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    <title>LOW←TECH MAGAZINE Français</title>
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      <title>Et si nous remplacions les armes à feu et les balles par des arcs et des flèches ?</title>
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      <pubDate>Fri, 19 Apr 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/female-archers_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Des étudiantes de l’université de Chicago qui s’exercent au tir à l’arc. Photo : Emmet Bardon. Université de Chicago, Centre de recherche sur les collections spéciales.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Des étudiantes de l’université de Chicago qui s’exercent au tir à l’arc. Photo : Emmet Bardon. [Université de Chicago, Centre de recherche sur les collections spéciales](http://photoarchive.lib.uchicago.edu/db.xqy?one=apf4-00009.xml). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les armes à feu et les balles ont-elles remplacé les arcs et les flèches ? Cette interrogation peut sembler dénuée de sens pour beaucoup tant la réponse est évidente : l’arme à feu a remplacé l’arc en raison de sa supériorité. Examinons cette idée de plus près.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;force-et-compétences&#34;&gt;Force et compétences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les armes à feu de poing sont généralement évaluées ou comparées selon des caractéristiques de performance, telles que la létalité, la portée et la cadence de tir. En revanche, si l’on applique ces mêmes caractéristiques aux arcs, deux difficultés apparaissent rapidement. Premièrement, l’arc est une arme qui dépend de la force physique de l’archer. Plus l’archer est fort, plus l’arc est performant. Dans le cas d’une arme à feu, l’énergie provient directement de la charge propulsive de la munition. La force physique du tireur n’a donc plus d’importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force nécessaire pour bander un arc est généralement mesurée en livres (lbs) et est exprimée comme le « poids de traction » de l’arc. De nos jours, la plupart des archers amateurs et chasseurs à l’arc utilisent des arcs dont le poids de traction se situe entre 30 et 70 livres. L’effort nécessaire pour bander un arc de ce type équivaut à soulever un poids de 15 à 35 kg. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Des poids de traction similaires étaient largement répandus dans le passé proche et lointain, aussi bien pour la chasse que pour la guerre. Cependant, certains archers utilisaient des arcs avec des poids de traction beaucoup plus élevés. Par exemple, à l’apogée de l’arc long durant l’Angleterre médiévale, le poids de traction des arcs de guerre variait de 100 à 140 livres et atteignait même 200 livres pour certains archers. Les arcs composites avaient également des poids de traction plus élevés.&lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La puissance de l’arc dépend de la force physique de l’archer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Deuxièmement, la performance de l’arc repose grandement sur les compétences de l’archer.&lt;sup id=&#34;fnref1:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Que ce soit un arc ou une arme à feu, il est indispensable que le tireur affine sa précision. Cependant, l’archer doit d’abord apprendre à « appuyer sur la gâchette ». En effet, il ou elle doit réussir à exécuter parfaitement une séquence d’actions pour pouvoir tirer avec précision. La moindre variation de posture corporelle ou un relâchement brusque de la corde peut dévier la flèche de sa trajectoire prévue. En revanche, appuyer sur la gâchette d’une arme à feu demande moins d’entraînement. De même, il est beaucoup plus difficile de viser avec un arc qu’avec une arme à feu. À moins que la cible ne soit très proche, l’archer doit compenser la force de gravité et tirer la flèche en suivant une trajectoire en arc de cercle. C’est d’ailleurs pourquoi on parle de tir à l’arc.&lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À l’inverse, la vitesse des balles étant bien supérieure à celles des flèches, le tireur peut simplement diriger son tir en ligne droite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;différence-entre-arc-de-lépoque-préindustrielle-et-arme-à-feu-moderne&#34;&gt;Différence entre arc de l’époque préindustrielle et arme à feu moderne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons qui deviendront par la suite évidentes, je compare l’arme à feu moderne à l’arc préindustriel, et non à l’arc moderne. Dans cette catégorie d’arc préindustriel, on retrouve les arcs monoblocs (fabriqués à partir d’une seule pièce de bois) ainsi que les arcs composites (constitués de différentes couches de matériaux, généralement du bois, de la corne et du tendon). Par ailleurs, je suppose que les arcs sont maniés par des archers robustes et compétents. Grâce à de nombreuses ressources écrites, preuves archéologiques ou autres expériences scientifiques menées avec des répliques d’armes préindustrielles, nous avons une idée plutôt précise des capacités des archers prémodernes et de leurs armes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;1-létalité&#34;&gt;1. Létalité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La létalité d’une arme désigne sa capacité à engendrer la mort d’une personne ou des dommages corporels. Par définition, toutes les armes sont létales, mais certaines le sont plus que d’autres. Cette létalité est souvent définie en calculant la quantité de mouvement et l’énergie cinétique des balles. Ces deux notions de physique déterminent la capacité des balles à pénétrer une cible. Plus la vitesse et le poids du projectile sont élevés, plus la pénétration est importante. Les balles se déplacent très rapidement, contrairement aux flèches à cause de leurs poids. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si l’on calcule la quantité de mouvement et l’énergie cinétique des flèches, même l’arc le plus puissant semble nettement moins meurtrier qu’une arme à feu. Lorsqu’elle est tirée par un arc de guerre de 170 livres, l’énergie cinétique d’une flèche n’est que de 96 pieds-livres contre 117 pieds-livres pour une balle tirée par un petit pistolet de calibre 0.22 LR. Elle atteint 383 pieds-livres pour une munition tirée par un pistolet de calibre 9 mm, et se situe entre 1 300 à 2 800 pieds-livres pour un projectile tiré par un fusil.&lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Bien que la disparité entre les niveaux de quantité de mouvement soit minime, les balles l’emportent dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les flèches surpassent largement les balles en termes d’efficacité énergétique. La forme d’une flèche, contrairement à celle d’une balle, a un impact sur la pénétration.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, les flèches surpassent largement les balles en termes d’efficacité énergétique. La forme d’une flèche, contrairement à celle d’une balle, a un impact sur la pénétration. En raison de sa forme allongée, la masse par section transversale d’une flèche (la densité sectionnelle) est beaucoup plus élevée que celle d’une balle. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par conséquent, une flèche nécessite beaucoup moins de quantité de mouvement et d’énergie cinétique pour pénétrer les tissus jusqu’à la même profondeur qu’une balle. Il n’est pas nécessaire d’avoir un arc de guerre de 170 livres pour tuer. Un arc de 45 livres suffit à éliminer presque n’importe quelle créature sur Terre. Les archers médiévaux qui maniaient l’arc long anglais utilisaient uniquement des poids de traction élevés car leurs flèches devaient percer les armures en acier épaisses, devenues courantes dans les années 1400.&lt;sup id=&#34;fnref2:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/arrows-efficiency_dithered.png&#34; alt=&#39;Image. En raison de sa forme allongée, la masse par section transversale d’une flèche (la densité sectionnelle) est beaucoup plus élevée que celle d’une balle. Crédit image : Tim Ormsby.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image. En raison de sa forme allongée, la masse par section transversale d’une flèche (la densité sectionnelle) est beaucoup plus élevée que celle d’une balle. Crédit image : [Tim Ormsby](https://www.facebook.com/photo/?fbid=10159086965037194&amp;amp;set=g.161983523940600). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les balles causent davantage de dommages lorsqu’elles atteignent leur cible. Les flèches traversent les tissus en les tranchant et produisent des dommages similaires à ceux causés par une dague ou un couteau. Par conséquent, les blessures se limitent au tissu incisé par le contact direct avec la pointe de la flèche. Quant aux balles, elles pénètrent les tissus par la force brute et peuvent causer des dommages significatifs aux tissus et organes qui ne sont pas directement touchés par le projectile. Ce phénomène s’accentue avec l’augmentation du calibre et de la vitesse des balles, en particulier avec les fusils. &lt;sup id=&#34;fnref1:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si l’on se base uniquement sur les blessures occasionnées, on constate que les balles sont plus meurtrières que les flèches. Il est important de noter que si l’archer est assez précis pour atteindre des parties vitales du corps, une flèche peut être tout aussi létale. Contrairement à l’archer, le tireur n’a pas besoin d’être aussi précis dans son tir pour qu’il soit mortel. De plus, il peut être très difficile (voire impossible) de retirer les pointes de flèches du corps d’une victime, même au sein d’un établissement de soins moderne.&lt;sup id=&#34;fnref2:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En effet, elles ont tendance à se coincer dans les os. En temps de guerre, elles étaient souvent barbelées, ce qui les rendaient extrêmement délicates à retirer.&lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;2-portée&#34;&gt;2. Portée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La portée distingue une arme à projectiles d’une arme de mêlée (utilisée au corps à corps). Celui qui possède l’arme avec la plus longue portée peut atteindre l’autre sans que ce dernier ne puisse riposter. Dans le cadre de la pratique de la chasse, la portée réduit la probabilité qu’un chasseur soit tué. La portée théorique d’une arme correspond à la distance maximale que peut atteindre un tir de projectile, tandis que la portée pratique indique à quelle distance un projectile peut être tiré avec suffisamment de précision et de puissance d’impact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, il était autrefois courant de mesurer une distance en tirant une flèche. En Angleterre, cette unité de mesure a même été standardisée à 204 yards (187 mètres).&lt;sup id=&#34;fnref3:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Même s’il s’agissait d’une norme, cette portée différait de celle obtenue par les archers les plus forts qui utilisaient des arcs avec des poids de traction beaucoup plus importants.&lt;sup id=&#34;fnref1:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Selon certaines sources historiques datant du Moyen Âge, la portée théorique d’un arc long de guerre se situait entre 200 et 400 yards (183-366 mètres).&lt;sup id=&#34;fnref3:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le record du monde, établi en 2017 avec un arc long anglais, s’élève à 412,82 m.&lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les arcs équestres composites avaient des portées plus longues, entre 300 et 530 mètres.&lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Le record du monde, établi en 2019, s’élève à 566,83 mètres.&lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à une balle, une flèche reste mortelle pendant toute la durée du tir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les armes à feu modernes possèdent une portée théorique beaucoup plus longue que les arcs de l’époque préindustrielle. Toutefois, leur portée pratique est comparable, du moins pour les pistolets et les armes à feu de poing (contrairement aux fusils). Par exemple, la portée théorique d’une arme de poing Beretta M9 (un pistolet de l’armée américaine) est de 1800 mètres, mais sa portée pratique n’est que de 50 mètres. L’armée américaine définit la portée pratique d’une arme à feu comme la portée théorique qu’un soldat moyen peut atteindre en visant une cible statique de la taille d’un torse avec une précision de 51 %. Je n’ai pas trouvé de données similaires pour les archers, cependant les informations disponibles suggèrent que l’arc peut avoir une portée de précision équivalente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, l’analyse d’une compétition de tir à l’arc organisée en 1916 dans le New Jersey (époque où les archers utilisaient encore des arcs monoblocs en bois) a révélé le talent de précision des cinq meilleurs archers, chacun tirant un total de 90 flèches à trois distances différentes : 40, 50, et 60 yards (37, 46 et 55 mètres). Le diamètre de la cible était de 121 cm (typique d’une cible d’entraînement), soit une dimension comparable à celle d’un torse humain. Le pourcentage de flèches ayant atteint la cible était de 98 % à 37 m, 96 % à 46 m et 88 % à 55 m.&lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/BOW161.Sachers.04_ingo_simon_turkish_bow-e1658312034644_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le chanteur, poète et archer anglais Ingo Simon tirant avec un arc composite turc. Via Bow International.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Le chanteur, poète et archer anglais Ingo Simon tirant avec un arc composite turc. Via [Bow International](https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il est difficile de comparer la portée des arcs et des armes à feu. La vitesse initiale des balles est très élevée (près de 3000 km/h), mais elle diminue rapidement tout au long de leur trajectoire. À l’inverse, une flèche se déplace relativement lentement (150-250 km/h) mais perd très peu de vitesse.&lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les propriétés qui facilitent la pénétration d’une flèche dans une cible s’appliquent également à sa pénétration dans l’air. Par ailleurs, les flèches, contrairement aux balles, sont volantes. Elles figurent d’ailleurs parmi les premières applications de l’aéronautique, des milliers d’années avant l’invention de l’avion.&lt;sup id=&#34;fnref2:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conséquent, une flèche reste mortelle pendant toute la durée du tir, même à distance théorique. Sa létalité augmente davantage si elle est décochée selon une inclinaison à 45 degrés, comparé à un tir à moyenne portée.&lt;sup id=&#34;fnref4:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref5:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La flèche prend alors de la vitesse, et donc de la quantité de mouvement et de l’énergie cinétique, dans sa descente. En revanche, si une balle est tirée selon une trajectoire en arc de cercle pour atteindre sa portée théorique, sa vitesse sera tellement réduite qu’il est peu probable qu’elle soit mortelle lorsqu’elle touchera le sol.&lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une balle a besoin de plus de quantité de mouvement et d’énergie cinétique pour pénétrer dans une cible, mais également d’une vitesse plus élevée pour compenser son manque d’aérodynamisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la portée de précision des arcs soit inférieure à celle des fusils (qui peuvent être performants jusqu’à une distance de plusieurs centaines de mètres ou plus), la portée maximale des arcs puissants équivaut à la portée pratique de certains fusils. Comme nous le découvrirons ultérieurement, les archers préindustriels s’exerçaient régulièrement à atteindre la portée maximale de leurs arcs, contrairement aux archers amateurs occidentaux d’aujourd’hui.&lt;sup id=&#34;fnref:27&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:27&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;3-cadence-de-tir&#34;&gt;3. Cadence de tir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cadence de tir détermine le nombre de projectiles qu’une arme peut tirer dans un intervalle de temps défini. Plus la cadence de tir est élevée, plus la probabilité qu’un des projectiles atteigne la cible est élevée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu’on visite un stand de tir à l’arc moderne, on a l’impression que les arcs ont une cadence de tir beaucoup plus lente que les armes à feu. Cependant, la pratique du tir à l’arc moderne est entièrement dédiée à une précision minutieuse, de l’ordre du millimètre. L’ajustement d’un tir est un processus plutôt lent, souvent accompagné de manipulations d’instruments et d’une observation à travers un viseur. Les arcs modernes peuvent, en quelque sorte, être assimilés au fusil sniper d’un tireur d’élite. Autrefois, les archers visaient de manière intuitive, avec les deux yeux ouverts et focalisés sur la cible. La visée intuitive demande plus de dextérité : elle repose sur la coordination entre l’œil et le corps, à l’instar d’un lancer de pierre. Toutefois, elle peut être tout aussi précise, et présente l’avantage évident de la rapidité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archers anglais du Moyen Âge devaient être capables de tirer 10 à 12 flèches bien ciblées par minute, soit un tir toutes les 5 à 6 secondes.&lt;sup id=&#34;fnref6:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Les meilleurs archers à arc long pouvaient décocher jusqu’à 30 flèches par minute, soit une toutes les deux secondes.&lt;sup id=&#34;fnref:29&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:29&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cette cadence est comparable à celle des armes à feu semi-automatiques, comprise entre 12 et 15 tirs par minute.&lt;sup id=&#34;fnref:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une cadence de tir soutenue comprend le temps nécessaire pour viser, recharger et prévenir la surchauffe et les dysfonctionnements de l’arme à feu. En ce qui concerne l’arc, tout dépend de la dextérité, de la force et de l’endurance de l’archer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec les compétences et la force adéquates, les archers peuvent égaler voire surpasser la cadence de tir des armes semi-automatiques telles que les armes à feu de poing et les pistolets.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les armes à feu peuvent tout de même dépasser la cadence de tir soutenue d’un arc pendant une courte période, sans prendre en compte le temps de refroidissement de l’arme. La plupart des armes semi-automatiques, qui déclenchent un tir à chaque pression de la détente, atteignent une cadence de tir rapide d’environ 45 balles par minute. Si aucune recharge de munitions n’est requise, la cadence de tir peut s’intensifier davantage. Un tireur moyen peut décharger une arme de poing semi-automatique à une cadence d’environ 2 à 3 balles par seconde en visant une seule cible immobile. Néanmoins, pendant un entraînement militaire, l’objectif est d’effectuer un tir précis toutes les 1 ou 2 secondes.&lt;sup id=&#34;fnref1:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archers utilisant des arcs composites ont développé des techniques de tir qui peuvent rivaliser avec la cadence de tir rapide des armes semi-automatiques. Les archers à cheval décochaient leurs flèches en tirant avec le pouce, à la différence de la traction méditerranéenne utilisée par les archers à l’arc monobloc (et moderne). Ces cavaliers-archers positionnaient la flèche de l’autre côté de l’arc (à droite s’ils étaient droitiers) et la maintenaient contre la corde à l’aide d’un anneau autour du pouce. Grâce au tirage au pouce, il est possible d’encocher et de décocher sans interruption avec un seul et même mouvement. Certains Amérindiens pratiquaient le tirage par pincement, présentant des avantages similaires.&lt;sup id=&#34;fnref:31&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:31&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/manchu-archer_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un archer mandchou bandant son arc en composite avec relâchement avec le pouce. Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un archer mandchou bandant son arc en composite avec relâchement avec le pouce. Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947). 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/thumb-release_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le tirage au pouce Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Le tirage au pouce Source : Klopsteg, Paul Ernest. « Turkish archery and the composite bow: a review of an old chapter in the chronicles of archery and a modern interpretation. » (Le tir à l’arc turc et l’arc composite : critique d’un ancien chapitre dans l’histoire du tir à l’arc et une interprétation moderne) (1947). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour réaliser des salves de tirs rapides, les archers maniant des arcs composites gardaient des flèches supplémentaires dans la main servant à bander l’arc. Cela leur permettait ainsi d’encocher plus rapidement que lorsqu’ils prélevaient des flèches dans leur carquois. La méthode de tir la plus rapide consistait à placer jusqu’à cinq flèches sur l’arc, les alignant parallèlement les unes aux autres, et les encochant l’une après l’autre. Lars Anderson, un archer danois ayant récemment ravivé l’intérêt pour le tir à l’arc asiatique en Occident, tire jusqu’à dix flèches bien ciblées en seulement 5 secondes, soit 2 par seconde. Il parvient également à décocher trois flèches en seulement 0,6 seconde après les avoir préalablement placées sur l’arc.&lt;sup id=&#34;fnref:32&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:32&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;4-approvisionnement-en-munitions&#34;&gt;4. Approvisionnement en munitions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec les compétences et la force adéquates, les archers peuvent ainsi égaler voire surpasser la cadence de tir des armes semi-automatiques telles que les armes à feu de poing et les pistolets. En revanche, ils ne peuvent rivaliser avec les armes à feu automatiques (mitrailleuses), qui tirent des balles tant que le tireur appuie et maintient la détente enfoncée. La mitrailleuse, apparue dans les années 1860, peut tirer 30 balles en seulement deux secondes.&lt;sup id=&#34;fnref2:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la plupart des archers épuiseront leur stock de munitions plus rapidement que les artilleurs. Les archers anglais équipés d’un arc long ne transportaient généralement qu’un maximum de 25 à 50 flèches, toutes utilisées après quelques minutes de tir à une cadence maximale. À l’inverse, les soldats américains sont équipés de sept chargeurs, totalisant un stock de 200 balles. &lt;sup id=&#34;fnref3:30&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:30&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pendant leur campagne en France, les archers anglais étaient suivis par des dizaines de chariots de ravitaillement remplis de flèches supplémentaires.&lt;sup id=&#34;fnref7:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les cavaliers-archers parthes se déplaçaient avec un convoi de plus de 1000 chameaux chargés de flèches supplémentaires.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les cavaliers-archers emportaient donc un stock de munitions plus conséquent : entre 60 et 80 flèches, allant même jusqu’à 400. Ces flèches étaient stockées dans des carquois attachés sur le côté de la selle. Leur stratégie était également conçue pour maintenir l’ennemi en mouvement, facilitant ainsi la collecte et la réutilisation de leurs flèches. Ils pouvaient ainsi rapidement rejoindre le convoi de ravitaillement et retourner sur le champ de bataille. Les cavaliers-archers parthes, célèbres pour leurs nombreuses victoires contre l’armée romaine, se déplaçaient avec un convoi de plus de 1000 chameaux chargés de flèches supplémentaires.&lt;sup id=&#34;fnref1:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;5-discrétion-et-maniabilité&#34;&gt;5. Discrétion et maniabilité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les performances d’une arme dépendent également de sa taille et de l’espace nécessaire à son utilisation. Les arcs préindustriels étaient incroyablement légers (environ 500 g), mais de taille plus imposante que les armes à feu modernes. L’archer avait donc besoin de plus d’espace pour décocher une flèche. Un pistolet ou un fusil peut être utilisé dans presque toutes les positions, tandis qu’un arc monobloc est plus performant lorsque l’archer se tient debout. Cette contrainte complique la dissimulation de l’archer, et rend l’arme peu pratique dans certains environnements. Son poids léger et sa taille en font également une arme de mêlée moins efficace. Les archers portaient habituellement une épée pour le combat au corps à corps.&lt;sup id=&#34;fnref1:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En comparaison, l’arme à feu moderne fonctionne aussi bien à distance qu’en combat rapproché.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Kringaudlik_shooting_arrow_with_bow_at_Cape_Wallaston_%2839039%29_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un archer s’apprête à décocher une flèche tout en étant accroupi sur le sol. Photo de Rudolph Martin Anderson, 1916, Musée canadien de l’histoire. CC BY-SA 4.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un archer s’apprête à décocher une flèche tout en étant accroupi sur le sol. Photo de Rudolph Martin Anderson, 1916, Musée canadien de l’histoire. CC BY-SA 4.0. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l’arc composite est bien plus court que l’arc monobloc. Le relâchement avec le pouce permet à l’archer de tirer dans n’importe quelle direction, quelle que soit la position corporelle. Il existe également des exemples historiques de petits « arcs de poche » avec de faibles allonges, mortels seulement à courte portée. &lt;sup id=&#34;fnref:33&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:33&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, même si certains de ces arcs sont plus difficiles à dissimuler en raison de leur taille, ils compensent en partie ce désavantage en étant silencieux. À l’inverse, le bruit d’un coup de feu révèle immédiatement la position du tireur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-règne-de-linfériorité-les-premières-armes-à-feu&#34;&gt;Le règne de l’infériorité : les premières armes à feu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l’on compare les caractéristiques de performance des arcs de l’époque préindustrielle et des armes à feu modernes, il est tentant de conclure que les armes à feu ont remplacé les arcs en raison de leur supériorité technologique. La différence n’est cependant pas aussi flagrante que beaucoup l’auraient soupçonnée. Toutefois, même les archers les plus doués du Moyen-Âge ne pourraient pas rivaliser avec tous les types d’armes à feu modernes, particulièrement avec les fusils et les mitrailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, les arcs sont devenus obsolètes des siècles avant l’apparition des armes à feu modernes. Sur le continent européen, les armes à feu (d’abord l’arquebuse, puis le mousquet) ont pris le statut d’arme portative dominante à partir des années 1500.&lt;sup id=&#34;fnref5:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Une meilleure performance technique ne pouvait pas en être la raison puisque les armes à feu préindustrielles étaient, sur presque tous les points, inférieures aux arcs. Ce n’est qu’entre les années 1850 et 1900 qu’elles ont égalé les arcs en termes de performances techniques, grâce aux méthodes de fabrication industrielles.&lt;sup id=&#34;fnref6:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Redcoats_Fire_A_Musket_Volley_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Des hommes tirant au mousquet. Crédit : Edd Scorpio, Wikimedia commons. CC BY-SA 3.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Des hommes tirant au mousquet. Crédit : Edd Scorpio, Wikimedia commons. CC BY-SA 3.0. 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La létalité constituait le seul avantage des premières armes à feu. Comme c’est toujours le cas de nos jours, une balle fait plus de dégâts qu’une flèche.&lt;sup id=&#34;fnref:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:36&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:36&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;36&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, contrairement à aujourd’hui, toucher la cible représentait un véritable défi. Comparées aux arcs, les premières armes à feu étaient imprécises, de courte portée, et disposaient d’une faible cadence de tir. De ce fait, même les artilleurs chevronnés ne recevaient aucune formation à ce sujet avant le XX&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle.&lt;sup id=&#34;fnref1:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Jusqu’en 1793, après environ 300 ans de bons et loyaux services sur le champ de bataille, une série de tests au Royaume-Uni a démontré que les mousquets étaient moins précis que les arcs.&lt;sup id=&#34;fnref1:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Dans le même temps, Benjamin Franklin envisageait d’armer les soldats de la Guerre d’Indépendance américaine d’arcs plutôt que de mousquets, qu’il jugeait plus efficaces.&lt;sup id=&#34;fnref5:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref2:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’en 1793, après environ 300 ans de bons et loyaux services sur le champ de bataille, une série de tests au Royaume-Uni a démontré que les mousquets étaient moins précis que les arcs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La principale faiblesse des premières armes à feu, et la dernière a avoir été corrigée, fut leur faible cadence de tir. Le mousquetaire devait suivre une série d’étapes à réaliser avant chaque tir.&lt;sup id=&#34;fnref2:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À cette époque, un homme devait charger le mousquet et faire feu, laissant la possibilité pour un archer habile de lui lancer une douzaine de flèches. Pendant la Guerre civile des États-Unis (1861-1865), la portée des fusils valait celle des arcs de guerre (200-300 mètres). La cadence de tir, quant à elle, était toujours aussi faible que trois balles par minute.&lt;sup id=&#34;fnref7:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les armes à feu préindustrielles étaient tout aussi peu fiables, tandis que les arcs restaient une valeur sûre. À la fin des années 1700, près de 15 % des tirs de mousquets échouaient. Ce taux augmentait de 90 % en temps de vent et de pluie. De plus, un mousquet était aussi long qu’un arc et bien plus lourd (7-9 kg).&lt;sup id=&#34;fnref1:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/dutch-musket_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un mousquet néerlandais du XVIIe siècle. Source : Rijksmuseum, image du domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un mousquet néerlandais du XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle. Source : [Rijksmuseum, image du domaine public](https://www.rijksmuseum.nl/nl/collectie/NG-NM-3546). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img  vertical&#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Manual_of_the_Musketeer,_17th_Century_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un manuel de la New Model Army, armée de la Première Révolution anglaise, illustrant une partie des étapes requises pour charger et faire feu avec les premiers mousquets. Image relevant du domaine public.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un manuel de la New Model Army, armée de la Première Révolution anglaise, illustrant une partie des étapes requises pour charger et faire feu avec les premiers mousquets. [Image relevant du domaine public](https://en.wikipedia.org/wiki/Musket#/media/File:Manual_of_the_Musketeer,_17th_Century.jpg). 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’arme à feu présentait également des inconvénients stratégiques. Tout d’abord, si la trajectoire rectiligne des balles facilitait la visée, elle contrevenait également au volume de tirs qui se trouvait encore plus limité.&lt;sup id=&#34;fnref6:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref8:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les archers pouvaient se tenir en formation et tirer depuis différents rangs en même temps : les archers des lignes arrières tiraient au-dessus des lignes avants. Cette technique, appelée « tir de volée », est utilisée depuis l’Antiquité.&lt;sup id=&#34;fnref4:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En revanche, seulement deux rangs de mousquetaires pouvaient tirer simultanément (un rang à genoux et l’autre debout derrière lui). Du reste, les mousquetaires ne pouvaient viser que les premiers rangs d’une force ennemie. De plus, ils ne pouvaient pas lancer leurs projectiles au-dessus d’un mur de château.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les archers pouvaient tuer indirectement (et causer beaucoup de dégâts) avec leurs flèches enflammées. Il s’agissait de projectiles légèrement plus longs qui contenaient des matières combustibles. Certaines d’entre elles étaient à utilisation immédiate tandis que d’autres demandaient une certaine préparation sur le terrain.&lt;sup id=&#34;fnref7:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:38&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:38&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Leurs répercussions pouvaient être dévastatrices en des temps où les bâtiments et les bateaux étaient faits de matières inflammables. Les forces défensives pouvaient mettre le feu aux convois d’approvisionnement ou aux engins de siège des armées attaquantes.&lt;sup id=&#34;fnref9:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les archers à cheval enflammaient également les hautes herbes des grandes plaines pour repousser les troupes adverses.&lt;sup id=&#34;fnref1:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En soi, parce qu’ils lançaient des flèches enflammées, les arcs étaient, eux aussi, des « armes à feu ».&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;larbalète&#34;&gt;L’arbalète&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’arme à feu ne fut pas la première à remplacer l’arc. Sur le continent européen, l’arbalète est devenue l’arme de guerre dominante dès les années 1200. Puis, dans les années 1500, les premières armes à feu ont remplacé en grande partie les arbalètes.&lt;sup id=&#34;fnref8:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref10:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Apparue au cours de l’Antiquité, l’arbalète est une arme tributaire de l’énergie humaine, tout comme l’arc. Cependant, son fonctionnement ressemble fortement à celui d’une arme à feu. Le projectile est verrouillé dans son emplacement et le tireur doit simplement viser pour effectuer un tir précis. L’arbalétrier met l’arme sous tension à l’aide de différents mécanismes tels qu’un étrier, un treuil à double manivelle ou encore un système de poulies.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/1916.1758_full_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : arbalète avec des munitions. Allemagne, XVIe-XVIIe siècles. Bois, cuir, acier ; ensemble : 37,2 cm (14 5/8 in.). Source : Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : arbalète avec des munitions. Allemagne, XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècles. Bois, cuir, acier ; ensemble : 37,2 cm (14 5/8 in.). Source : [Internet Archive](https://archive.org/details/clevelandart-1916.1758-crossbow-bolt). 
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’arbalète est souvent considérée comme techniquement supérieure à l’arc. Le fait qu’elle ait en grande partie remplacé l’arc en Europe ne fait que confirmer cette idée. Cependant, une comparaison de leurs caractéristiques de performance démontre que ce sont deux armes tout aussi valables, chacune avec ses propres avantages et inconvénients. Le carreau d’arbalète était plus puissant qu’une flèche, incarnant ainsi l’outil parfait pour transpercer les armures.&lt;sup id=&#34;fnref:39&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:39&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, l’arme permettait à l’arbalétrier de moins bouger son coude et donc de porter une armure plus lourde qui aurait interféré avec l’utilisation d’un arc.&lt;sup id=&#34;fnref2:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, l’arbalète était bien plus lourde et sa cadence de tir était aussi faible que celle d’une arme à feu. De plus, les arbalètes n’étaient pas non plus adaptées aux tirs de missile en arc de cercle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l’on compare la performance de l’arbalète et celle de la première arme à feu, on observe un fait étrange : l’arbalète est manifestement la meilleure des deux. Elle partage la même cadence de tir que les premières armes à feu, mais elle possède tout de même une précision, une portée et une fiabilité proches de celles d’un arc. L’arbalète est également plutôt silencieuse et ne produit aucune fumée (contrairement à toutes les premières armes à feu). Pourtant, l’arbalète a fini par être remplacée par l’arme à feu, et non l’inverse. Par conséquent, et contrairement à l’opinion générale, l’arc et l’arbalète n’ont pas été remplacés par des armes supérieures en termes de performance technique,  et c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Entre 1400 et 1900, les armées européennes ont donc remplacé leurs armes de première catégorie par des armes de qualité moindre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;tuer-aucune-compétence-ni-effort-requis&#34;&gt;Tuer : aucune compétence ni effort requis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l’on tient compte uniquement des caractéristiques de performance, on peut remarquer que l’évolution des armes portables en Europe n’a pas vraiment de sens. Les différences en termes de techniques de production ne semblent pas l’expliquer pour autant. La production des balles était moins chère que celle des flèches, mais la fabrication des arcs automatiques était plus économique que celle des armes à feu. Le passage de l’arc à l’arbalète puis à l’arme à feu semble plus logique si on les compare en termes d’apprentissage. L’arbalétrier avait seulement besoin de bien viser et pouvait tirer tout droit et non en courbe, ce qui rendait l’arbalète plus facile d’utilisation que l’arc. L’arbalète sollicitait également moins les muscles que l’arc, tout en restant une arme tributaire de l’énergie humaine. L’arme à feu s’est émancipée de cette dépendance.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d’être des armes techniquement supérieures, les armes à feu ne nécessitaient aucune compétence ou effort musculaire pour tuer quelqu’un à distance.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d’être des armes techniquement supérieures, les armes à feu ne nécessitaient aucune compétence ou effort musculaire pour tuer quelqu’un à distance. La plupart des armées européennes ont remplacé les arcs par des arbalètes puis par des armes à feu pour la raison suivante : la rapidité de l’apprentissage. Les arbalétriers et les mousquetaires étaient peu formés, voire pas du tout, tandis que des années de pratique étaient nécessaires pour former un archer suffisamment habile et compétent pour être efficace sur un champ de bataille.&lt;sup id=&#34;fnref9:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref11:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:40&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:40&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:41&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:41&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;41&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’arbalète et l’arme à feu ont ainsi élargi le nombre de personnes susceptibles de devenir soldats dans une population donnée. Ce fut une bonne nouvelle pour les personnes au pouvoir parce qu’elles pouvaient désormais former une grande armée plus rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-pratique-du-tir-à-larc&#34;&gt;La pratique du tir à l’arc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est aisé d’oublier l’importance de la facilité d’apprentissage de nos jours, car les armes à feu sont particulièrement simples d’utilisation. En effet, il n’est même pas nécessaire de bien viser avec une mitrailleuse. En revanche, former et entretenir une armée d’archers demande beaucoup d’efforts. L’entraînement au tir à l’arc faisait partie du quotidien sur les champs de bataille où l’arc était l’arme de prédilection. L’exemple de l’Angleterre est particulièrement parlant. L’arbalète n’y fut retirée du service militaire qu’en 1595, soit près de 400 ans après que la plupart des armées européennes aient remplacé les arcs par les arbalètes, donc un siècle après l’apparition des premières armes à feu.&lt;/p&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/1962_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. [Internet Archive](https://archive.org/details/NewarkSchools1962). 
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&lt;p&gt;La couronne d’Angleterre obligeait toute la population masculine du pays à pratiquer le tir à l’arc. Les lois sont entrées en vigueur dans les années 1250 et sont devenues de plus en plus strictes au cours des siècles suivants.&lt;sup id=&#34;fnref10:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref12:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:42&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:42&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;42&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref4:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Tous les hommes entre 17 et 60 ans devaient posséder un arc et devaient s’entraîner les dimanches et les jours de fête. Les parents devaient fournir un arc et des flèches à leurs garçons d’ici l’âge de sept ans. Pour éviter toute distraction des entraînements de tir à l’arc, les autres sports comme le football, le tennis et le handball étaient interdits.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’entraînement au tir à l’arc faisait partie du quotidien sur les champs de bataille où l’arc était l’arme de prédilection.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La principale forme d’entraînement au tir à l’arc consistait à tirer sur des buttes. Il s’agissait de monticules de terre, de pierre et de tourbe situés sur des terres communales pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de long. Ces terrains d’entraînement (aussi connus sous le nom de blasons) pouvaient se trouver en pleine campagne, dans les villes et villages, ou sur des terres adjacentes des châteaux ou des forts.&lt;sup id=&#34;fnref11:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref13:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:44&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:44&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La pratique du tir à l’arc comprenait également le tir au piquet ou au clout : l’art de tirer une flèche à l’aide d’un grand arc dans une cible placée à une distance maximale. Cela permettait d’entraîner les archers au tir de volée. Il existait une autre forme d’entraînement qui consistait à tirer sur un papegault accroché en haut d’un mât. Cette technique entraînait les archers aux sièges et aux batailles navales, lors desquels ils étaient amenés à tirer sur des cibles en hauteur dans le gréement des navires ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cultures dont les armées étaient majoritairement composées d’archers à cheval les entraînements étaient différents, utilisant notamment des tactiques plus mobiles sur le champ de bataille.&lt;sup id=&#34;fnref5:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’entraînement militaire le plus typique avec des arcs composites se présentait sous forme de jeux, dans lesquels les archers galopaient à cheval sur des chemins spécialement tracés pour l’occasion, tirant sur les côtés, en arrière et dans les airs sur des cibles consécutives de part et d’autre de la piste. Un manuel équestre militaire ottoman sur le tir à l’arc du XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle décrit notamment près de 20 exercices combinant l’arc et l’épée.&lt;sup id=&#34;fnref12:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Beaucoup de peuples nomades ont appris à leurs enfants à monter à cheval et à tirer à l’arc dès leur plus jeune âge.&lt;sup id=&#34;fnref2:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/mongolian-child-archer-Nasanbat_Nasaa_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un enfant archer mongol. Crédit : Nasanbat Nasaa. Via Traditional Manchu Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un enfant archer mongol. Crédit : [Nasanbat Nasaa](https://www.facebook.com/groups/123478431067128/user/100000273387588/). Via [Traditional Manchu Archery](https://www.facebook.com/groups/fedoro). 
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/mongolian-horse-archer-Nasanbat%20Nasaa_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un archer mongol à cheval. Crédit : Nasanbat Nasaa. Via Traditional Manchu Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un archer mongol à cheval. Crédit : [Nasanbat Nasaa](https://www.facebook.com/groups/123478431067128/user/100000273387588/). Via [Traditional Manchu Archery](https://www.facebook.com/groups/fedoro). 
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&lt;p&gt;Pendant de nombreux siècles, le tir à l’arc était considéré comme un devoir religieux et une marque de statut social dans l’Islam, de la Turquie à l’Inde. Puis, il s’est développé sous forme d’un art martial et d’une pratique rituelle qui favorisait l’ordre social et le développement spirituel en Chine, au Japon, en Mongolie et en Corée.&lt;sup id=&#34;fnref:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:46&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:46&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;46&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’accent n’était pas seulement mis sur la précision et la portée, mais aussi sur la rapidité du tir, l’endurance, et sur le fait de tirer dans des positions inconfortables. Par exemple, une pratique particulière au Japon consistait à tirer des flèches sur une cible située sur un toit bas, d’une distance d’environ 120 mètres, tout en étant à genoux. Un autre défi consistait, quant à lui, à tirer sur une même cible de manière répétée pendant une longue durée. En 1686, un archer a tiré 13 053 flèches en 24 heures (9 par minute), dont 8 133 ont atteint à la cible (plus de 5 flèches par minute).&lt;sup id=&#34;fnref13:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arcs modernes ont supprimé le savoir-faire, ainsi qu’une grande partie du plaisir, propre au tir à l’arc en tant que sport.&lt;sup id=&#34;fnref:47&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:47&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;47&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En effet, un arc recurve contemporain à viseur est précis même dans les mains d’un parfait débutant. Lors de tirs sur des distances relativement grandes, des instruments aident l’archer à propulser la flèche avec la trajectoire balistique appropriée. Souvent, les doigts ne touchent même pas la corde d’arc. En effet, un déclenchement mécanique se trouve entre la corde et les doigts et il suffit à l’archer d’appuyer sur la gâchette. L’arc recurve olympique possède des stabilisateurs pour une meilleure visée. L’arc à poulies, le plus utilisé pour la chasse, comporte un système de cames permettant à la corde de se dérouler, réduisant ainsi la force dont l’archer a besoin pour tenir son arc en pleine allonge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-canon&#34;&gt;Le canon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Anglais finirent par abandonner le tir à l’arc, mais seulement après de nombreux débats.&lt;sup id=&#34;fnref14:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref6:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref3:37&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:37&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Cependant, l’arme à feu portative n’était pas l’unique raison du remplacement de l’arc anglais, pourtant si polyvalent. Il est devenu obsolète avec l’apparition d’une nouvelle arme d’artillerie : le canon. Les grands groupes d’archers se tenant debout proches les uns des autres devinrent une cible facile à atteindre lorsque l’artillerie est devenue plus mobile et efficace.&lt;sup id=&#34;fnref14:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:43&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:43&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; L’arc composite (et l’arbalète) résistaient beaucoup plus longtemps à l’arme à feu et au canon.&lt;sup id=&#34;fnref3:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:48&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:48&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;48&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En Chine, le tir à l’arc ne disparut de la formation militaire qu’en 1901, au moment où les armes à feu atteignirent enfin le niveau de performance des arcs.&lt;sup id=&#34;fnref:50&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:50&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;50&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En Chine, le tir à l’arc ne disparut de la formation militaire qu’en 1901, au moment où les armes à feu atteignirent enfin le niveau de performance des arcs&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis le temps des Grecs et des Romains, les missiles ont peu de fois trouvé leur place lors des guerres européennes. Il s’agissait souvent de batailles au corps à corps : les hommes se battaient à l’aide d’épées, de lances, de haches, de piques, de hallebardes et de marteaux. Lorsque les arcs, et plus tard les armes à feu, ont fait leur apparition sur le champ de bataille, les hommes ont continué à se tenir en rangs pour se tirer les uns sur les autres.&lt;sup id=&#34;fnref7:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les guerriers à cheval portaient des épées et des lances, et non des arcs et des flèches. En revanche, à l’Est, les guerres s’articulaient autour d’un très grand nombre d’archers à cheval mobiles qui ne participaient jamais aux mêlées. Ces archers arrivaient au galop sur leur ennemi, lançant vers lui une salve de flèches à longue portée avant de rebrousser chemin et de disparaître au loin. Ces attaques éclairs aussi dispersées étaient difficiles à arrêter avec des canons.&lt;sup id=&#34;fnref8:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref1:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Schlacht_von_Azincourt_dithered.png&#34; alt=&#39;Guerre en Europe : échanges de tirs d’hommes en rangs. L’image dépeint la bataille d’Azincourt (1415). Source : Antoine Leduc, Sylvie Leluc et Olivier Renaudeau (dir.), D’Azincourt à Marignan. Chevaliers et bombardes, 1415-1515, Paris, Gallimard / Musée de l’armée, 2015, p. 18-19, ISBN 978-2-07-014949-0&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Guerre en Europe : échanges de tirs d’hommes en rangs. L’image dépeint la bataille d’Azincourt (1415). Source : Antoine Leduc, Sylvie Leluc et Olivier Renaudeau (dir.), D’Azincourt à Marignan. Chevaliers et bombardes, 1415-1515, Paris, Gallimard / Musée de l’armée, 2015, p. 18-19, ISBN 978-2-07-014949-0 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Mongolian-horse-archers-Credit-Nasanbat-Nasaa_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Archers mongols à cheval. Crédit : Nasanbat Nasaa. Via Traditional Manchu Archery.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Archers mongols à cheval. Crédit : [Nasanbat Nasaa](https://www.facebook.com/groups/123478431067128/user/100000273387588/). Via [Traditional Manchu Archery](https://www.facebook.com/groups/fedoro). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De plus, les armes à feu ou les arbalètes n’intéressaient pas les archers en selle, car leurs tactiques de combat dépendaient de la cadence de tir. Ces armes les auraient contraints à revoir complètement leurs stratégies, qui s’étaient montrées très efficaces, même contre la cavalerie européenne équipée des premières armes à feu.&lt;sup id=&#34;fnref2:49&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:49&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les archers cavaliers amérindiens ont ainsi tué des colons européens jusqu’au XIX&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle. Dans les mains des cavaliers, l’arc n’a connu la défaite que face au fusil à répétition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-violence-viable&#34;&gt;Une violence viable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prôner le retour de l’arc et de la flèche au détriment de l’arme à feu semble absurde et irréaliste. Mais est-ce vraiment le cas ? Réutiliser l’arc nous serait profitable. Cette hypothèse s’inscrit dans la même logique que les stratégies à faible consommation d’énergie, telles que le remplacement des voitures par les vélos. Le vélo et l’arc sont tous deux des technologies très efficaces, faisant appel à la force physique de l’homme, qui seraient bénéfiques pour la santé humaine et l’environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d’abord, revenir à l’arc et à la flèche serait un geste pacificateur. Si former de plus grandes armées et mener des guerres plus vastes était possible avec les armes à feu, alors revenir aux arcs et aux flèches (et à d’autres missiles historiques, tels que les trébuchets, les catapultes et les balistes) rendrait les conflits moins importants. Le nombre de personnes d’une population donnée pouvant devenir de bons soldats diminuerait (à moins que la pratique du tir à l’arc ne réintègre les habitudes de la vie quotidienne). De la même manière, une société remplaçant les voitures par des vélos rendrait les distances de parcours plus courtes et favoriserait un mode de vie plus local (à moins que les gens ne s’entraînent à faire une douzaine de kilomètres par jour à vélo).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de personnes d’une population donnée pouvant devenir de bons soldats diminuerait en revenant à l’arc et à la flèche.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les guerres auraient moins d’impact sur l’environnement si l’on réhabilitait les arcs et les flèches. Nous n’évaluons pas souvent des armes en termes d’efficacité énergétique et de durabilité. Cependant, la production d’armes à feu et de balles dépend d’une chaîne d’approvisionnement mondiale complexe, incluant des infrastructures, des usines, des mines et des combustibles fossiles. Comme toute autre technologie moderne, ces armes posent donc un problème à long terme, en plus de la souffrance humaine qu’elles causent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’un autre côté, les arcs et les flèches peuvent être fabriqués à la main, à partir de matériaux locaux naturels et artificiels (Voir “&lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2022/11/when-lethal-weapons-grew-on-trees/&#34;&gt;Les armes mortelles qui poussaient sur les arbres
&lt;/a&gt;”). En outre, la production artisanale possède un effet pacificateur supplémentaire. En effet, les premières armes à feu étaient faites manuellement, comme les arcs, et dans les deux cas, l’approvisionnement en armes était limité à la quantité que pouvaient produire les artisans. Avec des méthodes de fabrication industrielle, ces limites ont disparu, facilitant ainsi la formation de grandes armées et multipliant les combats.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/archery%20outdoors%20women_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Entraînement de tir à l’arc en extérieur au Palm Beach Junior College, années 1950. Source : Archives du Palm Beach State College - Harold C. Manor Library - campus Lake Worth. Trouvé sur Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Entraînement de tir à l’arc en extérieur au Palm Beach Junior College, années 1950. Source : Archives du Palm Beach State College - Harold C. Manor Library - campus Lake Worth. [Trouvé sur Internet Archive](https://archive.org/details/17-archery-outdoors-women). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Troisièmement, les méthodes de fabrication low-tech représentent une source d’autosuffisance militaire, c’est-à-dire la capacité des pays (ou de toute autre entité politique) de se procurer ou de produire localement en grande quantité du matériel militaire performant, des matières premières et de l’équipement. Ces ressources peuvent être nécessaires pour la survie de l’entité ou pour la poursuite de ses objectifs en termes d’affaires étrangères.&lt;sup id=&#34;fnref2:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La production de munitions modernes dépend par exemple des réserves d’antimoine principalement trouvées en Chine. C’est cet élément qui permet aux balles modernes d’atteindre des vitesses si élevées.&lt;sup id=&#34;fnref:51&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:51&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;51&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:52&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:52&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;52&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de concevoir des armes à feu localement à l’aide de méthodes low-tech, mais elles ne seraient pas aussi performantes. Prenons comme exemple le Sten : pistolet-mitrailleur britannique emblématique de la Seconde Guerre mondiale. Sa production ne nécessite que peu d’usinage et de soudures, ce qui permet même sa fabrication dans des ateliers de cyclisme. Il est toutefois connu pour son manque de fiabilité et sa portée limitée à 100 mètres, une distance aisément surpassée par un archer suffisamment adroit.&lt;sup id=&#34;fnref:53&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:53&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;53&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/Stengun_verzet_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un pistolet-mitrailleur Sten. Source : Museum Rotterdam, via Wikimedia Commons. CC BY 3.0.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Un pistolet-mitrailleur Sten. Source : Museum Rotterdam, via [Wikimedia Commons](https://en.wikipedia.org/wiki/Sten#/media/File:Stengun_verzet.jpg). CC BY 3.0\. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, remplacer les armes à feu par des arcs réduirait les dégâts causés en zone civile, comme lors de tueries de masse, d’accidents ou de suicides. Théoriquement, il est possible de commettre une tuerie de masse avec un arc et des flèches. Cependant, l’archer devrait passer des années à s’entraîner, tandis qu’avec une arme à feu, il suffit d’appuyer sur la gâchette. De plus, les arcs au repos ne représentent qu’un danger moindre. Contrairement aux armes à feu et aux arbalètes, les arcs ne peuvent pas être transportés et rangés avec une flèche encochée.&lt;sup id=&#34;fnref3:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Enfin, l’arc se prête difficilement aux tentatives de suicide : il faudrait l’armer avec ses orteils tout en parvenant à se viser.&lt;sup id=&#34;fnref4:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-domaine-militaire-un-exemple-technologique&#34;&gt;Le domaine militaire, un exemple technologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Même en reconnaissant que revenir aux arcs serait avantageux, l’idée paraît sûrement irréaliste. C’est tout à fait possible, mais dans ce cas, la transition vers une société plus durable l’est également. Les modes de vie low-tech ne sont pas compatibles avec les armes ultramodernes, et ce pour plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premièrement, les technologies militaires sont l’un des moteurs du progrès technologique. Un grand nombre de produits néfastes pour l’environnement ont d’abord été développés à des fins militaires. Deuxièmement, la chaîne de production mondiale d’armes à feu modernes est à l’épicentre de tous les enjeux environnementaux et de croissance économique. Il n’est pas envisageable de la maintenir en activité dans l’unique but de produire des armes, tout en renonçant aux autres objectifs. Troisièmement, le système capitaliste requiert des dépenses militaires croissantes pour évacuer le surplus de capital accumulé. L’économie mondiale ne cesse d’investir de larges sommes dans l’armement, les conflits et la répression : le marché des armes de pointes est florissant.&lt;sup id=&#34;fnref:54&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:54&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;54&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;sup id=&#34;fnref:55&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:55&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;55&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:56&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:56&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;56&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/04/what-if-we-replace-guns-and-bullets-with-bows-and-arrows/images/dithers/1964_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. Internet Archive.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Entraînement de tir à l’arc au lycée, 1962. Source : The Newark Public Library. [Internet Archive](https://archive.org/details/NewarkSchools1964). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C’est pourquoi la question des armes devrait être au cœur des débats sur l’établissement d’une société durable. Comment pouvons-nous prétendre vouloir une société plus juste, durable et moins technologique si nous sommes incapables de concevoir des guerres low-tech ? La transition vers une industrie de l’armement low-tech paraît irréalisable, car elle nécessiterait une coopération mondiale, mais le même problème se pose pour la réduction des émissions liées aux combustibles fossiles. De plus, cette transition impliquerait une « désinvention » des choses, mais encore une fois, le même problème se pose pour de nombreux produits nocifs du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, le domaine militaire est l’un des rares dans lesquels nous avons convenu de ne pas recourir à certaines technologies. L’humanité a interdit l’usage de nombreux types d’équipements, comme les armes biologiques ou chimiques, les armes à laser aveuglantes et les balles empoisonnées. En revanche, aucun pays n’est parvenu à interdire les SUV, malgré la menace qu’ils représentent pour les autres conducteurs et pour l’environnement. Aussi absurde que cela puisse paraître, le domaine militaire est un exemple à suivre en termes de gouvernance technologique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;La puissance d’un arc dépend également de la taille de l’archer et du style de tir, des facteurs déterminants aussi son allonge. Plus l’archer tire sur la corde, plus les branches de l’arme emmagasinent de l’énergie. On mesure généralement la puissance de l’arc pour une allonge de 28 pouces, mais un même arc sera plus puissant entre les mains d’un archer de grande taille. Il en va de même pour le style de tir. De nos jours, la majorité des archers tendent la corde jusqu’à leur menton, alors qu’historiquement, ils la tiraient jusqu’à leur oreille, leur épaule ou au-delà. L’allonge et la puissance étaient donc supérieures.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;Randall, Karl Chandler. Origins and Comparative Performance of the Composite Bow. Diss. University of South Africa, 2016. &lt;a href=&#34;https://core.ac.uk/download/pdf/79170491.pdf&#34;&gt;https://core.ac.uk/download/pdf/79170491.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Pontzer, Herman, et al. « Mechanics of archery among Hadza hunter-gatherers. » Journal of Archaeological Science : Reports 16 (2017) : 57-64. &lt;a href=&#34;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2352409X17303309&#34;&gt;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2352409X17303309&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Loades, Mike. War Bows: Longbow, crossbow, composite bow and Japanese yumi. Bloomsbury Publishing, 2019.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref9:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref10:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref11:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref12:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref13:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref14:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref15:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref16:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref17:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Un arc de puissance inférieure à la moyenne indiquait généralement l’emploi de flèches empoisonnées.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Roth, Erik. With a Bended Bow: Archery in Mediaeval and Renaissance Europe. The History Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref9:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref10:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref11:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref12:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref13:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref14:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref15:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Nieminen, Timo A. &amp;ldquo;The Asian war bow.&amp;rdquo; arXiv preprint arXiv:1101.1677 (2011). &lt;a href=&#34;https://arxiv.org/pdf/1101.1677.pdf&#34;&gt;https://arxiv.org/pdf/1101.1677.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dougherty, Martin J. The Medieval Warrior: Weapons, Technology and Fighting Techniques: AD 1000-1500. Lyons Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;Denny, Mark. Their arrows will darken the sun: the evolution and science of ballistics. JHU Press, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://military-history.fandom.com/wiki/Muzzle_energy&#34;&gt;https://military-history.fandom.com/wiki/Muzzle_energy&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Karger, Bernd, et al. « Experimental arrow wounds: ballistics and traumatology. » Journal of Trauma and Acute Care Surgery 45.3 (1998) : 495-501.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Madhok, Brijesh M., Dipesh D. Dutta Roy, et Sashidhar Yeluri. « Penetrating arrow injuries in Western India. » Injury 36.9 (2005) : 1045-1050.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ashby, Ed. « Momentum, kinetic energy, and arrow penetration (and what they mean for the bowhunter). » (2005) : 1564244295094. &lt;a href=&#34;https://www.arcieridelbernabo.it/wp-content/uploads/7-Ashby-Momentum-Kinetic-Energy-and-Arrow-Penetration.pdf&#34;&gt;https://www.arcieridelbernabo.it/wp-content/uploads/7-Ashby-Momentum-Kinetic-Energy-and-Arrow-Penetration.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;MacPhee, Nichole, et al. « A comparison of penetration and damage caused by different types of arrowheads on loose and tight fit clothing. » Science &amp;amp; Justice 58.2 (2018) : 109-120.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le type de balle ou de pointe de flèche affecte aussi la gravité des blessures. Certaines balles sont conçues pour s’élargir ou éclater à l’impact afin de causer plus de dégâts et d’augmenter la probabilité d’endommager un organe vital.&lt;sup id=&#34;fnref8:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De même, les grandes pointes de flèches métalliques et bien affûtées provoquent des hémorragies.&lt;sup id=&#34;fnref5:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En revanche, les pointes field (utilisées pour le tir sur cible) n’entraînent des saignements que lors de l’extraction de la flèche : la plaie, relativement petite, étant obstruée par la hampe.&lt;sup id=&#34;fnref6:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;L’extraction des flèches est une des rares procédures médicales que l’on maîtrisait mieux autrefois : de nos jours, très peu de chirurgiens ont eu l’occasion de traiter ce type de plaie. Le risque de blessure est important, y compris pour le chirurgien qui opère.&lt;sup id=&#34;fnref7:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Un instrument médical, la cyasthisque de Dioclès (&lt;i&gt;spoon of Diocles)&lt;/i&gt;, permettait autrefois d’extraire les flèches sans provoquer de lésions supplémentaires. Une fois la plaie élargie, on glissait l’instrument le long de la hampe de la flèche pour localiser la pointe. Les bords de la cyasthisque se fixaient sur la pointe, et permettaient de l’extraire. Cornelius Celsus, qui a conçu cet instrument, a également réservé un chapitre de son traité médical &lt;i&gt;De medicina&lt;/i&gt; à l’extraction des flèches. Il y présente deux méthodes : ôter la flèche depuis son point d’entrée (à l’aide de la cyasthisque) en la tirant, ou en la poussant à travers le corps après incision des tissus mous au point de sortie. La seconde méthode, préconisée par Celsus, impliquait d’attacher la pointe de la flèche à un cheval, un bâton ou encore une arbalète pour l’extraire. Sushruta, un chirurgien indien, fait état de méthodes similaires quatre millénaires avant Celsus. Voir : Karger, Bernd, Hubert Sudhues, et Bernd Brinkmann. « Arrow wounds: major stimulus in the history of surgery » World journal of surgery 25.12 (2001): 1550-1555 &amp;amp; Karger, Bernd, et al. « Experimental arrow wounds: ballistics and traumatology. » Journal of Trauma and Acute Care Surgery 45.3 (1998) : 495-501.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&#34;&gt;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;Chan, Hok-lam. « ’The Distance of a Bowshot’: Some Remarks on Measurement in the Altaic World. » Journal of Song-Yuan Studies 25 (1995) : 29-46.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&#34;&gt;https://www.bow-international.com/features/long-distance-shooting-a-brief-history/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ces distances correspondent à des arcs « normaux ». Les cultures utilisant l’arc composite pratiquent aussi souvent le « tir à longue portée » à l’aide d’arcs spéciaux et de flèches très légères qui peuvent être envoyées à plus de 1000 mètres.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bettinger, Robert L. « Effects of the bow on social organization in Western North America. » Evolutionary Anthropology: Issues, News, and Reviews 22.3 (2013) : 118-123.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;D’autres exemples témoignent de la précision des archers du passé, même si l’une ne fait mention que d&amp;rsquo;une distance de tir très courte de 10 mètres  : les archers turcs pouvaient entourer une cible de la taille d’une pièce de monnaie avec cinq ou six flèches, de sorte qu’elles touchent toutes l’extérieur de la cible sans l’endommager.&lt;sup id=&#34;fnref4:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par ailleurs, une étude anthropologique des années 1920 rapporte que les meilleurs archers amérindiens parvenaient à toucher une minuscule cible (de la taille d’une pièce de 50 centimes) « fréquemment » à une distance entre 25 et 35 mètres. Enfin au début du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, Ishi, le dernier des Yahi (peuple amérindien de Californie) a atteint d’une flèche la tête d’un écureuil à environ 40 mètres.&lt;sup id=&#34;fnref3:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les flèches conservent généralement 75 à 80 % de leur vitesse initiale à l&amp;rsquo;impact, et 60 à 65 % de leur énergie cinétique. Source : Gorman, Stuart. The Technological Development of the Bow and Crossbow in Later Middle Ages. Diss. Trinity College Dublin, 2016. Fait référence à : Strickland, Matthew J., et Robert Hardy. The great warbow: from Hastings to the Mary Rose. Sutton, 2005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;Le bâton de jet est un autre exemple d’aéronautique préhistorique : &lt;a href=&#34;https://www.throwsticks.com/history-science&#34;&gt;https://www.throwsticks.com/history-science&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Hurley, Vic. Arrows against steel: the history of the bow and how it forever changed warfare. Cerberus Books, 2011.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref6:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref7:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref8:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;La balle peut tout de même faire des dégâts, mais elle a peu de chances de pénétrer la cible. Tirer (presque) à la verticale est plus dangereux.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:27&#34;&gt;
&lt;p&gt;En Asie, les archers tirent encore sur de longues distances. Par exemple, la distance de cible moyenne est de 145 mètres en Corée, et de 160 à 190 mètres en Turquie.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:27&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:28&#34;&gt;
&lt;p&gt;Townsend, Joan B. « Firearms against native arms: a study in comparative efficiencies with an Alaskan example. » Arctic Anthropology (1983) : 1-33.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:28&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:29&#34;&gt;
&lt;p&gt;Redmond, Gerald. « Longbow: A Social and Military History. » (1977): 121-124.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:29&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:30&#34;&gt;
&lt;p&gt;Wallace, E. Gregory. « Assault weapon myths. » S. Ill. ULJ 43 (2018): 193.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:30&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:31&#34;&gt;
&lt;p&gt;La prise primaire consiste à saisir l&amp;rsquo;extrémité de la flèche entre le bout du pouce tendu et la première et la deuxième articulation de l&amp;rsquo;index plié. Les flèches alors utilisées disposaient d’une extrémité plus large au lieu d’encoches.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:31&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:32&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lars Anderson est une figure controversée dans le milieu de l’archerie et ses exploits sont contestés. Vous trouverez sans doute des articles et vidéos rédigés ou publiés par des archers qui réfutent ses propos ou rejettent ses techniques. Cependant, bien que je soutienne les approches critiques, j’ai également remarqué que les archers traditionnels et modernes sont toujours en désaccord. De plus, le talent d’Anderson a été officiellement reconnu pour sa précision, si ce n’est pour sa cadence de tir : il est entré dans le livre Guinness des records après avoir tiré 7 flèches consécutives à travers une serrure.&lt;a href=&#34;https://www.odditycentral.com/news/archer-shoots-seven-arrows-through-10mm-keyhole-sets-world-record.html&#34;&gt;https://www.odditycentral.com/news/archer-shoots-seven-arrows-through-10mm-keyhole-sets-world-record.html&lt;/a&gt;. Enfin l’archerie montée est toujours pratiquée par des archers talentueux dans de nombreuses régions où l’arc composite avait autrefois une importance majeure. Ces archers semblent aussi doués que Lars Anderson. Voir par exemple cette vidéo : &lt;a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=utNOiSfyOD8&#34;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=utNOiSfyOD8&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:32&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:33&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir page 139 de &lt;i&gt;The Bowyer’s Bible&lt;/i&gt;, Volume 4 et pages 250, 283 et 284 dans &lt;i&gt;War Bows&lt;/i&gt;, par Mike Loads.&lt;sup id=&#34;fnref15:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:33&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:34&#34;&gt;
&lt;p&gt;Esper, Thomas. « Military Self-Sufficiency and Weapons Technology in Muscovite Russia. » Slavic Review 28.2 (1969) : 185-208.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:34&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:35&#34;&gt;
&lt;p&gt;Lanan, Nathan. « The Ottoman Gunpowder Empire and the Composite Bow. » The Gettysburg Historical Journal 9.1 (2010) : 4.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:35&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:36&#34;&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, les flèches n’avaient pas à être mortelles pour être efficaces. Premièrement, même si la flèche (ou les premières armes à feu) ne tuait pas sur le coup, beaucoup de victimes succombaient de l’infection de leurs plaies.&lt;sup id=&#34;fnref4:28&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:28&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Deuxièmement, une telle blessure est handicapante, même si la plaie n’est pas mortelle ou grave. Troisièmement, chaque flèche n’avait pas besoin de tuer. Les chocs contre l’armure des ennemis les épuisaient. Mike Loads, auteur de nombreux ouvrages sur l’archerie ancienne, parlait des flèches comme des « poings bardés d’acier et à la portée considérable ».&lt;sup id=&#34;fnref16:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:36&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:37&#34;&gt;
&lt;p&gt;Davies, Jonathan. « ’A COMBERSOME TYING WEAPON IN A THRONG OF MEN&amp;rsquo;: THE DECLINE OF THE LONGBOW IN ELIZABETHAN ENGLAND. » Journal of the Society for Army Historical Research 80.321 (2002) : 16-31.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:37&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:38&#34;&gt;
&lt;p&gt;De nombreux types de flèches incendiaires existaient. Pour les flèches à « cage », une mèche de laine, de chanvre ou d’étoupe est imprégnée d’un mélange inflammable avant d’être introduite dans la pointe en forme de cage. Ces flèches pouvaient être fabriquées sur le terrain, dès que le besoin s’en faisait sentir. Les archers transportaient des pointes à cage amovibles, des mèches et des matériaux combustibles pour convertir en un instant les flèches en flèches incendiaires. En revanche, les flèches à sac devaient être fabriquées à l’avance, mais elles étaient plus fiables : elles s’éteignaient moins souvent en vol. Pour fabriquer ces flèches, on insérait une longue pointe dans un boudin rempli de substances inflammables, que l’on entourait d’un sac en lin. Voir &lt;sup id=&#34;fnref17:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et &lt;sup id=&#34;fnref15:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:38&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:39&#34;&gt;
&lt;p&gt;Même si l’arbalète disposait d’une bien meilleure puissance que les arcs (jusqu’à 1000 livres), cet écart était en partie compensé par leur efficacité inférieure (environ 40 % de moins qu’un arc), et par leur allonge plus courte : les flèches sont beaucoup plus longues que les carreaux d’arbalète.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:39&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:40&#34;&gt;
&lt;p&gt;Des études anthropologiques ont démontré que les performances des archers à la chasse atteignent leur maximum étonnamment tard, après leur apogée physique. Source : Edinborough, Kevan Stephen Anthony. Evolution of bow-arrow technology. University of London, University College London (United Kingdom), 2005.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:40&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:41&#34;&gt;
&lt;p&gt;Grund, Brigid Sky. « Behavioral ecology, technology, and the organization of labor: How a shift from spear thrower to self bow exacerbates social disparities. » American Anthropologist 119.1 (2017) : 104-119.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:41&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:42&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://www.longbow-archers.com/historylistdates.html&#34;&gt;https://www.longbow-archers.com/historylistdates.html&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:42&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:43&#34;&gt;
&lt;p&gt;Phillips, Gervase. « Longbow and hackbutt: weapons technology and technology transfer in early modern England. » Technology and Culture 40.3 (1999) : 576-593.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:43&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:44&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://web.archive.org/web/20060905114227/http://www.eng-h.gov.uk/mpp/mcd/butts.htm&#34;&gt;https://web.archive.org/web/20060905114227/http://www.eng-h.gov.uk/mpp/mcd/butts.htm&lt;/a&gt; MONUMENTS PROTECTION PROGRAMME, MONUMENT CLASS DESCRIPTION, ARCHERY BUTTS, JANUARY 1990&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:44&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:45&#34;&gt;
&lt;p&gt;Grayson, Charles E., Mary French, et Michael John O&amp;rsquo;Brien. Traditional archery from six continents: the Charles E. Grayson collection. University of Missouri Press, 2007.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:45&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:46&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://web.archive.org/web/20151012222623/http://www.atarn.org/training/chinese_archery_bckgrnd.htm&#34;&gt;https://web.archive.org/web/20151012222623/http://www.atarn.org/training/chinese_archery_bckgrnd.htm&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:46&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:47&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ceci est un thème récurrent dans &lt;i&gt;The Bowyer’s Bible.&lt;/i&gt; Hamm, Jim. « The Traditional Bowyer&amp;rsquo;s Bible, Volume One / Two / Three / Four. » (1992-2008).&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:47&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:48&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bien que l’Empire ottoman soit un des pionniers de l’emploi de la poudre à canon pour l’artillerie et l’infanterie, les archers montés ont largement perduré jusqu’aux années 1550, environ aussi longtemps que les Anglais ont conservé leurs archers.&lt;sup id=&#34;fnref5:35&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:35&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La Russie moscovite a continué d’employer des archers montés pour défendre ses frontières du Sud-est contre les Tartares jusqu’à la fin du XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;siècle.&lt;sup id=&#34;fnref3:34&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:34&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Au Moyen-Orient, l’archerie n’a entamé son déclin qu’au tournant du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, tandis que l’Asie de l’Est n’a effectué sa transition vers les armes à feu qu’au début du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle.&lt;sup id=&#34;fnref2:45&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:45&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; En Chine, la discipline est retirée des entraînements militaires en 1901, à la période où les performances des armes à feu ont enfin égalé celles des arcs.&lt;sup id=&#34;fnref1:50&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:50&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;50&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les arcs ont donc coexisté en Chine avec les armes à feu pendant presque un millénaire.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:48&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:49&#34;&gt;
&lt;p&gt;May, Timothy. « Nomadic Warfare before Firearms. » Oxford Research Encyclopedia of Asian History. 2018. &lt;a href=&#34;https://oxfordre.com/asianhistory/asianhistory/abstract/10.1093/acrefore/9780190277727.001.0001/acrefore-9780190277727-e-4&#34;&gt;https://oxfordre.com/asianhistory/asianhistory/abstract/10.1093/acrefore/9780190277727.001.0001/acrefore-9780190277727-e-4&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:49&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:50&#34;&gt;
&lt;p&gt;Selby, Stephen. Chinese archery. Vol. 1. Hong Kong University Press, 2000.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:50&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:50&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:51&#34;&gt;
&lt;p&gt;Leckie, Cameron. « Lasers or longbows?: a paradox of military technology. » Australian Defence Force Journal 182 (2010) : 44-56.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:51&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:52&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les États-Unis dépendent fortement de la Chine et de la Russie pour leur approvisionnement en munitions. Le Congrès souhaite y remédier. Defense News, 22 juin 2022. &lt;a href=&#34;https://www.defensenews.com/congress/budget/2022/06/08/the-us-is-heavily-reliant-on-china-and-russia-for-its-ammo-supply-chain-congress-wants-to-fix-that/&#34;&gt;https://www.defensenews.com/congress/budget/2022/06/08/the-us-is-heavily-reliant-on-china-and-russia-for-its-ammo-supply-chain-congress-wants-to-fix-that/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:52&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:53&#34;&gt;
&lt;p&gt;Thompson, Leroy. The sten gun. Bloomsbury Publishing, 2012.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:53&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:54&#34;&gt;
&lt;p&gt;Robinson, William I. The global police state. London : Pluto Press, 2020.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:54&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:55&#34;&gt;
&lt;p&gt;Phillips, Peter. Giants: The global power elite. Seven Stories Press, 2018.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:55&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:56&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gregory, Anthony. « Rise of the warrior cop: The militarization of america&amp;rsquo;s police forces. » (2014) : 271-275.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:56&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
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    </item>
    
    <item>
      <title>Énergie solaire directe : hors réseau, sans batteries</title>
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      <pubDate>Wed, 24 Jan 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/direct-solar-office_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : un ordinateur portable alimenté par énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : un ordinateur portable alimenté par énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les installations solaires classiques ne remettent pas en cause notre dépendance aux énergies fossiles et le mode de vie énergivore qu’elles génèrent. Peu importe le temps qu’il fait, les panneaux solaires sur nos toits ou dans d’immenses centrales nous fournissent toute l’énergie qu’il nous faut, dans la mesure où ces systèmes utilisent le réseau électrique général. Alimenté en grande partie par des énergies fossiles, il agit comme une batterie et nous évite les coupures de courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les panneaux solaires, reliés au réseau général, permettent une réduction de la consommation en énergie fossile des centrales thermiques, les économies ainsi réalisées sont partiellement contrebalancées par la même énergie fossile nécessaire à la construction et à l’entretien de ce qui est en réalité une &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2017/09/how-not-to-run-a-modern-society-on-solar-and-wind-power-alone/&#34;&gt;infrastructure à double énergie&lt;/a&gt;. La combinaison de la production éolienne et solaire permettrait d’augmenter la part d’énergie renouvelable dans le réseau, mais il faudrait adapter davantage les infrastructures, ce qui demanderait beaucoup d’énergie, de temps et d’argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La même problématique se pose lorsqu’il s’agit de remplacer les centrales à énergies fossiles par des solutions de stockage, dans le but d’emmagasiner le surplus d’énergie produit au cours des journées à fort ensoleillement, afin de le restituer lorsqu’il y en a moins. Les systèmes de stockage d’énergie, reliés au réseau général ou aux ménages de particuliers (systèmes hors réseau), sont en effet très coûteux financièrement. De plus, leur construction et leur entretien &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/05/how-sustainable-is-stored-sunlight/&#34;&gt;génèrent une quantité considérable d&amp;rsquo;émissions de carbone&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;installations-solaires-autonomes&#34;&gt;Installations solaires autonomes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La production de panneaux solaires entraîne bien sûr un &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2015/04/how-sustainable-is-pv-solar-power/&#34;&gt;coût financier et énergétique&lt;/a&gt;. Cependant, ce coût est moindre face à celui associé aux équipements complémentaires. Dans le cas d’installations reliées au réseau, il est difficile d’estimer précisément ces dépenses, mais en ce qui concerne les installations autonomes (non reliées au réseau et disposant de leurs propres systèmes de stockage), la tâche est plus facile. Prenons donc comme exemple le petit dispositif solaire autonome alimentant mon salon à Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce système se compose de deux panneaux solaires de 50 W installés sur le balcon, d’une batterie au plomb de 100 Ah et d’un régulateur de charge de 10 A. L’énergie produite est notamment utilisée pour l’éclairage et le système audio ainsi que pour charger des appareils électroniques comme des ordinateurs portables. L’investissement financier initial a été de 340 euros : 120 euros pour les panneaux solaires, 170 euros pour la batterie et 50 euros pour le régulateur de charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, même si les panneaux solaires devraient tenir 30 ans et le régulateur 10 ans, je dois quand même changer la batterie au plomb tous les 3 à 5 ans. &lt;sup id=&#34;fnref:1&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:1&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Sur 30 ans, les coûts s’élèvent à 120 euros pour les panneaux, 150 euros pour les régulateurs et dans le meilleur des cas 1 020 euros pour les batteries. Les batteries (et les régulateurs de charge associés) représentent donc 90 % des coûts du cycle de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système de stockage représente aussi la majorité de l’énergie « intégrée » au système (et les émissions carbone associées). Il faut 1 200 mégajoules (MJ) d’énergie pour produire une batterie au plomb. &lt;sup id=&#34;fnref:2&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:2&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Sur 30 ans d’utilisation (au mieux, six batteries), cela équivaut à 7 200 MJ. Les trois régulateurs de charge ajoutent 360 MJ supplémentaires et le bilan énergétique du système de stockage sur 30 ans s’élève alors à 7 560 MJ. &lt;sup id=&#34;fnref:3&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:3&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Néanmoins, la production des panneaux solaires ne coûte que 2 275 MJ sur un total de 9 835  MJ. &lt;sup id=&#34;fnref:4&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:4&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Conclusion : plus de 75 % de la consommation totale d’énergie fossile est due au stockage de l’énergie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/balcony-system-from-outside_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : à droite, sur le balcon, les deux panneaux solaires 50 W qui alimentent mon salon. À côté, le panneau de 30 W permettant à ce site de fonctionner. Photo : Marie Verdeil.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : à droite, sur le balcon, les deux panneaux solaires 50 W qui alimentent mon salon. À côté, le panneau de 30 W permettant à ce site de fonctionner. Photo : Marie Verdeil. 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/structure-for-solar-panels-balcony_dithered.png&#34; alt=&#39;Image: La structure pour les panneaux solaires, faite à partir de bois de récupération. Photo : Kris De Decker.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image: La structure pour les panneaux solaires, faite à partir de bois de récupération. Photo : Kris De Decker. 
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&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/100ah-battery_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : La batterie au plomb 100 Ah alimentant le salon la nuit tombée. Photo : Kris De Decker.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : La batterie au plomb 100 Ah alimentant le salon la nuit tombée. Photo : Kris De Decker. 
&lt;/figcaption&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation d’un autre type de batterie ne modifierait pas significativement cette conclusion. Dans un système hors réseau similaire utilisant des batteries lithium-ion, le stockage d’énergie représenterait 95 % des coûts du cycle de vie (presque le double d’un système fonctionnant avec des batteries au plomb). Même en étant optimiste sur les durées de vie (10 ans) et en tenant compte des régulateurs de charge, les batteries au lithium sont responsables de 70 % de l’énergie engagée dans un réseau solaire. &lt;sup id=&#34;fnref:5&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:5&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:6&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:6&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pour les batteries nickel-fer, le stockage représenterait 85 % des coûts du cycle de vie (il n’y a pas de données sur le coût énergétique). &lt;sup id=&#34;fnref:7&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:7&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’échelle et le lieu de l’installation n’ont également aucune incidence. Un système plus extensif nécessiterait plus de panneaux solaires, mais aussi des batteries plus grosses et des régulateurs de charge plus puissants et plus coûteux. Les pourcentages restent les mêmes. &lt;sup id=&#34;fnref:8&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:8&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; La structure sur laquelle les panneaux solaires sont montés est le seul facteur pouvant légèrement augmenter leur part dans le coût total. Nous ne prendrons pas en compte ces structures puisque je les ai construites moi-même à partir de bois de récupération. Néanmoins, installer soi-même les panneaux solaires sur un toit est plus compliqué. Même dans ce cas-là, le coût lié au stockage d’énergie reste de loin le facteur le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lénergie-solaire-directe-beaucoup-plus-économique-et-durable&#34;&gt;L’énergie solaire directe : beaucoup plus économique et durable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux combustibles fossiles, le vent et le soleil ne sont pas disponibles à la demande. C’est là tout le problème dans notre approche des énergies renouvelables : nous &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/12/keeping-some-of-the-lights-on-redefining-energy-security/&#34;&gt;insistons pour que l’énergie soit toujours disponible à volonté&lt;/a&gt;, qu’importe la météo, la saison ou l’heure. Adapter l’offre d’énergie à la demande, &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2017/09/how-to-run-the-economy-on-the-weather/&#34;&gt;comme par le passé&lt;/a&gt;, entraînerait des réductions énormes dans les coûts et l’utilisation des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, si je n’avais pas installé de batterie dans mon installation solaire, mon système aurait été environ 10 fois moins cher : 120 euros au lieu de 1 290 euros sur un cycle de vie de 30 ans. Sinon, j’aurais pu dépenser ces 1 290 euros en panneaux solaires et atteindre les 1 075 W avec mon système solaire. Cela représente dix fois la capacité de l’installation avec les batteries, mais ça ne tiendrait pas sur le balcon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans batterie et régulateur de charge, le coût énergétique de l’installation chute de 9 835 MJ à 2 275 MJ. En d’autres termes, je pourrais générer au moins quatre fois plus d’énergie solaire pour le même investissement en combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-utiliser-concrètement-lénergie-solaire-directe&#34;&gt;Comment utiliser concrètement l’énergie solaire directe ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bien beau, mais le soleil n’est pas toujours au rendez-vous et la quantité d’énergie solaire varie selon l’heure et la saison. Par conséquent, la question se pose : comment utiliser concrètement des panneaux solaires sans batteries (ou sans équipements complémentaires dans le cas d’installations reliées au réseau) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y répondre, regardons l’exemple d’un pionnier de l’énergie solaire directe : la &lt;em&gt;Living Energy Farm&lt;/em&gt;. Cette communauté de sensibilisation environnementale, située dans l’état de Virginie aux États-Unis, est complètement « hors réseau » grâce à l’énergie solaire. Cependant, seulement 10 % de cette énergie est stockée dans une batterie (Nickel-fer), alors que  les panneaux solaires alimentent plusieurs maisons, une cuisine commune, un atelier de métallurgie et une ferme. &lt;sup id=&#34;fnref:9&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:9&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/living-energy-farm-map_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : système d’énergie solaire directe à la Living Energy Farm.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : système d’énergie solaire directe à la Living Energy Farm. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’installation solaire est en activité depuis 2011 et se compose de systèmes distincts réunissant une puissance-crête totale de 1 400 watts. &lt;sup id=&#34;fnref:11&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:11&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À titre comparatif, la puissance-crête moyenne d’une installation solaire privée au Royaume-Uni et aux États-Unis (pour un ménage) est respectivement de 4 000 watts et de 6 500 watts. Comme dans mon appartement, l’énergie est utilisée avec modération à la Living Energy Farm. Cependant, il y a d’autres raisons pour lesquelles la communauté se passe de batteries.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;certains-appareils-ne-sont-utilisés-que-de-jour&#34;&gt;Certains appareils ne sont utilisés que de jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une première raison est évidente : certains appareils électriques ou certaines machines ne sont utilisés que de jour. C’est notamment le cas de toutes les machines de l’atelier de métallurgie, y compris : une scie à ruban, un compresseur, une meuleuse, une scie circulaire, un tour, une fraiseuse et une perceuse. C’est aussi le cas pour les machines agricoles comme le moulin à grains et la pompe pour puits profond. Directement reliées aux panneaux solaires, ces machines ont les mêmes capacités que les technologies modernes du réseau général, si ce n’est le fait de ne pas pouvoir être utilisées la nuit. &lt;sup id=&#34;fnref1:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À une toute autre échelle, l’énergie solaire directe m’a permis d’alimenter : un fer à repasser, un pistolet à colle et une pompe d’arrosage (pour mon balcon). Ajoutons aussi à la liste d’exemples d’appareils et de machines pouvant n’être utilisés que le jour : les aspirateurs, les machines à coudre, les lave-linges, les consoles de jeux, les découpeuses laser et les imprimantes 3D. Il n’est pas si difficile d’envisager une société moderne dans laquelle passer l’aspirateur ou bricoler n’est possible que pendant la journée. Ce n’est certainement pas un retour au Moyen-Âge.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/shop-tools-living-energy-farm_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Plusieurs outils à la Living Energy Farm, la plupart fonctionnant à l’énergie solaire directe. Image : Alexis Zeigler.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : Plusieurs outils à la Living Energy Farm, la plupart fonctionnant à l’énergie solaire directe. Image : Alexis Zeigler. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/metal-lathe-living-energy-farm_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Tour à métaux fonctionnant à l’énergie solaire directe, Living Energy Farm. Image : Alexis Zeigler.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Tour à métaux fonctionnant à l’énergie solaire directe, Living Energy Farm. Image : Alexis Zeigler. 
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/direct-soldering-2_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Soudure à l’énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil. Regarder la vidéo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Soudure à l’énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil. [Regarder la vidéo](https://www.youtube.com/watch?v=qozZCJU4IOc). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D’un autre côté, les appareils électriques n’ont pas tous besoin d’être constamment surveillés. Les lave-linges et les lave-vaisselles pouvant être programmés pour démarrer automatiquement au lever du soleil sont souvent cités comme exemples d’application d’un réseau électrique « intelligent ». Cependant, cette approche s’appuie sur une infrastructure considérable de transmission électrique, de réseaux de communication et d’appareils électroniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, avec une approche solaire directe et décentralisée, cette « intelligence » est fournie par le soleil et la rotation de la planète. Un lave-linge ou un lave-vaisselle alimenté par énergie solaire directe peut être complètement chargé et allumé le soir. La machine se recharge ensuite « automatiquement » le matin. On peut même utiliser des minuteurs (électroniques ou mécaniques) pour programmer l’activation des équipements l’un après l’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste à déterminer si les nuages constituent un obstacle supplémentaire pour une installation solaire directe. La solution repose sur la taille des panneaux solaires. Doubler la surface des panneaux solaires garantit suffisamment de puissance par temps partiellement couvert. De plus, les coûts économiques et écologiques demeurent bien plus faibles que pour une installation avec des batteries ou autres équipements complémentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’augmentation supplémentaire de la surface des panneaux solaires permettrait de produire suffisamment d’énergie, même en cas de forte couverture nuageuse. Cependant, au-delà de dix fois la surface originelle, les coûts sont équivalents à ceux d’un système autonome classique avec batteries. En quadruplant leur surface, le système redevient dépendant des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;beaucoup-dappareils-possèdent-leur-propre-batterie&#34;&gt;Beaucoup d’appareils possèdent leur propre batterie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec l’énergie solaire directe, l’utilisation d’appareils électroniques la nuit tombée reste possible. Comme indiqué précédemment, la Living Energy Farm utilise peu de batteries qui servent, entre autres, à alimenter les luminaires, les ventilateurs ou les appareils électroniques la nuit. &lt;sup id=&#34;fnref2:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Par ailleurs, beaucoup d’appareils modernes sont dotés de leur propre système de stockage. C’est notamment le cas de la grande majorité des véhicules électriques, de la plupart des gadgets électroniques et d’anciens appareils fonctionnant avec des piles AA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par conséquent, ce type d’appareil peut être rechargé par énergie solaire directe durant le jour, ce qui permet leur utilisation plusieurs heures après le coucher du soleil grâce aux batteries intégrées. Associé à une banque d’énergie au lithium-ion, un panneau à énergie solaire directe permet également de recharger des appareils USB la nuit. Ce dispositif peut même fonctionner pour l’éclairage, puisque de nombreux luminaires possèdent des batteries et peuvent être utilisés comme des sortes de torches accrochées à différents endroits des pièces et des bâtiments.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/solar-phone-2_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Un téléphone portable se rechargeant à l’énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Un téléphone portable se rechargeant à l’énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil. 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, externaliser le stockage d’énergie chimique dans les appareils n’est pas la solution la plus durable. La production de batteries lithium-ion nécessite des combustibles fossiles et (contrairement aux batteries au plomb) elles ne sont pas recyclables. La meilleure solution reste évidemment de limiter l’utilisation des appareils électroniques. Néanmoins, les charger à l’énergie solaire directe est bien plus durable et efficace que d’utiliser d’autres batteries ou un réseau électrique alimenté par des combustibles fossiles. S’il faut utiliser ces appareils technologiques, utilisons-les de la manière la plus intelligente possible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;stockage-dénergie-non-électrique&#34;&gt;Stockage d’énergie non électrique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La troisième raison pour laquelle l’énergie solaire directe est bien plus pratique qu’il n’y paraît est que certains appareils peuvent être utilisés une fois le soleil couché grâce à l’énergie thermique. Cette option est bien plus économique et durable que le stockage d’énergie électrique. Le stockage d’énergie thermique est une solution assez répandue pour les systèmes de chauffage des locaux et la production d’eau chaude. L’eau est chauffée par le soleil et est ensuite stockée soit dans une chaudière, soit dans l’enveloppe du bâtiment (pour le chauffage des locaux uniquement). Ce n’est pas surprenant que la Living Energy Farm soit dotée de tels systèmes. C’est aussi l’énergie solaire thermique qui chauffe l’eau de mon appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, cette même approche fonctionne aussi pour deux appareils ménagers essentiels qu’il est nécessaire de faire fonctionner après le coucher du soleil, mais qui sont aussi énergivores : le réfrigérateur et la cuisinière. Plutôt que de stocker l’énergie d’un panneau solaire dans une batterie pour ensuite alimenter un réfrigérateur ou une cuisinière, la Living Energy Farm utilise l’isolation thermique. Cela permet de conserver la chaleur à l’intérieur (dans le cas de la cuisinière) ou à l’extérieur (dans le cas du réfrigérateur) en l’absence d’alimentation électrique. L’isolation thermique est également une solution très efficace énergétiquement, ce qui signifie que ces appareils peuvent fonctionner sur des panneaux solaires de quelques 100 ou 200 watts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-réfrigérateur-alimenté-par-énergie-solaire-directe&#34;&gt;Un réfrigérateur alimenté par énergie solaire directe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est tout à fait possible de relier un réfrigérateur classique ou un congélateur directement à un panneau solaire. Néanmoins, une telle installation chaufferait très vite la nuit. Même les réfrigérateurs étiquetés comme étant les plus efficaces énergétiquement présentent une épaisseur d’isolation relativement limitée (généralement 2,5 cm). Cependant, si cette épaisseur d’isolation est portée à 12,5 cm, la consommation d’énergie d’un réfrigérateur est divisée par quatre.&lt;sup id=&#34;fnref:12&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:12&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:13&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:13&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Sa capacité de refroidissement passif peut être amplifiée en ajoutant une masse thermique sous la forme d’un réservoir d’eau à l’intérieur de l’appareil. Pendant la journée, le panneau solaire refroidit l’eau ou la change en glace. La nuit, cette eau (ou glace) ralentit le réchauffement de l’appareil. &lt;sup id=&#34;fnref:14&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:14&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, un réfrigérateur à énergie solaire directe s’ouvre par le haut et non par l’avant. L’air froid est lourd, et par conséquent beaucoup moins d’énergie est perdue lorsque quelqu’un ouvre la porte. Tous ces choix de conception cumulés permettent une économie d’énergie considérable. Une étude sur les réfrigérateurs à énergie solaire directe dans des régions très ensoleillées (Texas et Nouveau-Mexique, États-Unis) a démontré qu’ils pouvaient garder leur capacité de refroidissement même après 6 à 7 jours sans alimentation électrique. Les équipements fonctionnent à l’année avec des panneaux solaires de 80 W à 120 W seulement. &lt;sup id=&#34;fnref:15&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:15&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; la Living Energy Farm alimente son réfrigérateur solaire à l’aide d’un panneau de 200 W. &lt;sup id=&#34;fnref3:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/sundanzer-direct-solar-fridge_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Le Sundanzer DDR165. un réfrigérateur conçu spécialement pour l’énergie solaire directe. Photo : Sundanzer.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Le Sundanzer DDR165. un réfrigérateur conçu spécialement pour l’énergie solaire directe. Photo : Sundanzer. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au chauffage solaire, le refroidissement solaire est parfaitement adapté aux variations saisonnières du rayonnement solaire. Refroidir est plus énergivore en été, la période où le rayonnement solaire est au plus haut. Le réfrigérateur installé au Nouveau-Mexique, mentionné précédemment, a enregistré une consommation de 406 wattheures par jour en été, contre 230 en hiver. &lt;sup id=&#34;fnref:16&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:16&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; De plus, cette technologie peut être utilisée tout le long de la chaîne du froid pour laquelle le réfrigérateur, bien qu’il demeure essentiel, ne représente qu’un maillon. La climatisation est une autre application de l’énergie solaire directe, bien qu’elle soit peu documentée et difficile à mettre en place. &lt;sup id=&#34;fnref:17&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:17&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;une-cuisinière-à-énergie-solaire-directe&#34;&gt;Une cuisinière à énergie solaire directe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En principe, une cuisinière standard peut être reliée directement à un panneau solaire, mais comme pour un réfrigérateur standard, ce n’est pas très pratique. On ne peut cuisiner que le jour et cela implique d’installer un grand nombre de panneaux solaires. Une seule plaque chauffante nécessite une puissance électrique de 1 000 watts. Pour résoudre ce problème, les plaques des cuisinières solaires électriques sont enveloppées d’un isolant thermique. En principe, cette technologie est la combinaison d’une cuisinière électrique et d’une &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2014/07/if-we-insulate-our-houses-why-not-our-cooking-pots/&#34;&gt;marmite norvégienne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/test-isec-thermal-energy-storage_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Test d’une cuisinière solaire électrique. Photo : université d’État polytechnique de Californie (Cal Poly).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Test d’une cuisinière solaire électrique. Photo : université d’État polytechnique de Californie (Cal Poly). 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Grâce à l’isolation thermique, une cuisinière solaire électrique emmagasine progressivement la chaleur pendant le jour pour pouvoir ensuite cuisiner une fois la nuit tombée. Ainsi, il est possible d’atteindre de hautes températures à moindre coût énergétique. Cela revient à « charger » la cuisinière, non pas avec de l’électricité, mais avec de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des chercheurs de l’université d’État polytechnique de Californie (Cal Poly) ont construit la première cuisinière solaire électrique en 2015. Leur appareil de 12 volts, qui a évolué depuis, n’a besoin que d’un panneau solaire de 100 W pour fonctionner. Il fait bouillir un litre d’eau en une heure. Sur une journée ensoleillée, il peut cuire presque 5 kg de haricots, de riz, de ragoût ou de pommes de terre.&lt;sup id=&#34;fnref:18&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:18&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En utilisant une marmite avec un fond beaucoup plus épais (5-10 kg), il devient possible de cuisiner après la tombée de la nuit. L’équipe de recherche de Cal Poly a notamment réussi à atteindre une température de 250 °C à l’intérieur du dispositif de stockage par chaleur sensible, après cinq heures de charge par un panneau solaire de 100 W. En trois secondes, ils ont ainsi fait bouillir un litre d’eau après le coucher du soleil. Au cours d’un autre test, ils ont réussi à cuire 1 kg de légumes en deux minutes. La configuration idéale est de disposer de deux marmites, une avec stockage de chaleur et l’autre sans. On peut alors utiliser une cuisinière solaire électrique pour des cuissons lentes ou rapides, selon le moment de la journée et le plat à préparer. &lt;sup id=&#34;fnref:19&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:19&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/cal-poly-solar-electric-cooker-idea_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : Principe de la cuisinière électrique avec stockage par chaleur sensible. Dessin : université d’État polytechnique de Californie (Cal Poly).&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
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 Image : Principe de la cuisinière électrique avec stockage par chaleur sensible. Dessin : université d’État polytechnique de Californie (Cal Poly). 
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&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;thermique-ou-électrique&#34;&gt;Thermique ou électrique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme pour le chauffage des locaux et la production d’eau chaude, les cuisinières et les systèmes de refroidissement solaires peuvent fonctionner avec ou sans électricité, soit à l’aide de panneaux photovoltaïques, soit à l’aide de capteurs solaires thermiques. Mais, les cuisinières et systèmes de refroidissement solaires sont plus économiques et plus efficaces énergétiquement quand ils fonctionnent à l’aide d’électricité, ce qui n’est pas le cas pour le chauffage solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chauffage des locaux et de l’eau peut s’obtenir avec de faibles écarts de températures. Ils peuvent être fournis par des capteurs thermiques solaires bon marché composés de plaques de verre et de conduites d’eau. En revanche, les systèmes de refroidissement solaires et les cuisinières solaires nécessitent des écarts de température plus importants, qui requièrent des capteurs solaires thermiques plus sophistiqués (à tubes sous vide ou paraboliques), plus chers que les panneaux photovoltaïques. &lt;sup id=&#34;fnref:20&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:20&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:21&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:21&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule exception est la cuisinière solaire classique, composée d’une boîte isolée avec un couvercle en verre, qui ne peut pas atteindre des températures aussi hautes. Les cuisinières électriques solaires présentent encore d’autres avantages. Avec un appareil non électrique, il faut cuisiner à l’extérieur, ce qui est moins pratique et moins efficace, surtout en hiver ; les pertes d’énergie sont plus grandes pour une cuisinière solaire thermique. Les cuisinières solaires électriques sont aussi plus rentables énergétiquement puisqu’elles sont isolées de tous les côtés. Elles sont aussi plus performantes par temps couvert et après le coucher du soleil. À la Living Energy Farm, la cuisinière solaire parabolique n’est utilisée que lorsque les conditions sont optimales : quand le soleil brille fort et qu’il fait chaud.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;quels-défis-techniques&#34;&gt;Quels défis techniques ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Même si la Living Energy Farm met en œuvre toutes ces applications de l’énergie solaire directe, quelques défis techniques subsistent pour ceux qui voudraient faire de même. Presque toutes nos technologies modernes sont conçues pour être utilisées avec une alimentation énergétique stable et continue. Il pourrait en être autrement, mais l’énergie solaire directe nécessite généralement un peu de bricolage. Construire un système solaire direct est bien plus facile que de construire un système autonome avec batteries, mais cela implique souvent des ajustements au niveau des dispositifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains appareils peuvent être reliés directement à un panneau solaire : il suffit de connecter les bornes positives et négatives du panneau et de l’appareil. Par exemple, les machines à moteurs CC tolèrent d’importantes fluctuations d’alimentation électrique. L’atelier de métallurgie et les machines agricoles de la Living Energy Farm fonctionnent ainsi. Si les nuages bloquent le soleil, la charge électrique combinée peut surpasser la puissance fournie par les panneaux solaires, mais cela n’arrête pas les machines. Tous les moteurs ralentiront puisqu’ils se partageront l’énergie disponible, mais ils continueront néanmoins à fonctionner. &lt;sup id=&#34;fnref4:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:22&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:22&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appareils utilisant des éléments à résistance chauffante sont également concernés, par exemple les chaudières, les plaques de cuisson ou les systèmes de chauffage électrique. Ils fonctionnent quelque soit la puissance ou la tension, seule leur vitesse varie. Un réfrigérateur à alimentation solaire directe fonctionne idéalement avec un compresseur à courant continu variable, lequel peut ajuster sa vitesse en fonction des variations de la production d’énergie solaire. &lt;sup id=&#34;fnref5:10&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:10&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id=&#34;fnref:23&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:23&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux autres appareils requièrent une tension d’entrée précise et stable, ne correspondant généralement pas à celle produite par un panneau solaire. Néanmoins, il est possible de remédier à cet inconvénient en installant un convertisseur DC-DC (convertisseur « buck » ou « boost ») entre le panneau solaire et l’appareil. Il s’agit d’un petit module électronique qui transforme la tension fluctuante du panneau solaire en une tension de sortie constante adaptée à un appareil basse tension (5 V, 12 V ou plus). &lt;sup id=&#34;fnref:24&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:24&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/solar-behind-the-scenes-3_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : expériences avec l’énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : expériences avec l’énergie solaire directe. Photo : Marie Verdeil. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si vous ajoutez un onduleur, les appareils fonctionnant sur secteur pourront aussi être alimentés directement par un panneau solaire. &lt;sup id=&#34;fnref:25&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:25&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les convertisseurs DC-DC sont donc nécessaires pour tous les appareils qui contiennent des composants électroniques. C’est le cas de nombreux appareils aujourd’hui, notamment ceux qui fonctionnaient jusqu’à récemment sans électronique, comme les lave-linges ou les machines à café. En règle générale, il existe deux façons d’alimenter ces appareils avec de l’énergie solaire directe. Vous pouvez soit installer un convertisseur DC-DC, soit modifier l’appareil en contournant l’électronique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;manuels-de-bricolage-et-appareils-commerciaux&#34;&gt;Manuels de bricolage et appareils commerciaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plupart des installations solaires directes &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/04/slow-electricity-the-return-of-dc-power/&#34;&gt;opèrent à basse tension&lt;/a&gt;, il est donc possible de faire l’installation soi-même en toute sécurité. Low-tech Magazine publiera bientôt un manuel à ce sujet. Toutefois, la Living Energy Farm opte pour le courant continu à tension plus élevée dans plusieurs de ses installations, comme par exemple les machines-outils de l’atelier de métallurgie (90 V) et un certain nombre de fours solaires électriques de grande puissance (48 V, 180 V). Il est peu recommandé de construire ces systèmes soi-même sans l’aide d’un électricien qualifié : ces tensions électriques peuvent entraîner des accidents mortels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous souhaitez construire vos propres fours solaires électriques (à basse tension), vous trouverez des manuels complets auprès de la Living Energy Farm ou de la Cal Poly. &lt;sup id=&#34;fnref:26&#34;&gt;&lt;a href=&#34;#fn:26&#34; class=&#34;footnote-ref&#34; role=&#34;doc-noteref&#34;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les appareils peuvent être fabriqués à partir de matériaux simples. Les matériaux d’isolation doivent être ignifuges  (par exemple, la laine de roche, la fibre de verre, la laine naturelle ou l’argile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Différentes technologies peuvent être utilisées pour les éléments chauffants, mais la solution la plus simple consiste à incorporer des fils de nichrome dans le ciment. Ces fils peuvent être récupérés sur divers appareils tels que les grille-pains, les fours ou les plaques de cuisson. En principe, les fils chauffants peuvent être fixés directement à la marmite, cependant il est plus judicieux de confectionner un « nid » chauffé dans lequel la marmite peut être placée.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/roxy-solar-oven_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : inspirée par les travaux de la Cal Poly, la Living Energy Farm a aussi développé un certain nombre de fours solaires électriques, dont l’un est commercialisé sur leur site web. Le four Roxy s’utilise comme plaque chauffante ou comme four, par exemple pour la cuisson du pain. La porte reste fermée même lorsqu’il est utilisé comme plaque chauffante. Ce four solaire ne stocke pas l’énergie.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : inspirée par les travaux de la Cal Poly, la Living Energy Farm a aussi développé un certain nombre de fours solaires électriques, dont l’un [est commercialisé sur leur site web](https://livingenergylights.com/product/roxy-solar-electric-oven/). Le four Roxy s’utilise comme plaque chauffante ou comme four, par exemple pour la cuisson du pain. La porte reste fermée même lorsqu’il est utilisé comme plaque chauffante. Ce four solaire ne stocke pas l’énergie. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/roxy-deluxe-without-door_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : le four Roxy sans porte avec l’isolation en laine de verre visible. L’appareil, fabriqué dans l’atelier de métallurgie à l’aide de l’énergie solaire directe, fonctionne à 48 V et nécessite un panneau solaire de 200 à 500 watts. La Living Energy Farm commercialise également le réfrigérateur solaire Sunstar sur leur site web.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : le four Roxy sans porte avec l’isolation en laine de verre visible. L’appareil, fabriqué dans l’atelier de métallurgie à l’aide de l’énergie solaire directe, fonctionne à 48 V et nécessite un panneau solaire de 200 à 500 watts. La Living Energy Farm commercialise également le réfrigérateur solaire Sunstar [sur leur site web](https://livingenergylights.com/product/sunstar-direct-drive-8-cuft-chest-style-refrigerator-freezer/). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h2 id=&#34;lénergie-solaire-directe-est-elle-source-de-gaspillage&#34;&gt;L’énergie solaire directe est-elle source de gaspillage ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La durabilité d’une installation solaire dépend non seulement de la quantité d’énergie nécessaire à la production et à l’entretien de l’infrastructure, mais également de l’énergie générée par les panneaux solaires au cours de leur durée de vie. Selon certains, les installations solaires directes sont beaucoup moins performantes que les installations conventionnelles raccordées au réseau ou alimentées par des batteries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, on n’utilise pas quotidiennement son aspirateur, son lave-linge ou sa perceuse, et si aucun appareil électrique n’est branché, un panneau solaire ne produira pas non plus d’électricité. Par conséquent, la quantité d’électricité produite par le panneau diminuera au cours de sa vie, alors que l’énergie nécessaire à la fabrication du panneau restera la même. Ainsi, l’énergie produite par un panneau solaire direct est beaucoup plus polluante en termes d’émissions de carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, comme le stockage de l’énergie dans des batteries (ou l’alternative connectée au réseau) représente une proportion importante de l’énergie totale investie, un panneau solaire autonome peut dilapider une plus grande quantité d’énergie avant de devenir moins durable que son équivalent avec un stockage dans des batteries ou une connexion au réseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la consommation directe d’énergie solaire empêche les pertes de charge et de décharge causées par les batteries, ou encore les pertes d’énergie au niveau de la structure de transmission pour les systèmes raccordés au réseau. Les deux doivent être compensés par l’installation de panneaux solaires supplémentaires. Parallèlement, les panneaux solaires reliés à des batteries ou au réseau électrique gaspillent également de l’énergie, conséquence de la grande différence de production d’énergie entre l’été et l’hiver.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;maximiser-lénergie-solaire-directe-grâce-aux-services-collectifs&#34;&gt;Maximiser l’énergie solaire directe grâce aux services collectifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, il est important de maximiser la production d’énergie d’un panneau solaire direct. À ce propos, il convient de revenir un instant sur l’exemple initial du système installé sur mon balcon. L’énergie solaire directe constitue un complément intéressant à ce système, en particulier pour le réfrigérateur et le four. Ces appareils m’ont amené à &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2016/05/how-to-get-your-apartment-off-the-grid/&#34;&gt;conclure en 2016 qu’il était impossible de déconnecter complètement mon appartement du réseau&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la Living Energy Farm démontre qu’il est bel et bien possible de le faire : il y a en effet de la place pour installer 200 watts supplémentaires de panneaux solaires (4 x 50 W) sur le balcon, soit une puissance suffisante pour alimenter un réfrigérateur et une plaque de cuisson isolés thermiquement. Il ne serait donc pas nécessaire d’augmenter la capacité de la batterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l’énergie solaire directe n’est pas très utile pour la plupart de mes autres appareils. L’installation d’un panneau solaire supplémentaire pour la machine à laver ou la perceuse électrique n’est pas très utile, étant donné qu’elles ne sont pas utilisées quotidiennement. Ainsi, il semble plus intéressant de mettre en place un réseau électrique « intelligent », afin que plusieurs ménages puissent utiliser la même énergie solaire, en sachant qu’il y a toujours une personne qui a besoin de laver du linge ou de percer un trou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’installation d’un tel réseau requiert toutefois une infrastructure importante, et ce malgré l’utilisation de l’énergie solaire directe à une telle échelle. Elle ne nécessiterait pas obligatoirement de batteries ou de combustibles fossiles en guise de secours, mais plutôt la mise en place d’un réseau de transmission et de communication.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2024/01/direct-solar-power-off-grid-without-batteries/images/dithers/direct-solar-record-player_dithered.png&#34; alt=&#39;Image : un tourne-disque fonctionnant directement à l’énergie solaire. Photo : Marie Verdeil. Regarder la vidéo.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Image : un tourne-disque fonctionnant directement à l’énergie solaire. Photo : Marie Verdeil. [Regarder la vidéo](https://www.youtube.com/watch?v=_LjSigJv0-0). 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Living Energy Farm offre une solution alternative : l’organisation communautaire des tâches ménagères et du travail. Au lieu de disposer d’un réseau électrique communal répartissant l’énergie entre de nombreux foyers individuels, il est possible de mettre en place des services collectifs à production d’énergie décentralisée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grâce à l’atelier communautaire de la Living Energy Farm, l’énergie solaire directe est utilisée de manière beaucoup plus efficace qu’au sein d’un atelier individuel dont l’utilisation n’est qu’occasionnelle. Par exemple, une laverie collective utilisée dans chaque rue permettrait d’utiliser l’énergie solaire directe plus efficacement. De plus, cette solution fait économiser beaucoup d’énergie aux appareils de construction et permet de gagner en espace.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;lénergie-éolienne-directe&#34;&gt;L’énergie éolienne directe ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette stratégie prend tout son sens si l’on opte non pas pour l’énergie solaire directe, mais pour l’énergie éolienne directe, ou pour une combinaison des deux. La Living Energy Farm est située dans une région ensoleillée, mais la même approche conviendrait également aux régions venteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe toutefois une différence significative entre l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Le rendement d’un panneau solaire ne dépend pas de sa taille. L’énergie solaire est donc idéale pour la production d’énergie décentralisée. En revanche, le rendement d’une éolienne &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2009/04/small-windmills-put-to-the-test/&#34;&gt;augmente plus que proportionnellement à la hausse du diamètre du rotor&lt;/a&gt;. Par conséquent, il est plus intéressant de posséder &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2019/06/reinventing-the-small-wind-turbine/&#34;&gt;une seule grande éolienne&lt;/a&gt; pour une communauté de ménages, par exemple pour alimenter une laverie ou un atelier collectif, qu’une éolienne par ménage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;footnotes&#34; role=&#34;doc-endnotes&#34;&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&#34;fn:1&#34;&gt;
&lt;p&gt;La durée de vie d’une batterie plomb-acide dépend de nombreux facteurs. Elle peut être inférieure à trois ans si la décharge est trop importante ou si la batterie n’est pas entièrement rechargée régulièrement. En revanche, une batterie au plomb peu ou pas utilisée peut durer bien plus de cinq ans. Pourtant, la documentation académique mentionne une durée de vie de trois à cinq ans, qui correspond à l’expérience que j’ai eue avec celles que j’utilise depuis 2016. Voir par exemple « Optimal Sizing and Life Cycle Assessment of Residential Photovoltaic Energy Systems With Battery Storage» , A. Celik, dans « Progress in Photovoltaics : Research and Applications », 2008. &amp;amp; « Energy pay-back time of photovoltaic energy systems: present status and prospects », E.A. Alsema, dans « Proceedings of the 2nd World Conference and Exhibition on photovoltaics solar energy conversion », juillet 1998.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:1&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:2&#34;&gt;
&lt;p&gt;La fabrication d’une batterie au plomb ( à partir de matériaux majoritairement recyclés) utilise environ 1 MJ d’énergie par wattheure de capacité de stockage. Ma batterie de 100 ampères-heure possède une capacité de stockage équivalente à 1 200 wattheures, soit une énergie intégrée de 1 200 MJ. Sur une durée de vie de 30 ans, il me faudra au mieux six de ces batteries, soit 7 200 MJ au total. Source : « Energy Analysis of Batteries in Photovoltaic systems. Part one (Performance and energy requirements) » et « Part two (Energy Return Factors and Overall Battery Efficiencies) » (PDF). Energy conversion and management 46, 2005 (2015) :&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:2&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:3&#34;&gt;
&lt;p&gt;Peu de travaux de recherche ont été réalisés sur l’énergie intégrée des contrôleurs de charge. Les informations les plus pertinentes dont je dispose font état d’une valeur de 1 MJ par watt de puissance maximale : Kim, Bunthern, et al. « Life cycle assessment for a solar energy system based on reuse components for developing countries. ». Journal of cleaner production 208 (2019) : 1459-1468. Pour une capacité de 120 W (mon régulateur de charge possède une capacité maximale de 10 A x 12 V = 120 W), cela revient à 120 MJ. Quant à la durée de vie, j’ai trouvé des estimations de 7 et 12,5 ans : même référence que ci-dessus, ainsi que : Kim, Bunthern, et al. « Second life of power supply unit as charge controller in PV system and environmental benefit assessment ». IECON 2016 - 42&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; conférence annuelle de la IEEE Industrial Electronics Society. IEEE, 2016. J’ai donc effectué le calcul fondé sur une durée de vie estimée à 10 ans.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:3&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:4&#34;&gt;
&lt;p&gt;Nawaz, I., et G. N. Tiwari.  « Embodied energy analysis of photovoltaic (PV) system based on macro-and micro-level ». Energy Policy 34.17 (2006) : p. 3144-3152. Selon cette source fréquemment citée, il faut 3500 MJ pour produire 1 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de panneau solaire. Mes deux panneaux solaires combinés mesurent 0,65 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, pour un coût énergétique total de 2275 MJ. Une revue littéraire plus récente évalue le coût énergétique de la production de différents types de panneaux solaires entre 1034 et 5150 MJ/m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Les dernières études sur les panneaux solaires en silicium, présentées dans cet article, estiment leur coût à environ 1000 MJ/m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, un chiffre bien plus bas que celui que je mentionne. Voir : Ludin, Norasikin Ahmad, et al. « Prospects of life cycle assessment of renewable energy from solar photovoltaic technologies: A review ». Renewable and Sustainable Energy Reviews 96 (2018) : p. 11-28.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:4&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:5&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les batteries en lithium-ion sont bien plus onéreuses que celles au plomb-acide, mais elles possèdent une plus grande capacité de déchargement (jusqu’à 15 % de leur capacité totale) et une plus longue durée de vie (entre 7 et 10 ans). Par conséquent, la taille et la quantité des batteries nécessaires sont réduites. En prenant en compte ces facteurs, le coût à vie d’une batterie en lithium est de 750 € contre 1020 € pour une au plomb. En contrepartie, les batteries en lithium-ion ont besoin d’un contrôleur de charge plus sophistiqué et onéreux. Selon sa qualité, un chargeur de 10 A coûte entre 200 et 600 €. En supposant qu’un contrôleur de charge coûte 400 € et dure 10 ans tout comme la batterie, le stockage de la batterie représente 95 % du coût à vie (2070 € au total, bien plus que le coût total d’une installation avec des batteries au plomb-acide). Sources : &lt;a href=&#34;https://www.lithiumion-batteries.com/products/product/12v-50ah-lithium-ion-battery&#34;&gt;https://www.lithiumion-batteries.com/products/product/12v-50ah-lithium-ion-battery&lt;/a&gt; &amp;amp; &lt;a href=&#34;https://www.lithiumion-batteries.com/products/12v-lithium-ion-battery-chargers/&#34;&gt;https://www.lithiumion-batteries.com/products/12v-lithium-ion-battery-chargers/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:5&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:6&#34;&gt;
&lt;p&gt;Bien que la production des batteries en lithium-ion consomme plus d’énergie que celle des batteries au plomb-acide (entre 1,4 et 1,9 MJ/Wh contre 1 MJ/Wh), elle est contrebalancée par une durée de vie plus longue et une plus grande capacité de charge. Sur une durée de vie de 30 ans, le coût énergétique des batteries en lithium-ion est d’environ 3000 MJ, bien inférieur à celui des batteries au plomb-acide. En revanche, son contrôleur de charge contient davantage de pièces électroniques complexes. Malheureusement, aucune donnée n’est disponible sur le coût énergétique d’un tel contrôleur de charge. Il n’existe donc pas d’autre solution que d’estimer le coût énergétique par rapport au coût financier, qui s’avère être quatre à douze fois plus élevé qu’un contrôleur de charge pour une batterie au plomb-acide. En supposant que le coût soit quatre fois supérieur, l’énergie grise du contrôleur de charge monte jusqu’à 480 MJ, ou 1440 MJ sur une période de 30 ans. Le coût énergétique total pour ce système est de 6685 MJ, dont 70 % sont consacrés au stockage de la batterie, une valeur inférieure à celle des batteries au plomb-acide.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:6&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:7&#34;&gt;
&lt;p&gt;Les batteries en nickel-fer, plus lourdes et imposantes que celles au plomb-acide, nécessitent une maintenance régulière, mais peuvent se décharger entièrement et ont une très longue durée de vie (20 ans). De plus, elles sont compatibles avec les contrôleurs de charge des batteries au plomb-acide. Sur une période de 30 ans, ces batteries coûtent 750 € au total, soit un coût inférieur à six batteries au plomb-acide de même capacité. Une batterie en nickel-fer, accompagnée de panneaux solaires de 100 W, coûte 1020 €, dont 85 % sont dédiés au stockage d’énergie. Malheureusement, il est difficile de se procurer des batteries en nickel-fer, notamment les petits modèles. Sources : &lt;a href=&#34;https://beyondoilsolar.com/product/nickel-iron-battery-industrial-series/&#34;&gt;https://beyondoilsolar.com/product/nickel-iron-battery-industrial-series/&lt;/a&gt; &amp;amp; &lt;a href=&#34;https://beyondoilsolar.com/product-category/batteries/nickel-iron/&#34;&gt;https://beyondoilsolar.com/product-category/batteries/nickel-iron/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:7&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:8&#34;&gt;
&lt;p&gt;En réalité, le prix des panneaux solaires dans une plus grande installation serait comparativement plus bas, car les panneaux solaires de petite taille (comme les 50 W) sont proportionnellement plus onéreux à chaque watt de capacité, par rapport aux panneaux solaires de taille traditionnelle (à partir de 250 W). Une logique plus ou moins similaire s’applique au coût énergétique.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:8&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:9&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://livingenergyfarm.org&#34;&gt;https://livingenergyfarm.org&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:9&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:10&#34;&gt;
&lt;p&gt;Alexis Zeigler, fondateur de la Living Energy Farm, a écrit un livre à propos de ce projet, entièrement disponible en ligne : &lt;a href=&#34;https://conev.org/empoweringcommunities14.pdf&#34;&gt;Empowering Communities. A Practical Guide to Energy Self Sufficiency and Stopping Climate Change&lt;/a&gt;. La version papier peut également être commandée.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref1:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref2:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref3:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref4:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref5:10&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:11&#34;&gt;
&lt;p&gt;Puisque l’énergie solaire directe ne nécessite pas de contrôleur de charge pour chaque système distinct, diviser une installation solaire n’implique pas de coûts supplémentaires ni de surconsommation d’énergie.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:11&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:12&#34;&gt;
&lt;p&gt;Des recherches démontrent que doubler l’épaisseur de l’isolation de 2,5 cm (standard) à 5 cm réduit la consommation d’électricité annuelle d’un réfrigérateur (capacité de 50 L) de 250 à 125 kilowattheures. [^13] Pour une épaisseur d’isolation entre 10 et 12,5 cm, la consommation d’électricité est encore divisée par deux et atteint les 60 kilowattheures par an. Une isolation plus épaisse n’entraîne qu’une baisse minime de la consommation d’électricité et n’est donc plus une solution intéressante, car elle impliquerait une hausse du coût et de la taille du réfrigérateur. Cette étude prend comme exemple un réfrigérateur solaire à courant alternatif qui fonctionne grâce à un onduleur et une batterie. Il est moins écoénergétique qu’un réfrigérateur solaire direct.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:12&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:13&#34;&gt;
&lt;p&gt;Gupta, B. L., Mayank Bhatnagar, et Jyotirmay Mathur. « Optimum sizing of PV panel, battery capacity and insulation thickness for a photovoltaic operated domestic refrigerator ». Sustainable Energy Technologies and Assessments 7 (2014) : p. 55-67.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:13&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:14&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cette inertie thermique peut simplement être un récipient d’eau placé à l’intérieur du réfrigérateur, ou des bouteilles d’eau de consommation. Toutefois, l’eau peut également être stockée dans des réservoirs installés le long de l’équipement, derrière une paroi qui les maintient en place et les dissimule. L’eau a une plus haute densité de stockage de la chaleur que l’air, et stabilise donc la température plus longtemps.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:14&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:15&#34;&gt;
&lt;p&gt;Ewert, M., et al. « Photovoltaic direct drive, battery-free solar refrigerator field test results ». Compte-rendu de la conférence sur l’énergie solaire. American Solar Energy Society ; American Institute of Architects, 2002.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:15&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:16&#34;&gt;
&lt;p&gt;Cet avantage s’applique uniquement si le réfrigérateur est installé dans une pièce non chauffée. L’installer dans une cuisine chauffée alors que la température hivernale extérieure est égale ou inférieure à celle à l’intérieur du réfrigérateur est évidemment du gaspillage. Ce n’est pas non plus un avantage dans les pays tropicaux, où les températures sont élevées toute l’année.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:16&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:17&#34;&gt;
&lt;p&gt;L’utilisation d’énergie solaire directe comme source de climatisation n’a pas été soumise à une analyse aussi approfondie que les réfrigérateurs domestiques. Voir : Luerssen, Christoph, et al. « Life cycle cost analysis (LCCA) of PV-powered cooling systems with thermal energy and battery storage for off-grid applications ». Applied energy 273 (2020) : p. 115-145. De plus, les chances de réaliser des économies d’énergie aussi importantes sont minces. Un réfrigérateur est toujours isolé, contrairement à une pièce ou un bâtiment climatisé où ce n’est pas toujours le cas. En outre, un réfrigérateur est placé dans une pièce où la température est stable. Un bâtiment est sujet à des fluctuations de températures importantes, et peut également être chauffé grâce au rayonnement solaire direct. La climatisation solaire directe est donc bien plus compliquée. Voir : Qi, Ronghui, Lin Lu, et Yu Huang. « Parameter analysis and optimisation of the energy and economic performance of solar-assisted liquid desiccant cooling system under different climate conditions ». Energy conversion and management 106 (2015) : p. 1387-1395.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:17&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:18&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;http://sharedcurriculum.peteschwartz.net/solar-electric-cooking/&#34;&gt;Solar Electric Cooking&lt;/a&gt;, Pete Schwartz, Cal Poly Physics. Voir également &lt;a href=&#34;http://sharedcurriculum.peteschwartz.net/wp-content/uploads/sites/3/2022/11/New-ISEC-Design-Ideas.pdf&#34;&gt;ce PowerPoint&lt;/a&gt; du même auteur.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:18&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:19&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://digitalcommons.calpoly.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1747&amp;amp;context=mesp&#34;&gt;Insulated Solar Electric Cooker with Solid Thermal Storage&lt;/a&gt;, Andrew McCombs et al., 2022. Voir également &lt;a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=FKIH7HDK6Dw&#34;&gt;cette vidéo&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:19&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:20&#34;&gt;
&lt;p&gt;Voir : Ferreira, Carlos Infante, et Dong-Seon Kim. « Techno-economic review of solar cooling technologies based on location-specific data ». International Journal of Refrigeration 39 (2014) : p. 23-37. ///// Riffat, James, et al. « Development and testing of a PCM enhanced domestic refrigerator with use of miniature DC compressor for weak/off grid locations ». International Journal of Refrigeration 19.10 (2022) : p. 1118-1131. ///// Du, Wenping, et al. « Dynamic energy efficiency characteristics analysis of a distributed solar photovoltaic direct-drive solar cold storage ». Building and Environment 206 (2021) : p. 108-324. ///// Alsagri, Ali Sulaiman. « Photovoltaic and photovoltaic thermal technologies for refrigeration purposes: an overview ». Arabian journal for science and engineering 47.7 (2022) : p. 7911-7944.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:20&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:21&#34;&gt;
&lt;p&gt;Faute de recherche, il n’est pas certain que cela s’applique également à la consommation d’énergie grise.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:21&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:22&#34;&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, il est cependant nécessaire de contourner l’interrupteur de l’appareil, car l’électricité en courant continu produit davantage de chaleur que celle en courant alternatif. Un interrupteur externe approprié peut s’avérer utile, mais le mécanisme de sûreté de l’appareil est alors contourné, représentant un risque évident. [^10] Là encore, ce problème pourrait être évité, car il est techniquement possible de fabriquer des appareils adaptés à l’énergie solaire directe.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:22&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:23&#34;&gt;
&lt;p&gt;Un compresseur à vitesse fixe peut utiliser seulement 50 % de l’énergie solaire utile produite, alors qu’un compresseur à vitesse variable en utilise 75 %. [^15] Un condensateur est alors nécessaire pour aider le compresseur lors de la phase de démarrage.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:23&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:24&#34;&gt;
&lt;p&gt;À la place d’un convertisseur DC-DC, vous pouvez installer une petite « batterie tampon » ainsi qu’un contrôleur de charge qui assure une tension de sortie stable. De plus, cette petite batterie peut fournir un stockage d’énergie limité, particulièrement utile pour faire face à des pics de consommation d’énergie passagers. Par exemple, certains appareils provoquent un pic de consommation lorsqu’ils sont en charge. La batterie tampon présente toutefois des inconvénients, comme son coût, une hausse de l’énergie grise, ou des défaillances au niveau des composants. Un condensateur est une technologie alternative pour absorber les pics d’énergie.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:24&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:25&#34;&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, utiliser des appareils en courant continu basse tension est bien plus écoénergétique, puisque les panneaux solaires produisent également un courant continu basse tension : &lt;a href=&#34;https://qelnixcor.cloud/2016/04/slow-electricity-the-return-of-dc-power/&#34;&gt;https://qelnixcor.cloud/2016/04/slow-electricity-the-return-of-dc-power/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:25&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id=&#34;fn:26&#34;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#34;https://conev.org/ISECmanual14.pdf&#34;&gt;Insulated Solar Cooker Construction Manual&lt;/a&gt;, Living Energy Farm. &lt;a href=&#34;http://sharedcurriculum.peteschwartz.net/isecooker-construction/&#34;&gt;Insulated solar electric cooker manual&lt;/a&gt;, Pete Schwartz, Cal Poly Physics. &lt;a href=&#34;https://livingenergylights.com/wp-content/uploads/2022/08/roxy-installation-instructions.pdf&#34;&gt;Roxy Oven Manual&lt;/a&gt;, Living Energy Farm. &lt;a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=SIDG8fTvf-I&#34;&gt;Video presentation manual solar electric cookers&lt;/a&gt;, Alexis Zeigler, Living Energy Farm. &lt;a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=uzZPstX1CbQ&#34;&gt;Explication vidéo de la fabrication de fils chauffants&lt;/a&gt;. Stockage de la chaleur thermique : &lt;a href=&#34;https://digitalcommons.calpoly.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1747&amp;amp;context=mesp&#34;&gt;Insulated Solar Electric Cooker with Solid Thermal Storage&lt;/a&gt;, Andrew McCombs et al., 2022. Voir également &lt;a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=FKIH7HDK6Dw&#34;&gt;cette vidéo&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a href=&#34;#fnref:26&#34; class=&#34;footnote-backref&#34; role=&#34;doc-backlink&#34;&gt;&amp;#x21a9;&amp;#xfe0e;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</description>
    </item>
    
    <item>
      <title>Le monde tumultueux de la fermentation</title>
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      <pubDate>Wed, 25 Jul 2018 00:00:00 +0000</pubDate>
      
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      <description>&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/07/the-messy-world-of-fermentation/images/dithers/fermentation-hands_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : nyam nyam&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : nyam nyam 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il existe un phénomène particulier dans la vie des fruits et légumes qui m’a toujours interpellé et émerveillé. Laissez un plateau de fraises sur votre table : des taches sombres apparaîtront après quelques jours. Il se pourrait même qu’une fine couche de moisissure se développe sur la surface du fruit. À ce stade, vous pouvez encore consommer la fraise en enlevant simplement la partie moisie. Mais soudainement, la fraise passe à l’état de décomposition. Elle devient immangeable, avec un arrière-goût particulièrement acide. Elle intègre alors le monde des bactéries, des moisissures et des minéraux et cesse d’être un organisme capable de se réguler. À cet instant, elle n’est plus une entité unique et se métamorphose en une multitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ce phénomène se produit-il ? Quand estime-t-on qu’un organisme est vivant et quand est-il considéré comme mort ? Quelle est la cause de la mort et pourquoi cette transition s’opère-t-elle si rapidement ? Aussi surprenant soit-il, nous avons mis au point des techniques pour manipuler cette frontière entre la vie et la mort, l’élargir et la brouiller. Je ne fais pas référence à la congélation cryogénique, à la transfusion sanguine, à la viande cultivée en laboratoire ou à toute autre technologie moderne. Je parle ici de la fermentation, un processus qui se caractérise par la décomposition contrôlée des organismes vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du café au ketchup, en passant par le pain et les saucisses, jusqu’au vin et au fromage, les aliments fermentés font partie de notre quotidien. Ce type de fermentation se produit en général dans des usines éloignées. Les grains de café sont fermentés avant leur torréfaction. La préparation du ketchup consiste à réduire en purée une grande quantité de tomates, à les laisser pourrir, puis à les chauffer pour éliminer les bactéries. D’ordinaire, nous ne sommes pas en mesure d’observer la transformation de la vie en d’autres formes de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en réalité, c’est entièrement possible. Dans cet article, je me concentre sur la fermentation, sa nature fascinante et les raisons pour lesquelles elle suscite autant de réticence. J’évoque quelques stratégies que les gens emploient pour l’incorporer dans leur vie quotidienne et comment la modernité complique cette démarche. En conclusion, j’aborde l’éthique de la fermentation : quels enseignements nous pouvons en tirer et de quelle manière elle peut nous encourager à adopter un point de vue différent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;un-processus-laborieux&#34;&gt;Un processus laborieux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Examinons le nukadoko, un son de riz fermenté du Japon. Mélangez du sel, de l’eau et du son, en ajoutant éventuellement du gingembre, des fruits secs et des épices. Puis, « plantez »quelques légumes comme des radis, des betteraves ou des carottes, en les enfouissant profondément dans le « sol ». Remuez jusqu’à trois fois par jour, de préférence avec vos mains : incorporez dans le mélange les micro-organismes présents sur votre peau. Au bout d’une semaine, vous obtiendrez une fermentation active. Très rapidement, elle sera si puissante que vous pourrez y planter n’importe quel légume et il sera mariné en une heure seulement, on les appelle alors des nukazuke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s’est-il produit ? Le sel a entravé le développement des bactéries et des champignons « indésirables ». Sans cela, la moisissure aurait proliféré partout, rendant les légumes impropres à la consommation. Un remuage régulier assure que le son de riz exposé à l’air libre soit rapidement enseveli, de sorte que toute moisissure périsse rapidement dans cet environnement anaérobie. Les levures commencent à se nourrir des sucres des légumes, puis notre cher Lactobacillus les transforme en vinaigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Préparez du nuka et vous observerez la mutation d’un organisme vivant en une foule de multitudes. La seule et unique contrainte : pour bien entretenir votre nuka, vous devez le remuer quotidiennement, parfois deux fois par jour. Prendre soin de la vie et de la mort demande du temps et une attention constante.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour bien entretenir votre nuka, vous devez le remuer quotidiennement, parfois deux fois par jour&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rosemary Liss, une artiste qui expérimente la fermentation dans ses œuvres, a découvert le nuka grâce à Hex Ferments, un groupe d’alchimistes culinaires basé dans le Maryland, aux États-Unis. « Nous avions une marmite qui demandait autant d’attention quotidienne qu’un animal domestique. J’appréciais particulièrement ce rituel avec ses gestes et ses mouvements, c’était comme une danse. Tous les jours, nous descendions la lourde marmite de l’étagère, ôtions son couvercle en tissu coloré, puis dévoilions les &lt;i&gt;pickles&lt;/i&gt; avant d’aérer le son et d’ajouter des légumes frais au lit pour un court repos lactique ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Japon, la tradition du nuka se perpétue de génération en génération, chacune apportant ses propres saveurs. Ils deviennent des microbiomes uniques, ne survivant que grâce au travail quotidien des grands-mères, des mères et des filles. Nous leur devons ce savoir-faire étrange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette magie de tous les jours peut disparaître rapidement si vous êtes trop méticuleux. Lorsque Liss a eu l’opportunité de commencer une résidence au Nordic Food Lab, elle a décidé de se consacrer au nuka. Elle a alors passé plusieurs mois à perfectionner sa méthode pour l’adapter à un environnement nordique. Comme elle le souligne : « dès que le processus a été retiré du cadre dynamique de Hex pour être placé dans un laboratoire avec seulement des récipients en plastique alimentaire pour des recherches contrôlées, j’ai senti que toute la magie s’était envolée ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermentation transcende la science exacte : elle aspire à s’insérer harmonieusement dans le rythme de la vie. Ce rythme est imprévisible ; il est ancré dans la culture, la tradition et les habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;des-réponses-simples-aux-défis-contemporains&#34;&gt;Des réponses simples aux défis contemporains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand je discute avec des personnes qui découvrent la fermentation, la question m’est souvent posée : est-ce différent de la mise en conserve ? Selon Alex Lewin, auteur de &lt;i&gt;Real Food Fermentation&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Kombucha, Kefir, and Beyond&lt;/i&gt;, la fermentation représente tout le contraire : « Contrairement à la mise en conserve, qui élimine tous les microbes et scelle hermétiquement le produit, la fermentation implique l’introduction des micro-organismes désirés et l’élimination de ceux qui ne sont pas nécessaires. La fermentation est une stratégie de conciliation, tandis que la mise en conserve est une solution bien plus radicale. La mise en conserve est une technologie alimentaire hautement sophistiquée ».&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/07/the-messy-world-of-fermentation/images/dithers/handling-beetroot_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : nyam nyam&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : nyam nyam
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La mise en conserve nécessite du verre et une aptitude à travailler le métal de manière très précise. Cette exigence fait de la mise en conserve un symbole indéniable de la modernité. Selon la conception de la modernité, la résolution de nos problèmes implique inévitablement l’utilisation de solutions technologiques de plus en plus sophistiquées. Pourtant, bon nombre de nos problèmes proviennent de la technologie elle-même. Pensez aux armes nucléaires, à la pollution de l’air, au changement climatique et au gaspillage alimentaire industriel. En revanche, la fermentation est une pratique très simple. La conservation des aliments ne requiert pas de compétences avancées ni de technologie de pointe. Il suffit d’un seau, d’un peu de sel et de faire confiance au travail des bactéries et des champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la fermentation contribue à la réduction du gaspillage alimentaire. Le système alimentaire moderne est marqué par un gaspillage extrême : aux États-Unis, 30 à 40 % de la nourriture se retrouve dans les décharges, dont près de 21 % sont imputables aux ménages. En outre, ce gaspillage représente une consommation d’énergie considérable : 33 % des émissions liées au réchauffement climatique proviennent de l’agriculture. Si les consommateurs savaient fermenter à la maison, ils pourraient préserver leurs aliments sans avoir à les cuire ou à les congeler, deux processus énergivores. Voilà une solution simple à un problème complexe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-réticence-à-devoir-sen-occuper&#34;&gt;La réticence à devoir s’en occuper&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la fermentation est si accessible, pourquoi ne pas l’intégrer plus largement dans nos pratiques alimentaires ? Pour rédiger cet article, j’ai sollicité des amis et des connaissances qui ont l’habitude de fermenter. Je leur ai demandé quelles sont leurs motivations et pourquoi ils pensent que de nombreuses personnes ne s’y intéressent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ariadna Rodriguez et Iñaki Alvarez dirigent nyam nyam, un collectif d’artistes basé à Barcelone, en Espagne. Comme de nombreuses personnes que j’ai interrogées, ils ont été très inspirés par Sandor Katz, auteur de livres comme &lt;i&gt;Wild Fermentation&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;The Art of Fermentation&lt;/i&gt;. Lorsque j’ai demandé aux artistes pourquoi ils pensent que certaines personnes ont une perception négative de la fermentation, ils ont mentionné cet écrivain : « Les inquiétudes autour de la fermentation proviennent fréquemment des craintes des consommateurs à l’égard des bactéries. Paradoxalement, cette méthode de conservation a toujours été utilisée pour assurer la sécurité alimentaire ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils soutiennent également que cette appréhension découle d’autres facteurs, tels que la peur de commettre des erreurs. D’après leurs explications : « ils redoutent la responsabilité de s’occuper d’autres micro-organismes, prétextant qu’ils seront probablement amenés à voyager ou qu’ils risquent simplement d’oublier. Je crois que cette réflexion renvoie à un principe fondamental à notre époque : la responsabilité. De nos jours, l’industrie alimentaire prend en charge l’ensemble du processus, vous n’avez qu’à transférer les aliments du réfrigérateur à la poêle ».&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;De plus, nous avons grandi en écoutant des récits d’horreur sur le botulisme et les erreurs de mise en conserve, sans comprendre que le processus de fermentation est très différent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lina et Adam Esbold, un couple de Suédois, partagent le même point de vue. Selon leurs dires : « La plupart des gens sont sceptiques, n’apprécient pas le goût et sont rebutés par l’idée de bactéries saines&amp;hellip; Et une majorité ne s’en soucie tout simplement pas ». L’artiste Rosemary Liss est également convaincue que cette situation est liée aux inquiétudes des citoyens sur la sécurité alimentaire. « À mon avis, la peur de la contamination et de l’empoisonnement constitue le principal obstacle. De plus, nous avons grandi en écoutant des récits d’horreur sur le botulisme et les erreurs de mise en conserve, sans comprendre que le processus de fermentation est très différent ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mark Reynolds de Naughty Nettle Medicinals affirme que le manque d’expérience ou de connaissances directes est un facteur important à considérer. Certaines personnes tentent l’expérience une fois mais rencontrent un problème de moisissure et abandonnent. Cependant, certains peuvent aussi se montrer très enthousiastes lorsqu’ils découvrent la fermentation pour la première fois et constatent à quel point elle exige peu de responsabilité. Lewin relate le moment où il a découvert la fermentation grâce au livre de Sandor Katz. « J’étais stupéfait. Est-ce qu’on peut vraiment faire ça avec de la nourriture ? Est-ce que c’est une bonne idée de laisser du chou haché sur le comptoir pendant un mois ? Comment est-ce possible ? Un des aspects qui m’a le plus fasciné est le côté rebelle de découper un aliment et de ne pas le mettre dans le réfrigérateur ».&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;la-mort-partie-intégrante-de-la-vie&#34;&gt;La mort, partie intégrante de la vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J’ai fréquemment rencontré des personnes qui ont essayé de fermenter un aliment une fois, pour ensuite soit l’oublier, soit être préoccupées par le fait d’avoir commis une erreur. Les placards débordent de kombuchas oubliés et les réfrigérateurs sont pleins de vieux kéfirs et de levains non alimentés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initier le processus de fermentation est assez simple, mais il peut rapidement devenir décourageant, voire pénible. Rodriguez et Alvarez font remarquer qu’un bon nombre de personnes pourraient s’inquiéter de leur manque de temps à consacrer à la « collaboration » avec ces micro-organismes. Néanmoins, ils précisent : « la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez toujours recommencer, vous pouvez toujours ajouter un nouveau thé dans le kombucha et tout ira bien. Comme on le dit en espagnol : « no hay mal que por bien no venga » (il n’y a pas de mal qui ne puisse être transformé en bien). »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lina Esbold et Adam Karlsson affirment qu’il faut trouver le juste équilibre et suivre le mouvement. « Certaines semaines, la fermentation prend plus de temps et d’énergie, et d’autres, c’est tout le contraire, et nous laissons simplement les cultures faner. » Et c’est très bien comme ça aussi. Lewin, quant à lui, a appris à garder ses projets de fermentation à l’air libre : « J’ai pris l’habitude de laisser tous mes projets à la vue de tous. Je les vois chaque fois que je vais dans la cuisine. Cela rappelle le jardinage. Vous sortez, vous y jetez un œil et vous y touchez de temps en temps. »&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#34;article-img &#34;&gt;
&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/07/the-messy-world-of-fermentation/images/dithers/fermentation-pot_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : nyam nyam.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : nyam nyam. 
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi quelques astuces que vous pouvez utiliser pour garder en vie vos fermentations. Si de la moisissure blanche apparaît, enlevez-la simplement en la grattant, et mélangez un peu votre projet. Lewin constate que même si le produit se dégrade, « ce qui est évident et très visible grâce aux spores vertes duveteuses, vous le jetterez à la poubelle. Si nous n’avez jamais bu de kombucha ou mangé du kimchi, si vous ne connaissez pas leur goût et ne savez pas si ces préparations sont bonnes, sautez le pas ou demandez l’avis de quelqu’un qui y a déjà goûté. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour ou l’autre, il est possible que vous vous en lassiez. Vous pouvez tout simplement interrompre la fermentation en la plaçant dans le réfrigérateur, ou mieux encore, dans le congélateur. Le levain naturel peut aussi survivre plusieurs années si vous le séchez. Lorsque vous êtes prêts à recommencer la fermentation, ajoutez simplement les ingrédients nécessaires (sucre et thé pour le kombucha, lait pour le kéfir, ou farine pour le levain). Pourtant, même si vous faites de votre mieux, la fermentation n’est pas toujours facile à maintenir. Nos emplois et nos études nous déracinent. Nous travaillons de 9 h à 17 h et rentrons chez nous épuisés. Si vous travaillez à des heures irrégulières, il est difficile de mettre en place la routine et les habitudes quotidiennes nécessaires au maintien du levain ou à la fabrication du yaourt ou du kéfir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il existe le système alimentaire. Le supermarché est l’anathème même de la fermentation. Là-bas, la fermentation génère du dioxyde de carbone et du méthane, et l’odeur envahit les allées et s’échappe des emballages. Autrement dit, c’est désordonné et étrange. Cela est dû en partie à notre accès restreint à la nourriture. Nous sommes limités aux produits que le supermarché nous propose. Il n’est donc pas évident de se procurer des grains de kéfir ou de la mère de kombucha. Et lorsque l’on en trouve, il est difficile d’obtenir des conseils. Si vous ne connaissez personne ayant de l’expérience dans la fermentation, cela peut être intimidant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre société est également caractérisée par ce que les chercheurs alimentaires appellent la « déqualification ». Nous avons en grande partie perdu les pratiques alimentaires qui nous ont été transmises de génération en génération. Ne demeure donc qu’un semblant de nos cultures alimentaires passées : les cornichons fermentés deviennent des conserves, les sauces relevées et diverses sont devenues du simple ketchup.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le supermarché est l’anathème même de la fermentation. Là-bas, la fermentation génère du dioxyde de carbone et du méthane, et l’odeur envahit les allées et s’échappe des emballages.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’une des causes de ce phénomène est le système alimentaire industrialisé, mais également la façon dont l’économie modèle nos vies. Quelques générations auparavant, la plupart des Occidentaux vivaient dans des foyers multigénérationnels : les enfants habitaient avec leurs grands-parents, plusieurs familles partageaient des immeubles. Une culture de la rue dynamique florissait, née de ces modalités de vie denses et de la dépendance au principal moyen de transport, la marche. Avec la modernité, chaque tradition, chaque routine et chaque relation changent perpétuellement et sont anéanties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et même si la science nous a offert des occasions sans précédent de comprendre notre alimentation, elle a ses propres restrictions. Il semble que chaque semaine, une étude paraît pour infirmer les directives existantes sur ce que nous devons manger. Nous avons grandi avec l’idée qu’une date de péremption officielle existe. Nous laissons donc notre confiance en la sécurité alimentaire entre les mains d’un processus largement invisible déterminé par des experts. Nous avons à notre disposition toutes les informations nécessaires à la compréhension des phénomènes invisibles qui se produisent dans nos cuisines ou dans nos intestins, mais une attitude culturelle de peur nous empêche de jouer avec notre nourriture : une attitude qui empêche les microbiomes de se développer dans nos cuisines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j’en ai discuté avec Jyotsana Singh, une amie, elle m’a fait remarquer notre manque apparent de bon sens sur la péremption de la nourriture et sur ce qui est dangereux, ou non, de manger. Elle l’a exprimé de cette façon : « les gens ne font pas confiance à leurs sens ». Ce qui est plutôt ironique, vu le nombre d’informations disponibles « à portée de main ». Elle a grandi dans une famille où ils sentaient le lait au lieu de regarder sa date de péremption pour vérifier s’il était consommable. Sûrement grâce au bon sens avec lequel elle a grandi, associé à une connaissance des bases de la chimie et de la biologie, Jyotsana a rarement ce sentiment de risque ou de peur lorsqu’elle cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de notre discussion, nous avons déterminé qu’il existe une différence entre les habitudes, le bon sens et la tradition. Les habitudes nous permettent de fermenter des produits quotidiennement. Le bon sens est comme une intuition de ce qui se passe sous la surface, fondée sur les connaissances scientifiques et culturelles d’aujourd’hui. Enfin avec la tradition, notre éducation nous guide avec confiance vers la nourriture que nous mangeons et fabriquons. C’est peut-être cet équilibre triptyque qui favorise les pratiques de la fermentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous y réfléchissez dans ce sens, la fermentation a quelque chose de très politique. Nos emplois rendent difficile la mise en place d’habitudes quotidiennes. Le système alimentaire moderne a atrophié notre connaissance culturelle et nos pratiques de conservation alimentaire traditionnelles. Il est logique que tant de personnes trouvent cela difficile à intégrer dans la vie de tous les jours. Pour créer un monde où la fermentation est la norme, nous aurions besoin de changer le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;réfléchir-à-la-fermentation&#34;&gt;Réfléchir à la fermentation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le corps vivant est toujours sur le point de retomber dans le processus chimique. L’oxygène, l’hydrogène, le sel, etc., s’y produisent toujours, et ils sont toujours vaincus. Ce n’est que dans la mort ou dans la maladie que le processus chimique peut l’emporter. L’être vivant est toujours en danger, il a toujours au-dedans de lui un terme autre que lui&amp;hellip;&lt;/em&gt; -G.  W. Hegel, &lt;i&gt;Philosophie de la Nature &lt;/i&gt;(citation tirée de la version française de l’œuvre traduite par A. Vera).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ainsi, la politique&amp;hellip; trouve son origine dans l’effervescence quotidienne de la vie ordinaire au sein l’agora.&lt;/em&gt; -Murray Bookchin, &lt;i&gt;Urbanization without cities:&lt;/i&gt; &lt;i&gt;The rise and decline of citizenship&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Hegel l’a remarqué deux siècles auparavant, nous portons les autres en nous. Entouré par ce danger constant, comment le corps garde-t-il son intégrité ? La pratique de la fermentation soulève ce genre de questions, et nous aide à réfléchir sérieusement à une éthique de l’être.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Rodriguez et Alvarez, se lancer dans la fermentation leur a permet de s’ouvrir à la découverte de nombreuses connexions dans la vie. « Tout semble faire partie de la même chose », m’ont-ils dit quand je les ai questionnés sur la place de la fermentation dans leur vie quotidienne : « Mangeons-la. Ayons quelque chose de fermenté à chaque repas. Puis, prenons soin de tous les micro-organismes qui coexistent avec nous, peut-être en retirant le thé du kombucha, ou en changeant l’eau et en ajoutant du sucre au kéfir d’eau, en goûtant les piments qui fermentent au soleil, en ouvrant le miso de temps en temps, et ainsi de suite. »&lt;/p&gt;
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&lt;figure data-imgstate=&#34;dither&#34;&gt;
&lt;img src=&#34;https://qelnixcor.cloud/fr/2018/07/the-messy-world-of-fermentation/images/dithers/fermentation-hands-in-pot_dithered.png&#34; alt=&#39;Photo : nyam nyam.&#39; loading=&#34;lazy&#34;/&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;figcaption class=&#34;caption&#34;&gt;
 Photo : nyam nyam. 
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&lt;p&gt;Tout cela, disent-ils, les aide à visualiser « toute cette activité à différentes échelles interconnectées entre les agents, les corps, les micro-organismes. » La fermentation a également été source d’information pour Lewin dans sa façon d’envisager la vie. « La fermentation établit un équilibre dynamique entre les microbes ; il est difficile de rendre les gens à l’aise avec ce sujet. Dans notre monde excessivement déterminé où tout le monde veut tout comprendre, beaucoup de personnes n’ont pas assez confiance pour sauter le pas. C’est une bonne façon d’aider les gens à lâcher prise. Nous n’avons peut-être pas besoin de tout mesurer avec exactitude, ou de tout contrôler. »&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous n’avons peut-être pas besoin de tout mesurer avec exactitude, ou de tout contrôler.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Pour pratiquer la fermentation, nous devons multiplier les expériences, pas seulement avec les bactéries et les champignons, mais également entre nous. Il faut des relations humaines pour apprendre à fermenter, et des connaissances qui nous sont données par la science et la culture. Il faut également du bon sens. Ce bon sens émerge de l’interaction avec les autres. Dans l’Athènes antique, les étrangers se rencontraient à l’agora, la grande place publique. C’est là que la politique prenait vie, où les gens apprenaient à discuter entre eux. L’agora était désordonnée et ordinaire, mais c’est aussi là la fondation du système démocratique d’Athènes. Je me demande quels types de produits fermentés étaient vendus à l’agora d’Athènes, et quelles discussions politiques y étaient évoquées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’apogée de la modernité, dans un monde où tout est stérilisé, contrôlé et parfaitement connu, la fermentation est reléguée à l’arrière-plan. La libre pensée sera également oubliée : la pensée qui surgit là où on ne l’attend pas, qui apprécie la complexité, qui multiplie les relations, qui navigue dans les contours subtils de la vie et de la mort. La vie moderne rend la fermentation contre-intuitive et difficile. Mais c’est précisément cette pratique qui peut nous aider à adopter une manière de penser et une façon d’envisager la vie différentes. Un monde où la fermentation est intégrée dans notre quotidien serait peut-être un peu plus désordonné, mais il prendrait également plus soin des nombreuses formes de vies avec lesquelles nous cohabitons. Il se peut qu’il s’agisse là d’un monde qui se prête à la contemplation, nous laissant réfléchir à la transition entre la vie et la mort, plutôt que d’en avoir peur, de la cacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article a été écrit par Aaron Vansintjan dans le cadre d’une collaboration entre Low-tech Magazine et nyam nyam, un collectif d’artistes basé à Barcelone, en Espagne. Cet article fait partie du projet « It is the microorganisms that will have the last word » (en français, « Les micro-organismes auront le dernier mot »), sélectionné pour un autre projet, Barcelona Producció 2017. Les photographies ont été réalisées par nyam nyam.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aaron Vansintjan a écrit plusieurs articles pour No Tech Magazine &amp;amp; Low-tech Magazine. Il tient son propre blog, &lt;a href=&#34;http://unevenearth.org&#34;&gt;Uneaven Earth&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est initialement paru dans No Tech Magazine.&lt;/p&gt;
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