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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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    <description>Ce site fonctionne à l’énergie solaire, et se retrouve parfois hors-ligne</description>
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      <title>Les étangs urbains à poissons : un traitement des eaux usées à faible technicité pour les villes</title>
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      <pubDate>Sun, 28 Mar 2021 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/edwards_2008_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Étangs piscicoles dans les zones humides de l&amp;amp;rsquo;est de Kolkota – de nos jours le plus grand système d&amp;amp;rsquo;aquaculture alimenté en eaux usées au monde. Source: Edwards, 2008. [^8]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Étangs piscicoles dans les zones humides de l&#39;est de Kolkota – de nos jours le plus grand système d&#39;aquaculture alimenté en eaux usées au monde. Source: Edwards, 2008. [^8] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Après avoir mangé et bu, nous excrétons dans des toilettes qui utilisent de l’eau pour évacuer nos effluents dans les systèmes d’égouts municipaux. De manière générale, les eaux usées qui en résultent sont soit non traitées, soit traitées dans différents types de stations d’épuration, dont les plus avancées sont coûteuses à exploiter et énergivores. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais même si les eaux usées sont traitées, les effluents contiennent toujours des niveaux élevés d’azote, de phosphore, d’oxygène dissous et de matière biologique, nutriments essentiels à la vie sur Terre, mais qui provoquent de l’eutrophisation. Des niveaux élevés de ces nutriments conduisent à des
proliférations d’algues, qui à leur tour peuvent produire des toxines entraînant la mort massive de poissons et une perte de biodiversité dans les rivières, lacs et océans. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En substance, le cœur du problème est que les nutriments, au lieu d’être recyclés comme dans la plupart des écosystèmes, sont dans un flux à sens unique. Apporter une solution en utilisant par exemple l’eau plus efficacement, ou en utilisant des plans de traitement des eaux usées plus énergivores, ne remonte pas à la racine du problème : le cycle des nutriments est brisé. Et on
ne répare pas un évier qui fuit en changeant la quantité ou le type d’eau utilisé.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;abuser-dune-bonne-chose&#34;&gt;Abuser d&amp;rsquo;une bonne chose&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour réparer l’évier qui fuit, il nous faut nous rejeter l’idée que les déchets humains sont intrinsèquement toxiques, ou que l’activité humaine est forcément mauvaise pour l’environnement. Cette façon de penser est fondée sur l’hypothèse que les humains sont en quelque sorte séparés de la nature.
Sa conclusion logique est donc de nous séparer encore plus des cycles naturels : construire un traitement des eaux usées plus raffiné, plus intensif chimiquement et énergiquement, construire des frontières nettes entre la production alimentaire et les bassins versants et, après l’échec de ces tentatives, entreprendre des expériences de géo-ingénierie à grande échelle pour traiter nos rivières.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans ce cas, le problème principal n’est pas notre supposée toxicité, ou que l’on serait un fardeau pour l’environnement, mais plutôt que l’on rejette dans l’environnement des nutriments trop concentrés. C’est particulièrement le cas pour le « problème » de l’eutrophisation. Causée par les eaux usées riches en nutriments et le ruissellement agricole, elle est généralement considérée comme une mauvaise chose. Mais remontons à la racine grecque du mot : « bien nourri ».&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le problème principal n&amp;rsquo;est pas notre supposée toxicité, ou que l’on serait un fardeau pour l’environnement, mais plutôt que l’on rejette dans l&amp;rsquo;environnement des nutriments trop concentrés.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’eutrophisation n’est mauvaise que parce que les bons nutriments comme l’azote, le carbone et le phosphore, nécessaires à la majorité de la vie biotique, sont trop concentrés, provoquant une croissance rapide des algues, entraînant un trop peu d’oxygène dans l’eau, ainsi que trop de toxines produites par les algues, deux phénomènes mortels pour les poissons. Cependant, les poissons mangent des algues, donc si la croissance des algues était ralentie quelque peu, les populations de poissons se multiplieraient à la place. Le problème n’est pas que les eaux usées soient polluées, mais qu’il y a trop de bonnes choses, trop concentrées pour que l’écosystème puisse les absorber.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-réparer-lévier-qui-fuit&#34;&gt;Comment réparer l’évier qui fuit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J’ai découvert le système de traitement des eaux usées par l’aquaculture pour la première fois lorsque j’habitais à Hanoï. Là-bas, j’ai appris qu’il est en fait très courant, en particulier dans les communautés agricoles pauvres, de réutiliser les excréments humains pour la production.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/latrine-fish-pond_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Une latrine surplombant un étang à poissons au Vietnam. Source: UNEP International Environmental Technology Centre. (2002). Environmentally Sound Technologies for Wastewater and Stormwater Management: an International Source Book (Vol. 15). International Water Assn.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Une latrine surplombant un étang à poissons au Vietnam. Source: UNEP International Environmental Technology Centre. (2002). Environmentally Sound Technologies for Wastewater and Stormwater Management: an International Source Book (Vol. 15). International Water Assn. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans des pays comme le Vietnam et l’Indonésie, les toilettes sont souvent placées au-dessus des étangs à poissons. Les déchets humains et animaux peuvent également être collectés manuellement et placés dans des étangs piscicoles. Pourquoi ? Stimulés par l’ajout d’azote, de phosphore et de carbone,
les algues et le phytoplancton se développent rapidement. Ils commencent à décomposer les nutriments et les bactéries et produisent de l’oxygène. À mesure que les niveaux d’oxygène augmentent, les poissons deviennent capables de nager dans l’eau et de manger les algues et le phytoplancton.
Ensuite, les poissons sont pêchés et vendus sur le marché. Enfin, lorsque l’étang est asséché, les fientes de poissons et les sédiments restants peuvent également être utilisés pour fertiliser les cultures environnantes, comme le riz ou les arbres fruitiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Chine, l’utilisation des excréments dans l’agriculture et l’aquaculture est une tradition séculaire. Pendant la période communiste, de nombreux pisciculteurs avaient un accès limité aux aliments pour poissons et les coopératives d’État locales ont commencé à organiser des systèmes de collecte des déchets humains. Finalement, dans de nombreuses villes chinoises, jusque dans les années 1990, des camions et des bateaux ramassaient le fumier humain (fumain) dans les villes – certaines opérations gérées par l’État, d’autres clandestines et illégales – et les transportaient vers des exploitations aquacoles dans des terres périurbaines. De 1952 à 1966, environ un tiers des engrais
(y compris les aliments pour poissons) utilisés en Chine provenaient des boues fécales, et en 1966, 90 % des excréments étaient recyclés. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Soit dit en passant, la production massive d’algues au large des côtes chinoises de nos jours a probablement considérablement réduit la probabilité d’eutrophisation, une forme accidentelle de bioremédiation et de recyclage des nutriments. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/fish-pond-hanoi_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Des eaux usées sont pompées dans un étang à poissons dans la périphérie de Hanoi, Vietnam. Source: Edwards, 2005. [^15]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image: Des eaux usées sont pompées dans un étang à poissons dans la périphérie de Hanoi, Vietnam. Source: Edwards, 2005. [^15]  
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&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/Edwards_1996_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Eaux usées après traitement dans les étangs piscicoles, Hanoi. Source: Edwards, 1996. [^5]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Eaux usées après traitement dans les étangs piscicoles, Hanoi. Source: Edwards, 1996. [^5] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un exemple intéressant à grande échelle est le système qui a émergé dans la périphérie de Hanoï dans les années 1960. Hanoï, la capitale de la nation communiste nouvellement indépendante, menant une guerre de longue haleine contre les forces d’occupation occidentales, ne disposait d’aucun système de traitement municipal des eaux usées. Les eaux usées se déversaient dans deux rivières qui coulaient vers le sud et finissaient par se jeter dans le fleuve Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la période communiste de collectivisation des terres agricoles, les coopératives agricoles vietnamiennes ont été exclues du marché international et ont donc souvent utilisé toutes les ressources dont elles disposaient pour nourrir leurs poissons, comme les déchets d’abattoirs ou les grains avariés. Voyant les eaux usées non traitées dans les canaux – une ressource inexploitée – les agriculteurs ont commencé à les pomper vers de grands étangs.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Voyant les eaux usées non traitées dans les canaux – une ressource inexploitée – les agriculteurs ont commencé à les pomper vers de grands étangs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Après des essais-erreurs et en investissant le peu qu’ils avaient dans l’amélioration des infrastructures, ils ont déterminé le bon rapport eaux usées/eau douce nécessaire pour diluer suffisamment les eaux usées pour que les poissons ne meurent pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/local-retail_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Un marché aux poissons à la pièce et local, dans la commune de Yen So. Anders Dalsgaard. Source: Thi Phong Lan, Nguyen, et al. &amp;amp;quot;Microbiological quality of fish grown in wastewater-fed and non-wastewater-fed fishponds in Hanoi, Vietnam: influence of hygiene practices in local retail markets.&amp;amp;quot; Journal of Water and Health 5.2 (2007): 209-218.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Un marché aux poissons à la pièce et local, dans la commune de Yen So. Anders Dalsgaard. Source: Thi Phong Lan, Nguyen, et al. \&#34;Microbiological quality of fish grown in wastewater-fed and non-wastewater-fed fishponds in Hanoi, Vietnam: influence of hygiene practices in local retail markets.\&#34; Journal of Water and Health 5.2 (2007): 209-218. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les agriculteurs cultivaient également des plantes telles que la jacinthe d’eau pour réduire l’érosion des berges, plantes qui pouvaient ensuite être donnée comme nourriture au bétail. Elles avaient également l’avantage d’extraire les métaux lourds de l’eau. Les fermiers pratiquaient également la polyculture du poisson, où des espèces comme le poisson-chat, les carpes et le tilapia étaient élevées ensemble, les rendant donc plus efficaces pour nettoyer l’eau et protéger les petits alevins des prédateurs. Chaque année, les étangs étaient vidangés et les boues au fond étaient ensuite épandues dans les champs voisins, réutilisant une nouvelle fois les nutriments disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ces agriculteurs ont développé un système qui, en 1995, fournissait 40 à 50 % de l’approvisionnement total en poisson de Hanoï chaque année. Des mesures scientifiques ont montré que l’eau des étangs piscicoles, une fois pompée dans la rivière, était bien en deçà du niveau recommandé
par l’Organisation mondiale de la santé pour la demande biologique en oxygène, un indicateur pour déterminer l’efficacité des systèmes de traitement de l’eau. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En bref, ils avaient réussi à créer une usine de traitement d’eau pour une ville de 1,5 million d’habitants, presque sans frais pour l’État.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-technologie--folklorique-et-bon-marché--au-service-de-toute-une-ville&#34;&gt;Une technologie « folklorique et bon marché » au service de toute une ville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vous êtes peut-être en train de penser : bien-sûr, c’est un exemple d’alternative au traitement des eaux usées intéressante, mais finalement condamnée. C’est une aberration qui ne pourrait probablement pas être maintenu très longtemps. Malheureusement pour votre côté cynique, c’est tout l’inverse.
La ville de Kolkata (anciennement Calcutta), en Inde, avec une population de 14,8 millions d’habitants, possède le plus grand système d’aquaculture alimenté par les eaux usées au monde. Bien que les agriculteurs aient utilisé les eaux usées pour nourrir les poissons de différentes manières depuis le XIXe siècle, le système s’est développé à partir des années 1940.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/calcutta-wetland_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Étangs piscicoles dans les zones humides de l&amp;amp;rsquo;Est de Kolkata, le plus grand système d&amp;amp;rsquo;aquaculture alimenté par des eaux usées au monde aujourd&amp;amp;rsquo;hui. Source : iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Étangs piscicoles dans les zones humides de l&#39;Est de Kolkata, le plus grand système d&#39;aquaculture alimenté par des eaux usées au monde aujourd&#39;hui. Source : iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant la période coloniale britannique, les administrateurs ont construit une série de canaux servant d’égouts à travers la ville. Ceux-ci se jettent dans la rivière Bidyadhari. Cependant, cette rivière s’est rapidement ensablée et est devenue inutilisable. En conséquence, une zone humide adjacente s’est transformée de marais salants intertidaux en marais d’eau douce. Deux canaux d’égouts ont ensuite été construits en 1940 pour davantage amener les effluents de la ville vers l’océan. C’est à ce moment-là que les agriculteurs locaux ont commencé à détourner les eaux usées vers les étangs à poissons des anciens marais salants, à cultiver des légumes sur les rives des canaux d’égout et à former des coopératives pour gérer les eaux usées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le système de Kolkata ait été développé au fil du temps, il est assez systématisé. Chaque année, les étangs sont d’abord vidangés et les boues sont épandues dans les champs. Les eaux usées sont introduites lentement dans l’étang à faible profondeur et laissées au repos pendant deux semaines.
Cette procédure est similaire, pour l’essentiel, aux systèmes conventionnels de traitement des eaux usées, où celles-ci sont d’abord traitées en stimulant la croissance des algues et des bactéries. Les sédiments nocifs se déposent alors et la plupart des parasites sont tués parce que leurs œufs et leurs vers meurent s’ils ne trouvent pas d’hôte dans les deux semaines. Ensuite, les poissons sont stockés dans un autre étang et les eaux usées sont lentement introduites dans celui-ci à un rapport eaux usées/eau propre de 1:4. Tout cela nécessite des compétences et des connaissances développées au fil
des générations, permettant aux agriculteurs de savoir quand les niveaux d’oxygène sont trop faibles, pour ne pas tuer les poissons. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’effluent résultant peut atteindre la même qualité que s’il avait subi un traitement d’eau conventionnel. &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/sluice-gate-bamboo_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Une porte d&amp;amp;rsquo;écluse en bambou dans les zones humides de l&amp;amp;rsquo;Est de Kolkata. La jacinthe d&amp;amp;rsquo;eau est cultivée pour aider à purifier l&amp;amp;rsquo;eau et nourrir le bétail. Source: Mukherjee, 2020. [^6]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Une porte d&#39;écluse en bambou dans les zones humides de l&#39;Est de Kolkata. La jacinthe d&#39;eau est cultivée pour aider à purifier l&#39;eau et nourrir le bétail. Source: Mukherjee, 2020. [^6] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/drained-fish-ponds_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Chaque année, les étangs sont vidangés et les boues au fond sont épandues dans les champs voisins, réutilisant davantage les nutriments disponibles. Source: Take pride in the East Kolkata Wetlands (Facebook-page).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Chaque année, les étangs sont vidangés et les boues au fond sont épandues dans les champs voisins, réutilisant davantage les nutriments disponibles. Source: [Take pride in the East Kolkata Wetlands](https://www.facebook.com/takeprideineastkolkatawetlands/) (Facebook-page). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par tâtonnements et avec un bon jugement, les agriculteurs locaux ont développé un système de traitement des eaux usées extrêmement efficace et adaptable aux conditions locales. Ils savent distinguer le type d’effluent – industriel ou domestique – par les teintes qu’il diffuse, le contrôlant ou le diluant si nécessaire. Par exemple, les eaux usées des tanneries peuvent être
toxiques pour les poissons et elles ne seront donc pas utilisées. Ils varient les niveaux d’eau en fonction de la saison, des conditions météorologiques et des quantités d’effluents disponibles. Ils connaissent la teinte de noir verdâtre que l’eau a besoin d’émettre pour avoir des niveaux d’oxygène et
d’ammoniac optimaux pour les poissons. Ils peuvent déterminer s’il y a trop peu d’oxygène en notant à quel point les poissons remontent à la surface pour prendre de l’air. Les agriculteurs récoltent des escargots dans l’eau pour protéger la croissance des poissons, qui sont ensuite écrasés pour nourrir
les canards, dont les déjections fertilisent à leur tour les étangs piscicoles et les sols voisins. Ils plantent des jacinthes d’eau et des lentilles d’eau pour absorber les métaux lourds des eaux usées. &lt;sup id=&#34;fnref1:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les fermes piscicoles de Kolkata fournissent 40 % de la production de poisson de la région et traitent 80 % des eaux usées de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les fermes piscicoles de Kolkata fournissent 8000 tonnes de poisson par an à la ville, soit 40 % de la production de poisson de la région. Elles traitent 80 % des eaux usées de la ville et réduisent les charges en nutriments et matière organique des eaux usées de la ville de 50 à 90 %, tout en maintenant les charges bactériennes à un niveau conforme aux directives de l’OMS. Il est calculé qu’elles font économiser à la ville l’équivalent de 64 400 000 $ par an en coûts de traitement des eaux usées, ce qui fait de Kolkata une « ville écologiquement subventionnée ». &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le système offre aux agriculteurs un retour sur investissement de 28 % et assure la subsistance de 200 000 personnes. &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ce système - un service public, après tout - ne doive pas en soi viser à faire des profits, il aide certainement à défrayer les coûts du traitement des eaux usées. Dans une petite municipalité de Karnal, dans le nord de l’Inde, une étude a montré que les étangs piscicoles municipaux alimentés par les eaux usées, installés dans les années 2010, rapportaient plus de 25 000 $ de bénéfices nets par an à la municipalité, ainsi que des avantages indirects tels que l’amélioration des sols à proximité grâce à la vente d’eaux usées traitées aux agriculteurs. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/calcutta-fish_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Les étangs piscicoles alimentés par des égouts fournissent des sources stables de protéines pour les petits agriculteurs. Source: Fish Farming in the East Kolkata Wetlands, Ramble On, Priya Mallic.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Les étangs piscicoles alimentés par des égouts fournissent des sources stables de protéines pour les petits agriculteurs. Source: [Fish Farming in the East Kolkata Wetlands, Ramble On, Priya Mallic](https://takeabookalong.wordpress.com/2013/08/12/fish-farming-in-the-east-kolkata-wetlands/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/calcutta-fish-2_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Poissons récoltés dans les zones humides de l&amp;amp;rsquo;est de Kolkata. Source: Fish Farming in the East Kolkata Wetlands, Ramble On, Priya Mallic.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Poissons récoltés dans les zones humides de l&#39;est de Kolkata. Source: [Fish Farming in the East Kolkata Wetlands, Ramble On, Priya Mallic](https://takeabookalong.wordpress.com/2013/08/12/fish-farming-in-the-east-kolkata-wetlands/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, lorsqu’ils sont introduits dans de petites communautés rurales, les avantages de ces étangs piscicoles ne s’arrêtent pas au seul profit monétaire mais s’étendent jusqu’à des services sociaux, culturels et écologiques. Cela comprend l’amélioration de la qualité des sols, l’adaptabilité des communautés locales au changement climatique, les loisirs (la pêche entre amis par exemple) et la fourniture de sources régulières de protéines aux petits agriculteurs. Par exemple, même si elle ne vend pas ses poissons, une famille de six personnes peut obtenir d’un petit étang piscicole alimenté aux eaux usées 8 kg de poisson par personne et par an, une augmentation significative de l’apport en protéines pour de nombreuses communautés rurales. &lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans le cas des zones humides de l’est de Kolkata, les étangs piscicoles aident également à recharger les eaux souterraines, un problème grave en Inde, où de nombreux aquifères sont sur le point de s’épuiser. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zones humides de Kolkata constituent une « technologie populaire à bas coût » &lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; traitant la majorité des eaux usées d’une ville aussi peuplée que New York. Ceci est rendu possible grâce au développement d’un vaste écosystème humain-poisson-plante, une usine de traitement des eaux usées
à l’échelle de toute une ville qui a émergé grâce à la créativité, les connaissances écologiques et la supervision des communautés agricoles locales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;plus-de-90-systèmes-en-allemagne-au-début-du-20e-siècle&#34;&gt;Plus de 90 systèmes en Allemagne au début du 20e siècle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rendu là, votre côté cynique a peut-être trouvé un autre contre-argument : bien-sûr, cela fonctionne effectivement à grande échelle. Mais il faudrait être assez désespéré et démuni pour s’atteler à l’élevage de poissons en eaux usées. Bien que cela puisse fonctionner en Inde et pendant un certain temps au Vietnam et en Chine, ce ne sera jamais le cas dans les pays développés, où les normes d’assainissement sont plus élevées et où personne ne voudrait de toute façon manger du poisson élevé dans ces eaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/Teichgut_Birkenhof_2012_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Une vue de l&amp;amp;rsquo;ancien système d&amp;amp;rsquo;aquaculture alimenté par des eaux usées à Munich, en Allemagne, aujourd&amp;amp;rsquo;hui un sanctuaire pour les oiseaux. Photo: Peter Schleypen, 2012. Source: Historisches Lexikon Bayerns&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Une vue de l&#39;ancien système d&#39;aquaculture alimenté par des eaux usées à Munich, en Allemagne, aujourd&#39;hui un sanctuaire pour les oiseaux. Photo: Peter Schleypen, 2012. Source: [Historisches Lexikon Bayerns](https://www.historisches-lexikon-bayerns.de/Lexikon/Abwasserbehandlung_(nach_1945)) 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’en fait plus de 90 systèmes de ce type existaient en Allemagne au début du 20e siècle. &lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Jusque dans les années 1990, la ville de Munich traitait encore la plupart de ses eaux usées grâce à la pisciculture. En effet, l’Allemagne a été la pionnière de certaines des recherches scientifiques les plus détaillées et rigoureuses sur la viabilité à grande échelle des étangs piscicoles alimentés en eaux usées, et ce dès les années 1890.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jusque dans les années 1990, la ville de Munich en Allemagne traitait encore la plupart de ses eaux usées grâce à la pisciculture.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme en Chine, les étangs piscicoles alimentés en eaux usées ont une histoire longue mais méconnue en Europe. Les douves des châteaux, les monastères et les villages avaient souvent des étangs à poissons alimentés en eaux usées. Alors que les villes se développaient rapidement au 19e siècle, les eaux usées non traitées étaient simplement déversées dans les rivières, ce qui entraîna l’effondrement de la pêche à travers l’Europe, ainsi que des conditions généralement insalubres et la propagation de maladies. Il était de plus en plus reconnu que les eaux usées devaient être traitées ; un indicateur
usuel d’assainissement étant de vérifier que les truites sont bien capables d’y vivre. Certains ingénieurs civils et scientifiques ont ainsi construit de petits étangs piscicoles pour tester la qualité des stations d’épuration municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gustav Oesten, un ingénieur civil chargé du traitement des eaux usées à Berlin, a commencé à expérimenter à la fin des années 1880 l’utilisation du poisson pour traiter les eaux usées et à récolter ce poisson comme produit secondaire du traitement. Il a ainsi pu passer quasiment une décennie à mener des expériences avec différentes espèces de poissons, conceptions d’étang, conditions locales et météorologiques. &lt;sup id=&#34;fnref1:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/Teichgut_Birkenhof-bjs130707-05_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Canal d&amp;amp;rsquo;alimentation pour les étangs piscicoles du système d&amp;amp;rsquo;aquaculture alimenté par les eaux usées de Munich. Image by Bjs (CC BY-SA 3.0), Wikimedia Commons.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Canal d&#39;alimentation pour les étangs piscicoles du système d&#39;aquaculture alimenté par les eaux usées de Munich. Image by Bjs (CC BY-SA 3.0), Wikimedia Commons. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Grâce à ces expériences, il a montré de manière concluante que la croissance des poissons s’accélère dans les eaux usées, les poissons aidant à leur tour à purifier ces eaux. La truite n’était pas vraiment adéquate pour cela car, elle ne peut tolérer les niveaux trop élevés d’oxygène dans l’eau que l’on retrouve dans les systèmes d’assainissement, une conséquence de la croissance rapide d’algues. Les carpes - pouvant aller prendre de l’air en surface lorsque les niveaux d’oxygène sont intolérables - ont très bien grandi, celles alimentées avec des eaux usées dépassant de loin en production celles des étangs normaux. Mais, à l’aide de truites, G. Oesten a prouvé que l’eau était d’une qualité suffisante pour retourner couler dans le bassin versant. Ses expériences suggèrent que les étangs piscicoles pourraient être conçus pour aider à résoudre la crise de l’eau en Europe et, en même temps, fournir un retour économique grâce à la vente de poisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début du 20e siècle, des scientifiques de toute l’Allemagne ont commencé à mener des expériences à plus petite échelle. Bruno Hofer, un spécialiste des poissons surtout connu pour avoir été le pionnier de l’étude de leurs pathologies, a commencé à intensifier ses recherches, montrant au début des années 1900 que les eaux usées des grandes institutions comme les hôpitaux, les brasseries et les usines, ainsi que les petites municipalités pouvaient théoriquement être traitées par des étangs à poissons. Il a même été plus loin en « osant » proposer un tel système pour une ville aussi grande que Munich, notion peut-être considérée comme farfelue à l’époque.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/sprinkler-fish-pond_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Un arroseur introduisant des eaux usées en traitement secondaire, diluées avec de l&amp;amp;rsquo;eau de rivière, dans un étang à poissons alimenté en eaux usées à Munich, en Allemagne. Source: Edwards, 2005. [^15]&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Un arroseur introduisant des eaux usées en traitement secondaire, diluées avec de l&#39;eau de rivière, dans un étang à poissons alimenté en eaux usées à Munich, en Allemagne. Source: Edwards, 2005. [^15] 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1929 cependant, après plusieurs mises en œuvre réussies de la conception de Hofer à travers toute l’Allemagne, Munich a construit son propre système de traitement piscicole des eaux usées, qui a desservi l’ensemble de la ville jusqu’aux années 1990. Il s’agissait à l’époque du plus grand système de ce type à travers le monde, initialement conçu pour traiter les eaux usées de 500 000 personnes. Le système était si efficace que l’eau quittant les étangs, entièrement traitée, était comparable à l’eau naturelle en termes de qualité et de niveaux en nutriments. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;de-nombreuses-applications&#34;&gt;De nombreuses applications&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme ces exemples l’illustrent, l’aquaculture alimentée en eaux usées est une solution à de nombreux problèmes interdépendants. Elle traite les déchets - provenant de l’agriculture, de l’élevage et des villes - et recycle ces nutriments dans le système par le biais de la production alimentaire et agricole. Elle réduit les niveaux d’azote et de phosphore dans l’eau, empêchant l’eutrophisation plus en aval et réutilise l’eau disponible, ce qui ralentit son cycle et reconstitue les nappes phréatiques. Elle réduit en plus les quantités d’intrants inutiles tels que les engrais chimiques, les phosphates et les aliments pour poissons à forte intensité énergétique. Enfin, elle crée des emplois et
une source de revenus, particulièrement nécessaires dans les pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel fertilisant des eaux usées justifierait à lui seul de développer des systèmes permettant leur réutilisation. Par exemple, une étude a estimé qu’en l’an 2000, l’ensemble des eaux usées produites chaque jour en Inde équivalaient à 2 000 000 $ en engrais. &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En d’autres termes, l’Inde jette chaque jour plusieurs millions de dollars aux toilettes. Des étangs piscicoles alimentés par ces rejets seraient d’une grande aide pour capter cette richesse. Les scientifiques ont découvert, peut-être contre-intuitivement, que les étangs piscicoles alimentés par les égouts pouvaient en fait être particulièrement utiles dans les pays arides, où l’eau est rare, en réutilisant les eaux usées
pour la production de protéines. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les étangs piscicoles ne devraient pas être uniquement destinés à un usage productif. Ils peuvent être intégrés dans des zones humides et des zones de conservation, pour la pêche récréative, le tourisme ou des sites éducatifs. Ils offrent des opportunités pour améliorer la biodiversité et rendre la vie urbaine plus ancrée dans la nature.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les étangs piscicoles ne devraient pas être uniquement destinés à un usage productif. Ils peuvent être intégrés dans des zones humides et des zones de conservation, pour la pêche récréative, le tourisme ou des sites éducatifs&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une autre raison pour laquelle les étangs piscicoles alimentés en eaux usées continuent d’être pertinents est qu’ils présentent un faible coût et un bas niveau de sophistication (low-cost et low-tech) et sont donc faciles à mettre en œuvre. Alors que de nos jours les systèmes de haute technologie (high-tech) et à hauts niveaux d’intrants comme la culture hydroponique, l’agriculture
verticale et l’agriculture automatisée bénéficient de beaucoup d’échos dans la presse, le fait est que la majorité des agriculteurs du monde ont peu ou pas d’accès au capital et dépendent de petits systèmes - cependant durables pour la plupart - pour nourrir une part gigantesque (70 %) de la population mondiale. &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les étangs piscicoles alimentés par les égouts offrent une source de
subsistance à faible risque financier pour ces petits agriculteurs. &lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De même, lorsqu’ils sont développés au niveau municipal, ils offrent aux petites villes, villages et communautés pauvres en ressources la possibilité de couvrir les coûts du traitement des eaux usées, ainsi que de générer des emplois locaux et d’améliorer l’assainissement. &lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;pourquoi-ne-le-voit-on-pas-partout&#34;&gt;Pourquoi ne le voit-on pas partout ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgré de nombreux avantages, la plupart des systèmes d’aquaculture alimentés en eaux usées ont été totalement arrêtés ou sont en déclin. Alors, que s’est-il passé ? La première raison possible, et celle que la plupart des gens pourraient soulever, est le « facteur beurk ». Cela peut-être assurément trop dégoûtant pour la plupart des gens de manger du poisson issu d’excréments. Mais dans l’ensemble, là n’était pas le problème : la surprenante acceptation par les consommateurs de poissons nourris avec des excréments est une constante dans des résultats de recherche sur les étangs piscicoles urbains.&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, environ 10 % de la population mondiale consomme probablement déjà des aliments irrigués par des eaux usées. &lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Même dans l’Union européenne où les réglementations agricoles sont réputées strictes, de nombreux agriculteurs appliquent déjà des boues d’épuration sur leurs champs — mais
les consommateurs européens ne semblent pas trop s’en soucier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/tilapia_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Tilapia.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Tilapia. 
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&lt;/div&gt;
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&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/CATFISH_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Poisson-chat vietnamien.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Poisson-chat vietnamien. 
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/Common_carp_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Carpe commune.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Carpe commune.  
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La deuxième raison possible de leur déclin est qu’ils ne sont pas sûrs. En effet, c’est le point auquel on doit faire le plus attention lors de la conception d’un traitement des eaux usées. Il existe des preuves solides montrant que le traitement des eaux usées dans les étangs piscicoles peut être aussi sûr que les méthodes conventionnelles. Certaines des preuves les plus solides proviennent d’une expérience à l’échelle d’une ville menée dans les années 1980 à Lima, au Pérou, parrainée par la Banque Mondiale (World Bank) et le Projet de développement des Nations Unies (United Nations Development Project). Les agences d’aide ont travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement de la ville pour concevoir un site de traitement des eaux usées aquaponique à grande échelle. &lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site consistait en une « preuve de concept » (proof-of-concept), de la taille d’une ville. De très nombreuses prises de données ont été réalisées au cours de ses deux décennies d’exploitation, ajustant différentes variables tout au long de la durée de vie du projet et contrôlant les changements de
volume des eaux usées et des conditions météorologiques. Il a été constaté de manière assez concluante que le traitement des eaux usées à base de poisson n’était pas seulement une alternative viable et bon marché pour les pays à faibles revenus, mais répondait également aux directives très strictes d’assainissement de l’eau de l’Organisation mondiale de la santé (World Health Organization, WHO). Les poissons ont également été testés pour la consommation humaine. Dans les trois essais, 100 % des poissons testés ont été évalués « très bon » en termes de niveaux de sécurité. &lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cet exemple n’est pas le seul : de nombreuses études ont ainsi estimé que les poissons élevés dans des étangs alimentés en eau d’égouts étaient sûrs. &lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;plus-quun-simple-évier-qui-fuit&#34;&gt;Plus qu&amp;rsquo;un simple évier qui fuit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ce n’était pas le « facteur beurk » ou la sécurité, alors quoi ? À Hanoï, le potentiel des étangs piscicoles alimentés par les égouts n’était pas pleinement reconnu et le développement périurbain dans les années 1990 a commencé à empiéter sur ces étangs. À la fin de l’ère communiste, les terres près de la ville sont devenues de plus en plus précieuses et les étangs ont été remplis pour la construction de logements. Les eaux usées se sont mélangées à des effluents industriels non traités, ce qui a rendu de grandes quantités d’eaux usées toxiques pour les poissons et a ainsi incité les agriculteurs à se tourner vers des aliments en grains, alors de plus en plus disponibles à mesure que le marché intérieur vietnamien s’ouvrait au commerce extérieur. &lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Aujourd’hui, Hanoï ne traite que 22 % de ses eaux usées, le reste s’écoule directement dans ses systèmes fluviaux, et 180 000 mètres cubes d’eaux usées sont déversés chaque jour dans la rivière To Lich, la même rivière qui
desservait les étangs piscicoles. &lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition des étangs piscicoles en Allemagne peut également être largement attribuée à la croissance urbaine. Au fur et à mesure que les villes se développaient, les zones périurbaines - où les étangs à poissons devaient nécessairement être placés pour être proches des conduites d’égout et des sources d’eau douce - sont devenues de plus en plus précieuses. Sous la pression de la flambée des prix de l’immobilier, de la diminution de la disponibilité des terres, des coûts élevés de la main-d’œuvre, ainsi que de la baisse des retours sur investissement, alors que la pisciculture nationale devait concurrencer les marchés internationaux, les gouvernements ont inévitablement choisi de fermer les étangs piscicoles ou de les convertir en bassins d’épuration plus conventionnels. Même à Munich, le plus grand système d’Allemagne, la gestion était coûteuse et de moins en moins attrayante pour la municipalité. Les étangs piscicoles de Munich ont finalement été convertis en réserve naturelle, où les oiseaux migrateurs viennent se reposer. La production de poisson n’est plus son objectif principal et l’estuaire n’absorbe qu’un faible pourcentage des eaux usées de Munich. &lt;sup id=&#34;fnref2:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/kolkata2005_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Les zones humides de l&amp;amp;rsquo;est de Kolkata en 2005. Source: Google Earth.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image: Les zones humides de l&#39;est de Kolkata en 2005. Source: Google Earth. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/03/urban-fish-ponds-low-tech-sewage-treatment-for-towns-and-cities/images/dithers/kolkata2019_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Les zones humides de l&amp;amp;rsquo;est de Kolkata en 2019. Source: Google Earth.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image: Les zones humides de l&#39;est de Kolkata en 2019. Source: Google Earth. 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le système de Kolkata est toujours opérationnel, mais souffre de symptômes similaires. À leur apogée, les étangs piscicoles des zones humides de l’est de Kolkata atteignaient 12 000 hectares. Ce chiffre est tombé à 4 000 hectares en raison de l’avancée du développement urbain. Toujours à Kolkata, les travailleurs ont du mal à gérer les effluents industriels – comme ceux de l’importante industrie de tannage du cuir - qui sont toxiques pour les poissons et qui sont déversés sans discernement dans le système municipal d’assainissement. &lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Heureusement, contrairement au gouvernement
de Hanoï, la ville de Kolkata et le gouvernement indien ont reconnu l’importance de ce système et mis en place une série de réglementations pour le protéger de tout développement ultérieur. Cependant, le développement immobilier à caractère informel et illégal - où les promoteurs remblaient les étangs pendant la nuit puis construisent dessus, forçant les agriculteurs à abandonner le site - érode lentement les zones humides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal moteur de leur disparition est donc l’expansion urbaine vers les périphéries. Ceci est largement dû à la spéculation mondiale sur l’immobilier, qui constitue aujourd’hui 60 % de tous les investissements en capital. &lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Lorsqu’ils ont le choix entre vendre des terres périurbaines au plus offrant ou associer traitement des eaux usées et production de poisson, la plupart des responsables n’hésitent pas : les étangs piscicoles doivent disparaître ! Une deuxième raison est la forte prévalence de produits chimiques toxiques dans nos systèmes aquatiques, qui sont trop concentrés pour être absorbés par les écosystèmes et les systèmes aquacoles. Il nous faut nous demander s’il vaut vraiment la peine d’autoriser ces produits s’ils nous empêchent de combler le fossé écologique entre nos constructions et leur environnement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les systèmes naturels moins bien ordonnés sont souvent décriés comme arriérés et primitifs, alors qu&amp;rsquo;ils peuvent en fait être bien plus appropriés et durables que les « solutions » énergivores et réplicables à l’envie promues par de nombreux dirigeants et ingénieurs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une troisième raison est le coût relativement bon marché des combustibles fossiles. Dans la plupart des pays industrialisés, il est beaucoup plus rationnel de choisir des plans de traitement des eaux usées avec une faible empreinte au sol, mais une empreinte carbone importante. Dans un monde où l’énergie est bon marché, les coûts environnementaux peuvent être poussés de plus en plus en aval. Mais ils finiront par nous revenir dessus, et le font déjà. Enfin, facteur important que nous ne devrions pas ignorer : le parti pris de nos dirigeants et des ingénieurs de métier contre les systèmes désordonnés et biologiques comme celui de l’aquaculture alimentée en eaux usées. Ces solutions de faible technologie (low-tech) sont souvent décriées dans la culture populaire comme étant rétrogrades et primitives, alors qu’elles peuvent en fait être bien plus appropriées et durables que les « solutions » énergivores et réplicables à l’envie promues par de nombreux dirigeants et ingénieurs. &lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune de ces raisons pointe vers un problème plus profond : l’incapacité de notre économie à valoriser les bonnes choses. Comme tant de solutions durables aujourd’hui, et beaucoup de celles discutées sur notre site Web, les étangs piscicoles alimentés en eaux usées souffrent du problème
« vous ne pouvez pas changer tel aspect sans changer tout le système ». Ces systèmes sont contraints par la spéculation immobilière mondiale, les substances chimiques toxiques dans nos produits alimentaires et ménagers, les contaminations industrielles, le bas prix du carburant et l’idée profonde
que les humains sont séparés des écosystèmes desquels ils dépendent. À la racine de tout cela réside un système de valeur qui n’est pas conforme à nos besoins écologiques en tant qu’espèce et en tant que membre de la communauté des vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les étangs à poissons constituent un moyen low-tech, peu coûteux, sûr et durable pour réparer « l’évier qui fuit » de notre société. Mais lorsqu’on se penchera pour réparer, il se peut qu’on découvre bien d’autres problèmes à résoudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/author/aaron-vansintjan.html&#34;&gt;Aaron Vansintjan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci à Henning Fehr pour avoir fait des recherches sur les systèmes d&amp;rsquo;étangs piscicoles en Allemagne, Michael DiGregorio pour m&amp;rsquo;avoir parlé du système vietnamien, Phuong Anh Nguyen pour les recherches supplémentaires et Geert Vansintjan pour m&amp;rsquo;avoir toujours inspiré.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, dans de nombreux pays développés, le traitement des eaux usées implique souvent une agitation automatique constante de grands bassins d&amp;rsquo;eau, un système difficile à entretenir et qui consomme beaucoup d&amp;rsquo;énergie. Alors que le traitement des eaux usées ne représente que 4 % de la consommation énergétique nationale aux États-Unis, il représente jusqu&amp;rsquo;à 50 % de la consommation énergétique des municipalités, une part importante de l&amp;rsquo;empreinte énergétique locale. Cela signifie que les villes pourraient en fait réduire considérablement leurs impacts énergétiques si elles passaient à des usines de traitement différentes. Voir &lt;a href=&#34;https://betterbuildingssolutioncenter.energy.gov/sites/default/files/Primer%20on%20energy%20efficiency%20in%20water%20and%20wastewater%20plants_0.pdf&#34;&gt;https://betterbuildingssolutioncenter.energy.gov/sites/default/files/Primer%20on%20energy%20efficiency%20in%20water%20and%20wastewater%20plants_0.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Il contribue également à un phénomène peu compris appelé assombrissement côtier, où nos fonds océaniques deviennent plus boueux et plus sombres, ce qui entraîne un albédo ou une réflectivité plus faible de la surface de la Terre, déclenchant à son tour un réchauffement global ainsi qu&amp;rsquo;une capacité réduite de la vie marine à recevoir la lumière du jour. &lt;a href=&#34;https://www.hakaimagazine.com/news/the-environmental-threat-youve-never-heard-of/&#34;&gt;https://www.hakaimagazine.com/news/the-environmental-threat-youve-never-heard-of/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwards, P. (2003) Philosophy, principles and concepts of integrated agri-aquaculture systems. In:  Gooley, G. J., &amp;amp; Gavine, F. M. (Eds.), Integrated agri-aquaculture systems: a resource handbook for Australian industry development. Rural Industries Research and Development Corporation.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwards, P. (2015). Aquaculture environment interactions: past, present and likely future trends. Aquaculture, 447, 2-14.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwards, P. (1996). Wastewater reuse in aquaculture: Socially and environmentally appropriate wastewater treatment for Vietnam. The ICLARM Quarterly, January.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Mukherjee, J. (2020). Blue Infrastructures. Springer Singapore.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ho, L., &amp;amp; Goethals, P. L. (2020). Municipal wastewater treatment with pond technology: Historical review and future outlook. Ecological Engineering, 148, 105791.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwards, P. (2009). Traditional asian aquaculture. In New Technologies in Aquaculture (pp. 1029-1063). Woodhead Publishing.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Un terme attribué à Dhrubajyoti Ghosh, un militant de premier plan pour les zones humides de l&amp;rsquo;est de Kolkata.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Banerjee, S., &amp;amp; Dey, D. (2017). Eco-system complementarities and urban encroachment: A SWOT analysis of the East Kolkata Wetlands, India. Cities and the Environment (CATE), 10(1), 2.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kumar, D., Chaturvedi, M.K., Sharma, S.K. and Asolekar, S.R., 2015. Sewage-fed aquaculture: a sustainable approach for wastewater treatment and reuse. Environmental monitoring and assessment, 187(10), pp.1-10.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lightfoot, C., Bimbao, M.A.P., Dalsgaard, J.P.T. and Pullin, R.S., 1993. Aquaculture and sustainability through integrated resources management. Outlook on Agriculture, 22(3), pp.143-150.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Datta, S. (2006). Waste Water Management Through Aquaculture. Journal of Environmental Management. 1. 339-350.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Mukherjee, J. (2020) citing Dhrubajyoti Ghosh.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Prein, M. (1988, December). Wastewater-fed fish culture in Germany. In Edwards, P. and Pullin, RSV Wastewater-Fed Aquaculture. Proceedings of the Internation al Seminar on Wastewater reclamation and Reuse for Aquaculture, Calcut ta, India (pp. 6-9).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Un problème avec les étangs piscicoles en Allemagne était la grande variabilité de la météo. Moins de soleil à l&amp;rsquo;automne et au printemps signifiait que la production d&amp;rsquo;algues était beaucoup plus faible, ce qui a eu un impact sur la croissance des poissons et la capacité du système à traiter les eaux usées à des taux constants. Pendant les mois d&amp;rsquo;hiver, les étangs gèlent souvent, ce qui entraîne des carences en oxygène et la mort des poissons. Comme le rayonnement solaire peut fluctuer tout au long de la journée, les étangs piscicoles nécessitent une gestion quotidienne pour équilibrer la croissance des poissons, la croissance des algues, l&amp;rsquo;élimination des nutriments et le trop-plein d&amp;rsquo;eaux usées qui entraîneraient la mort des poissons.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Calculé à l&amp;rsquo;aide du taux de change de la roupie indienne par rapport au dollar américain en 2000, ajusté par l&amp;rsquo;auteur pour tenir compte de l&amp;rsquo;inflation de l&amp;rsquo;USD en 2021 à partir des données fournies par Jana, B. B., Heeb, J., &amp;amp; Das, S. (2018). Ecosystem Resilient Driven Remediation for Safe and Sustainable Reuse of Municipal Wastewater. In Wastewater management through aquaculture (pp. 163-183). Springer, Singapore.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;En Israël, par exemple, les colonies de kibboutzim du milieu du siècle, dont les eaux souterraines étaient souvent limitées, ont expérimenté dans les années 1960 la réutilisation des eaux usées pour la production de poisson. En Égypte, le gouvernement a misé sur l&amp;rsquo;aquaculture alimentée en eaux usées, dans une tentative d&amp;rsquo;augmenter la production domestique de protéines et de maximiser l&amp;rsquo;utilisation de l&amp;rsquo;eau. &lt;sup id=&#34;fnref2:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Voir aussi Kolkovsky, S., Hulata, G., Simon, Y., Segev, R., &amp;amp; Koren, A. (2003). Intégration des systèmes d&amp;rsquo;agro-aquaculture, l&amp;rsquo;expérience israélienne. In:  Gooley, G. J., &amp;amp; Gavine, F. M. (Eds.), Integrated agri-aquaculture systems: a resource handbook for Australian industry development. Rural Industries Research and Development Corporation.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;El-Zohri, M., Hifney, A. F., Ramadan, T., &amp;amp; Abdel-Basset, R. (2014). Use of Sewage in Agriculture and Related Activities. In: Pessarakli, M. (Ed.), Handbook of plant and crop physiology. CRC Press.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne au 20e siècle, les consommateurs ont d&amp;rsquo;abord rejeté ces poissons, mais les municipalités se sont lancées dans des campagnes de communication publique pour convaincre les gens du contraire. &lt;sup id=&#34;fnref3:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À Lima, au Pérou, des chercheurs ont mené une étude pour savoir si le poisson était accepté par les consommateurs sur les marchés et ont été surpris de découvrir que les gens n&amp;rsquo;étaient pas si dérangés lorsqu&amp;rsquo;ils ont découvert d&amp;rsquo;où venait le poisson. &lt;sup id=&#34;fnref1:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À Calcutta également, les poissons nourris à l&amp;rsquo;égout constituent toujours 40 % du marché local de poisson, même lorsque les consommateurs disposent d&amp;rsquo;alternatives.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;WHO (2015) Sanitation. Fact sheet no. 392. World Health Organization, Geneva&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cointreau, S. J. (1990). Aquaculture with treated wastewater: A status Report on studies conducted in Lima, Peru. Applied Research and Technology (WUDAT), Technical Note No. 3. The World Bank Water Supply and Urban Development Department: p. 1-56.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dans un quatrième essai, seulement 6 % ont été classés comme « inacceptables », mais c&amp;rsquo;était parce que le rapport eaux usées/eau avait été délibérément augmenté au-dessus du niveau acceptable, pour imiter un « accident ». Pourtant, ces mêmes poissons ont ensuite été classés comme « très bons » lorsque le niveau des eaux usées a diminué durant les 30 jours suivants. Cela montre que même en cas d&amp;rsquo;accident, le poisson peut facilement récupérer et être propre à la consommation. Voir UNEP International Environmental Technology Centre. (2002). Environmentally Sound Technologies for Wastewater and Stormwater Management: an International Source Book (Vol. 15). International Water Assn.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les ressources sont insuffisantes pour intégrer les exigences sanitaires dans le système, les chercheurs recommandent que le nettoyage, la découpe et l&amp;rsquo;emballage soient effectués dans des conditions sanitaires, afin que les muscles du poisson ne risquent pas d&amp;rsquo;être contaminés par des agents pathogènes sur la peau ou dans les intestins. Il est également recommandé de bien cuire le poisson - et à Kolkota, la cuisine locale n&amp;rsquo;inclut heureusement pas de poisson cru. Une autre proposition consiste à transférer le poisson dans des étangs d&amp;rsquo;eau propre deux semaines avant la récolte ; cela réduit à la fois le risque de présence d&amp;rsquo;agents pathogènes dans les muscles et les intestins du poisson, et aide à éliminer les possibles odeurs désagréables. Edwards P. (1990) Reuse of human excreta in aquaculture: A state-of-the-art review. Draft Report. World Bank, Washington DC. Et en ce qui concerne la présence de produits chimiques toxiques, il existe également de bonnes preuves pour montrer qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;agit pas d&amp;rsquo;un problème important. Cependant, cela dépend des conditions locales. Par exemple, les habitants des pays industrialisés utilisent beaucoup plus de détergents et de produits pharmaceutiques qui peuvent avoir un impact sur le poisson. Cela comprend une large catégorie de toxines appelées « contaminants émergents » qui se trouvent dans de nouveaux produits comme les produits de beauté et certains produits pharmaceutiques. Il y a eu peu d&amp;rsquo;études récentes dans les pays industrialisés sur les effets de ces produits sur les poissons nourris avec des eaux usées, en grande partie parce que ces systèmes avaient été en grande partie éliminés au moment où ces produits ménagers sont devenus plus courants au cours des cinquante dernières années. &lt;sup id=&#34;fnref3:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Edwards, P. (2004). Decline of wastewater-fed aquaculture in Hanoi. Aquaculture Asia, Volume IX (4, October-December): 13-14.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hoan, V. Q., &amp;amp; Edwards, P. (2005). Wastewater reuse through urban aquaculture in Hanoi, Vietnam: status and prospects. Urban aquaculture. CABI International, Wallingford, 103-117.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;Saigoneer (2019). Only 13% of Vietnam&amp;rsquo;s Urban Sewage Is Treated Before Discharge. The Saigoneer. &lt;a href=&#34;https://www.saigoneer.com/saigon-environment/17571-only-13-of-vietnam-s-urban-sewage-is-treated-before-discharge&#34;&gt;https://www.saigoneer.com/saigon-environment/17571-only-13-of-vietnam-s-urban-sewage-is-treated-before-discharge&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kiet, Anh. (2019). No technology can radically clean Hanoi&amp;rsquo;s polluted river if sewage not treated: Mayor. Hanoi News. &lt;a href=&#34;http://hanoitimes.vn/no-technology-can-clean-hanois-heavily-polluted-river-if-people-keep-pouring-sewage-into-it-mayor-300420.html&#34;&gt;http://hanoitimes.vn/no-technology-can-clean-hanois-heavily-polluted-river-if-people-keep-pouring-sewage-into-it-mayor-300420.html&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bunting, S. W. (2007). Confronting the realities of wastewater aquaculture in peri-urban Kolkata with bioeconomic modelling. Water Research, 41(2), 499-505.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Jana, B. B. (1998). Sewage-fed aquaculture: the Calcutta model. Ecological Engineering, 11(1-4), 73-85.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;Stein, S. (2019). Capital city: Gentrification and the real estate state. Verso Books.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;Mara, D. (2013). Domestic wastewater treatment in developing countries. Routledge.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
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    </item>
    
    <item>
      <title>Les soins de santé high-tech sont-ils écologiquement durables ?</title>
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      <pubDate>Thu, 18 Feb 2021 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/the-surgeon_dithered.png&#34; alt=&#39;Le chirurgien, un tableau de David Teniers, années 1670.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Le chirurgien, un tableau de David Teniers, années 1670. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;lempreinte-environnementale-du-secteur-de-la-santé&#34;&gt;L&amp;rsquo;empreinte environnementale du secteur de la santé&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les soins de santé sont l&amp;rsquo;un des secteurs économiques les plus importants dans les pays riches, mais leur empreinte environnementale a été peu documenté et est souvent négligée. La plupart des recherches sur les soins de santé durables datent de moins de cinq ans. Une publication de 2019 a calculé que le secteur représente de 2 à 10 % des empreintes carbone nationales dans tous les pays de l&amp;rsquo;OCDE, en Chine et en Inde, en moyenne 5,5 % dans l&amp;rsquo;ensemble. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces données concernent l’année 2014, époque à laquelle les soins de santé de ces 36 pays réunis étaient alors responsables de 1,6 Gt d’émissions de gaz à effet de serre. Cela correspond à 4,4 % des émissions totales mondiales cette année-là (35,7 Gt) – soit presque le double de l’aviation. Les États-Unis ont le système de soins de santé le plus carboné, représentant jusqu’à 10 % des émissions nationales. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Il produit également 9 % de la pollution atmosphérique nationale, 12 % des pluies acides et 10 % de la formation de
smog au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’empreinte environnementale du secteur de la santé ne cesse d’augmenter. Par exemple, aux États-Unis, les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur ont augmenté de 30 % entre 2003 et 2013. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cette augmentation des émissions va de pair avec une augmentation des dépenses – en fait, les émissions sont souvent calculées en fonction des dépenses. Aux États-Unis, les dépenses nationales de santé en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) sont passées de 3 % en 1930, à 5 % en 1960, 10 % en 1983, 15 % en 2002 et 17,7 % en 2019. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans l’UE, les dépenses de santé par habitant ont plus que doublé entre 2000 et 2018 et les dépenses totales représentent désormais 9,9 % du PIB. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si le monde entier devait copier le système de santé américain, l&amp;rsquo;empreinte carbone mondiale de ce secteur atteindrait environ 16 GtCO2e, soit près de la moitié du total des émissions mondiales en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les 36 pays dont les systèmes de soins sont responsables des 4,4 % des émissions mondiales ne comptent que 54 % de la population mondiale. Les 46 % des gens restants produisent peu ou pas d’émissions liées aux soins de santé car ils n’y ont pas accès. Si nous devions étendre à l’échelle mondiale le système de soins de santé de l’OCDE, la Chine et l’Inde réunis, les émissions doubleraient pour atteindre environ 8 % du total mondial. En outre, il existe de très grandes différences entre ces 36 pays. Si le monde entier devait copier le système de santé américain, l&amp;rsquo;empreinte carbone mondiale de ce secteur atteindrait environ 16 GtCO2e, soit près de la moitié du total des émissions mondiales en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;eclairages-intenses-équipements-médicaux-puissants&#34;&gt;Eclairages intenses, équipements médicaux puissants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les soins de santé modernes sont-ils si gourmands en ressources ? &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Tout d’abord, les hôpitaux modernes sont de gros consommateurs d’énergie, principalement en raison des consommations électriques importantes des appareils médicaux, de l’éclairage, de la ventilation et de la climatisation. &lt;sup id=&#34;fnref2:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans les salles d’opération, la forte consommation d’énergie
est principalement due à l’utilisation de projecteurs d’éclairage intenses et à un traitement de l’air de ventilation pour le rendre ultra propre. Dans les unités de soins intensifs et les services d’imagerie médicale, les équipements médicaux dominent la consommation électrique. &lt;sup id=&#34;fnref1:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/operating-room_dithered.png&#34; alt=&#39;Salle d&amp;amp;rsquo;opération à la pointe de la technologie. iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Salle d&#39;opération à la pointe de la technologie. iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/MRI-scanner-3T_dithered.png&#34; alt=&#39;Un scanner IRM à Taipei, Taiwan (2006). Image: Kasuga Huang (CC BY-SA 3.0).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Un scanner IRM à Taipei, Taiwan (2006). Image: Kasuga Huang (CC BY-SA 3.0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme tant d’autres secteurs de la société moderne, les soins de santé en sont venus à dépendre de toutes sortes de machines et d’appareils. &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Certains de ces équipements médicaux consomment beaucoup d’électricité. Par exemple, un scanner IRM (Imagerie à Résonnance Magnétique), l’une
des technologies d’imagerie médicale les plus avancées, peut consommer autant d’électricité que plus de 70 ménages européens moyens. Une étude réalisée en 2020 a calculé que les technologies d’imagerie médicale de pointe (scanners IRM et CT) étaient responsables de 0,77 % des émissions mondiales de carbone en 2016. &lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation d’énergie des petits équipements médicaux est peu étudiée, mais un inventaire de deux hôpitaux américains a montré qu’ils comptaient respectivement 14 648 et 7 372 appareils consommateurs d’énergie, dont des pompes à perfusion consommant à elles seules plus d’électricité qu’un scanner IRM. &lt;sup id=&#34;fnref1:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La forte densité d’équipements médicaux augmente également la consommation d’électricité de la climatisation dans les hôpitaux. &lt;sup id=&#34;fnref2:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;utilisation-des-ressources-le-long-de-la-chaîne-dapprovisionnement&#34;&gt;Utilisation des ressources le long de la chaîne d&amp;rsquo;approvisionnement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une quantité encore plus importante d’énergie – environ 60 % du total – est utilisée indirectement le long de la chaîne d’approvisionnement. &lt;sup id=&#34;fnref1:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cela concerne l’achat d’équipements médicaux, de produits pharmaceutiques et d’autres produits liés au soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d’abord, des dispositifs médicaux utilisés, en nombre toujours plus grand dans les hôpitaux, doivent être fabriqué et mis sur le marché. Cela nécessite des activités telles que l’extraction de ressources, la construction et le fonctionnement de laboratoires de recherche mais aussi d’usines et de véhicules de transport. Cette « énergie grise » (intrinsèque) de la chaîne d’approvisionnement en équipements médicaux a été très peu étudiée. Des résultats de recherche montrent que la fabrication d’un scanner IRM nécessite plus de la moitié des combustibles fossiles utilisés pour la production d’un avion de ligne et que cette énergie grise représente un tiers de la consommation
totale d’énergie de l’appareil. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soins de santé modernes sont également très dépendants des produits pharmaceutiques, représentant entre 10 et 25 % des émissions totales des soins de santé, selon le pays. &lt;sup id=&#34;fnref1:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une étude de 2019 a révélé que l’industrie pharmaceutique mondiale produisait plus de gaz à effet de serre que
l’industrie automobile : 52 MtCO2 contre 46 MtCO2. &lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, il n’existe pratiquement aucune donnée sur l’empreinte environnementale de produits pharmaceutiques spécifiques, car les entreprises gardent leurs secrets, empêchant les scientifiques de réaliser des analyses de cycle de vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/pharma-lab_dithered.png&#34; alt=&#39;Laboratoire de fabrication pharmaceutique. Source: iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Laboratoire de fabrication pharmaceutique. Source: iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/gloves-production_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaîne de production de gants en caoutchouc. Source: iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chaîne de production de gants en caoutchouc. Source: iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/mask-production_dithered.png&#34; alt=&#39;Chaîne de production de masques faciaux. Source: iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chaîne de production de masques faciaux. Source: iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les produits jetables à usage unique sont une autre source de consommation d’énergie et de pollution dans le secteur de la santé. &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ces produits sont portés par le personnel médical et les patients (masques, gants, couvre-chaussures, chapeaux, draps, blouses). Les serviettes, les lavabos, les emballages plastiques stériles et les ustensiles tels que les seringues, les manches et les lames de laryngoscopes, les circuits respiratoires d’anesthésie et même les instruments chirurgicaux sont également fournis à usage unique. Ils sont distribués aux hôpitaux dans ce que l’on appelle des emballages personnalisés, qui sont des ensembles de produits stériles préemballés pour toute procédure médicale spécifique imaginable. En principe, dès qu’un emballage est ouvert, tous les articles sont jetés, même s’ils n’ont pas été utilisés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque ces pratiques sont remises en question, c’est souvent pour les déchets hospitaliers qu’elles génèrent – un patient moyen dans un hôpital produisant au moins 10 kg de déchets par jour. &lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, l’empreinte environnementale augmente considérablement si l’on tient également compte de l’énergie grise et des déchets de la chaîne d’approvisionnement pour la fabrication de ces produits jetables. Une étude sur la chirurgie de la cataracte au Royaume-Uni – la cataracte étant la principale cause de cécité dans le monde – montre que la fabrication de matériaux jetables représente plus de
la moitié de l’empreinte carbone totale de la procédure. &lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;anesthésiques-et-vaccins&#34;&gt;Anesthésiques et vaccins&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, certains médicaments spécialisés sont également source d’émissions. Les anesthésiques par inhalation, qui endorment le système nerveux central et constituent la pierre angulaire de la chirurgie, sont de puissants gaz à effet de serre qui s’évaporent dans l’atmosphère après avoir été inhalés par le patient (évacués à l’extérieur par les systèmes de ventilation énergivores des salles d’opération modernes). &lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Maintenir un adulte de 70 kg en état d’anesthésie pendant une heure produit de 25 kg (avec l’isoflurane) à 60 kg (avec le desflurane) d’équivalents CO2, ce qui correspond aux émissions d’une voiture européenne moyenne (121 gCO2/km) pendant 200 à 500 km (ou à conduire pendant environ 4 heures). &lt;sup id=&#34;fnref2:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inhalateurs à dose pressurisée, qui sont utilisés pour traiter l’asthme et les maladies pulmonaires obstructives chroniques, libèrent également de puissants gaz à effet de serre. Dans le monde, environ 800 millions d’inhalateurs à dose pressurisée sont fabriqués chaque année, avec une empreinte carbone totale correspondant aux émissions annuelles de plus de 12 millions de voitures. &lt;sup id=&#34;fnref1:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les vaccins sont un autre élément-clé des soins de santé modernes. Ils génèrent des émissions de carbone non seulement à travers leur développement et leur production, mais aussi de par leur distribution gourmande en ressources qui implique une chaîne du froid spécifique (dont
l’empreinte environnementale n’est que peu quantifiée, je n’ai pu trouver aucune source en traitant).&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;empreinte-carbone-des-procédures-médicales&#34;&gt;Empreinte carbone des procédures médicales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les services de soins de santé impliquent d’habitude toutes les sources d’émissions que l’on a mentionnées : dispositifs médicaux, produits pharmaceutiques et matériaux jetables. Lorsque les émissions dans les hôpitaux et le long de la chaîne d’approvisionnement sont combinées, il devient possible de calculer l’empreinte environnementale des procédures médicales en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/cardiac-surgery_dithered.png&#34; alt=&#39;Salle d&amp;amp;rsquo;opération en chirurgie cardiaque, 2020. Source: iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Salle d&#39;opération en chirurgie cardiaque, 2020. Source: iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, des études au Royaume-Uni sur la chirurgie de la cataracte et celle de contrôle du reflux gastro-œsophagien ont estimé une empreinte carbone de 182 kg et 1 tonne d’émissions, respectivement, ce qui correspond à 1 517 km et 8 333 km en voiture. &lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La dialyse rénale, un traitement visant à remplacer la fonction rénale, produit de 1,8 à 7,2 tonnes d’émissions par patient et par an, ce qui correspond aux émissions de 15 000 à 60 000 km en voiture. &lt;sup id=&#34;fnref1:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-limites-du-bas-carbone-et-de-lefficacité-énergétique&#34;&gt;Les limites du bas carbone et de l’efficacité énergétique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que les données sur leur empreinte environnementale soient encore incomplètes, il semble assez clair que les soins de santé modernes ne sont pas compatibles avec une transition vers une société à faibles émissions de carbone. Toute la question est de savoir s’il est possible d’y remédier sans
diminuer les niveaux de soins, de soulagement de la douleur et de longévité auxquels les habitants des pays riches se sont habitués.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux efforts et études sur la durabilité des soins de santé visent à réduire la consommation d’énergie et les émissions sans affecter la qualité des traitements médicaux, souvent de manière explicite. Par exemple, les auteurs d’une étude réalisée en 2020 sur le système de santé autrichien écrivaient qu’il est « crucial de comprendre comment le secteur des soins de santé peut réduire ses émissions sans nuire à la qualité de ses services ». &lt;sup id=&#34;fnref2:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ailleurs, des chercheurs écrivent que « toute solution qui réduirait les impacts environnementaux tout en réduisant les performances ne pourrait être déployée ». &lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conséquent, de nombreux chercheurs ont tendance à se concentrer sur l’amélioration de l’efficacité carbone et énergétique. Ces stratégies visent à fournir les mêmes « performances » ou la même « qualité de service » mais avec moins d’énergie (grâce à des équipements moins énergivores) ou avec moins d’émissions de GES (grâce à plus d’énergies de sources renouvelables). &lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La qualité des traitements médicaux ne cesse de s&amp;rsquo;améliorer, entraînant une consommation d&amp;rsquo;énergie toujours plus élevée qui annule les gains en carbone et en énergie obtenus via l’efficacité.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le problème est que la qualité des traitements médicaux ne cesse de s’améliorer, entraînant une consommation d’énergie toujours plus élevée qui annule les économies résultant de progrès de l’efficacité énergétique et de la décarbonation. Par exemple, en 2012, des chercheurs ont calculé que les scanners IRM pouvaient être rendus 10 à 20 % plus efficaces sur le plan énergétique grâce à des changements relativement simples dans leur conception et leur fonctionnement. &lt;sup id=&#34;fnref1:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Certains des changements qu’ils ont proposés sont désormais utilisés, mais la consommation d’énergie des scanners IRM n’a pas diminué, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/medical-scientist_dithered.png&#34; alt=&#39;Scientifique travaillant sur la guérison des tumeurs cérébrales dans un centre de Recherche. Source: iStock.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Scientifique travaillant sur la guérison des tumeurs cérébrales dans un centre de Recherche. Source: iStock. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une première raison est que les scanners IRM sont désormais dotés d’une intensité de champ plus élevée (ce qui permet d’obtenir des images diagnostiques plus précises) et de trous de forage plus larges (ce qui améliore le confort du patient et permet de scanner des patients obèses ou à forte musculature). Ces innovations ont amélioré la qualité des soins, mais au prix d’une consommation d’énergie plus élevée. Dans l’étude de 2012, la consommation moyenne d’énergie par scan avant les améliorations de l’efficacité énergétique était de 15 kWh. Une étude de 2020 a mesuré une consommation d’énergie de 17 kWh et 23,6 kWh par balayage pour des scanners IRM avec un champ de 1,5 et 3 Teslas respectivement. &lt;sup id=&#34;fnref:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les scanners IRM dotés de meilleures capacités de diagnostic augmentent également la consommation d’énergie de manière inattendue, car les équipements médicaux, les produits pharmaceutiques et les traitements s’entre-définissent et se modifient mutuellement. &lt;sup id=&#34;fnref:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par exemple, les médecins avaient l’habitude de diagnostiquer un patient avec un examen physique et en lui posant des questions mais n’utilisaient des équipements médicaux que pour confirmer leur diagnostic, si nécessaire. Aujourd’hui, les diagnostics sont effectués en amont via des machines et déterminent le processus de décision, ce qui entraîne une augmentation du nombre de tests et de l’énergie consommée. L’introduction de nouveaux produits pharmaceutiques peut également favoriser des pratiques de diagnostic de plus en plus énergivores. Par exemple, certains médicaments contre le cancer sont désormais conçus pour traiter un sous-type de tumeur très spécifique, ce qui nécessite une
imagerie médicale de plus en plus précise pour identifier ce sous-type. &lt;sup id=&#34;fnref1:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’introduction de davantage d’énergie de sources renouvelables pourrait potentiellement réduire les émissions des soins de santé sur place et tout au long de la chaîne d’approvisionnement, mais comme la consommation d’énergie des traitements médicaux continue d’augmenter, ce résultat est peu probable. En outre, un calcul rapide montre que, même sans croissance supplémentaire de la consommation d’énergie, un système de santé américain neutre en carbone absorberait la totalité de la production américaine
d’énergie renouvelable – soleil, vent, hydroélectricité, bois, géothermie, biocarburants et déchets. &lt;sup id=&#34;fnref:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le défi est à peine moins important dans les autres pays riches. Enfin, une énergie renouvelable ne résoudrait pas tous les dommages environnementaux du secteur des soins de santé et n’éliminerait
même pas toutes ses émissions carbone.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-soins-de-santé-suffisants-&#34;&gt;Des soins de santé suffisants ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour réduire l’empreinte environnementale des soins de santé modernes, nous devons remettre en question la tendance à recourir à toujours plus de technologies et services énergivores. Il en va de même dans d’autres domaines de la vie courante. &lt;sup id=&#34;fnref1:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, même si pour certains les modes de vie frugaux et passés ont du charme voire de réels avantages (ex : niveau confort ou commodité), peu seraient tentés d’appliquer ces principes à la santé et à la longévité. Après tout, l’équivalent en matière de santé de voyager plus lentement ou de porter
un pull supplémentaire chez soi peut être de vivre moins longtemps, de souffrir davantage, ou d’être moins mobile les vieux jours venus. Par exemple, si nous arrêtions d’utiliser les scanners IRM ou si nous n’utilisions que ceux dont l’intensité de champ est de 1,5 Tesla, la précision moindre du diagnostic ferait que certains cancers ne seraient pas détectés, ce qui entraînerait une baisse du taux de survie au cancer et de l’espérance de vie moyenne. Du moins, c’est ce qu’il semble.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/barber-surgeon_dithered.png&#34; alt=&#39;Chirurgien-barbier extrayant une dent, un tableau d&amp;amp;rsquo;Adriaen van Ostade, 1630.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Chirurgien-barbier extrayant une dent, un tableau d&#39;Adriaen van Ostade, 1630. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l’on considère les soins de santé dans un contexte historique, il semble évident qu’il existe un lien puissant entre l’utilisation de technologies médicales énergivores d’une part, et la santé et la longévité d’une population d’autre part. Même en remontant moins d’un siècle en arrière, on constate
que les résultats en matière de santé et les taux de survie pour toutes sortes de maladies étaient beaucoup plus faibles et l’espérance de vie moyenne mondiale dans n’importe quel pays riche en 1950 plus basse comparée à aujourd’hui (72,6 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hôpitaux remontent à l’Antiquité, mais ils ne faisaient alors qu’accueillir les personnes ayant viré folles ou attendant la mort. Au Moyen Âge, la chirurgie se pratiquait chez les barbiers, où les « barbiers-chirurgiens » pratiquaient des saignées, des extractions de dents et des amputations, en plus des coupes de cheveux et des rasages habituels. Ils préparaient leurs propres anesthésiques à base d’herbes et d’alcool, qui pouvaient être tout aussi mortels que le traitement lui-même. &lt;sup id=&#34;fnref:36&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:36&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;36&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un regard sur les pays « en développement » d’aujourd’hui semble également suggérer un lien clair entre les émissions des soins de santé, qui sont très modestes, et l’espérance de vie, qui peut être de 20 à 30 ans inférieure à celle des pays riches. &lt;sup id=&#34;fnref:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:40&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:40&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:41&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:41&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;41&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si l’on creuse un peu plus, le lien entre la consommation d’énergie et la longévité n’est pas aussi immédiat qu’il n’y paraît. C’est ce que montre l’exemple des États-Unis, qui possèdent le système de soins le plus coûteux et le moins durable du monde, mais qui se classent derrière la plupart des pays européens pour l’indice d’accès et de qualité des soins de santé (qui mesure les taux de décès de 32 causes pouvant être évités par des soins efficaces). Les citoyens américains ont également une espérance de vie inférieure à celle des citoyens européens. Il est donc clair que d’autres facteurs entrent également en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-résistance-aux-maladies&#34;&gt;La résistance aux maladies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, la qualité d’un système de soins de santé n’est pas le seul déterminant de la santé et de la longévité. C’est là que l’Histoire a une leçon importante à nous donner. Les connaissances médicales remontant à l’Antiquité considéraient la santé de manière plus holistique et mettaient l’accent sur le développement de la résistance inhérente du corps aux maladies. Hippocrate, par exemple, souvent considéré comme le père de la médecine occidentale, prescrivait une mise au régime, la gymnastique, l’exercice, les massages, l’hydrothérapie et les bains de mer. &lt;sup id=&#34;fnref:42&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:42&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;42&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait arguer que nos ancêtres n’avaient pas d’autre choix que de se concentrer sur la prévention des maladies, car ils disposaient de peu de traitements. Cependant, la sagesse de leur approche est plus actuelle que jamais. Aujourd’hui, dans les sociétés à revenus élevés, de nombreux patients ont besoin d’un traitement médical en raison de ce que l’on appelle les maladies liées au mode de vie – celles causées par une alimentation pauvre ou excessive, un manque d’activité physique, le stress ou la toxicomanie. Les risques typiques pour la santé sont les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, la dépression, l’obésité, certains types de cancers et une plus grande vulnérabilité aux maladies infectieuses. La société industrielle nous a fournis des traitements médicaux efficaces, mais elle nous rend aussi malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que la santé et la longévité peuvent être promues par d’autres moyens qu’un système de soins de santé de plus en plus gourmand en ressources. En agissant sur les déterminants plus généraux de la santé et de la longévité, nous pourrions passer d’une médecine curative à une médecine
préventive. &lt;sup id=&#34;fnref3:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La médecine préventive ne se résume pas à des incitations gouvernementales à ne pas fumer (pour ensuite encaisser l’argent des taxes sur les ventes de cigarettes). Elle concerne plutôt des changements systémiques qui vont au-delà du seul changement de comportement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/cars-health_dithered.png&#34; alt=&#39;Heure de pointe à São Paulo, Brésil, 2005. Domaine publique.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Heure de pointe à São Paulo, Brésil, 2005. Domaine publique. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, une réduction significative de l’utilisation des voitures dans nos sociétés apporterait un nombre étonnamment élevé d’avantages pour la santé, qui réduiraient le besoin de traitements médicaux énergivores. Cela réduirait les dommages causés par les accidents de la route ainsi que par la pollution atmosphérique et sonore. Les gens seraient plus actifs physiquement (ce qui préviendrait de nombreuses maladies liées aux modes de vie trop sédentaires) et cela libérerait beaucoup d’espaces publics où les gens pourraient se réunir, où les enfants pourraient jouer et où les arbres pourraient (re)pousser (autant de facteurs importants pour la santé mentale d’une population). La réduction
des émissions de gaz à effet de serre produite par une moindre utilisation de la voiture contrebalancerait facilement les émissions du système de santé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer à un système de production alimentaire plus sain, s’attaquer aux dommages environnementaux causés par l’industrie du plastique, réduire la pauvreté et les inégalités sociales, introduire des horaires de travail plus courts et des emplois plus valorisants sont d’autres exemples de médecine
préventive. Nous n’avons pas atteint aujourd’hui une espérance de vie plus élevée uniquement grâce à de meilleurs systèmes de santé. Nous l’avons également obtenue grâce à l’amélioration de l’éducation, de l’hygiène, des règles de sécurité civile et routière, des systèmes de protection sociale, de la
lutte contre la criminalité et d’un approvisionnement alimentaire plus fiable. La faible espérance de vie moyenne dans les pays pauvres est en partie due à ces facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La médecine préventive permettrait également de réduire les dommages causés à la santé par les traitements médicaux eux-mêmes. Il s’agit des dégâts sanitaires résultant des erreurs médicales ou des effets secondaires des produits pharmaceutiques et, plus indirectement, de la pollution générée
par le secteur des soins médicaux. Par exemple, la pollution atmosphérique générée par les services de santé contribue à la prévalence de l’asthme, qui augmente à son tour la demande de soins. Le changement climatique et les autres atteintes à l’environnement menacent les jeunes générations et
les générations futures d’un impact encore plus important sur la santé, par exemple en raison de mauvaises récoltes, de la propagation de maladies, de phénomènes météorologiques extrêmes et de catastrophes naturelles. &lt;sup id=&#34;fnref:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-loi-des-rendements-décroissants&#34;&gt;La loi des rendements décroissants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, dans un système de santé, les pratiques médicales qui consomment le plus d’énergie n’entraînent pas nécessairement une amélioration proportionnelle des résultats en matière de santé. Comme tant d’autres secteurs de la société industrielle, le système de soins curatifs est vulnérable à la loi des rendements décroissants : il faut de plus en plus d’énergie pour obtenir des
améliorations sanitaires de moins en moins significatives. &lt;sup id=&#34;fnref1:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À l’inverse, signifie qu’une baisse relativement faible de la qualité ou des caractéristiques des traitements médicaux pourrait entraîner des réductions relativement importantes de l’utilisation des ressources et des émissions de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prévention des infections est un bon exemple. Le développement de l’anesthésie générale dans les années 1840 a rendu la chirurgie possible, mais, à l’époque, plus de 90% des plaies chirurgicales s’infectaient, entraînant souvent la mort. &lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La première diminution importante des taux d’infection suivit l’apparition des pratiques antiseptiques (1880-1900) et la deuxième suivit l’introduction des antibiotiques (1945-1970). En 1985, le taux d’infection global était tombé à environ 5 %. Depuis lors, beaucoup de ressources ont été investies pour obtenir des gains progressifs vers une stérilité à 100 %, principalement en remplaçant les fournitures réutilisables par leur version
jetable à usage unique. &lt;sup id=&#34;fnref1:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/reuse-surgical-instruments_dithered.png&#34; alt=&#39;Une infirmière de bloc d&amp;amp;rsquo;opératoire prépare les instruments pour une chirurgie à l&amp;amp;rsquo;hôpital 3rd Station, Corée. 1951. Source: US National Library of Medicine.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Une infirmière de bloc d&#39;opératoire prépare les instruments pour une chirurgie à l&#39;hôpital 3rd Station, Corée. 1951. Source: US National Library of Medicine. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si elles sont correctement décontaminées, les fournitures réutilisables ne présentent pas de risques accrus d’infection, mais une contamination croisée entre patients peut parfois se produire par erreur. Néanmoins, certains scientifiques plaident pour un retour aux produits réutilisables, dont l’empreinte
environnementale est bien moindre dans la plupart des cas. Par exemple, l’utilisation de manches de laryngoscope réutilisables produit 16 à 25 fois moins de gaz à effet de serre que les manches jetables à usage unique. &lt;sup id=&#34;fnref:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les chercheurs admettent que leur approche peut augmenter le nombre de
décès dus aux infections chirurgicales, mais que la production de fournitures à usage unique est encore plus dommageable sanitairement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des comparaisons de plusieurs chirurgies de la cataracte ont montré que le même traitement ne produit en Inde que 5 % des émissions et 6 % des déchets solides produits au Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu’il s’agit de maximiser les rendements, les pays moins développés peuvent nous donner quelques leçons. Des comparaisons entre la chirurgie de la cataracte au Royaume-Uni et en Inde ont montré que le même traitement (phacoémulsifiassions) dans les cliniques indiennes Aravind Eye est beaucoup
moins cher et ne produit que 5 % des émissions et 6 % des déchets solides produits au Royaume-Uni. Cela s’explique principalement par le fait que les chirurgiens indiens réutilisent un maximum de fournitures, de dispositifs et de médicaments sur un maximum de patients. &lt;sup id=&#34;fnref2:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:46&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:46&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;46&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:47&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:47&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;47&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:48&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:48&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;48&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, ils utilisent des fournitures, des implants et des médicaments fabriqués localement et
appliquent un système à deux lits dans lequel un patient est opéré pendant qu’un autre est positionné et préparé dans le lit voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ces pratiques bafouent les réglementations en matière de contrôle des infections des pays à hauts revenus, la chirurgie de la cataracte en Inde donne des résultats similaires, voire meilleurs et ne provoque pas plus d’infections qu’au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Par conséquent, il se pourrait bien que la loi des rendements décroissants ait atteint sa limite ultime, au sens qu’une pratique médicale coûteuse et non viable ne semble pas apporter le moindre avantage pour la santé. Les cliniques ophtalmologiques indiennes démontrent qu’un modèle de soins efficace est possible sans fournitures et ressources non durables et coûteuses. L’innovation médicale est possible sans nouvelles technologies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;guidée-par-le-profit&#34;&gt;Guidée par le profit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La loi des rendements décroissants et l’accentuation de la médecine curative s’expliquent par le fait que l’innovation médicale est essentiellement motivée par le profit. &lt;sup id=&#34;fnref:50&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:50&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;50&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:51&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:51&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;51&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les entreprises privées qui développent et vendent des équipements médicaux, des produits pharmaceutiques et d’autres produits de soins n’auraient rien à gagner si la demande de nouvelles technologies et de nouveaux produits curatifs diminuait, ou si les technologies médicales étaient jugées en fonction de leur utilisation de ressources. L’industrie médicale veut – logiquement – augmenter les ventes de ses produits et dispose d’énormes budgets de marketing et d’un pouvoir de lobbying pour le faire.&lt;sup id=&#34;fnref:52&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:52&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;52&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care/images/dithers/healthcare-1910s_dithered.png&#34; alt=&#39;Hôpital militaire King George, salle de traitement électrique et de radiographie. 1915. Source: US National Library of Medicine.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Hôpital militaire King George, salle de traitement électrique et de radiographie. 1915. Source: US National Library of Medicine. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 20 à 40 % des dépenses de santé sont gaspillées et elle affirme que « le rapport coût-efficacité, le besoin réel et l’utilité probable de nombreuses technologies innovantes sont discutables ». De plus en plus de publications universitaires montrent à quel point les patients des pays riches sont « surdosés, surtraités et surdiagnostiqués ». &lt;sup id=&#34;fnref1:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela n’est inévitable. Un système de soins de santé moderne pourrait également fonctionner dans un autre contexte économique. Par exemple, certains ont suggéré le développement en « open source » d’équipements médicaux et de produits pharmaceutiques, permettant ainsi aux technologies de la santé de devenir un bien commun (NDT : « open source » dans le sens où les technologies des équipements et produits médicaux seraient en libre accès, sans couvert de confidentialité, libre à la redistribution et à la copie). Réorienter la charge fiscale pesant sur le travail vers les ressources
peut aussi faire partie de la solution. Dans les pays riches, les équipements médicaux, produits pharmaceutiques et produits jetables servent en partie à réduire le coût de la main-d’œuvre humaine dans le domaine de la santé.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;âge-et-durabilité&#34;&gt;Âge et durabilité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la base des données fragmentaires dont on dispose, il semble probable que l’utilisation des ressources des systèmes de soins modernes pourrait être réduite de manière significative, sans pour autant nous ramener aux barbiers-chirurgiens du Moyen-Âge. Un système de santé davantage axé sur
la médecine préventive et fonctionnant en dehors de la logique du marché pourrait réduire les émissions sans avoir d’impact négatif sur le bien-être, et pourrait même l’améliorer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme les traitements médicaux sont de plus en plus gourmands en ressources, il est de plus en plus probable que les dommages causés à la santé publique par un traitement surpassent le gain individuel qu’en retire le patient, surtout à un âge avancé.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la loi des rendements décroissants met en évidence des possibilités de réduction de l’empreinte environnementale des services de soins. Par exemple, si leur empreinte environnementale était réduite de moitié, il serait très peu probable que l’espérance de vie diminue proportionnellement. Près de la moitié des dépenses de santé au cours d’une vie – et donc de
la consommation d’énergie et des émissions – sont engagées pendant la vieillesse (+65 ans). Pour les personnes âgées de 85 ans et plus, plus d’un tiers des dépenses de toute une vie s’accumuleront pendant les années restantes. &lt;sup id=&#34;fnref:53&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:53&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;53&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plaider pour un raccourcissement de l’espérance de vie moyenne, même s’il s’agit d’une diminution très modeste, parait problématique. Cependant, éviter le sujet l’est tout autant. En raison de l’énorme empreinte écologique des systèmes de soins modernes (qui ne cesse de croître), la santé et la
longévité d’aujourd’hui se font, du moins en partie, au détriment de celles des générations plus jeunes et futures, qui n’ont pas voix au chapitre dans ce débat. &lt;sup id=&#34;fnref2:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous guérissons une personne aujourd’hui, au prix de rendre d’autres personnes malades demain, les soins de santé deviennent contre-productifs. La santé n’est pas seulement un bien privé, mais aussi un bien public, et comme les traitements médicaux sont de plus en plus gourmands en ressources, il est
de plus en plus probable que les dommages causés à la santé publique par un traitement en particulier surpassent le gain individuel qu’en tire le patient, surtout à un âge avancé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci à Elizabeth Shove&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Pichler, Peter-Paul, et al. &amp;ldquo;International comparison of health care carbon footprints.&amp;rdquo; Environmental Research Letters 14.6 (2019): 064004. &lt;a href=&#34;https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ab19e1/pdf&#34;&gt;https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ab19e1/pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Des estimations nationales des émissions de gaz à effet de serre du secteur de la santé ont été réalisées pour le Royaume-Uni (2009), les États-Unis (2009 et 2016), la Suède (2017), l&amp;rsquo;Australie (2018), le Canada (2018), la Chine (2019) et le Japon (2020) ) et l&amp;rsquo;Autriche (2020). Pour un aperçu, voir [15]. Cependant, comme chaque étude a sa propre méthodologie, les résultats ne sont pas parfaitement comparables. C’est pourquoi je cite cette source, car elle donne des estimations comparables.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Eckelman, Matthew J., and Jodi Sherman. &amp;ldquo;Environmental impacts of the US health care system and effects on public health.&amp;rdquo; PloS one 11.6 (2016): e0157014. &lt;a href=&#34;https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0157014&#34;&gt;https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0157014&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;US National Health Expenditure Data. Centers for Medicare &amp;amp; Medicaid Services. &lt;a href=&#34;https://www.cms.gov/Research-Statistics-Data-and-Systems/Statistics-Trends-and-Reports/NationalHealthExpendData/NationalHealthAccountsHistorical&#34;&gt;https://www.cms.gov/Research-Statistics-Data-and-Systems/Statistics-Trends-and-Reports/NationalHealthExpendData/NationalHealthAccountsHistorical&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Tainter, Joseph. The collapse of complex societies. Cambridge university press, 1988. Page 102 &amp;amp; 103.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Current healthcare expenditure, 2012-2017, Eurostat. Current health expenditure per capita (current US$) - European Union, World Bank. Current health expenditure per capita, PPP (current international $) - European Union, World Bank. Health spending, OECD.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dans ce qui suit j&amp;rsquo;ignore l&amp;rsquo;utilisation des ressources et les émissions causées par le transport vers et depuis les établissements de soins, ainsi que l&amp;rsquo;utilisation des ressources et les émissions causées par la construction des établissements de santé eux-mêmes.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Des recherches menées dans différents pays ont montré une consommation d&amp;rsquo;électricité de 130 à 280 kilowattheures par mètre carré et par an, ce qui représente environ 50% de la consommation énergétique totale du bâtiment sur place. [11-12] À titre de comparaison, la consommation résidentielle d&amp;rsquo;électricité dans les ménages européens est en moyenne de 70 kWh / m2 / an et la demande totale d&amp;rsquo;énergie est dominée par le chauffage (et non par l&amp;rsquo;électricité). Selon une étude de 2016, pour laquelle des scientifiques ont collecté des données de puissance sur une période de 18 mois dans un hôpital allemand, les blocs opératoires sont ceux qui consomment le plus d&amp;rsquo;électricité (438 kWh / m2 / an), suivis des unités de soins intensifs (135 kWh / m2 / an). [9]&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Christiansen, Nils, Martin Kaltschmitt, and Frank Dzukowski. &amp;ldquo;Electrical energy consumption and utilization time analysis of hospital departments and large scale medical equipment.&amp;rdquo; Energy and Buildings 131 (2016): 172-183.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Wu, Rui. &amp;ldquo;The carbon footprint of the Chinese health-care system: an environmentally extended input–output and structural path analysis study.&amp;rdquo; The Lancet Planetary Health 3.10 (2019): e413-e419. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2542519619301925&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2542519619301925&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bawaneh, Khaled, et al. &amp;ldquo;Energy consumption analysis and characterization of healthcare facilities in the United States.&amp;rdquo; Energies 12.19 (2019): 3775. &lt;a href=&#34;https://www.mdpi.com/1996-1073/12/19/3775/pdf&#34;&gt;https://www.mdpi.com/1996-1073/12/19/3775/pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Rohde, Tarald, and Robert Martinez. &amp;ldquo;Equipment and energy usage in a large teaching hospital in Norway.&amp;rdquo; Journal of healthcare engineering 6 (2015). &lt;a href=&#34;http://downloads.hindawi.com/journals/jhe/2015/231507.pdf&#34;&gt;http://downloads.hindawi.com/journals/jhe/2015/231507.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Black, Douglas R., et al. &amp;ldquo;Evaluation of miscellaneous and electronic device energy use in hospitals.&amp;rdquo; World Review of Science, Technology and Sustainable Development 10.1-2-3 (2013): 113-128. &lt;a href=&#34;https://www.osti.gov/servlets/purl/1172701&#34;&gt;https://www.osti.gov/servlets/purl/1172701&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Picano, Eugenio. &amp;ldquo;Environmental sustainability of medical imaging.&amp;rdquo; Acta Cardiologica (2020): 1-5. &lt;a href=&#34;https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00015385.2020.1815985&#34;&gt;https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00015385.2020.1815985&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sherman, Jodi D., et al. &amp;ldquo;The Green Print: Advancement of Environmental Sustainability in Healthcare.&amp;rdquo; Resources, Conservation and Recycling 161 (2020): 104882. &lt;a href=&#34;https://www.researchgate.net/profile/Brett_Duane/publication/343137350_The_Green_Print_Advancement_of_Environmental_Sustainability_in_Healthcare/links/5f216962299bf134048f8960/The-Green-Print-Advancement-of-Environmental-Sustainability-in-Healthcare.pdf&#34;&gt;https://www.researchgate.net/profile/Brett_Duane/publication/343137350_The_Green_Print_Advancement_of_Environmental_Sustainability_in_Healthcare/links/5f216962299bf134048f8960/The-Green-Print-Advancement-of-Environmental-Sustainability-in-Healthcare.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Martin, Marisa, et al. &amp;ldquo;Environmental impacts of abdominal imaging: a pilot investigation.&amp;rdquo; Journal of the American College of Radiology 15.10 (2018): 1385-1393. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1546144018308639&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1546144018308639&lt;/a&gt;. The researchers write that “when production and use phases are combined, the total energy consumption of MRI (&amp;gt;309 MJ/examination, abdominal scan, 1.5 Tesla) is comparable with cooling a three-bedroom house with central air-conditioning for a day”.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;Weisz, Ulli, et al. &amp;ldquo;Carbon emission trends and sustainability options in Austrian health care.&amp;rdquo; Resources, Conservation and Recycling 160 (2020): 104862.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Belkhir, Lotfi, and Ahmed Elmeligi. &amp;ldquo;Carbon footprint of the global pharmaceutical industry and relative impact of its major players.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 214 (2019): 185-194. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652618336084&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652618336084&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;Laufman, Harold, Luther Riley, and Barry Badner. &amp;ldquo;Use of disposable products in surgical practice.&amp;rdquo; Archives of Surgery 111.1 (1976): 20-26. &lt;a href=&#34;https://jamanetwork.com/journals/jamasurgery/article-abstract/581229&#34;&gt;https://jamanetwork.com/journals/jamasurgery/article-abstract/581229&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gilden, Daniel J., K. N. Scissors, and J. B. Reuler. &amp;ldquo;Disposable products in the hospital waste stream.&amp;rdquo; Western journal of medicine 156.3 (1992): 269. &lt;a href=&#34;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1003232/pdf/westjmed00091-0045.pdf&#34;&gt;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1003232/pdf/westjmed00091-0045.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sherman, Jodi D., and Harriet W. Hopf. &amp;ldquo;Balancing infection control and environmental protection as a matter of patient safety: the case of laryngoscope handles.&amp;rdquo; Anesthesia &amp;amp; Analgesia 127.2 (2018): 576-579. &lt;a href=&#34;https://www.researchgate.net/profile/Jodi_Sherman/publication/322407715_Balancing_Infection_Control_and_Environmental_Protection_as_a_Matter_of_Patient_Safety_The_Case_of_Laryngoscope_Handles/links/5a82ba12a6fdcc6f3eadcfab/Balancing-Infection-Control-and-Environmental-Protection-as-a-Matter-of-Patient-Safety-The-Case-of-Laryngoscope-Handles.pdf&#34;&gt;https://www.researchgate.net/profile/Jodi_Sherman/publication/322407715_Balancing_Infection_Control_and_Environmental_Protection_as_a_Matter_of_Patient_Safety_The_Case_of_Laryngoscope_Handles/links/5a82ba12a6fdcc6f3eadcfab/Balancing-Infection-Control-and-Environmental-Protection-as-a-Matter-of-Patient-Safety-The-Case-of-Laryngoscope-Handles.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thiel, Cassandra Lee, et al. &amp;ldquo;Life cycle assessment of medical procedures: Vaginal and cesarean section births.&amp;rdquo; 2012 IEEE International Symposium on Sustainable Systems and Technology (ISSST). IEEE, 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Campion, Nicole, et al. &amp;ldquo;Sustainable healthcare and environmental life-cycle impacts of disposable supplies: a focus on disposable custom packs.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 94 (2015): 46-55.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;“Reusables, Disposables each play a role in preventing cross-contamination”, Elizabeth Srejic, Infection Control Today, April 2016&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sustainability roadmap for hospitals, American Association of Hospitals. &lt;a href=&#34;http://www.sustainabilityroadmap.org/topics/waste.shtml#.YCsEOXyYXWc&#34;&gt;http://www.sustainabilityroadmap.org/topics/waste.shtml#.YCsEOXyYXWc&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thiel, Cassandra L., et al. &amp;ldquo;Cataract surgery and environmental sustainability: waste and lifecycle assessment of phacoemulsification at a private healthcare facility.&amp;rdquo; Journal of Cataract &amp;amp; Refractive Surgery 43.11 (2017): 1391-1398. &lt;a href=&#34;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5728421/&#34;&gt;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5728421/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;Vollmer, Martin K., et al. &amp;ldquo;Modern inhalation anesthetics: potent greenhouse gases in the global atmosphere.&amp;rdquo; Geophysical Research Letters 42.5 (2015): 1606-1611. &lt;a href=&#34;https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2014GL062785&#34;&gt;https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2014GL062785&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;Salas, Renee N., et al. &amp;ldquo;A pathway to net zero emissions for healthcare.&amp;rdquo; bmj 371 (2020).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Brown, Lawrence H., et al. &amp;ldquo;Estimating the life cycle greenhouse gas emissions of Australian ambulance services.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 37 (2012): 135-141.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Connor, A., R. Lillywhite, and M. W. Cooke. &amp;ldquo;The carbon footprint of a renal service in the United Kingdom.&amp;rdquo; QJM: An International Journal of Medicine 103.12 (2010): 965-975. &lt;a href=&#34;https://academic.oup.com/qjmed/article/103/12/965/1584174&#34;&gt;https://academic.oup.com/qjmed/article/103/12/965/1584174&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;Herrmann, C., and A. Rock. &amp;ldquo;Magnetic resonance equipment (MRI)–Study on the potential for environmental improvement by the aspect of energy efficiency.&amp;rdquo; PE INTERNATIONAL AG, Report (2012).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;Shove, Elizabeth. &amp;ldquo;What is wrong with energy efficiency?.&amp;rdquo; Building Research &amp;amp; Information 46.7 (2018): 779-789. &lt;a href=&#34;https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09613218.2017.1361746&#34;&gt;https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09613218.2017.1361746&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:33&#34;&gt;
&lt;p&gt;Heye, Tobias, et al. &amp;ldquo;The energy consumption of radiology: energy-and cost-saving opportunities for CT and MRI operation.&amp;rdquo; Radiology 295.3 (2020): 593-605. &lt;a href=&#34;https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32208096/&#34;&gt;https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32208096/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:34&#34;&gt;
&lt;p&gt;Blue, Stanley. &amp;ldquo;Reducing demand for energy in hospitals: opportunities for and limits to temporal coordination.&amp;rdquo; Demanding Energy. Palgrave Macmillan, Cham, 2018. 313-337.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:35&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.eia.gov/tools/faqs/faq.php?id=92&amp;amp;t=4&#34;&gt;https://www.eia.gov/tools/faqs/faq.php?id=92&amp;amp;t=4&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:36&#34;&gt;
&lt;p&gt;Duffin, Jacalyn. History of medicine: a scandalously short introduction. University of Toronto Press, 2010.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:36&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:37&#34;&gt;
&lt;p&gt;WHO compendium of innovative health technologies for low-resource settings, WHO; 2016-17. WHO, 2018. &lt;a href=&#34;https://www.who.int/medical_devices/publications/compendium_2016_2017/en/&#34;&gt;https://www.who.int/medical_devices/publications/compendium_2016_2017/en/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:38&#34;&gt;
&lt;p&gt;Medical devices: managing the mismatch: an outcome of the priority medical devices project: methodology briefing paper, WHO, 2010. &lt;a href=&#34;https://apps.who.int/iris/handle/10665/70491&#34;&gt;https://apps.who.int/iris/handle/10665/70491&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:39&#34;&gt;
&lt;p&gt;Global Atlas of Medical Devices, WHO, 2017. &lt;a href=&#34;https://www.who.int/medical_devices/publications/global_atlas_meddev2017/en/&#34;&gt;https://www.who.int/medical_devices/publications/global_atlas_meddev2017/en/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:40&#34;&gt;
&lt;p&gt;Page, Brandi R., et al. &amp;ldquo;Cobalt, linac, or other: what is the best solution for radiation therapy in developing countries?.&amp;rdquo; International Journal of Radiation Oncology* Biology* Physics89.3 (2014): 476-480.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:40&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:41&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dans une enquête menée auprès de chirurgiens dans 30 pays africains, 48% ont signalé des pannes de courant au moins une fois par semaine, 29% avaient fonctionné en utilisant uniquement des lumières de téléphone portable et 19% avaient connu des résultats chirurgicaux médiocres suite de cela. [28]&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:41&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:42&#34;&gt;
&lt;p&gt;Parker, Steve. Medicine: The Definitive Illustrated History. DK Publishing, 2016.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:42&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:43&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hall, Peter A., and Michèle Lamont, eds. Successful societies: How institutions and culture affect health. Cambridge University Press, 2009.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:44&#34;&gt;
&lt;p&gt;Borowy, Iris, and Jean-Louis Aillon. &amp;ldquo;Sustainable health and degrowth: Health, health care and society beyond the growth paradigm.&amp;rdquo; Social Theory &amp;amp; Health 15.3 (2017): 346-368.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:45&#34;&gt;
&lt;p&gt;Sherman, Jodi D., and Harriet W. Hopf. &amp;ldquo;Balancing infection control and environmental protection as a matter of patient safety: the case of laryngoscope handles.&amp;rdquo; Anesthesia &amp;amp; Analgesia 127.2 (2018): 576-579.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:46&#34;&gt;
&lt;p&gt;Steyn, A., et al. &amp;ldquo;Frugal innovation for global surgery: leveraging lessons from low-and middle-income countries to optimise resource use and promote value-based care.&amp;rdquo; The Bulletin of the Royal College of Surgeons of England 102.5 (2020): 198-200. &lt;a href=&#34;https://publishing.rcseng.ac.uk/doi/pdf/10.1308/rcsbull.2020.150&#34;&gt;https://publishing.rcseng.ac.uk/doi/pdf/10.1308/rcsbull.2020.150&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:46&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:47&#34;&gt;
&lt;p&gt;Haripriya, Aravind, David F. Chang, and Ravilla D. Ravindran. &amp;ldquo;Endophthalmitis reduction with intracameral moxifloxacin in eyes with and without surgical complications: Results from 2 million consecutive cataract surgeries.&amp;rdquo; Journal of Cataract &amp;amp; Refractive Surgery 45.9 (2019): 1226-1233. &lt;a href=&#34;https://www.aurolab.com/images/JCRS%202%20million.pdf&#34;&gt;https://www.aurolab.com/images/JCRS%202%20million.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:47&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:48&#34;&gt;
&lt;p&gt;Venkatesh, Rengaraj, et al. &amp;ldquo;Carbon footprint and cost–effectiveness of cataract surgery.&amp;rdquo; Current opinion in ophthalmology 27.1 (2016): 82-88.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:48&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:49&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thiel, Cassandra L., et al. &amp;ldquo;Utilizing off-the-shelf LCA methods to develop a ‘triple bottom line’auditing tool for global cataract surgical services.&amp;rdquo; Resources, Conservation and Recycling 158 (2020): 104805.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:50&#34;&gt;
&lt;p&gt;Relman, Arnold S. &amp;ldquo;The new medical-industrial complex.&amp;rdquo; New England Journal of Medicine 303.17 (1980): 963-970. &lt;a href=&#34;https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJM198010233031703&#34;&gt;https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJM198010233031703&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:50&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:51&#34;&gt;
&lt;p&gt;Smith, Richard. &amp;ldquo;Limits to medicine. Medical nemesis: the expropriation of health.&amp;rdquo; Journal of Epidemiology &amp;amp; Community Health 57.12 (2003): 928-928. &lt;a href=&#34;https://jech.bmj.com/content/57/12/928&#34;&gt;https://jech.bmj.com/content/57/12/928&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:51&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:52&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine des soins de santé, il existe une ligne mince entre le marketing et la corruption, en particulier lorsque le public cible est le personnel médical qui peut tirer profit de l&amp;rsquo;utilisation ou de la prescription d&amp;rsquo;un dispositif médical ou d&amp;rsquo;un médicament, ou lorsque les régulateurs sont incités à faciliter des pratiques qui augmentent les profits. Transparancy International classe l’achat de médicaments et d’équipements médicaux au quatrième rang sur une liste de sept processus à haut risque de corruption et qualifie le problème de « généralisé dans tous les pays ». [37]&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:52&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:53&#34;&gt;
&lt;p&gt;Alemayehu, Berhanu, and Kenneth E. Warner. &amp;ldquo;The lifetime distribution of health care costs.&amp;rdquo; Health services research 39.3 (2004): 627-642. &lt;a href=&#34;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1361028/&#34;&gt;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1361028/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:53&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Comment et pourquoi j&#39;ai arrêté d&#39;acheter de nouveaux ordinateurs portables</title>
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      <pubDate>Sun, 20 Dec 2020 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/X60-on-its-side-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Le Low-tech Magazine est maintenant rédigé et publié sur un ThinkPad X60s 2006.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Le Low-tech Magazine est maintenant rédigé et publié sur un ThinkPad X60s 2006. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En tant que journaliste indépendant – ou employé de bureau si vous préférez – j&amp;rsquo;ai toujours pensé que j&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;un ordinateur décent et que la qualité se payait. Entre 2000 et 2017, j&amp;rsquo;ai eu trois ordinateurs portables que j&amp;rsquo;ai achetés neufs, et qui m&amp;rsquo;ont coûté environ 5 000 euros au total – soit environ 300 euros par an sur toute la période. La durée de vie utile de mes trois ordinateurs atteint 5,7 ans en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, alors que je mettais &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/09/how-to-build-a-low-tech-website/&#34;&gt;mon lieu de travail&lt;/a&gt; et mon site Web hors du réseau électrique, j&amp;rsquo;ai décidé de ne plus acheter de nouveaux ordinateurs portables. À la place, je me suis acheté en ligne une machine d&amp;rsquo;occasion de 2006 pour 50 euros, qui remplit toutes mes attentes et fait tout ce dont j’ai besoin. Avec une nouvelle batterie et une simple mise à niveau matérielle, mon investissement restait sous les 150 euros. Si cet ordinateur de 2006 dure aussi longtemps que mes autres machines – s&amp;rsquo;il tourne encore 1,7 an – il ne m&amp;rsquo;aura coûté que 26 euros par an. C&amp;rsquo;est plus de 10 fois moins que mes ordinateurs précédents. Dans cet article, j&amp;rsquo;explique mes motivations pour ne pas acheter de nouveaux ordinateurs portables et comment vous pourriez faire de même.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;consommation-énergétique-et-matérielle-dun-ordinateur-portable&#34;&gt;Consommation énergétique et matérielle d&amp;rsquo;un ordinateur portable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne pas acheter de nouveaux ordinateurs portables permet de sauver beaucoup d&amp;rsquo;argent mais aussi beaucoup de ressources et d’éviter des destructions environnementales. Selon l&amp;rsquo;analyse du cycle de vie la plus récente, il faut 3 010 à 4 340 mégajoules d&amp;rsquo;énergie primaire pour fabriquer un ordinateur portable, comprenant l&amp;rsquo;extraction des matériaux, la fabrication de la machine et sa mise sur le marché. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque année, nous achetons entre 160 et 200 millions d&amp;rsquo;ordinateurs portables. En utilisant les données ci-dessus, cela signifie que la production d&amp;rsquo;ordinateurs portables nécessite une consommation d&amp;rsquo;énergie annuelle de 480 à 868 pétajoules, ce qui représente entre un quart et la moitié de toute l&amp;rsquo;énergie solaire photovoltaïque produite dans le monde en 2018 (2 023 pétajoules). &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La fabrication d&amp;rsquo;un ordinateur portable implique également une forte consommation de matière, qui comprend une grande variété de minéraux pouvant être considérés comme rares à cause de différentes contraintes : économiques, sociales, géochimiques et géopolitiques. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/06/the-monster-footprint-of-digital-technology/&#34;&gt;production de puces électroniques consomme énormément d&amp;rsquo;énergie et de matériaux&lt;/a&gt;, mais ce n&amp;rsquo;est pas le seul problème. La forte consommation de ressources des ordinateurs portables est également due au fait que leur durée de vie est très courte. Parmi les 160 à 200 millions d&amp;rsquo;ordinateurs portables vendus chaque année, la plupart sont des achats de remplacement. L&amp;rsquo;ordinateur portable moyen est remplacé tous les 3 ans en entreprise, et tous les 5 ans ailleurs. &lt;sup id=&#34;fnref1:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Ma moyenne de 5,7 ans par ordinateur portable n&amp;rsquo;est donc pas exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-ordinateurs-portables-ne-changent-pas&#34;&gt;Les ordinateurs portables ne changent pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;étude citée date de 2011 et fait référence à une machine fabriquée en 2001 : un Dell Inspiron 2500. Vous pouvez tout-à-fait considérer cette « état de l’art du cycle de vie d&amp;rsquo;un ordinateur portable » comme obsolète, mais il n’en est rien. Un document de recherche de 2015 a découvert que l&amp;rsquo;énergie grise des ordinateurs portables est en fait statique au fil du temps. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques ont démonté 11 ordinateurs portables de tailles similaires, fabriqués entre 1999 et 2008, puis ils ont pesé les différents composants. En outre, ils ont mesuré les dimensions de la puce en silicium de toutes les cartes mère, et de 30 cartes DRAM produites à peu près sur la même période (jusqu&amp;rsquo;en 2011). Ils ont alors constaté que la masse et la composition matérielle de tous les composants clés - batterie, carte mère, disque dur, mémoire - n&amp;rsquo;avaient pas changé de manière significative, même si les processus de fabrication sont devenus plus efficaces en termes d&amp;rsquo;utilisation d’énergie et de matériaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci s’explique simplement : des fonctionnalités accrues compensent les gains d’efficacité du processus de fabrication. La masse de la batterie, la mémoire et la masse du disque dur ont diminué par unité de fonctionnalité, mais leur total est resté à peu près constant chaque année. La même dynamique explique pourquoi la consommation d’énergie en fonctionnement des ordinateurs portables les plus récents n’a pas diminuée. Les nouveaux ordinateurs portables sont peut-être moins énergivores par puissance de calcul unitaire, mais ces gains sont compensés par une puissance de calcul totale plus élevée. C’est en informatique que &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/01/bedazzled-by-energy-efficiency/&#34;&gt;le paradoxe de Jevons&lt;/a&gt; est le plus évident.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-défi&#34;&gt;Le défi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela signifie qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a aucun avantage environnemental ou financier à remplacer un vieil ordinateur portable par un nouveau. À l’inverse, la seule chose qu&amp;rsquo;un consommateur puisse faire pour améliorer la durabilité écologique et économique de son ordinateur portable est de l&amp;rsquo;utiliser le plus longtemps possible. La maturité technologique et la puissance de calcul plus que suffisante que possèdent désormais les ordinateurs portables facilitent cette perspective. Un problème demeure, cependant. Les consommateurs qui essaient de continuer à travailler sur leurs anciennes machines s’exposent à de la frustration. J&amp;rsquo;explique brièvement mes frustrations ci-dessous et je suis plutôt sûr qu’elles sont assez répandues.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/3-laptops-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Les trois nouveaux ordinateurs portables que j&amp;amp;rsquo;ai utilisés de 2000 à 2017.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Les trois nouveaux ordinateurs portables que j&#39;ai utilisés de 2000 à 2017. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-premier-ordinateur-portable--apple-ibook-2000-2005&#34;&gt;Mon premier ordinateur portable : Apple iBook (2000-2005)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2000, alors que je travaillais en Belgique comme journaliste scientifique et technique en indépendant, j&amp;rsquo;ai acheté mon premier ordinateur portable, un Apple iBook. Un peu plus de deux ou trois ans plus tard, le chargeur a commencé à dysfonctionner. Le prix d&amp;rsquo;un chargeur neuf m’a tellement dégoûté des pratiques de vente d&amp;rsquo;Apple - les chargeurs sont très bon marché à produire, mais Apple les vend très cher - que j&amp;rsquo;ai refusé de l&amp;rsquo;acheter. Au lieu de cela, j&amp;rsquo;ai réussi à faire fonctionner mon chargeur encore quelques années, d&amp;rsquo;abord en le mettant sous le poids de livres et de meubles, et quand cela ne fonctionnait plus, en le serrant fermement avec une pince.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-deuxième-ordinateur-portable--ibm-thinkpad-r52-2005-2013&#34;&gt;Mon deuxième ordinateur portable : IBM ThinkPad R52 (2005-2013)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le chargeur a bel et bien décédé en 2005, j&amp;rsquo;ai décidé de me renseigner sur l’achat d’un nouvel ordinateur portable. Je n&amp;rsquo;avais qu&amp;rsquo;une demande : il devait avoir un chargeur qui dure, ou qui soit au moins remplacable pour pas cher. J&amp;rsquo;ai trouvé mieux que ce que j’espérais. J&amp;rsquo;ai acheté un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:R52&#34;&gt;IBM Thinkpad R52&lt;/a&gt; et ça a été le coup de foudre dès la première utilisation. Mon ordinateur portable IBM était l’inverse du MacBook d&amp;rsquo;Apple et pas seulement en matière de design (une boîte rectangulaire dispo dans toutes les couleurs tant que c’est du noir). Plus important encore, l’appareil entier a été conçu pour durer, pour être fiable et pour être réparable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/06/how-to-make-wind-power-sustainable-again/&#34;&gt;Les produits modulables et à cycle de vie circulaire sont à la mode ces jours-ci&lt;/a&gt;, mais mon IBM Thinkpad était précisément cela. Chaque composant de l’ordinateur portable pouvait être dévissé et remplacé, le boîtier robuste (avec des charnières en acier) était suffisamment grand pour permettre de sérieuses mises à niveau et possédait tous les connecteurs imaginables. Ma machine de 2005 fonctionne encore aujourd’hui et je suis convaincu qu’elle pourrait continuer encore 500 ans en étant bien entretenue. Comme une éolienne pré-industrielle, sa durée de vie pourrait être prolongée à l’infini en réparant et remplaçant progressivement chaque pièce qui la compose. La question n’est pas de savoir comment nous pouvons évoluer vers une économie circulaire, mais plutôt pourquoi nous continuons à nous en éloigner.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question n&amp;rsquo;est pas de savoir comment nous pouvons évoluer vers une économie circulaire, mais plutôt pourquoi nous continuons à nous en éloigner.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J’ai payé mon Thinkpad plus cher que mon iBook, mais au moins j&amp;rsquo;ai dépensé tout cet argent pour un ordinateur décent et pas juste un beau design. Le chargeur ne m&amp;rsquo;a pas posé de problème et lorsque j’ai dû en acheter un nouveau après l’avoir perdu en voyage, j&amp;rsquo;ai pu le faire à un prix raisonnable. Je ne me doutais pas que mon heureux achat allait devenir une expérience unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/Thinkpad-r52-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : IBM ThinkPad R52 de 2005.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : IBM ThinkPad R52 de 2005. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-troisième-ordinateur-portable--lenovo-thinkpad-t430-2013-2017&#34;&gt;Mon troisième ordinateur portable : Lenovo Thinkpad T430 (2013-2017)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avance rapide jusqu’en 2013. Je vis maintenant en Espagne et je dirige Lowtech Magazine. Je travaille toujours sur mon IBM Thinkpad R52, mais il y a quelques problèmes à l’horizon. Tout d’abord, Microsoft va bientôt m’obliger à mettre à jour mon système d’exploitation (OS : operating system), car le support de Windows XP doit prendre fin en 2014. Je n’ai pas envie de dépenser plusieurs centaines d’euros pour un nouveau système d’exploitation qui serait de toute façon trop exigeant pour mon vieil ordinateur. De plus, l’ordinateur portable était devenu un peu lent, même après l’avoir été restauré à ses paramètres d’usine. Bref, je suis tombé dans le piège des industries matérielles et logicielles : j’ai considéré à tort avoir besoin d’un nouvel ordinateur portable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant tant aimé mon Thinkpad, il était logique d&amp;rsquo;en acheter un nouveau. Voici le problème : en 2005, peu de temps après avoir acheté mon premier Thinkpad, Lenovo, un fabricant d&amp;rsquo;ordinateurs chinois aujourd&amp;rsquo;hui le plus grand au monde, a racheté l&amp;rsquo;activité PC d&amp;rsquo;IBM. Les entreprises chinoises n&amp;rsquo;avaient pas la réputation de fabriquer des produits de qualité, surtout à l&amp;rsquo;époque. Cependant, comme Lenovo vendait toujours des Thinkpad qui semblaient presque identiques à ceux construits par IBM, j&amp;rsquo;ai décidé de tenter ma chance pour un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:T430&#34;&gt;Lenovo Thinkpad T430&lt;/a&gt; en Avril 2013. Je l’ai pris au prix fort, en supposant que la qualité se payait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai assez vite constaté mon erreur. J&amp;rsquo;ai dû renvoyer deux fois l’appareil pour cause de boîtier déformé. Quand j&amp;rsquo;en ai eu un qui soit enfin à peu près correct, je me suis rapidement heurté à un autre problème : les touches du clavier ont commencé à se casser. Je me souviens encore de mon incrédulité la première fois. L&amp;rsquo;IBM Thinkpad était connu pour son clavier robuste. Pour le casser, il faut un marteau. Lenovo n&amp;rsquo;a évidemment pas trouvé cela si important et l’a discrètement remplacé par une version moins chère. Remarquez, il se peut que mon style de frappe soit agressif, mais je n&amp;rsquo;avais jamais cassé aucun clavier auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai commandé machinalement une touche de remplacement pour 15 euros. Dans les mois qui ont suivi, le remplacement des touches est devenu une dépense récurrente. Après avoir dépensé plus de 100 euros pour des touches en plastique, qui allaient bientôt casser de nouveau, j’ai calculé que mon clavier avait 90 touches et que les remplacer toutes une fois me coûterait 1 350 euros. J’ai complètement arrêté d’utiliser le clavier, prenant un clavier externe comme solution temporaire. Ce n’était cependant pas pratique, en particulier pour travailler hors de chez soi – et pourquoi utiliser un ordinateur
portable dans ce cas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème était insoluble : j&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;un nouvel ordinateur portable. Encore. Mais lequel ? Bien sûr, ce ne serait pas un produit fabriqué par Lenovo ou Apple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/broken-keyboard-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Remplacer toutes les touches de mon Lenovo T430 m&amp;amp;rsquo;aurait coûté 1 350 euros.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Remplacer toutes les touches de mon Lenovo T430 m&#39;aurait coûté 1 350 euros. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;mon-quatrième-ordinateur-portable--ibm-thinkpad-x60s-2017-maintenant&#34;&gt;Mon quatrième ordinateur portable : IBM Thinkpad X60s (2017-maintenant)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne trouvant pas ce que je cherchais, j&amp;rsquo;ai décidé de remonter dans le temps. Je me suis rendu compte que, jusqu’à maintenant, les nouveaux ordinateurs portables sont de qualité inférieure par rapport aux anciens, même à un prix beaucoup plus haut. J&amp;rsquo;ai découvert que Lenovo avait changé de clavier vers 2011 et j&amp;rsquo;ai commencé à rechercher sur des sites d&amp;rsquo;enchères des Thinkpad construits avant cette date. J&amp;rsquo;aurais pu revenir à mon ThinkPad R52 de 2005, mais je m&amp;rsquo;étais habitué à un clavier espagnol et le R52 avait un clavier belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2017, j&amp;rsquo;ai opté pour un &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:X60s&#34;&gt;Thinkpad X60s&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;occasion de 2006. &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En décembre 2020, la machine fonctionnait depuis près de 4 ans et fêtait ses 14 ans – trois à cinq fois plus vieux que l&amp;rsquo;ordinateur portable moyen. Même si j&amp;rsquo;ai aimé mon Thinkpad R52 de 2005, j&amp;rsquo;ai littéralement adoré mon Thinkpad X60s de 2006. Il est tout aussi robuste – il a déjà survécu à une chute sur du béton depuis une table – tout en étant beaucoup plus petit et léger : 1,43 kg contre 3,2 kg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Thinkpad X60s 2006 fait tout ce que je veux qu&amp;rsquo;il fasse. Je l&amp;rsquo;utilise pour écrire des articles, faire des recherches et maintenir les sites Web. Je l&amp;rsquo;ai également utilisé sur scène pour donner des conférences, projetant des images sur un grand écran. Il ne manque qu&amp;rsquo;une chose sur cet appareil, surtout de nos jours : une webcam. Je contourne ce problème en allumant mon ordinateur maudit de 2013 avec ses touches cassées chaque fois que j&amp;rsquo;en ai besoin, heureux de le rentabiliser pour un usage n&amp;rsquo;impliquant pas son clavier. Je pourrai aussi passer au &lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/Category:X200&#34;&gt;Thinkpad X200&lt;/a&gt; de 2008, une version plus récente du même modèle qui dispose d&amp;rsquo;une webcam.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/thinkpad-x60s-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Mon ThinkPad X60s.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Mon ThinkPad X60s. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-faire-remettre-à-neuf-votre-vieil-ordinateur&#34;&gt;Comment faire remettre à neuf votre vieil ordinateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne plus acheter d’ordinateur neuf n&amp;rsquo;est pas aussi simple que d&amp;rsquo;acheter un ordinateur d&amp;rsquo;occasion. Il est conseillé de mettre à niveau le matériel et il est essentiel de rétrograder le système d’exploitation (O.S.). Il faut donc faire deux choses :&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;1-utilisez-un-os-à-faible-consommation-dénergie&#34;&gt;1. Utilisez un O.S. à faible consommation d&amp;rsquo;énergie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon ordinateur portable fonctionne sur &lt;a href=&#34;https://www.linuxliteos.com&#34;&gt;Linux Lite&lt;/a&gt;, l&amp;rsquo;un des nombreux systèmes d&amp;rsquo;exploitation open source &lt;a href=&#34;https://lotoftech.com/10-best-lightweight-operating-system-for-old-computers/&#34;&gt;spécialement conçus pour fonctionner sur de vieux ordinateurs&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;un O.S. Linux n&amp;rsquo;est pas vraiment facultative. Il n&amp;rsquo;y a aucun moyen de faire revivre un vieil ordinateur portable sous Microsoft Windows ou Apple OS : la machine se figerait instantanément. Linux Lite n&amp;rsquo;a pas les visuels flashy des dernières interfaces Apple et Windows, mais son interface graphique est ergonomique et a l&amp;rsquo;air tout sauf obsolète. Il prend très peu de place sur le disque dur et demande encore moins de puissance de calcul. En fin de compte, un vieil ordinateur portable fonctionne sans problème, malgré ses spécifications limitées. J&amp;rsquo;utilise également des navigateurs légers : &lt;a href=&#34;https://vivaldi.com&#34;&gt;Vivaldi&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#34;https://astian.org/en/midori-browser/&#34;&gt;Midori&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant utilisé Microsoft Windows pendant longtemps, je trouve que les systèmes d&amp;rsquo;exploitation Linux sont remarquablement meilleurs, d&amp;rsquo;autant plus qu&amp;rsquo;ils sont gratuits à télécharger et à installer. De plus, les O.S. Linux ne volent pas vos données personnelles et n&amp;rsquo;essaient pas de vous enfermer dans leur écosystème, contrairement aux O.S. les plus récents d&amp;rsquo;Apple et Microsoft. Cela dit, même avec Linux, l&amp;rsquo;obsolescence n&amp;rsquo;est pas à exclure. Par exemple, Linux Lite arrêtera sa prise en charge des ordinateurs 32 bits en 2021, ce qui signifie que je devrai bientôt chercher un système d&amp;rsquo;exploitation alternatif, ou acheter un ordinateur portable 64 bits légèrement plus récent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;2-remplacez-le-disque-dur-par-un-disque-ssd&#34;&gt;2. Remplacez le disque dur par un disque SSD&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces dernières années, les disques à semi-conducteurs (SSD) sont devenus faciles à trouver et abordables, et ils sont beaucoup plus rapides que les disques durs classiques (HDD). Bien qu’il soit possible de faire revivre un vieil ordinateur en passant simplement à un système d&amp;rsquo;exploitation plus léger, remplacer en plus le disque dur par un SSD rendra la machine aussi rapide qu&amp;rsquo;une version récente. Dépendamment de la capacité de stockage visée, un SSD vous coûtera entre 20 euros (120 Go) et 100 euros (960 Go).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’installation est assez simple et plutôt bien documentée en ligne. Les disques SSD sont silencieux et sont plus résistants aux chocs physiques, mais ils ont une espérance de vie plus courte que les disques durs classiques. Le mien fonctionne maintenant depuis presque 4 ans. Il semble que d’un point de vue environnemental et financier, un vieil ordinateur portable avec SSD soit un bien meilleur choix que l‘achat d’un nouveau, quand bien même le SSD devrait être remplacé de temps à autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;ordinateurs-portables-de-rechange&#34;&gt;Ordinateurs portables de rechange&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, ma stratégie a évolué. J&amp;rsquo;ai acheté deux modèles identiques à un prix similaire, en 2018 et début 2020, pour les utiliser comme ordinateurs portables de rechange. J&amp;rsquo;ai maintenant l&amp;rsquo;intention de continuer à travailler sur ces machines aussi longtemps que possible, disposant de plus qu’assez
de pièces de rechange. Mon ordinateur, depuis que je l&amp;rsquo;ai acheté, a eu deux problèmes techniques. Après environ un an d&amp;rsquo;utilisation, le ventilateur ne marchait plus. Je l&amp;rsquo;ai fait réparer la nuit même dans un petit magasin chinois d’informatique assez bordélique, à Anvers en Belgique. Il m’a dit que mon ventilateur bricolé fonctionnerait encore six mois, mais il fonctionne toujours plus de deux ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, l&amp;rsquo;année dernière, la batterie de mon X60s a soudainement refusée de se charger, un problème que j’avais aussi rencontré avec mon ordinateur maudit de 2013. Cela semble être un problème courant avec les Thinkpad, mais que je n&amp;rsquo;ai pas encore pu résoudre. Je n’étais pas non plus obligé de la changer car j&amp;rsquo;avais un ordinateur de rechange disponible que j’ai commencé à utiliser dès que nécessaire ou quand je voulais travailler à l’extérieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/spare-laptops-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: Trois ordinateurs portables de 2006 identiques, tous en état de marche, pour moins de 200 euros.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: Trois ordinateurs portables de 2006 identiques, tous en état de marche, pour moins de 200 euros. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/thinkpad-inside_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: À l&amp;amp;rsquo;intérieur des Thinkpad X60s. Source : Manuel de maintenance du matériel.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: À l&#39;intérieur des Thinkpad X60s. Source : [Manuel de maintenance du matériel](https://download.lenovo.com/ibmdl/pub/pc/pccbbs/mobiles_pdf/42x3550_04.pdf). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;ma-miraculeuse-carte-sd&#34;&gt;Ma miraculeuse carte SD&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant temps que je vous présente ma miraculeuse carte SD, qui est une autre mise à niveau matérielle facilitant l&amp;rsquo;utilisation de vieux (mais aussi de nouveaux) ordinateurs portables. De nombreuses personnes stockent leurs documents personnels sur le disque dur de leur ordinateur, puis effectuent si tout va bien des sauvegardes sur des supports de stockage externes. Je fais l’inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai toutes mes données sur une carte SD de 128 Go, que je peux brancher sur n&amp;rsquo;importe lequel des Thinkpad que je possède. Je fais ensuite des sauvegardes mensuelles de la carte SD, que je stocke sur un support externe, ainsi que des sauvegardes régulières des documents sur lesquels je travaille, que je stocke temporairement sur le disque de l&amp;rsquo;ordinateur en question. Cela s&amp;rsquo;est avéré très fiable, du moins pour moi : je ne perdais plus de documents suite à des problèmes informatiques ou de sauvegardes insuffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autre avantage est que je peux travailler sur n&amp;rsquo;importe quel ordinateur et que je ne suis pas dépendant d&amp;rsquo;une machine en particulier pour accéder à mon travail. Vous avez les mêmes avantages lorsque vous stockez toutes vos données sur le cloud, mais la carte SD est &lt;a href=&#34;&#34;&gt;l&amp;rsquo;option la plus durable&lt;/a&gt; et fonctionne sans accès à Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En théorie, je pourrais avoir jusqu&amp;rsquo;à deux pannes de disque dur en une journée et continuer à travailler comme si de rien n&amp;rsquo;était. Étant donné que j&amp;rsquo;utilise maintenant les deux ordinateurs portables en alternance - l&amp;rsquo;un avec batterie, l&amp;rsquo;autre sans - je peux également les laisser à deux endroits différents et me déplacer en vélo entre ces deux endroits, en transportant seulement la carte SD dans mon portefeuille. Je vous met au défi de faire pareil avec votre nouvel ordinateur portable dernier cri. Je peux également utiliser mes deux ordinateurs portables ensemble si j&amp;rsquo;ai besoin d&amp;rsquo;un écran supplémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En combinaison avec un disque dur, la carte SD augmente également les performances d&amp;rsquo;un vieil ordinateur portable et peut être une alternative à l&amp;rsquo;installation d&amp;rsquo;un disque SSD. Mon ordinateur de rechange n&amp;rsquo;en a pas et fonctionne au ralenti si je navigue sur des sites internet trop lourds. Cependant, grâce à la carte SD, ouvrir un plan ou un document se fait presque instantanément, tout comme le faire défiler ou l’enregistrer. La carte SD permet également au disque dur système de fonctionner correctement, car il est presque vide. Je ne sais pas à quel point il est facile d’utiliser une carte SD sur d&amp;rsquo;autres ordinateurs portables, en tout cas tous mes Thinkpad ont un lecteur SD.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-coûts&#34;&gt;Les coûts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Faisons un calcul complet des coûts, incluant les ordinateurs portables de rechange et la carte SD au prix d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, ceux-ci étant devenus beaucoup moins chers depuis que je les ai achetés :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;ThinkPad X60s : 50 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Ordinateur portable de rechange ThinkPad X60s : 60 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Ordinateur portable de rechange ThinkPad X60 : 75 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Deux piles de remplacement : 50 euro&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Disque SSD 240 Go : 30 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Carte SD 128 Go : 20 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Total : 285 euros&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Même si vous achetez tout cela, ça ne vous coutera que 285 euros. Pour ce prix, vous pourrez peut-être acheter le nouvel ordinateur portable le plus bas de gamme du marché, mais il n’inclura pas deux machines de rechange. Si vous réussissez à travailler avec pendant dix ans, le coût total sera de
28,5 euros par an. Vous devrez peut-être remplacer quelques disques SSD et cartes SD, mais cela ne fera pas beaucoup de différence. Vous éviterez de plus les impacts écologiques dus au renouvellement d’un ordinateur portable tous les 5 à 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2020/12/how-and-why-i-stopped-buying-new-laptops/images/dithers/spare-laptops-2-white_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: J’ai assez d’ordinateurs portables pour les quelques prochaines années.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: J’ai assez d’ordinateurs portables pour les quelques prochaines années. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;ne-poussez-pas-la-logique-trop-loin&#34;&gt;Ne poussez pas la logique trop loin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que j&amp;rsquo;aie utilisé mon Thinkpad X60s comme exemple, la même stratégie fonctionne avec d&amp;rsquo;autres modèles Thinkpad - [voici un aperçu de tous les modèles historiques] (&lt;a href=&#34;http://www.thinkwiki.org/wiki/ThinkPad_History&#34;&gt;http://www.thinkwiki.org/wiki/ThinkPad_History&lt;/a&gt;) - et les ordinateurs portables d&amp;rsquo;autres marques (que je ne connais pas). Si vous préférez ne pas acheter sur des sites d&amp;rsquo;enchères, vous pouvez vous rendre au magasin d’occasions le plus proche pour acheter un ordinateur portable de seconde main avec garantie. Il y a de fortes chances que vous n&amp;rsquo;ayez même pas besoin d&amp;rsquo;acheter quoi que ce soit, car beaucoup de gens ont de vieux ordinateurs portables qui traînent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n&amp;rsquo;est pas nécessaire de revenir à une machine de 2006. J&amp;rsquo;espère qu&amp;rsquo;il est clair que ce que je présente ici est une expérimentation, où j’ai essayé d’aller le plus loin que possible tout en gardant un minimum de praticité. Mon premier essai était un ThinkPad X30 d&amp;rsquo;occasion de 2002, mais c&amp;rsquo;était un poil trop extrême. Il utilise un type de chargeur différent, n&amp;rsquo;a pas de lecteur SD et je n&amp;rsquo;ai pas pu me connecter au Wi-Fi. Pour de nombreuses personnes, il peut être souhaitable de choisir un ordinateur portable un peu plus récent. Vous aurez alors une webcam et une architecture 64 bits, ce qui facilite les choses. Bien sûr, vous pouvez aussi essayer de me battre et retourner dans les années 1990, mais vous devrez alors vous passer d&amp;rsquo;USB et de Wi-Fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre choix d&amp;rsquo;ordinateur portable dépend aussi de ce que vous voulez en faire. Si vous l&amp;rsquo;utilisez principalement pour écrire, surfer sur le Web, communiquer et vous divertir, vous pouvez le faire pour aussi peu cher que moi. Si vous faites des travaux graphiques ou audiovisuels, c&amp;rsquo;est plus compliqué, car dans ce cas, vous utilisez probablement Apple. La même stratégie pourrait être appliquée sur un ordinateur portable un peu plus récent et plus cher, mais cela impliquerait de passer d&amp;rsquo;un O.S. Mac à un Linux. En ce qui concerne les applications bureautiques, Linux est clairement meilleur que ses alternatives commerciales. Par manque d&amp;rsquo;expérience, je ne sais pas si c’est aussi vrai pour d&amp;rsquo;autres logiciels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;ceci-est-un-hack-pas-un-nouveau-modèle-économique&#34;&gt;Ceci est un hack, pas un nouveau modèle économique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que le capitalisme puisse nous alimenter en ordinateurs usagés pour les décennies à venir, la stratégie décrite ici doit être vue comme un astuce et non comme un modèle économique. C&amp;rsquo;est une façon de limiter - ou de sortir – d’un système économique qui essaie de nous forcer, vous et moi, à consommer le plus possible. C&amp;rsquo;est une tentative pour casser ce système, sans être une solution en soi pour autant. Il nous faut changer de modèle économique pour pouvoir fabriquer tous les ordinateurs portables à l’image des Thinkpad pré-2011. Les ventes d&amp;rsquo;ordinateurs portables diminueraient en conséquence, mais c&amp;rsquo;est précisément ce qu’il nous faut. De plus, avec l’efficacité de calcul dont on dispose maintenant, la consommation d&amp;rsquo;énergie grise et de fonctionnement d&amp;rsquo;un ordinateur portable pourraient être considérablement réduites si on arrêtait la course vers toujours plus de fonctionnalités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mises à niveau matérielles et logicielles entraînent, de manière très significative, une obsolescence rapide des ordinateurs, la partie logicielle étant désormais prépondérante. Un ordinateur vieux de 15 ans possède tout le matériel dont vous pourriez avoir besoin, mais il n&amp;rsquo;est pas compatible avec les logiciels (commerciaux) les plus récents. C’est vrai pour les systèmes d&amp;rsquo;exploitation et les logiciels en tout genre, des jeux jusqu’aux applications bureautiques, en passant par les sites Web. Ainsi, dans l’optique de rendre plus durable l&amp;rsquo;utilisation d’ordinateurs, les fabriquants de logiciel devraient commencer par rendre leurs nouvelles versions plus légères et non pas plus lourdes. Plus le logiciel sera léger, plus nos ordinateurs portables dureront longtemps et moins on aura besoin d&amp;rsquo;énergie pour les fabriquer et les utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images: Jordi Manrique Corominas, Adriana Parra, Roel Roscam Abbing&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;Deng, Liqiu, Callie W. Babbitt, and Eric D. Williams. &amp;ldquo;Economic-balance hybrid LCA extended with uncertainty analysis: case study of a laptop computer.&amp;rdquo; Journal of Cleaner Production 19.11 (2011): 1198-1206. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652611000801&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652611000801&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;International Renewable Energy Agency (IRENA). &lt;a href=&#34;https://www.irena.org/solar&#34;&gt;https://www.irena.org/solar&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;André, Hampus, Maria Ljunggren Söderman, and Anders Nordelöf. &amp;ldquo;Resource and environmental impacts of using second-hand laptop computers: A case study of commercial reuse.&amp;rdquo; Waste Management 88 (2019): 268-279. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0956053X19301825&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0956053X19301825&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bihouix, Philippe. The Age of Low Tech: Towards a Technologically Sustainable Civilization. Policy Press, 2020. &lt;a href=&#34;https://bristoluniversitypress.co.uk/the-age-of-low-tech&#34;&gt;https://bristoluniversitypress.co.uk/the-age-of-low-tech&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Kasulaitis, Barbara V., et al. &amp;ldquo;Evolving materials, attributes, and functionality in consumer electronics: Case study of laptop computers.&amp;rdquo; Resources, conservation and recycling 100 (2015): 1-10. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344915000683&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0921344915000683&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lenovo a repris l&amp;rsquo;activité PC d&amp;rsquo;IBM en 2005 et, à proprement parler, j&amp;rsquo;ai acheté un Lenovo Thinkpad X60s. Cependant, le matériel n&amp;rsquo;avait pas encore changé et l&amp;rsquo;ordinateur porte juste la nouvelle marque et le logo IBM. Mon ordinateur portable de rechange, un modèle presque identique de la même année (X60 au lieu de X60s), n&amp;rsquo;a aucune référence à Lenovo.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
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