils considèrent que les engrais et les tracteurs sont produits avec l&amp;rsquo;énergie fournie par les cultures énergétiques). Elles incluaient également l&amp;rsquo;énergie nécessaire pour transformer les cultures en fourrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terres cultivées nécessaires à l&amp;rsquo;alimentation des chevaux atteignent alors 16 millions d&amp;rsquo;hectares, soit 11 pour cent des terres cultivées américaines (en raison de l&amp;rsquo;énergie nécessaire pour produire du fourrage à partir des cultures), tandis que les terres cultivées nécessaires pour &amp;ldquo;nourrir&amp;rdquo; et fabriquer les tracteurs atteignent 38 millions d&amp;rsquo;hectares ou 26 pour cent des terres cultivables américaines. Conclusion: si l&amp;rsquo;on tient compte de tous ces éléments, faire tourner l&amp;rsquo;agriculture avec des tracteurs nécessite près de 2,5 fois plus d&amp;rsquo;énergie que l&amp;rsquo;alimentation de l&amp;rsquo;agriculture avec des chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/tractor-vs-horse_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href=&#34;http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;amp;_udi=B6VFB-45G03BY-1&amp;amp;_user=10&amp;amp;_rdoc=1&amp;amp;_fmt=&amp;amp;_orig=search&amp;amp;_sort=d&amp;amp;view=c&amp;amp;_acct=C000050221&amp;amp;_version=1&amp;amp;_urlVersion=0&amp;amp;_userid=10&amp;amp;md5=83f4a9fd3efde34433c305c08f6e82eb&#34;&gt;étude suédoise&lt;/a&gt;  publiée en 2002 a abouti à des résultats similaires: elle conclut qu&amp;rsquo;une agriculture basée sur le tracteur consomme 67 pour cent d&amp;rsquo;énergie de plus qu&amp;rsquo;une agriculture basée sur le cheval.  Ces Suédois ont également &lt;a href=&#34;http://www.haworthpress.com/store/ArticleAbstract.asp?ID=6743&#34;&gt;calculé&lt;/a&gt; que l&amp;rsquo;apport énergétique dans l&amp;rsquo;agriculture (locale) a été multiplié par 13 entre 1927 et 1981, alors que la production agricole totale en 1981 n&amp;rsquo;était que 2,4 fois celle de 1927. Vous trouverez un lien vers le pdf complet des études suédoises &lt;a href=&#34;http://www.elements.nb.ca/extra/horsetractor.pdf&#34;&gt;ici&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;chevaux-high-tech&#34;&gt;Chevaux High-Tech&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les tracteurs par des chevaux n&amp;rsquo;est pas sans défis, cependant. Tout d&amp;rsquo;abord, nous manquons de chevaux ou d&amp;rsquo;autres animaux de trait. Actuellement, il y a environ &lt;a href=&#34;http://www.horsecouncil.org/economics.html&#34;&gt;9 millions de chevaux&lt;/a&gt; aux États-Unis.  Si nous voulons réintroduire des chevaux quelque part dans un avenir proche - disons, lorsque le pétrole manquera ou lorsque ses prix seront prohibitifs - nous ferions mieux de commencer leur reproduction. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deuxièmement, seule une petite partie de ces animaux sont des chevaux de travail ou de trait, des bêtes musclées d&amp;rsquo;une tonne avec un arrière-train massif, qui sont les mieux adaptées pour tirer des poids. Si l&amp;rsquo;on utilisait des chevaux d&amp;rsquo;équitation normaux, il faudrait beaucoup plus d&amp;rsquo;animaux. Même si, en théorie, n&amp;rsquo;importe quel poids peut être tiré en ajoutant de plus en plus de chevaux légers, dans la pratique, des attelages trop larges deviennent ingérables.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Encourager les gens à regarder le cul d&amp;rsquo;un cheval au lieu d&amp;rsquo;un écran d&amp;rsquo;ordinateur pourrait s&amp;rsquo;avérer difficile&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux ne sont pas aussi low-tech et naturels qu&amp;rsquo;ils en ont l&amp;rsquo;air. Les chevaux de travail lourds comme le Percheron, le Belge, le Shire ou le Clydesdale sont le résultat de siècles de croisements par l&amp;rsquo;homme. Malheureusement, ces races ne se portent pas très bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation n&amp;rsquo;est pas aussi alarmante qu&amp;rsquo;il y a cinquante ans, lorsque de nombreuses races de chevaux de trait étaient sur le point de disparaître. Leur nombre est à nouveau en hausse, mais la population est encore assez petite pour les rendre vulnérables aux déviations génétiques. &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/percheron_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De plus, la plupart d&amp;rsquo;entre eux ne sont plus élevés que pour leur apparence, et ces caractéristiques ne correspondent pas toujours aux besoins de l&amp;rsquo;agriculture ni même à une bonne santé. Si les chevaux de trait disparaissaient, il faudrait plusieurs siècles pour les faire revenir sur le devant de la scène (la &amp;quot; technologie &amp;quot; des chevaux s&amp;rsquo;érodait aussi par le passé, après le déclin des anciens empires).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;travail-humain&#34;&gt;Travail humain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Même si nous pouvons élever suffisamment de chevaux de trait, l&amp;rsquo;agriculture devra changer. Les avantages d&amp;rsquo;un tracteur sont la vitesse et le confort. Il est plus facile de conduire un tracteur qu&amp;rsquo;un attelage de chevaux, et le premier va beaucoup plus vite. Ce n&amp;rsquo;est pas tant une question de vitesse que de puissance, les tracteurs pouvant tirer des charrues plus larges et plus lourdes, de sorte qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont pas besoin de faire autant d&amp;rsquo;aller-retours dans un champ qu&amp;rsquo;un cheval. L&amp;rsquo;utilisation de plusieurs attelages de chevaux en même temps compense cela, mais cela signifie aussi qu&amp;rsquo;il faut plus d&amp;rsquo;agriculteurs. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi prendre soin des chevaux, sept jours sur sept, même lorsqu&amp;rsquo;ils ne travaillent pas. Par ailleurs, ils déposent du crottin dans les champs, mais pas uniformément. Tout cela signifie qu&amp;rsquo;une agriculture basée sur les chevaux exigerait beaucoup plus de main-d&amp;rsquo;œuvre. De plus en plus de personnes devraient travailler dans l&amp;rsquo;agriculture - alors qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, dans les pays industrialisés, presque plus personne ne travaille dans les champs. Encourager les gens à regarder le cul d&amp;rsquo;un cheval au lieu d&amp;rsquo;un écran d&amp;rsquo;ordinateur pourrait s&amp;rsquo;avérer difficile.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2008/04/bring-back-the-horses/images/dithers/forty-horses_dithered.png&#34; alt=&#39;&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
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&lt;p&gt;En revanche, laisser les tracteurs souvent sous le hangar ne signifie pas retourner au Moyen-Âge, et cela n&amp;rsquo;exclut pas la machinerie lourde, les rendements élevés ou la haute technologie. L&amp;rsquo;usage des chevaux en agriculture est un phénomène relativement récent. Dans l&amp;rsquo;Antiquité et tout au long du Moyen Age, les champs étaient labourés par des bœufs. En Europe et en Amérique du Nord, les chevaux ont pris le relais au XIXe siècle avec l&amp;rsquo;introduction d&amp;rsquo;une nouvelle génération de machines trop lourdes pour les bœufs. Ces machines nécessitaient beaucoup plus d&amp;rsquo;énergie animale, mais elles augmentaient les rendements et diminuaient considérablement les besoins en main-d&amp;rsquo;œuvre. Sans tracteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-outils-légers&#34;&gt;Des outils légers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde moitié du XIXe siècle, aux États-Unis, on pouvait voir des machines de récolte mesurant 12 mètres de large et pesant 15 tonnes tirées par des attelage pouvant compter jusqu&amp;rsquo;à 40 chevaux, gérées par seulement 5 ou 6 agriculteurs (voir photo ci-dessus). Il s&amp;rsquo;agissait essentiellement de chevaux de selle, la plupart des chevaux de trait européens n&amp;rsquo;ayant été importés qu&amp;rsquo;à la fin du XIXe siècle (ces animaux de race pure ne travaillaient généralement pas sur le terrain, mais servaient uniquement à &amp;ldquo;améliorer&amp;rdquo; la population de chevaux existante). Aujourd&amp;rsquo;hui, les machines agricoles sont équipées de tracteurs puissants. Avec la technologie du 21ème siècle, il doit être possible de concevoir des machines extrêmement légères qui peuvent combiner la puissance des chevaux avec des rendements élevés, des vitesses élevées et une gestion facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Références en français sur la traction animale :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le blog d&amp;rsquo;&lt;a href=&#34;http://hippotese.free.fr/blog/index.php/&#34;&gt;Hippotese&lt;/a&gt;, association française existant depuis 1986, documentaire récent sur la traction animale: &lt;a href=&#34;https://www.traitdevie.com/&#34;&gt;Trait de vie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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